Parution : 20 septembre 2013
Pape François : un changement de ton pour un changement de fond ?

Changement de ton ! C’est ce que ce que nombre de commentateurs ont dit à la lecture de l’entretien du pape François avec le jésuite Antonio Spadaro pour les revues jésuites (dont les Etudes). De fait, dès le début de la rencontre, il note qu’un des auteurs qu’il préfère est Michel de Certeau ! L’homme des frontières qui a passé sa vie à étudier tant les mystiques que la culture contemporaine. C’est aussi le cheminement de François. De manière très jésuite, Il place au cœur de son ministère le discernement : comment être avec le Christ et avec les autres ?

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Ce faisant, il invite l’Eglise institutionnelle à changer de perspective en laissant derrière elle les pratiques pharisiennes qui font de la loi un absolu pour accompagner les personnes telles qu’elles vivent et leur dire que Dieu les aime aujourd’hui. Il s’agit pour lui, à la suite de saint Ignace, de « ne pas être enfermé par le plus grand, mais être contenu par le plus petit, c’est cela qui est divin. J’ai beaucoup réfléchi sur cette phrase pour l’exercice du gouvernement en tant que supérieur : ne pas être limité par l’espace le plus grand, mais être en mesure de demeurer dans l’espace le plus limité. Cette vertu du grand et du petit, c’est ce que j’appelle la magnanimité À partir de l’espace où nous sommes, elle nous fait toujours regarder l’horizon. C’est faire les petites choses de tous les jours avec un cœur grand ouvert à Dieu et aux autres. C’est valoriser les petites choses à l’intérieur de grands horizons, ceux du Royaume de Dieu. Cette maxime donne les critères nécessaires pour se disposer correctement en vue d’un discernement, pour sentir les choses de Dieu à partir de son “point de vue”. » Les petites choses, c’est la vie « avec le peuple » dont il ne faut pas dévaloriser la connaissance, même si elle n’est pas conforme aux lois de l’Eglise. On peut sentir chez ce pape une certaine distance à l’égard des théologiens qui certes « aident L’Église à faire mûrir son propre jugement », mais risquent aussi de travailler en laboratoire : « Notre foi n’est pas une foi-laboratoire mais une foi-chemin, une foi historique. Dieu s’est révélé comme histoire, non pas comme une collection de vérités abstraites. Je crains le laboratoire car on y prend les problèmes et on les transporte chez soi pour les domestiquer et les vernir, en dehors de leur contexte. Il ne faut pas transporter chez soi la frontière mais vivre sur la frontière et être audacieux. Quand on parle de problèmes sociaux, une chose est de se réunir pour étudier le problème de la drogue dans une villa miseria, et une autre, d’aller sur place, d’y vivre, de comprendre et d’étudier le problème de l’intérieur ».

Miséricorde ou condescendance ?

Le changement de ton implique donc de manière inéluctable un changement de fond parce que, ce que l’on découvre en partageant la vie des pauvres nous amène à convertir nos manières de vivre, de dire et de croire. Le pape lui-même l’annonce en relativisant le dogme qui est toujours contextualisé et à réinterpréter. Il se sent d’ailleurs obligé de dire que sa pensée n’est pas relativiste. Elle l’est cependant parce qu’elle relativise la doctrine pour l’ordonner à Dieu qui aime. Cette première annonce est le plus important. Le reste est second. D’aucuns trouveront qu’il accueille les personnes homosexuelles, les divorcés remariés ou les femmes ayant avorté avec condescendance. Peut-être mais lui aussi se dit pécheur : «  Ce n’est pas une manière de parler, un genre littéraire. Je suis un pécheur. Je suis un pécheur sur lequel le Seigneur a posé son regard.  » Pas de rhétorique donc mais une expérience qui lui permet de ne pas juger les autres.

La doctrine ne change donc pas… pour l’instant. Mais puisque nous sommes en chemin, ne préjugeons pas de l’avenir. C’est le dialogue aujourd’hui qui est important, y compris sur un sujet aussi difficile que l’anthropologie : «  L’homme est à la recherche de lui-même. Évidemment, dans cette recherche, il peut aussi se tromper. L’Église a vécu des époques de génie, comme par exemple celle du thomisme. Mais elle a vécu aussi des périodes de décadence de la pensée. Nous ne devons pas confondre par exemple le génie du thomisme avec le thomisme décadent. Pour ma part, j’ai malheureusement étudié la philosophie dans des manuels de thomisme décadent. Pour penser l’homme, l’Église devrait tendre au génie et non à la décadence. » Un appel à revisiter le concept de nature ? Certes le pape ne fait pas l’éloge des études sur le genre et parle encore du génie féminin. Mais il nous invite à aller aux frontières… c’est le lieu du discernement.

François valide ce qui se passe déjà sur le terrain pastoral

De fait, « Si l’on doit laisser de l’espace au Seigneur, et non à nos certitudes, c’est qu’il faut être humble. L’incertitude se rencontre dans tout vrai discernement qui est ouvert à la confirmation de la consolation spirituelle. Le risque de chercher et trouver Dieu en toutes choses est donc la volonté de trop expliciter, de dire avec certitude humaine et arrogance : “Dieu est ici”. Nous trouverons seulement un dieu à notre mesure ». Une Eglise en recherche, voilà qui nous change d’une hiérarchie qui possède la vérité sur toutes les situations ! Ce changement se perçoit dans la volonté du pape d’être en synode et de renouveler toutes les instances synodales de l’Eglise pour qu’elles soient de véritables lieux d’échanges. Nous attendons avec impatience les réformes de la Curie : «  Je veux des consultations réelles, pas formelles » dit François. En écoutant les uns et les autres, il pourra s’apercevoir que nombre d’évêques, de prêtres et de fidèles «  sentent  » comme lui. Le souffle d’air frais qu’il apporte à l’Eglise permettra de lever quelques insupportables hypocrisies. Cela fait bien longtemps, par exemple, que des prêtres bénissent l’union de divorcés remariés ou leur donnent la communion…

Nous reviendrons sur ces paroles pontificales dans le prochain Golias Hebdo...

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La question de la « place des femmes dans l’Eglise » ne saurait-être comparée à celle que la galanterie oblige dans les transports en commun : à céder sa place assise aux femmes lorsqu’on est homme. Pour ce qui concerne l’Eglise, il n’est pas question de céder son strapontin entre deux stations, mais de revoir totalement la doctrine.
Le pape François et les évêques du prochain synode ne sauront se contenter d’évoquer « la Tradition » qui, dès les premiers siècles de la chrétienté, vit les femmes progressivement rejetées de l’autel et privées des fonctions pastorales.
Se référer à la Tradition ? Non, ils devront se référer à l’Evangile et à l’enseignement de Jésus.
Dans le contexte de la Palestine colonisée par Rome , la façon de faire de Jésus avec les femmes était de les inclure d’une façon radicale à la vie des hommes. Cette expérience d’égalité conduisit les premières femmes disciples de Jésus à considérer comme admis leur leadership dans les églises chrétiennes primitives. On trouve cela dans les lettres de Paul , les Actes des Apôtres et dans d’autres écrits de l’Eglise primitive.
Cette mise à l’écart des femmes dans les premiers siècles de l’Eglise chrétienne allait à contre-courant de la volonté de Jésus de les considérer à l’égal des hommes. Les exemples sont trop nombreux pour les citer tous. Prenons quelques cas cependant.
Celui-du divorce qu’il condamne, non pas parce que c’est « pécher contre Dieu », mais parce que dans la société juive de l’époque, l’homme peut répudier sa femme à tout instant pour tout motif (repas brûlé ou adultère), mais la femme ne peut pas répudier son époux car la loi ne le permet pas. En outre, les femmes n’ont aucune ressources propres et sont totalement dépendantes économiquement de leurs époux que leur ont donné leurs pères lorsqu’elles étaient tout juste pubères.
Jésus fait litière encore de la loi de l’impureté des femmes qui saignent. Lui même se laisse toucher par l’une d’elle et la guérit de ses hémorragies abondantes.
Il inclut encore des Samaritaines et des Cananéennes dans la cohortes de ses disciples et en fait ses missionnaires.
L’accueil que Jésus fait aux femmes est illustré aussi par l’histoire de Marthe et Marie de Magdala. Marie s’attribue la place aux pieds de Jésus , place traditionnellement occupée par les étudiants rabbiniques du sexe masculin. Marthe proteste. Mais Jésus fait l’éloge de la soif de Marie de se mettre davantage à l’écoute de Dieu : "C’est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée " (Lc 10 , 38-42).
Rappelons encore la Passion où les disciples hommes ont tous disparu. Ne reste que les femmes au pied de la croix pour recueillir les dernières volontés et les dernières paroles de Jésus. Elle seront encore au tombeau trois jours plus tard et recevront les premières la révélation de la Résurrection à laquelle les disciples masculins ne donneront pas immédiatement crédit.
Le pape François est face à ce défi : comme les disciples masculins de Jésus, refusera-t-il, lui aussi, d’entendre la Bonne Nouvelle si elle est proclamée par des femmes ?
S’il puise dans les épitres Paul les sources de son inspiration, c’est sûr, il aura des soucis car deux textes signés de la main de l’apôtre autoproclamé sont en totale contradiction.
Il y a l’égalité homme-femme dans cette formule baptismale de sa lettre aux Galates : " Il n’existe parmi vous ni juif ni grec , ni esclave ni homme libre , ni homme ni femme. Tous sont uns dans le Christ Jésus " (Gal 3 , 28). Dont acte : les hommes mâles ne sont pas supérieurs aux hommes-femelles. L’homme est masculin et féminin.
En écrivant à son scribe Timothée, Paul prend une positions totalement inverse : " Une femme doit apprendre en silence et être complètement soumise. Je n’autorise pas une femme à agir comme un professeur ou d’aucune façon , à avoir de l’autorité sur un homme ; elle doit se tenir tranquille... " ( 1Tim). Paul les renvoie aux tâches ménagères. Mais ce texte est-il de sa main ? N’est-il pas un faux rédigé par Timothée lui-même qui était également le scribe de Simon-Pierre ?
Il n’empêche que pendant plus de quatre siècles, des femmes furent nombreuses à occuper des fonctions de leader dans les communautés chrétiennes qui ne cessaient d’essaimer et de prospérer au point de gagner l’Orient et l’Occident. Par les femmes, la parole de Jésus-Christ se propageaient dans les familles et dans toutes les contrées. Des peintures de l’époque témoignent de la place qu’elles occupaient, notamment en Orient, vêtues des habits d’épiscopes ou de prêtres. Elles consacraient le pain et le vin, prêchaient...
Aujourd’hui, ces femmes qui annoncèrent l’Evangile, baptisèrent et présidèrent le repas eucharistique seraient excommuniées. Cherchons l’erreur...

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Documentaire ce soir sur France5 à 20h40
http://www.france5.fr/emission/ombres-sur-le-saint-siege/diffusion-du-24-09-2013-20h40
Résumé :
L’Eglise catholique fait face à la montée des autres religions à travers le monde. Aux Etats-Unis, la rupture est perceptible avec l’Eglise de Rome, suite aux scandales pédophiles qui ont choqué les consciences. En Europe, une dissidence interne s’organise en Allemagne, en Autriche et en Irlande, où des réformes radicales sont réclamées. En parallèle, des fuites sur les luttes intestines au sein de la curie à Rome entâchent l’image de l’Eglise, autant que les rumeurs de scandales financiers affaiblissent son influence morale. L’Eglise de Rome souffre à la fois de son autoritarisme et de son opacité. Le Pape François parviendra-t-il à remettre l’Eglise sur une voie plus sereine ?

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Même Golias semble prêt à donner du crédit aux mots du pape de Rome ! Vraiment, alors, il y a quelque chose qui bouge au-delà des Alpes !

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Pape François : un changement de ton pour un changement de fond ? 22 septembre 2013 12:10, par Sisinio Orsin

Le changement de ton ne modifiera rien au positionnement du HAUT CLERGE, vraiment sans illusions:ils ont une telle propension avec leur sainte et unique doctrine, d’attaquer les pauvres gens en dessous de la ceinture, est-ce voulu ?Pour maintenir leurs pouvoirs ?
Ils ont besoin de sous pour vivre alors ils draguent les riches potentats,assis, attendant que la monnaie tombe,mais surtout pas de laïcs et de bonne femmes au sein de leur petit comité :"ils faut être CONSACRE à vie comme le Christ"ben oui hein !Faut bien avoir le cerveau lessivé par la théologie spéculative et des pratiques spirituelles proches des sorciers,c’est comme ça.
Je dirais même que la question de fond ne relève pas de doctrines particulières,d’interprétations bibliques, de pratiques liturgiques ou d’une morale à suivre dictée et variable selon les époques et les cultures différentes :c’est une question de mentalités afin de contôler les esprits au lieu de les libérer.
Ils y a la façade que tout le monde observe puis l’intérieur.
En ce qui concerne les autres confessions chrétiennes,ils les nomment les frères séparés de "la communion de Rome":eux ils ne sont pas séparés du tout,que nenni !
Pas question de penser autrement ici, sinon grâce à leur réseau relationnel de bigot, une conconction de "bave de catho"sera imminente et sans appel.
Finalement,je ne sais pas ce qu’ils préservent.
Il se dit très souvent que
la(les) franc-maçonneries sont un état dans les états,mais pas le Vatican,que nenni !
En fait le cloisonnement serait trompeur...
Dans mon esprit, j’ai bien intégré que de ne plus reconnaître le pape, sa suite,comme représentation de Dieu et du Christ sur la terre est salutaire et libératoire.
Merci à Golias.

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Eh bien soit ! 21 septembre 2013 20:29, par Agnès Gouinguenet

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Donc à suivre. Pour les actes.
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Allons bon ! Guéguerre entre les cathos ?

http://www.charentelibre.fr/2013/09/19/l-eveque-d-angouleme-victime-de-messages-haineux-et-violents,1856060.php
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Agnès G.

Voir en ligne : http://blogs.mediapart.fr/blog/agne...

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Bonjour,
J’ai lu cet entretien du pape françois et il est extrémement enrichissant -et rafraichissant !" bien au delà des seules questions de soçiété. C’est une vision de l’homme et de l’Eglise au service de l’homme et par là même de Dieu. Personnellement je n’ai pas été vraiment surprise ayant lu et ce quelques semaines après son élection un receuil fourni de ses homélies et interventions en tant qu’évèque de Buenos Aires. Il était déjà un pasteur rudement engagé dans la vie de sa cité, défenseur ardent des opprimés et des laissés pour compte, dénonçant et bousculant sans cesse les consciences sur les scandales moraux que représentaient tant d’enfants et de jeunes jettés dans les rues, en proie à la mendicité, à la drogue, à la violence.

sur les homos en disant "qui suis-je pour les juger" ou "je ne suis personne pour juger" il marque forcément les esprits et ce très profondément, cela justement parcequ’il est le pape, autorité morale et spirituelle de 1er plan. Qui suis-je...drole de façon de rêpondre, vous êtes le pape justement...Ce n’est pas Mr lambda du coin de la rue ou même un responsable politique....Voilà un vrai pasteur qui ne se prend pas au sérieux et qui parle avec le coeur. Il me fait penser à Jean XXIII, même élan pastoral, même bonhomie, même volonté d’ouvrir les fenêtres.

concernant le changement de fond il me semble-si on veut être fidèle à sa pensée- que la volonté du pape François est plus d’inventer une nouvelle façon d’être au monde et de parler au coeur des gens, d’inverser les priorités, de recentrer l’eglise sur le coeur du message évangélique.

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De l’interview du Pape, les journaux ont relaté surtout ce qui a trait à l’homosexualité, la place des femmes, le célibat en essayant de mesurer jusqu’où il serait prêt à faire évoluer la doctrine. Merci pour cet article qui va bien au delà, il nous éclaire sur la pensée de François et nous aide à en percevoir la profondeur et la nouveauté. Il nous donne de l’espoir. Je trouve à ce pape a un côté Protestant qui me plait bien ! J’aimerais que tous les catholiques en soient fiers.

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Il y a surtout cette phrase incroyable : "Je n’ai jamais été de droite."

Ça va faire plaisir à nos camarades tradis !

Voir en ligne : http://soundcloud.com/gino-hoel

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François au pied de son arbre 21 septembre 2013 07:47, par pierre mabire

Qu’il y ait un changement de ton dans la parole du pape, c’est vrai. Et l’analyse qu’en fait Christian Terras est particulièrement intéressante car elle montre les ouvertures sur une possible évolution de l’Eglise catholique romaine, celle par qui notre baptême est arrivé.
Si effectivement François ne juge pas et ne condamne pas, il n’est pas encore dans la proposition d’un changement radical de la hiérarchie ecclésiale à l’égard du peuple de l’Eglise.

Tout en parlant de donner plus de place aux femmes dans l’Eglise, quelques semaines plus tôt, il avait rejeté toute idée de revenir, comme aux premiers temps de l’Eglise, au « ministère sacerdotal pour tous », donc l’exclusion des femmes. Elles devront donc rester au pied de l’autel, simples servantes. Il faudra donc bien un jour qu’il précise la doctrine nouvelle de l’Eglise, s’il y en a une.

L’homosexualité ? Le mieux se serait-il pas que les papes n’en parlent plus jamais ? La hiérarchie de l’Eglise ne mesure à quel point elle a pu blesser, agresser, traumatiser celles et ceux dont la sexualité n’est pas la norme majoritaire. Si ses paroles infléchissent un peu l’attitude des prélats de France dans la période politique du « mariage pour tous », il reste que cette Eglise des prélat aura fait ressurgir les ligues fascistes qui sommeillaient dans notre société, et n’attendaient qu’un « signe du ciel » pour brandir la cannes, les bâtons et les cailloux pour frapper et lapider celles et ceux qui veulent vivre pleinement un amour différent.
Idem pour les divorcés remariés, renvoyés à la porte des églises, exclus de l’eucharistie et des sacrements. Le jugement demeure dans la doctrine et les canons de l’Eglise, et les sanctions qui vont avec.

Mais le pape François serait-il aussi une réplique de Janus, le dieu aux deux visages ? N’a-t-il pas nommé dernièrement dans sa garde rapprochée des prélats de l’Opus Dei ? N’a-t-il pas restauré les « indulgences » qui restent sujets de division avec nos frères et soeurs réformés et sont contraire à la foi ? Lui, très prompt à voir Satan derrière de nombreuses portes, que fait-il réellement pour nettoyer l’Eglise romaine engluée dans le torrent de boue de ses scandales (dérives sexuelles, banque pourrie du Vatican, etc.) ?

Il ne pourra pas longtemps être la vitrine souriante d’une Eglise prétendument ouverte au monde d’aujourd’hui, et le boutiquier de cette même Eglise qui traficote à l’arrière du magasin des combines plus ou moins douteuses ou sordides.

Le peuple des baptisés n’est pas dupe. Il n’est plus celui des temps anciens qui n’avait pas accès à la connaissance (le savoir lire et écrire), n’avait pas le droit de posséder la bible et de la commenter sous peine d’excommunication. Ce peuple est informé de tout dans des temps records. Et, grâce aux outils modernes de communication, échange, discute, soupèse, évalue plus vite que le pape n’ait le temps de réfléchir et de parler.

Le partage auquel nous sommes invités s’opère déjà à grande vitesse, dans l’immédiateté. Ce n’est pas une mode. C’est un changement radical de culture qui concerne presque tous les peuples de la planète.

Une intervenante fidèle du forum soulignait dernièrement dans l’une de ses contributions que l’Eglise catholique romaine avait été très hostile à l’apparition de l’imprimerie moderne de Gutenberg car elle voyait qu’elle allait perdre le contrôle de la pensée et le contrôle des vecteurs de sa propre pensée - ce qui valut la création de l’Index, et tous les autodafés auxquels elle s’est livrée.

La grande crise de l’école, au XIXè siècle en France, ne fut rien d’autres que cela, celle de la perte de contrôle de l’Eglise sur le peuple, baptisé ou non d’ailleurs. Un domaine qu’elle ne veut toujours pas lâcher en rejetant systématiquement les principes de laïcité qui sont pourtant source d’équilibre et de paix dans un pays qui a su se mettre à l’abri de toutes les théocraties.

Comme nous le disons souvent aux hommes politiques, nous pouvons le dire aussi au pape François : il faut maintenant passer des paroles aux actes. Pour citer des paroles d’Evangile, disons encore que c’est aux fruits qu’on verra si l’arbre est bon ou toujours malade.

Il y a tant à faire pour émonder, ôter la mauvaise herbe, cultiver la terre. Je ne parle pas du peuple, mais de ceux qui prétendre être ses pasteurs. Des pasteurs qui, aujourd’hui, conduisent les agneaux à la boucherie, faisant que les églises sont vides, que la parole contenue dans les Evangiles n’est plus transmise et que le pain eucharistique n’est plus partagé.

François le jardinier, tu as du boulot qui t’attend ! Mais si c’est pour bosser avec les sectateurs thomistes qui ont saccagé le jardin, tu risqueras bien de rester seul au pied de ton arbre. Pour ce qui me concerne, je serai dans le jardin d’à-côté.

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