Parution : 10 décembre 2013
Excellence

Qui n’en voudrait pour soi-même ? Mais elle n’est pas toujours prônée par tous. Ainsi y a-t-il actuellement, dans la réforme préparée par notre ministre de l’Éducation nationale, un dangereux décret menaçant les classes préparatoires des lycées, qui a provoqué une manifestation pour leur défense, unissant élèves et professeurs (source : A.F.P., 2/12/ 2013).

Ce système des classes préparatoires aux grandes écoles, propre à la France, a l’avantage de donner aux plus méritants un enseignement gratuit, et de permettre la promotion de ceux qui le reçoivent, assurant ainsi « l’ascenseur social ». On a bien besoin de ces filières d’excellence, au moment même où le classement Pisa, établi par l’O.C.D.E., et rendu public le 3/12/2013, montre que la France ne brille pas particulièrement en matière d’éducation.
On objectera que ces classes préparatoires sélectionnent leurs élèves. Mais qu’a-t-on contre la sélection, que l’on admet en bien d’autres domaines, à commencer par le sport ? Veut-on niveler tout le monde ? Couper toutes les têtes qui dépassent ? Ce serait une bien singulière conception de l’égalité, dont on a vu, hélas !, de fâcheux exemples lors de la Révolution française. Montesquieu a bien montré les méfaits de ce qu’il appelait « l’esprit d’égalité extrême », nous dirions aujourd’hui l’égalitarisme. Après lui, Tocqueville a fait la même dénonciation. En vérité, comme disait Voltaire, « ce n’est pas l’inégalité qui est un grand malheur, c’est la dépendance  ». Notez d’ailleurs que l’admission en classe prépa se fait sur examen du seul livret scolaire, qui ne mentionne pas l’origine sociale des parents.
Si son instituteur ne l’avait pas « poussé », Albert Camus, de très modeste extraction, ne serait pas devenu ce qu’il est devenu. Mutatis mutandis, je suis moi-même petit-fils de paysans, et fils d’instituteurs. J’ai été d’abord élève, puis professeur en classes prépas. Ce fut pour moi, comme pour bien d’autres, une promotion. Pourquoi vouloir empêcher qu’elle se reproduise aujourd’hui ?
Si l’on supprime les filières d’excellence dans l’enseignement public, on favorisera les « héritiers », on fera le lit du népotisme, ou des officines privées, où ne pourront s’inscrire, en payant fort cher, que les élèves de riche origine. Est-ce là la démocratie ? Un ministre naguère parlait bien de l’« élitisme républicain ». Pourquoi maintenant en faire litière ?

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