Parution : 31 octobre 2013
Prêtre

Je viens de voir l’excellente émission diffusée sur Arte le 22 octobre dernier, Mea maxima culpa, sur le scandale des prêtres pédophiles, et l’omerta dont l’Institution ecclésiale les a couverts. On y voyait bien que le prêtre n’était pas considéré comme un homme ordinaire, qu’il bénéficiait de la part des fidèles d’une aura quasi sacrée. L’Église aussi, une fois les crimes mis au jour, n’a pas eu pendant longtemps un seul mot de considération pour les victimes, mais s’est contentée de dire que de tels comportements n’étaient pas dignes de la fonction du prêtre ! D’ailleurs sa conduite ne relève pas selon elle des lois civiles, mais du seul droit canon, et du tribunal qu’elle dresse elle-même, « en interne », avec interdiction absolue de divulguer ce qui s’y passe.

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On voyait dans le film des plans où s’effectue la consécration de l’hostie, donc où s’opère la transsubstantiation eucharistique, via les mains et la bouche du prêtre. Manifestement celui-ci est un thaumaturge, et le respect qui lui est dû tient au surnaturel, au miracle qu’il opère, au nom du « Mystère de la foi ». La considération dont il bénéficie est à l’image de ce qu’il est censé produire. En fait, il n’a de prestige que celui que nous lui donnons. Je pense à ce qu’écrit Voltaire, dans Œdipe : « Nos prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense : / Notre crédulité fait toute leur science.  »

Mais bien avant lui, Luther avait défendu l’idée de « sacerdoce universel » : pour lui, tout croyant baptisé était un prêtre. Jamais en monde protestant le pasteur n’est un thaumaturge. Nulle hiérarchie n’y existe. C’est ce que Boileau a bien vu : « Tout protestant fut pape une Bible à la main.  » Le sacrement administré en tant que processus magique y est inconnu. L’absolution par exemple, qui fait dire au prêtre : « Je t’absous, etc. », n’y a pas son équivalent. Tout au plus un pasteur dirait : « Que Dieu te pardonne  ! » Et pourtant, souvenons-nous que Louis XIV tremblait devant son confesseur ! Tant est grande la peur infantilisant les uns, et le désir de pouvoir des autres, manifesté par le chantage aux sacrements !

Il est temps de considérer le prêtre comme un homme comme les autres, et l’Église, non comme une Institution de fonctionnaires cherchant à persévérer dans son être, fût-ce en étouffant des scandales, mais comme la simple assemblée des croyants.

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Croix, selon les scribes@Loïc 11 novembre 2013 22:11, par Nathalie

Je tente de remonter un peu car l’étroitesse des cadres rend difficilement lisible les textes

Et la réécriture qui peut être faite de certaines pages de la Révolution, au prétexte de venir combler les lacunes précédentes n’est en aucun cas un gage de validation du propos qui est le vôtre de génocide franco-français. Les historiens un peu sérieux qui ont étudié le phénomène ont rappelé qu’il fallait aussi prendre en compte, dans la réduction de la population, la mort par maladie, famine, la migration et le non-retour de ceux qui avaient quitté la Vendée qui était en guerre. Quelle que soit d’ailleurs leur obédience.
Vous parlez des horreurs commises par les bleus, vous oubliez celles commises par les blancs. Une guerre n’est jamais propre et surtout pas une guerre civile. Que vous validiez le terme de génocide ne me fait ni chaud ni froid. Non plus qu’à beaucoup d’autres avec moi. Et moi je suis de pays Chouan. De la vraie guérilla p’tit bonhomme, pas de la guerre en dentelle. Avec des roturiers et des pécores à la tête des troupes qui ont tenu tête à l’Empire, pas des ci-devant gominés. Enfin, je vous invite à essayer de regarder autre chose que votre nombril et puisque vous êtes si fortiche en contre révolution, regardez ce qui se passe ailleurs et pour quelles raisons. Et si ça se trouve, vous allez même rencontrer quelques raisons qui n’ont rien à voir avec un quelconque soutien à la noblesse et au clergé, de même qu’au roi. Le roi est mort ? Et alors ? Vous faites bien partie de ceux qui demandent la destitution d’un président de la République et j’aimerais être certaine aujourd’hui, que les mêmes ne souhaitent pas, à minima, sa mort.

Enfin je vous rappelle que la Vendée fait partie des créations révolutionnaires. Vous devriez donc remercier la Révolution à cet effet. Ce territoire n’existait pas au préalable et la population qui le composait n’avait rien en commun d’un bout à l’autre dudit territoire. Allez un ban pour la Révolution ! Hip hip hip !
Certes, aujourd’hui c’est un produit vendeur et ça permet de rallier artificiellement au panache un peu en berne, des rogatons de la noblesse locale et de la droite monarchiste, une population qui a sans doute besoin de leurres pour avoir l’impression d’exister.

Votre rapport de "noble" avec ses gens est d’un arriérisme fini. Je tiens à le souligner. Vous parlez de la populace soumise qui se courbait en voyant passer "not’ bon maître" et ça vous provoque une réaction que pour éviter la censure je ne citerai pas ici ? Vous avez une vision tellement étriquée des causes des mouvements contre-révolutionnaires que c’en est grand’pitié. Allez, faites moi rigoler et citez moi les quatre états de la noblesse avec le détail de la condition de chacun, les structures agraires ou commerciales, car je vous rappelle au passage que l’armement n’est pas dérogeant ce que vous avez visiblement un peu oublié en parlant de commerce et ce qui explique aussi les redorages de blasons grâce à la traite négrière, le cas de la dormition de la noblesse et ce qu’elle a généré. Etalez donc votre connaissance de votre "condition" supérieure, vous qui savez pérorer comme tous les baveux d’ailleurs.

Pour vos défenseurs de la vraie foi... il s’agissait pour beaucoup aussi, de fanatiques accrochés à l’idée que seule la religion catholique est valide. Tout le monde n’était pas, déjà à l’époque, d’accord avec cette proposition. Par ailleurs, défendre la vraie foi qui vous avait rapporté autant de biens et autant d’argent sur le dos des miséreux, il faut dire que ça doit stimuler. Surtout quand soudain on vous rappelle à la simplicité évangélique et le dénuement prôné par un certain Jésus, un peu oublié en cours de route par l’Eglise de France, il faut bien le dire aussi. Les prêtres et les évêques qui ont soutenu la Révolution soutenaient le peuple dont ils connaissaient la misère et pour la plupart dénonçaient les outrances de l’Eglise dont l’indécente opulence était une injure à la face de Dieu. Et c’est toujours le cas d’ailleurs. Pour le reste, rien ne les empêchait de jurer. La nécessité du martyr relève plus du fanatisme halluciné que de la foi véritable.

Votre développement est bourrée d’une idéologie passéiste, révisionniste et la superbe dont vous essayez péniblement de faire preuve, n’est que le pâle reflet des tueries opérées par les croisés en Palestine, parce qu’on les y avait envoyés se défouler faute de terres pour tout le monde, dans le fief paternel. Et il fallait bien que jeunesse se passe. Ca aussi, ça fait partie des réalités. Et Régine Pernoud, votre égérie, en parle, de même que beaucoup d’autres qui rappellent avec elle que nombre de cadets de famille désargentées ont tenté l’aventure.
Enfin, vos ancêtres ont peut être fait quelque chose de leurs dix doigts, ça ne veut pas dire que vous avez hérité de leur gloire. Quelle est la vôtre ? Qu’est-ce qui dans votre vie justifierait que votre pays vous accorde un titre de noblesse ? A quoi devez-vous le vôtre, si vous en avez un, sinon au seul fait d’être né… ce qui n’a rien de bien glorieux et ne vous a demandé aucun effort ? Quand vous aurez été faire un tour au Mali et que vous reviendrez couturé de cicatrices prouvant votre bravoure, on en reparlera.

*** baveux : terme argotique pour désigner un avocat.

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Prêtre 4 novembre 2013 21:16, par Alain

J’ai eu la "chance" de voir l’aumônier de mes enfants se faire condamner pour pédophilie. En France, au XXIème siècle.

Pendant que la maman faisait le catéchisme, il se tapait le gamin à l’étage.

Vous n’imaginez pas le traumatisme des enfants, des parents... A nous de gérer les suites...

Qui donc a parlé de mal fait aux enfants et de meules dans la mer ?

Merci à BXVI d’avoir au moins commencé à traiter ça, espérons que plus jamais...

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Prêtre 4 novembre 2013 15:46, par Françoise

Hello Michel

L’aura quasi divine dont ont souvent bénéficié les prêtres de la part des fidèles les plus dogmatiques (il y a encore quelques décennies), vient de la formation des prêtres au séminaire. Il leur est toujours enseigné qu’ils deviennent des êtres supérieurs ne dépendant d’aucune loi humaine en devenant prêtre. Ce type de formation que l’on retrouve aussi bien dans les écoles de management que dans les séminaires ou dans les sectes, que dans les hautes écoles type ENA, Sciences Po, etc, joue sur l’amour propre des personnes, sur leurs ambitions, leur ego. On est loin d’une démarche évangélique et christique. Et avec ce type de représentation de soi, il est évident que les plus orgueilleux et les plus malfaisants vont s’y complaire et exploiter à fond cet enseignement, abuser, repousser les limites sachant que le clergé les soutiendra ou fera passer sous silence leurs délits, crimes, abus divers et variés. Comment se remettre en question vis à vis d’ actes criminels quand on est persuadé d’appartenir à une caste supérieure qui prétend n’avoir de compte à rendre à personne d’autre qu’éventuellement à sa hiérarchie et à Dieu (instrumentalisé pour l’occasion) ?
Ce qui fait blocage aujourd’hui, se ne sont pas les fidèles, c’est le clergé qui refuse de changer, de se confronter aux tribunaux. C’est le clergé qui va tenter de trouver toutes les parades pour continuer comme si sa formation, sa façon d’agir et de faire ne nourrissait pas les pires violences et les pires crimes.

Je suis d’accord avec vous sur votre critique mais je pense comme Pierre que l’institution cléricale dans ses hauts représentants est incapable de pouvoir changer et se réformer sur ces questions. Elle fera des réformes esthétiques, ce que j’appelle du ravalement de façade à peu de frais, mais rien ne changera jamais. C’est déjà ce que peuvent constater les victimes de différents groupes intégristes de la Nouvelle Evangélisation, même après qu’il y ait eu des affaires judiciaires retentissantes. Le Vatican nomme des évêques pour soit-disant réformer les groupes, mais la teneur du discours interne de ces réformateurs est que tout doit continuer comme avant parce que les dérives, les crimes ne concernaient que "quelques brebis galeuses". Xavier Léger l’a dit concernant les Légionnaires du Christ, Murielle Gauthier et le Père Tison l’ont dit pour ce qui est de la Communauté des Béatitudes. D’autres pourraient le dire sur d’autres groupes issus de la même mouvance ou dans d’autres domaines. Y compris dans les formations au séminaire.

Je crois cher Michel que si nous fidèles ne sommes majoritairement plus du tout dans une vision fantasmatique du clergé et n’hésitons plus depuis quelques décennies à dénoncer ses crimes, ses délits, ses malversations, le clergé dans ses plus hauts représentants ne veut rien changer. Seuls quelques prêtres progressistes, quelques religieux et religieuses ouverts et conscients de la gravité de la situation, veulent changer la donne. Mais force est de constater qu’aussi bien l’expérience des prêtres ouvriers, que celle de la Théologie de la Libération (qui ont aussi pour objet de désacraliser le clergé pour le placer en frère, soeur de tous, sans aucun privilège ni statut à part), sont toujours mal vues du Vatican. Il faut donc que le bas clergé s’organise avec nous croyants pour faire avancer les choses sur ce chapitre (médiatiquement, juridiquement) mais aussi sur la gestion des paroisses et du culte communautaire. Sans cela, le Vatican ne changera pas. Il faut bousculer l’institution de la base. Ce qui veut dire aussi une mobilisation importante et du courage, de la persévérance de notre part et de la part du clergé qui acceptera de taper avec nous du poing sur la table.
Je pense au père Tison qui a contribué à faire dénoncer le moine pédophile Pierre Etienne Albert au sein des Béatitudes. Ce n’était pas une démarche facile pour lui. Mais il l’a menée avec le soutien de 3 membres des Béatitudes (un moine, une moniale et une laïque Muriel Gauthier) parce qu’il trouvait abominable de laisser Pierre Etienne Albert continuer d’abuser d’enfants. Et il a osé faire front face aux propos violents et critiques du Père Henri Donneaud (censé réformer les Béatitudes) vis à vis de leur dénonciation. Je vous invite à écouter le Père Tison. Et si l’affaire vous intéresse, à écouter le déroulé de l’affaire sur l’ensemble des vidéos de l’abbaye de Bonnecombe. Je pense que ça vous intéressera.

http://www.youtube.com/watch?v=Nn_9-5QJjMQ

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Prêtre 3 novembre 2013 20:58, par Nathalie

Eh bien voilà au moins une théologienne qui n’a pas froid aux yeux

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/2013/10/une-théologienne-de-l-université-notre-dame-théologien-retweet-que-jésus-était-un-socialiste-du-moyen-orient-.-dans-une-intervi

Merci aux Paroissiens.

Et j’ajoute pour faire bonne mesure, que la relève est enfin assurée

http://www.lemonde.fr/le-magazine/article/2013/09/27/femmes-en-soutane_3485008_1616923.html

Voilà des visages de la nouvelle Eglise catholique.
Ainsi que le disait Martin, la cabine téléphonique n’est plus bien loin pour les réunions des indécrottables.

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Prêtre 2 novembre 2013 10:16, par Loic

Devenez protestant, ayez le courage d aller jusqu’à au bout de vos hérésies !

Pour les victimes je vous invite à lire les interventions du Souverain Pontife émérite aux victimes et à vous rappeler que celui-ci avait reçu une partie des victimes de ces prêtres, bien souvent modernistes et gagnés par la contagion du monde

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La table du temple renversée 1er novembre 2013 06:12, par pierre mabire

Voilà donc que l’ami Michel Théron met ses pas dans ceux de Luther. Les prêtres : des hommes (et des femmes) comme les autres. Pas d’intermédiaire entre l’unique chef de l’Eglise – Jésus-Christ – et son peuple.
Dans la Lettre à la noblesse chrétienne, Luther le précisait très clairement : "Que tout homme qui se reconnaît chrétien soit assuré et sache ... que nous sommes tous également prêtres, c’est à dire que nous avons le même pouvoir à l’égard de la parole et de tout sacrement"
Le pape François n’est pas encore allé aussi loin. Mais il n’en manifeste pas moins son désir de rapprochement entre catholiques et luthériens. Ce qui impliquerait de toute évidence une refonte radicale de la doctrine catholique dans des secteurs aussi fondamentaux que l’eucharistie, l’organisation structurelle de l’Eglise (fin du ministère consacré), démocratie de la base au sommet, rotation dans la responsabilité des charges de l’Eglise, etc.
On comprend mieux, sous cet éclairage, pourquoi les tradis et intégristes catholiques, dont quelques uns s’expriment sur le forum Golias, sont en train d’ériger des barricades pour se protéger des paroles de François qui donnent plus de place à Luther qu’à Thomas d’Aquin... dont il a clairement énoncé les dérives exégétiques.
Le pontife n’a-t-il pas rappelé qu’il n’existe pas de « Dieu catholique » mais un Dieu universel à la chrétienté ? Reste maintenant à savoir s’il s’agit de paroles... verbales, ou d’une véritable volonté de décoincer l’Eglise catholique apostolique romaine, engluée dans ses dogmes qui l’immobilisent et la rigidifient. Cette Eglise n’a pas encore su intégrer certaines des avancées du concile Vatican 2 et s’est repliée depuis Paul VI sur la doctrine la plus conservatrice qui soit.
Si, effectivement, comme le dit si justement Michel Théron, l’Eglise n’est pas la hiérarchie ecclésiale mais la simple assemblée des croyants alors ça change tout. Dans cette assemblée hommes et femmes sont « prêtres par leur baptême ». Voilà bien la table du temple renversée comme l’avait fait Jésus lorsqu’il avait eu un coup de sang contre le docteurs de loi qui enfermaient leur Dieu dans leur temple de pierre.
Il y a encore 1000 autres tables à faire tomber. Le travail est à peine esquissé, mais c’est un bon début.

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Le dernier livre de Michel Théron, Sur les chemins de la sagesse, est disponible sur commande en librairie, ou directement sur le site de son éditeur BoD https://www.bod.fr/livre/michel-theron/sur-les-chemins-de-la-sagesse/9782322080823.html (248 pages, 9,99 euros)

Michel Théron
Parution : 21 septembre 2017
Parution : 12 septembre 2017
Parution : 28 juillet 2017
Parution : 23 juillet 2017
Parution : 13 juillet 2017
Parution : 4 juillet 2017
Parution : 27 juin 2017
Parution : 20 juin 2017
Le site de l'auteur : le blog de Michel Théron
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