Parution : 24 décembre 2013
La nuit centrafricaine...
Par Golias

Après le Mali, la France mène une nouvelle opération militaire en Républicaine centrafricaine, avec le soutien de supplétifs issus de dictatures qui retrouvent une légitimité. Alors que s’affirment la violence et son cortège de victimes et de déplacés, il ne semble pas qu’aient été tirées les leçons d’une histoire marquée par des désastres continus.

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La mission de rétablir la sécurité en Centrafrique et de protéger les populations ne résiste pas à l’analyse. Il s’agit bel et bien de préserver des intérêts économiques dans la région, quel que soit le passif des dirigeants africains présents au Sommet France-Afrique qui s’est tenu les 6 et 7 décembre à l’Elysée. Tous bénéficient du soutien diplomatique, économique, militaire ou policier de la France, et la cinquantaine d’interventions militaires depuis les indépendances a surtout visé à sécuriser les dictateurs et jamais les populations. Les actions militaires n’ont jamais rien réglé, les tensions sont avivées, la misère s’étend, les forces progressistes sont muselées. Et il est malheureusement à craindre que ce Sommet, initié par une ex-puissance coloniale, ruine une fois de plus les espoirs de paix et de sécurité.

Maquillée d’humanitaire, l’intervention française en Centrafrique ne réussit pas à masquer la réalité d’un pays maintenu étroitement sous tutelle. C’est aujourd’hui un pays où la population est dans sa majorité au-dessous du seuil de pauvreté et souffre de malnutrition. Des bandes armées venues du Congo, de l’Ouganda, du Soudan, du Tchad sèment la terreur et menacent les intérêts des pays occidentaux. Sans doute les troupes françaises éviteront-elles quelques massacres et apporteront-elles un appui à un désastre humanitaire. Mais les supplétifs gabonais, camerounais et tchadiens risquent d’augurer une situation dramatique, avec le risque d’affrontements inter-religieux. La paix en Afrique peut-elle se décider avec des
dictateurs ?

La France n’a manifestement pas pris acte des leçons du passé et se lance dans une nouvelle aventure militaire, au terme de laquelle on comptera les victimes. Mais sans doute plus encore les nouveaux marchés réclamés par les représentants du Medef réunis à Bercy peu avant l’intervention militaire. L’exemple du Mali devrait pourtant faire réfléchir, lorsque l’intervention militaire française y est remise en cause et que le maintien d’une situation d’insécurité s’affirme malgré la tenue des élections. L’opération Serval a permis de renforcer la mise sous tutelle du Mali, les “liens privilégiés hérités de l’Histoire” se poursuivent sous la présidence de Ibrahim Boubacar Keïta, tandis que les séparatistes touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad entendent reprendre les armes. L’unanimisme qui entourait l’intervention française au Mali est en train se fissurer, et demain en sera-t-il probablement de même après l’opération Sangaris en Centrafrique.

7 commentaires
La nuit centrafricaine... 30 décembre 2013 16:20, par Hal

On prétend que les Chinois sont maintenant commercialement beaucoup plus présents en Afrique que nous Français. Et pourtant militairement, ils sont quasiment absents. Cela laisse penser que notre présence militaire n’est pas uniquement liée à des intérêts commerciaux, sinon nous ferions comme les Chinois, c’est à dire des affaires sans envoi de soldats. Les motifs de l’intervention sont à mon avis multiples : un peu de bons sentiments, un peu d’intérêts commerciaux, un peu d’intérêts politiques. Un peu d’excès d’optimisme aussi, pour croire qu’un si petit contingent pourra rétablir l’ordre dans un si grand pays.

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Bonjour Golias. 30 décembre 2013 07:41, par Agnès Gouinguenet

- 
Ah les diamants de Bokassa !
- 
Ceci étant, qu’aurait-on dit si la Centrafrique avait évolué, sans l’aide de l’armée française, vers un génocide type Rwanda ?...
- 
Gouverner n’est pas métier facile.
- 
Bonne journée.
- 
AG.

Voir en ligne : http://blogs.mediapart.fr/blog/agne...

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La nuit centrafricaine... 29 décembre 2013 18:15, par PrNIC

citation : L’unanimisme qui entourait l’intervention française au Mali est en train se fissurer,

Unanimisme jusque dans les rangs des parlementaires où AUCUN d’eux n’eut le courage de voter contre cette opération de guerre !

seuls quelques association et quelques citoyens ont ramé contre :
rappel

http://www.petitions24.net/stop_guerre_au_mali_-_des_choix_pour_la_paix

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La nuit centrafricaine... 28 décembre 2013 15:17, par PrNIC

Malgré les promesses de changement, le sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique à Paris des 6-7 décembre 2013 , a mis en première ligne l’Elysée, l’Etat-Major et les entreprises : les piliers politique, militaire et économique de la Françafrique.ont donc de beaux jours devant eux !

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