Parution : 3 décembre 2013
Tendresse

Quoi de plus beau que ce mot ? On pense au « lait de la tendresse humaine », de Shakespeare, ou encore au magnifique couplet la concernant, prononcé à la fin de La Femme du boulanger. Cependant je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui elle ne soit pas galvaudée, et qu’on ne prenne pas la manifestation de ses signes extérieurs pour la preuve de sa présence réelle dans nos vies.

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Ainsi s’enlacer tendrement garantit un buzz immédiat sur Internet. Début novembre, une vidéo de bébés jumeaux se faisant un câlin dans un bain dépassait les 12 millions de vues sur YouTube. Ensuite, ce sont deux chiots de huit mois qui ont trouvé un toit en s’endormant dans les pattes l’un de l’autre, selon ce qu’a rapporté dimanche 24 novembre l’édition britannique du Huffington Post (Source : Francetv-info, 25/11/2013).
À côté de cela, la brutalité de la vie, la désespérance des rapports sociaux, l’absence de relations réelles entre les humains, n’ont jamais été aussi grandes. « Le seul luxe, disait Saint-Exupéry, ce sont les relations humaines. » Eh bien, nous en sommes bien loin ! La vie maintenant est dure, ou toujours menacée, les anciennes solidarités disparaissent, la déshumanisation, les solitudes individuelles l’emportent. Chacun ignore son voisin de palier, mais s’attendrit sur Internet. Notez que l’objet de cet attendrissement concerne des êtres non encore adultes, des bébés, ou bien des animaux. Comme s’il y avait là, inconsciemment, un tropisme de la régression, un désir de ne pas grandir, un complexe de Peter Pan. Alors, rêver d’être au pays des Bisounours dispense chacun d’ouvrir les yeux sur la réalité de sa propre vie.
La vraie tendresse suppose au contraire une grande maturité. Celle du boulanger Aimable face à sa femme revenue, à la fin du film de Pagnol, n’implique en aucune façon l’aveuglement : c’est un sursaut fait volontairement, par un homme que la vie a touché et marqué à vif, pour surmonter peine intérieure et jalousie. C’est pourquoi elle suscite en retour chez le spectateur attendrissement et larmes. Mais, comme je l’ai souligné dans mon billet « Émotion  » (Golias Hebdo, n°264), il ne faut pas confondre l’émotion et les marques de l’émotion. La première s’accompagne de réflexion, les secondes ne sont que réflexes lacrymaux.

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Tendresse 4 décembre 2013 17:10, par Deroëc

Bonjour Michel,
A moins d’une erreur de ma part, je crains fort que vous n’en ayez fait une dans la phrase suivante : " Cependant je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui elle ne soit pas galvaudée..." selon le principe que deux négations successives valent une affirmation. Et tant mieux si je me trompe !
Amicalement
Deroëc

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Tendresse 3 décembre 2013 19:31, par lannig al louarn

La Tendresse c’est ce que j’ai ressenti durant une bonne partie de ma vie professionnelle . En tant que comptable en effet tous les jours j’avais à travailler sur la TVA qui veut dire : Tendresse , Volupté , Amour . Sinon je n’aurais jamais fait ce métier ... D’ ailleurs je demandais aux jeunes qui venaient d’être embauchés ce que voulait dire TVA . Je ne vous dis pas leur réponse , elle était trop triste ...

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