Parution : 28 novembre 2013
Mgr Pontier et les dérives sectaires dans l’Eglise : les limites d’une reconnaissance

Le journal « La Croix » vient de proclamer une grande nouvelle : Les victimes des dérives sectaires dans l’Église se disent « enfin entendues ». Certes, l’on ne peut que se réjouir de ce pas en avant. Mais nous avons voulu savoir ce qu’il en était réellement. Décryptage.

90 commentaires
En pied de l'article.

Quelques jours avant l’assemblée des évêques à Lourdes, une quarantaine de victimes de diverses communautés ont interpellé l’épiscopat sur des dérives sectaires dans l’Eglise. Rien de bien nouveau puisque ces dérives et leurs cohortes de personnes et familles détruites sont connues de tous depuis des années sans que l’épiscopat s’en émeuve. Qui ne serait donc pas surpris qu’aujourd’hui, Mgr Pontier réponde à cet appel ? Un appel signé notamment, par Yves Hamant, très concerné par le fait puisqu’il est le père d’une ancienne religieuse de Point-Cœur. Mais il est aussi professeur d’université émérite : une personnalité connue, ce qui pourrait laisser penser que le « volume social » n’est pas étranger à la prise en compte épiscopale. De plus, il déclare dans Le Figaro du 14 novembre dernier, avoir décidé d’agir non pas « pour nuire à l’Église mais pour avertir et protéger les jeunes, dénoncer la manipulation des consciences et que les fruits portés par ces œuvres ne justifient plus l’omerta imposée dans les communautés, car ce sont des vies entières qui sont détruites en silence ». Il demande aussi le respect du droit canonique « séparant le for interne et le for externe » pour la liberté des consciences.
Il y a plus de douze ans que les victimes et leurs associations ont fait les mêmes demandes. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et devant le silence de l’épiscopat, les médias s’en sont mêlés mettant au grand jour les « fruits » de ces communautés et en première ligne, les magouilles de leurs fondateurs. Devenus brutalement sulfureux, ils ont été vite « lâchés » par ceux qui les adulaient. Leurs forfaitures connues de tous ne gênaient personne tant qu’elles ne se savaient pas. Mises sur la place publique, ils ont donc servi de boucs émissaires pour blanchir et protéger le système. L’enjeu est important : il s’agit de sauver la « Nouvelle
évangélisation » enracinée dans ce Renouveau si « prometteur » qui capte toutes les forces vives de l’Eglise... Les discours des responsables ecclésiaux, protecteurs de ces communautés, s’acharnent à faire croire que le système sectaire a changé. Ils n’ont toujours pas compris que personne ne peut y croire. Le système est fondamentalement pervers, puisqu’il est l’application des dérives du psycho-spirituel érigé en spiritualité par leurs fondateurs. La preuve en est l’incapacité de ces communautés et de l’épiscopat qui les couvre, à régler le grave problème des victimes. C’est bien là le vrai problème. C’est là que le bât blesse l’Eglise.

Un pas de franchi

Aujourd’hui, Yves Hamant, dans sa démarche tout à fait légitime au service des personnes, prend quand même le train en route, avec le risque, bien malgré lui, que certains épiscopes englués dans ce marécage y voient une opportunité pour renvoyer les victimes à la case départ... des années en arrière. Sauf que cette tentation, certainement très séduisante, n’est pas possible. Ce que Mgr Pontier, en homme intelligent ne peut ignorer. Il se peut donc qu’une nouvelle ère s’ouvre avec le nouveau président de la Conférence épiscopal de France dont les responsabilités sociales dans l’Eglise donnent à espérer un regard enfin humain pour les victimes. C’est donc avec grand intérêt, après ces précisons nécessaires, que nous prenons connaissance de son courrier qui cependant appelle de nombreuses remarques :
- Tout d’abord, les trémolos de l’émotion du début de la lettre pour parler des personnes en souffrance que l’épiscopat n’a jamais voulu prendre en compte, est loin de sonner juste. Leur faire savoir que l’épiscopat pense à eux c’est bien, poser des actes concrets pour les aider serait mieux. Or la suite virtuelle n’engage pas l’épiscopat dans ce sens :

« Porter avec eux leur souffrance, les assurer de notre compassion et les aider dans leur reconstruction. » Oui, mais comment ? Il faudrait préciser. Pour le moment, il semble que ce soit concrètement, par le lieu « d’accueil » mis en place par l’épiscopat dont le responsable Mgr Guéneley est un proche de Bernard Dubois, le théoricien de l’Agapè et de la religiosité psycho-spirituelle des Béatitudes responsables de tant de dégâts. (Voir le dossier de Golias Magazine n° 149/150 sur le sujet et Le Livre noir du CCMM) Ce service semble un drôle de lieu d’écoute... Une annexe de l’Agapè ? On peut se le demander sachant que Mgr Guéneley a fait avec Bernard Dubois un DVD sur l’exorcisme et reconnaît à celui-ci un « ministère de délivrance »... qui n’existe pas dans l’Eglise ! Quant aux victimes, ils pourront même les exorciser ensemble. Nous savons, hélas, les « miracles » faits par leurs « prière de délivrance ».

- Nous n’avons pas non plus souvenir que l’Eglise ait alerté les familles sur les dangers de certains groupes, contrairement à ce qu’affirme Mgr Pontier. Irréfutablement, là encore, les faits, les courriers, les documents et les dossiers, démontrent que ce sont les familles qui, depuis plus de dix ans, alertent tous les évêques responsables et l’Eglise jusqu’à Rome, sur ces groupes déviants et leurs « gourous ». C’est pourquoi, faute d’avoir été entendues, elles se sont adressées aux médias et continueront à le faire. Tout le monde connaît la kyrielle de scandales de certaines communautés qui ne cessent de faire la une des journaux. Est-ce à ces mêmes groupes que fait référence Mgr Pontier lorsqu’il parle « du danger de certains groupes qui ne paraissent pas promouvoir un comportement juste par rapport à l’Evangile ». Auquel cas, qualifier ces honteuses dérives sectaires en des termes si délicats, est plus que déplacé, c’est choquant ! Le langage ecclésial gagnerait à s’adapter à la réalité.

- Faut-il s’en étonner lorsque Mgr Pontier nous dit avoir interpellé les responsables de certains groupes et n’avoir reçu de leur part que méfiance et silence ? Un tel constat d’impuissance de la part du plus haut dignitaire de l’Eglise en France est affligeant ! Donc, c’est dit, nous prenons acte : l’autorité de l’épiscopat accepte d’être subordonnée à celle des responsables de communautés déviantes. Et l’incurie va plus loin. Mgr Pontier ose se lamenter auprès des victimes : « Ce n’est pas un réconfort de savoir que nos remarques étaient justifiées. » Faut-il le plaindre ? Ce constat de subordination passive est lourd de conséquences et explique à lui seul les dégâts humains en laissant prévoir que bien d’autres victimes viendront, malheureusement, s’ajouter à celles d’aujourd’hui. Comment ne pas croire que cette incurie entretenue depuis si longtemps n’est pas un prétexte pour s’en débarrasser d’elles ?

L’incurie de Mgr Carré

Mgr Carré, actuel vice-président de la Conférence épiscopale et archevêque de Montpellier, en est un bel exemple. En 2000, alors évêque d’Albi, il était en charge de la communauté des Béatitudes et à ce titre était tenu au courant, par le Service Accueil Médiation (SAM), de toutes les dérives et recevait tous les dossiers des victimes. Cela ne l’a pas empêché de mener cette communauté déviante fin 2002, en toute connaissance de cause, à la reconnaissance romaine ad experimentum pour cinq ans. Des victimes sont allées le trouver. Il les a « écoutées » et leur a dit qu’il ne pouvait rien faire... Si cet évêque avait assumé à cette époque ses responsabilité que de victimes et de scandales auraient été épargnés ! En 2008, les scandales éclataient dans les médias2, Rome ne pouvait que refuser de reconnaître les Béatitudes. Depuis, et envers tout, l’Eglise continue à protéger cette communauté en piteux état dont les agissements ont couvert de honte notre Eglise. Il semble que pour son discernement si protecteur des Béatitudes et son autisme auprès des victimes, Mgr Carré ait eu une promotion en étant nommé secrétaire du synode sur la « Nouvelle évangélisation », à Rome. Et le voilà propulsé maintenant vice-président de l’épiscopat. Un homme qui ne peut rien faire... Pour les victimes, bien sûr !
- Une impuissance qui montre les limites de la déclaration d’intention de Mgr Pontier : « Nous voulons dire avec force que nous souhaitons continuer à agir pour que des situations se clarifient, pour que la vérité puisse apparaître lorsque c’est nécessaire et pour que ceux qui ont été victimes de procédés déviants trouvent auprès des
évêques une oreille attentive et compréhensive. » Pour que la vérité apparaisse, il faut avant tout cesser de rejeter les victimes pour leur faire comprendre qu’elles n’ont plus leur place dans l’Eglise alors que les « gourous » y continuent leurs activités sectaires et lucratives, en toute impunité. Il faut aussi plus « qu’une oreille attentive et compréhensive » qui n’engage pas à grand-chose et ne dérange personne. Il faut rendre justice aux victimes, ce qui exige des engagements humains et spirituels d’une autre trempe pour faire face à de telles dérives. Peut-on encore espérer que l’autorité ecclésiale se reprenne et commence - enfin ! - à agir pour mettre fin à ce système destructeur enraciné dans le mensonge ?

Peut-être Mgr Pontier, acceptera-t-il d’ouvrir la porte aux victimes ? Mais
par pitié ! Pas en jouant encore à les « écouter », il y a plus de dix ans que l’Eglise les « promène » : Le SAM ! La pastorale des sectes ! Les sous-fifres d’épiscopes trop occupés ! etc. sous le prétexte usé de les « écouter » pour à ce jour, ne pas les avoir véritablement entendues. Et maintenant la trouvaille de Mgr Guéneley (cf. plus loin). Et puis quoi encore ? Il faut être sérieux. Nous le redisons avec gravité, Il serait de l’intérêt de l’Eglise de prendre en compte d’une manière responsable cette situation qui va rapidement exploser en éclaboussant bien des responsables ecclésiaux. La surdité de l’épiscopat, volontairement rédhibitoire, jusqu’ici, cèdera-t-elle la place à la volonté de rendre justice aux victimes, au nom de la vérité évangélique qui rend libre. Liberté à laquelle Mgr Pontier se dit si attaché ? L’avenir le confirmera ou infirmera. Mais d’ici là, la vérité est en route, elle marche au pas des victimes qui ne s’attardent plus sur ce dont La Croix fait un événement, même s’il s’agit d’un pas en avant.

90 commentaires

Au fait !... Et Claudine ? On n’a plus de nouvelles de Claudine ?
Si vous me lisez, que pensez vous de toutes ces réponses à vos questions sur les victimes et sur l’amalgame sectes/communautés nouvelles ?
Est ce qu’elles vous satisfont ?

repondre message

Interpellation médiatique de Mgr Pontier et de l’institution cléricale sur Mediapart par un des blogueurs du journal, All Jux, suite à un article de Marine Turchi sur la frange catho FN et identitaire :

http://blogs.mediapart.fr/blog/poj/021213/fn-leglise-consentante

Sans doute, All Jux ne connaît pas Golias ni beaucoup de catholiques progressistes qui ne se reconnaissent absolument pas dans les prises de position de l’institution cléricale catholique. Je ne sais s’il aura connaissance du lien que je fais sur son article mais peut-être que ça pourra aussi appeler une réponse de Christian Terras ou d’un autre responsable de Golias pour qu’il y ait une suite.

Bonne lecture à tous et à toutes !

repondre message

Par la voix de Mgr Pontier, l’épiscopat, inquiet de la tournure générale des événements, cherche probablement aussi à se mettre à l’abri d’éventuelles poursuites qui pourraient le mettre en cause (juridiquement et financièrement). Toutes ces affaires pourraient être jointes à l’instruction et mettre en cause les tutelles de droit. Dès lors, la lettre de Mgr Pontier serait tactique en ne visant qu’à protéger l’institution en défense. Est-ce que les avocats pourront remonter jusqu’aux évêques et les mettre en cause ? Est-ce que les instructions en cours se rapprochent des évêques ? Dans ce cas, cette lettre s’inscrit dans une tactique de procédure que les conseils juridiques de la Conférence épiscopale ne pouvaient manquer de conseiller. Les dommages et intérêts ont-ils été chiffrés ? pourraient-ils être importants dans l’avenir si la dispersion actuelle des affaires laissent le pas à une action regroupée ? Golias aura-t-il le cran de nous éclairer sur cet aspect ?

repondre message

Mgr Pontier, en tant que président de la Conférence des Evêques de France a écrit une lettre très juste reconnaissant les dérives sectaires de certains groupes religieux de la "Nouvelle Evangélisation". C’est un pas dans la bonne direction.
En ce qui concerne la "Famille St Jean", l’un des principaux groupes au fonctionnement sectaire visés par ces déclarations, c’est bien également que le Vatican et la CEF essaient depuis un petit nombre d’années de la recadrer en s’appuyant pour cela sur le Prieur Général actuel des frères de St Jean, le frère Thomas.

Il serait bien également que ce même Mgr Pontier, en tant qu’archevêque de Marseille, s’intéresse à ce qui se passe dans son propre diocèse et en particulier aux agissements et aux déclarations du père Zanotti-Sorkine, curé de la paroisse marseillaise St Vincent de Paul "les Réformés". Que ce curé ait une admiration personnelle pour le fondateur de la "Famille St Jean", le père Marie-Dominique Philippe, c’est son droit et ça le regarde. Qu’il consacre un sermon entier en Juin 2013 à voler au secours de la réputation du père Marie-Dominique Philippe dont les abus sexuels multiples viennent d’être révélés à la demande même du Vatican et de son propre archevêque, voilà une bien étrange conduite. Pour ceux qui ne connaissent pas le très charismatique père Zanotti-Sorkine, je conseille le site internet crée à sa gloire : "De l’amour en éclats". Quant au texte de cette homélie, voici le lien qui permet de l’écouter : http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=hJxbYutst1k . Les inconditionnels du père Marie-Dominique Philippe ont applaudi des deux mains ce sermon, les victimes directes ou indirectes du fondateur de la communauté St Jean sont scandalisées par de tels propos. Les plus nombreux qui n’appartiennent à aucune des deux catégories précédentes apprécieront cette apologie du silence face aux abus sexuels d’un supérieur. Sur le fait que Marie-Dominique ait tripoté de jeunes religieuses, il fallait selon ce curé "la boucler".
Le prosélytisme de ce curé à l’égard du père Marie-Dominique Philippe ne se limite pas à des paroles et des sermons. Dans le passé, il a poussé certaines de ses ouailles dans les filets de la communauté des soeurs contemplatives de St Jean du temps du règne sans partage des soeurs Alix et Marthe (avant que Benoit XVI en 2009 ne décide de démettre ces deux religieuses).

repondre message

La parole de Jésus à propos des pharisiens est toujours d’actualité :
" Malheureux êtes vous scribes et pharisiens hypocrites vous qui négligez ce qu’il y a de plus grave dans la loi : la Justice..." Mattieu 23
Le langage du Christ dans tout ce chapitre n’est pas dans le langage consensuel si cher à nos épiscopes mais pour l’avoir trahi, ils ont livré l’Eglise et les victimes sur l’autel des "gourous" de la nouvelle évangélisation. Que peut-on attendre d’eux ? "Ils ne peuvent rien" et pour cause, ils sont liés par les mensonges qu’ils camouflent.

repondre message

Eternel recommencement 29 novembre 2013 22:20, par famvict

Un pas en avant.... deux pas en arrière.. !
Exemple :
Les derniers statuts des Béatitudes instituant les résidences séparées pour les familles.
Résultat :
Double peine pour ces dernières qui doivent rencontrer le responsable régional (l’ancien berger) périodiquement et assister aux fêtes, plus maintenant ’’l’assistance’’ par internet de coach privés thérapeutes autoproclamés qui bien évidemment ont comme spécialités les mêmes méthodes de psycho généalogie, appelée maintenant analyse Transgénérationelle, et Thérapie Systémique.

Cela pour répondre aux critiques du mélange de psycho spiritualité... ! Mais c’est aussi reprendre ce que préconisait déjà le gourou Croissant/Ephraïm...!
Nous sommes sans doute au cœur des lobbies( qui ressemblent de plus en plus à une mafia de la Nouvelle Evangélisation) , mais à ce petit jeu du chat et de la souris, les victimes souffrent de plus en plus.
Conséquence :
Un changement de braquet de ma part si l’Eglise ne fait pas preuve de plus de capacité et de volonté pour libérer totalement et définitivement les victimes. Et comme les militaires ont pour habitude de surgir là où on ne les attend pas, certains risquent d’être surpris. Ils auront été - largement - prévenus !

repondre message

Courage les évêques... courage... ne craignez pas Partenia 29 novembre 2013 14:56, par pierre mabire

Pendant combien d’années les évêques n’ont-ils pas été sourds à la plainte des victimes de crimes sexuels de la part de prêtres et de religieux ? Le mot "scandale" n’est pas sassez fort pour parler de leur comportement qui consistait à traiter le problème au fond. Ils savaient trop que leur propre conscience était engagée et préféraient mettre la chape de plomb sur ce dossier honteux.

Voici maintenant que M. Pontier s’intéresserait aux victimes de sectes catholiques... Nous prend-il pour des demeurés ?

Oui bien sûr, il faut entendre les victimes. Mais c’est le principe même des sectes dans l’Eglise qui n’est pas acceptable et qui doit être interdit. Mais voilà, la plupart ont des reconnaissances pontificales, notamment depuis Jean-Paul 2, le saint homme qui leur devait son élection au siège de Saint Pierre (merci l’Opus Dei). Comme les évêques sont eux-mêmes dans la main du pape dont ils tiennent leur nomination et leur diocèse, alors c’est motus et bouche cousue. La gangrène peut prospérer et pourrir le corps de l’Eglise.

Voilà maintenant que les sectes recrutent directement dans les diocèses pour assurer la formation permanente des prêtres et religieux. La dérive continue, s’amplifie, et M. Pontier s’applique à gérer les dégâts latéraux, comme dans les guerres modernes dites "propres" alors qu’elles ne sont que pourriture. La liste des institutions "charismatiques" n’arrête plus de s’allonger, au nom d’une "nouvelle évangélisation" qui n’est, ni plus ni moins, un formatage des esprits à des fins qui n’ont rien à voir avec la Bonne nouvelle.

Courage les évêques... courage... Ne craignez pas Partenia et osez vous lever... Vous n’êtes pas Jésus et ne risquerez pas la mise en croix, mais plutôt un bel article dans "la Croix". Peut-être ?

repondre message

Je n’aime pas du tout ce propos de Monsieur Pontier qui parle « du danger de certains groupes qui ne paraissent pas promouvoir un comportement juste par rapport à l’Evangile ».
D’une part, qu’il me dise "juste par rapport à l’église", je veux bien et je m’en fiche. Mais "juste par rapport à l’Evangile", je regrette, il n’en est pas possesseur. Ce type de propos, ridicule ou naïf dans la bouche de certains lecteurs de Golias est inadmissible dans la bouche d’un professionnel, chargé de transmettre l’Evangile et non de lui substituer l’institution. Saint Pierre, dit-on, s’est fait crucifier la tête en bas pour ne pas être confondu avec celui qu’il respectait. Ceux qui se prétendent les dépositaires du message feraient bien se de souvenir qu’ils n’en sont pas les maitres.
De surcroit, critiquer "certains" groupes est déshonnête, d’une ambiguïté tout à fait caractéristique du langage du serpent face à Eve. Ce flou permet d’attaquer en se protégeant de toute contestation.
Merci Monsieur Terras de parler clair et d’appeler un chat un chat.
Marcel.M

repondre message

Ceux qui, de bonne foi, observent de loin l’actualité de l’institution ecclésiale n’ont évidemment pas attendu Mgr Pontier pour se renseigner et savoir tout cela. Je me souviens très bien du livre de Jean-Paul Sauzet au Seuil en 1996 sur "Les naufragés de l’esprit" sous titré "Des sectes dans l’Eglise catholique". Le poison mortel qui est dans l’institution depuis plus de vingt ans traduit le désarroi épiscopal face à la perte d’influence de l’institution, son espérance aveugle et vaine d’une reconquête, son projet de nouvelle évangélisation impossible sur des bases aussi réactionnaires. Peut-on en effet souligner aussi que, concomitamment, la recherche théologique a été muselée et anéantie. Il est tout de même frappant de constater la montée de ces "spirituels fous" (soutenus et protégés) et l’affaiblissement de l’intelligence de la foi. C’est aujourd’hui une évidence pour moi : cette Eglise est, dans son état d’affaiblissement actuel, une institution à bien des égards dangereuse quand elle peut se déployer librement. Il est très nécessaire qu’elle soit contrôlée beaucoup plus étroitement par le pouvoir civil, judiciaire y compris.

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune