Parution : 24 décembre 2013
Noël : quelle fraternité ?

Jésus est né sur la paille, comme ceux et celles qui sont sur la paille, qui ont tout perdu, disait le poète Jean Debruynne. Ce Jésus, homme et Dieu, nous le croyons, a révolutionné le monde en le plaçant sur l’axe de la fraternité. Faut-il encore croire à cette Bonne Nouvelle quand on regarde le monde en proie aux injustices mortifères ?

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Peut-être faut-il faire mémoire des débuts laborieux de ce Jésus. Matthieu raconte la furie d’Hérode qui fait exécuter tous les garçons de moins de deux ans à Bethléem et aux alentours. Jésus n’échappera au massacre que pour mieux assumer la violence inouïe dont l’humanité est capable. Nous avons voulu pour Noël penser aux amis de Centrafrique et aux horreurs qu’ils vivent depuis plus d’un an (lire plus haut nos articles). Nous n’oublions pas les missionnaires qui restent jusqu’au bout auprès de ceux qu’ils ont appris à aimer, tel le Père Georges enlevé au Cameroun.

Luc, lui, précise qu’il n’y avait pas de place pour Marie et Joseph dans la salle d’hôte. Pas de place pour le fils de David, le fils de l’homme… Dans notre Eglise qui se veut mère, nombre de ses enfants n’ont plus de place non plus. Et pas seulement les divorcés-remariés ou tous ceux et celles qui ne peuvent plus, selon les règles canoniques, recevoir la communion ! Pour Noël, nous avons choisi de revenir sur l’histoire de Patrick et de Bénédicte (lire ci-après leur témoignage), un couple du diocèse de Saint-Claude. L’Eglise avait appelé Patrick au diaconat et, avec son épouse, ils s’étaient mis en route. Juste avant l’ordination, l’évêque leur a annoncé, sans dialogue, qu’il refusait l’ordination pour « manque d’esprit institutionnel », « instabilité » à cause de trop nombreux engagements, et « difficulté à se laisser former » ! Ou formater ? Pas de place donc pour ce couple qui vit le service de l’évangile. L’institution aurait-elle peur des hommes et des femmes libres ? Pourtant, le pape nous a habitués à un autre discours, et c’est sans doute pour cela qu’il a été élu comme la personnalité de l’année par le Time et Europe 1 ! Dans son message pour la journée mondiale de la paix, le 1er janvier, François nous exhorte à la fraternité. Il écrit notamment : « La fraternité génère la paix sociale, parce qu’elle crée un équilibre entre liberté et justice, entre responsabilité personnelle et solidarité, entre bien des individus et bien commun. Une communauté politique doit, alors, agir de manière transparente et responsable pour favoriser tout cela. Les citoyens doivent se sentir représentés par les pouvoirs publics dans le respect de leur liberté. Inversement, souvent, entre citoyen et institutions, se glissent des intérêts de parti qui déforment cette relation, favorisant la création d’un climat de perpétuel conflit. » Ce qui vaut pour un pays n’est sans doute pas sans pertinence pour l’Eglise. Noël, c’est une invitation à regarder autrement le monde pour y trouver Dieu présent avec tous ceux et celles qui sont exclus et meurent de la violence. De ce regard nouveau naît une conversion qui n’est pas seulement personnelle mais qui s’incarne institutionnellement. Les réformes de notre Eglise, communauté porteuse de cette Bonne Nouvelle, sont le seul chemin pour suivre le Christ. Nous les attendons comme cette espérance qui nous fait vivre !

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Noël : quelle fraternité ? 1er janvier 2014 19:15, par anne marie

chassez le naturel,il revient au galop, le pape a déclaré,les couples homo n’ont pas le droit d’adopter des enfants............
par contre un père peut tabasse sa femme, et l’a tuer,puisque tous les 3 jours en France, un homme tue sa tendre moitié
tous les jours un enfant est violenté dans la cellule familiale
merci cher françois ,on peut parler de fraternité, de beau discours,de belles paroles
mais des mots qui blesse comme toujours
fraternité !!!

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Noël : quelle fraternité ? 26 décembre 2013 11:38, par Emanuel

Holà Papa !!!
Dans son homélie de Noël le pape François vient de nous chanter "les anges dans nos campagnes" et tenter d’endormir les gens avec le rêve d’une autre paix. Blabla à efficacité nulle.
Ce qui met en rogne c’est que son discours lénifiant évite soigneusement de mettre le doigt sur le problème, par exemple du Soudan où il s’agit d’une lutte pour le contrôle des champs pétroliers. Comme ailleurs sans doute avec d’autres mobiles aussi peu reluisants. Alors pourquoi ne pas le dire ?
Nous avons passé l’âge d’être naïfs au point de penser que les bisounounours peuvent gagner la paix. Pendant longtemps encore et même si on le déplore c’est l’équilibre des forces qui prévaudra.
C’est facile de discourir sur une autre paix quand on connait l’état du monde et son évolution à échelle humaine. C’est facile de se faire passer pour homme de paix par le discours, soigneusement protégé qu’on est par d’épais et hauts murs (surtout quand on n’a rien dit quand il aurait fallu). C’est facile de parler de paix quand ce sont d’autres qui prennent les risques.
Mais qu’attend-il pour aller, crosse en main, dans sa belle soutane blanche, s’interposer à Damas, Bangui, au Soudan et ailleurs. Nous y gagnerions l’économie de nos troupes, de la vie de nos garçons et de nombreuses personnes civiles.
Lui, au pire, y recevra la palme du martyre... Ca sera plus glorieux que de crosser quelques curés un peu en avance sur leur temps. Et là au moins ça vaudra le coup de l’élever aux autels et d’en faire un Prix Nobel...
Pour mémoire s’il est vrai que PXII a condamné le nazisme il l’a fait de manière tellement discrète que personne ne l’a entendu... on est dans les mêmes logiques du discours inaudible. Et certains quotidiens catholiques ne se privent pas pour le dire.
En lisant son baratin... je me demande si j’ai envie de partager la paix avec lui et ses affidés ??? Et il y a longtemps que (son) dieu a montré qu’il s’en fout.
Ceci étant bien sûr que le pape François est dans son rôle... C’est seulement son discours qui est largement en dessous de sa place éminentissime de Pontifex Maximus.

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Merci 26 décembre 2013 11:37, par collectif jurassien

Merci à GOLIAS d’avoir offert la parole à Patrick et Bénédicte en ce temps de Noël... de penser à tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, pour une raison ou pour une autre, sont exclus par l’Eglise, cette même Eglise qui prêche l’Amour, la Tolérance, l’Ouverture du coeur, la Miséricorde, le Pardon...
Que de chemin encore à parcourir pour que notre Eglise soit le reflet de l’Amour de Dieu !...

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