Parution : 19 septembre 2013
La vie comme un roman : à propos de « L’homme vertical » de Davide Longo

Tel lecteur s’étonne amicalement de l’intérêt du chroniqueur pour le roman contemporain. Que peut-il apporter de sérieux ? Le chroniqueur reconnaît lui-même avoir longtemps mal accueilli le genre romanesque, préférant le ciel des idées claires. La vie, sans doute, lui a appris la pertinence de la voie de l’imaginaire et la révélation secrète que constituent bien des histoires inventées. Le roman, plus sérieux qu’il y paraît !

L’ouvrage de l’italien Davide Longo, L’Homme vertical (Stock 2013), en est une remarquable illustration. Le lecteur a pu mettre des semaines pour venir à bout de l’ouvrage d’anticipation. L’un des romans les plus importants écrits en Italie ces cinq dernières années, juge Alessandro Barroco, auteur de Soie. L’imaginaire supporte tout, y compris le récit d’un monde totalement défait de toute civilité. Léonardo, professeur d’université, a été détruit par un scandale, et de son petit village alpin, il voit se répandre peu à peu les signes d’une société libérée de toute humanité. Le manque affame et réduit aux gestes essentiels de la prédation. Le monde s’ensauvage. Les êtres deviennent glauques et veules. Chacun est poussé sur les routes et cherche, vaille que vaille, l’issue. L’univers apocalyptique de Davide Longo fait penser inévitablement à La Route de Cormac Mac Carthy. Tous deux mettent en scène, en la poussant à l’extrême, la fragilité de l’écorce sociale. Nous sommes alors dans une errance d’apocalypse. Peu à peu, les curseurs sociaux se déplacent. Des jeunes décervelés sont soumis à l’emprise d’une sorte de Christ, monté des arrière-mondes. Dans ces contextes, les consciences dérapent. Ce sera tout l’objet du roman : l’éveil de l’humain à même de résister ou non au désastre, surgi des profondeurs de l’homme et le faisant quitter peut-être, ombres, fanges et marécages. Lorsque le manque s’installe durablement, la violence se lève, l’enfer est proche. Les consciences, autrefois amollies par le trop, se radicalisent.

[lire l’intégralité de notre article dans Golias Hebdo n°303]

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