Parution : 18 novembre 2013
Lourdes : automne épiscopal

Le mois de novembre est le mois des morts. C’est aussi le mois des assemblées épiscopales en France et aux Etats-Unis. Espérons que le rapprochement ne sera que fortuit. Toujours est-il que les évêques se sont retrouvés, comme chaque année, quelques jours à Lourdes. Pour des temps d’échanges et de partage mais aussi de réflexion sur les grands défis à relever. Peut-on encore espérer des pistes audacieuses ?

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Des assemblées pour rien ? Il y a une vingtaine d’années, lorsque les évêques de France se retrouvaient à Lourdes pour leur assemblée plénière annuelle, les caméras et les journalistes étaient présents au rendez-vous et couvraient largement la rencontre. Aujourd’hui, cette réunion annuelle ne mobilise plus guère l’attention. Comme si ces rencontres un peu inutiles , d’évêques au fond très divisés mais se gardant d’en prendre acte, étaient de plus en plus marquées au sceau de l’insignifiance et de l’impuissance à faire face aux grands défis qui se posent.
Cette année, nos évêques entendaient se pencher en particulier sur le douloureux problème du tarissement du recrutement pesbytéral. Le problème en fait est qu’ils sont prisonniers de normes contraignantes dont ils n’osent s’émanciper faute de poser un acte de rupture qui les effraie. Trop diversifié, l’épiscopat français entretient le consensus mou. Mais l’urgence de la situation exigerait davantage d’audace. A savoir, repenser l’exercice du ministère et les conditions du recrutement. Au-delà du seul problème particulier du célibat, qui a néanmoins son importance. L’avenir ne sera pas imaginé par nos évêques. A nous de le construire. C’est dans les marges qu’il prendra naissance. Certes, le ton donné par le nouveau président de la conférence diffère de celui de l’impavide André Vingt-Trois. Plus nuancé, avec un vibrato pour les questions sociales. Néanmoins, il serait excessif de parler de tournant. C’est un évêque connu pour ses postures intransigeantes, Mgr Guy de Kérimel, de Grenoble, qui traite le dossier sensible de l’avortement. Tout un symbole !
A l’évidence, nos évêques, peut-être sous la pression d’une partie importante de leur jeune clergé et d’une frange de ce qui leur reste de fidèles, sont rattrapés par des postures défensives sur des questions sociétales complexes comme la bioéthique. Qui demanderaient une réflexion anthropologique, certes critique envers le « politiquement correct » mais ouverte, et prête à aborder les choses sous des angles différents, en fonction de la complexité justement des situations réelles. Peut-être est-ce trop leur demander.

[lire l’intégralité de notre dossier dans Golias Hebdo n° 311]

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La "loi naturelle de Dieu", la ligne de fracture 25 novembre 2013 13:54, par pierre mabire

La préparation du synode épiscopal annoncé pour 2014sera déterminant pour l’Eglise catholique apostolique romaine. Surtout quant à son résultat.
Concernant la famille, le cadre du synode édité par la Cité du Vatican limite le périmètre du débat. Il s’agira de tout faire entrer dans le concept de la « loi naturelle ». Ce qui peut s’entendre ici dans la « loi de Dieu », bien que cette notion s’étende encore sur les champs de la philosophie, de l’anthropologie et de la politique.
Dès maintenant, le débat tel qu’il est introduit me paraît faussé puisque le principe même de la « loi naturelle de Dieu » ne pourra être remis en question, puisqu’il s’agit d’une loi « organique » autour de laquelle se fonde la doctrine de l’Eglise catholique romaine.

Le document démarre de cette façon : « La beauté du message biblique sur la famille a sa racine dans la création de l’homme et de la femme faits tous deux à l’image et la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1,24-31 ; 2, 4b-25). Unis par un lien sacramentel indissoluble, les époux vivent la beauté de l’amour, de la paternité, de la maternité et de la dignité suprême de participer ainsi à l’œuvre créatrice de Dieu ».

Sauf que dans la vraie vie, tout ne se passe pas ainsi. Dans la plupart des pays européens, près de la moitié des unions finissent pas rompre. Le divorce est le plus souvent exigé par les femmes pour des raisons simples à comprendre : un époux volage, alcoolique ou violent (2 femmes meurent tous les jours en France sous les coups de leur conjoint ou compagnon).
Selon l’Inserm, seuls 10 % des hommes se contentent de la même partenaire toute la vie.
En France, en moyenne, les hommes revendiquent 11,3 partenaires dans leur vie, et pour les femmes 3,4. Un sondage réalisé en 2005 établissait que 39 % des hommes et 25 % des femmes avaient trompé leur partenaire.
Le célèbre rapport Hite indique qu’aux États-Unis, 70 % des femmes ayant plus de cinq ans de mariage, déclarent avoir été infidèles au moins une fois. Ce chiffre est de 92 % pour les hommes.
Il ne peut échapper maintenant aux esprits un tant soit peu évolués, informés et ouverts que rien, à la création de l’humanité, ne s’est passé comme c’est écrit dans le Livre de la Génèse. L’arrivée de l’Homme (mâle et femelle) sur Terre est le résultat d’une très lente évolution d’espèces d’un arbre généalogique dont nous cherchons encore les racines profondes. Nous ne savons rien de la période où les premiers hominidés se sont dressés dotés d’une conscience de la vie et de la mort.
La « loi naturelle » est comme le Livre de la Genèse : un produit du cerveau humain – celui de scribes rassemblant sur le parchemin ou le papyrus ce qui se racontait depuis des siècles les soirs de veillées.
Pas besoin aujourd’hui d’être biologiste et généticien pour dire que la conception d’un être vivant, humain ou animal, nécessite la fusion de gamètes mâles et femelles. Et ce hors de toute considération d’ordre sentimental. Pour preuve : un viol peut donner naissance à un enfant non voulu par celle qui était fécondable ce jour-là, maudit d’entre tous et à jamais.
Mais qu’en est-il de ceux qui s’aiment, veulent construire leur vie ensemble et sont de même sexe ? La « loi naturelle de Dieu » les rejette-t-elle en faisant des différences dans le monde humain : les hétérosexuels qui serait la classe supérieure, et les homos ou transsexuels qui n’entreraient pas dans les critères de la « loi naturelle » ? Nous sommes ici au coeur d’une réelle forme de racisme anthropologique
Je le dis tel que je le pense : si l’Eglise donne encore dans ce genre-là, elle est foutue. De loi naturelle n’existe que celle que les humains se donnent à eux-mêmes et pour eux-mêmes, en toute liberté. Et j’ajoute encore : en toute "laïcité".
Ce concept de « loi naturelle » devient clairement la ligne de fracture entre ce qui, sur le plan théologique, sépare les intégristes des progressistes, ou modernistes.
Si cette Eglise se définit comme « rassemblement des baptisés », on ne peut admettre alors qu’il y a ceux qui sont dans la nef, face à l’autel, et les autres qui doivent rester dans les bas-côtés et dans les allées latérales. Et, tout aussi discriminatoire, les femmes qui resteront hors de l’autel à cause de cette même « loi naturelle de Dieu » qui en ferait des hommes de seconde catégorie.
Mais encore, la « loi naturelle de Dieu » ne consacre aucun prêtre et aucun évêque. Le peuple des baptisés restera sur le parvis lorsqu’il s’agira de décider et voter. Circulez, il n’y aura rien à voir, mais seulement tout à croire. Il faudra s’attendre à voir le peuple aller voir ailleurs.

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Pour la deuxième fois l’article 4 qui reporte la revalorisation des pensions de retraite a été rejeté mercredi soir par une majorité de députés. C’est un nouveau désaveu pour le Gouvernement.

La proposition commune au Front de gauche, aux écologistes et aux radicaux, visant à exclure du report de la revalorisation les retraites dont le montant est inférieur à 1028,17 euros (minimum contributif) ne sera pas soumise au vote, tant le Gouvernement craint son adoption.

Le recours au vote bloqué mardi prochain sur le projet de loi et cet article inique révèle un rare mépris pour le Parlement.

Sans scrupule, l’exécutif s’obstine dans sa volonté de faire les poches des retraités en y récupérant 1 milliard 900 millions d’euros.

Tout au long des débats le Gouvernement nous a expliqué qu’un-e retraité-e qui perçoit une pension de 800 euros par mois peut bien faire un effort de 140 euros chaque année pour redresser les comptes de l’assurance vieillesse, alors même que les entreprises sont exonérées de toute contribution

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Lourdes : automne épiscopal 23 novembre 2013 17:18, par BONNARD

Il suffit de demander la recette à l’évêque de Belley-Ars pour remplir les séminaires. Celui de la Société Jean-Marie Vianney à Ars refuse des candidats. Se demander pourquoi dérange peut-être ?

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Coucou Golias ! 23 novembre 2013 09:21, par Agnès Gouinguenet

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Comment voulez-vous espérer la moindre évolution, dans un cercle masculin hermétiquement fermé par la gynophobie ?
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Car, dans ce milieu, la femme n’est acceptée que si elle est vierge, ou mère, et / ou lesbienne, et / ou d’un certain niveau sociétal.
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Pour avoir "le droit" de pénétrer dans le siège de la CEF, avenue de Breteuil à Paris, j’ai du dire que j’étais médecin. Sinon, je ne rentrais pas (n’étant ni vierge, ni mère, ni lesbienne). A noter qu’à ce moment-là, je n’étais pas encore débaptisée. Cette attitude m’a boostée dans ma démarche de claquage de porte.
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Curieux critères de "sélection". Pas vraiment "christiques", mais ce n’est pas nouveau.
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Belle journée.
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AG.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Lourdes : automne épiscopal 21 novembre 2013 10:51, par Martin

La rédaction des éditions Golias pose la question de fond : l’institution cléricale est-elle réformable ? A force d’observations dans la durée, sa réponse, chuchotée entre les lignes, est : non. Je partage le ressenti de la rédaction. Dès lors, on débouche sur une autre question : partant de ce constat, suis-je encore, personnellement, en communion avec l’épiscopat de l’Eglise qui est en France ? Je ne le pense pas. En tout cas pas plus que Luther ou Calvin dans le contexte de leur époque. La différence avec eux, c’est que restant catholique, j’appartiens à un "Peuple hors les murs" livré à lui-même, libre de se déterminer par lui-même, et qui finalement est en passe d’intérioriser massivement cette forme de dissidence silencieuse et plutôt apaisée avec l’institution épiscopale. Dernière question : est-ce que cette institution n’est pas déjà morte sous nos yeux ?

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entendu sur france culture 21 novembre 2013 00:54, par anne marie

monseigneur pontier met a l’index des dérives sectaires manipulation,une liste
mais il y a eu le passé des adultes blessées a vie ,c’est méprisable
le bon pasteur ou des enfants martyrises,l’Évangile dévoyés
http://www.franceculture.fr/oeuvre-enfances-volees-le-bon-pasteur-nous-y-etions-de

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Lourdes : automne épiscopal 19 novembre 2013 18:36, par swyngedauw

Comme signalé, il est vraiment regrettable qu’il ne soit pas question dans le cadre "du respect de la vie et du service de la vie" des attaques racistes contre des politiques dans deux pays différents. J’ai le sentiment qu’elle se fou pas de la vie, qui ne s’arrête pas à l’embryon, .aux manipulations génétiques, à savoir comment les humains ont à gérer leur sexe. La vie c’est aussi l’égalité des humains, des droits de l’homme (que l’église n’accepte bien souvent qu’en théorie). Jean XXIII disait qu’il serait temps de dépoussiérer l’église de ce qui s’est passé depuis Constantin. La démocratie, c’est une réalité. l’égalité, c’est une réalité. Donnons à nos évêques pour qu’ils prennent exemple, ce texte paru dans le monde, et qui reprend les propos de l’ONU. . .

L’ONU DÉNONCE LES ATTAQUES RACISTES CONTRE LA MINISTRE.
Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, une agence des Nations unies, a fermement condamné, vendredi 15 novembre, les attaques racistes "dont fait l’objet depuis plusieurs semaines la ministre française de la justice (…), et notamment la couverture d’un hebdomadaire d’extrême droite, Minute ", a déclaré un porte-parole à Genève. Selon lui, " l’intention raciste " ne fait aucun doute, " et ce malgré les protestations du magazine ". Ces attaques répétées sont " des abus totalement inacceptables à l’encontre d’une responsable politique connue en raison de sa couleur de peau, sont une manifestation claire de la montée du racisme, de la xénophobie et de l’intolérance à l’encontre des minorités ethniques ou religieuses et des migrants dans de nombreux pays européens ".
En juillet, le Haut-Commissariat avait condamné les attaques racistes contre la ministre italienne de l’intégration, Cécile Kyenge.
Mais peut-être est là "un Détail".

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Lourdes : automne épiscopal 19 novembre 2013 15:52, par Ventadour

On vous sent pleins de nostalgie pour l’Eglise d’avant la chute du mur de Berlin, quand le mot d’ordre était pour les évêques (comme pour l’intelligensia auto-proclamée française) "pas d’ennemi à gauche", "le communisme est un horizon incontournable", "Vatican II c’est une nouvelle Eglise, du passé faisons table rase" ! Moi je n’ai aucun regret de cette période et j’aime mieux les temps que nous vivons, même si la chute du mur de Berlin n’a pas encore donné tous les beaux fruits que l’on pouvait en attendre. Mais çà vient, la "Manif pour tous" est le "Solidarnosc" d’aujourd’hui qui donne des coups de boutoir puissants aux idéologies bobo-socialo-libertaires (elles ont d’ailleurs passé une bien mauvaise année 2013, "annus horribilis"). Les énergies spirituelles du peuple catholique et du peuple tout court ont été libérées du carcan dans lequel elles étaient tenues depuis trop longtemps ; le gouvernement et tous ses amis (dont vous) ont du mal à s’en remettre, ils sont partagés entre colère et sidération. Et l’année n’est pas encore finie, qui sait ce que nous réservent les semaines à venir ? Benoit XVI verra peut-être de son vivant les fruits de ses combats courageux, c’est pour cela que je prie.

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Emanuel@PMaire 19 novembre 2013 14:45, par Emanuel

Dans l’agglomération de Lille, le « Groupe Scolaire Notre-Dame-de-Fatima » est un établissement catholique dirigé par un prêtre de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Les règles régissant cette école de 150 enfants (de la maternelle à la 3ème) sont tirées de l’enseignement et de l’expérience de l’Église catholique traditionaliste.

Dieu sait que je ne suis pas favorable à l’école libre sous ou hors contrat... mais bon tolérance oblige. Et quand même :
Taux d’échec de cette école, taux de réussite (pas forcément directement corrélé à l’échec) aux examens... Quel rapport avec ces mêmes critères dans les écoles publiques et privées sous contrat ???
Autant d’infos qui permettent de sortir de la dénonciation sans preuve ???

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Lourdes : automne épiscopal 18 novembre 2013 20:22, par Françoise

N’empêche, malgré ces crispations et ces postures défensives, on a droit quand même à une avancée : par la voix de Mgr Pontier, il y a reconnaissance de dérives sectaires dans l’Eglise via les groupes de la Nouvelle Evangélisation. Une grande première qu’on osait même plus espérer...Le combat laïc des victimes de ces groupes intégristes a fini par payer. Même si cette reconnaissance verbale n’est qu’un début très timide et qu’il faut que le clergé passe aux actes, c’est quand même une bonne nouvelle.

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/religion/l-eglise-reconnait-des-derives-sectaires_1299781.html#3sImblrwYCzmkVyQ.99

http://www.ccmm.asso.fr/spip.php?article4898

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