Parution : 2 janvier 2014
Les ultra-libéraux déclarent la guerre au pape François

Pendant quelques mois, l’effet Bergoglio a joué à plein, clouant en quelque sorte le bec aux adversaires du nouveau Pape, attendant sans doute l’érosion de l’état de grâce. Depuis trois ou quatre semaines, la fronde monte à la Curie alimentée peut-être souterrainement par le cardinal Tarcisio Bertone, l’ancien secrétaire d’état, en évidente disgrâce, mais également par les plus traditionalistes de la Curie, dont leur leader, le cardinal Mauro Piacenza, évincé de l’influente congrégation du clergé. Le cardinal Raymond L. Burke, actuel préfet de la signature apostolique, un archi-conservateur, défenseur de l’ancienne liturgie, vient d’être limogé. Un signe fort du tournant Bergoglio1.

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En pied de l'article.

La coupe est pleine du côté des ultra-libéraux américains et autres. Non seulement le style de ce pontificat les agace, mais la remise en cause par François d’un certain ordre libéral les exaspère. Porte-parole de leur idéologie, l’essayiste Guy Sorman entend donner une leçon d’économie à cet évêque/pape décidément empêcheur de faire des profits en rond.

Il y a fort à parier que des catholiques vont à présent s’efforcer, non pas de prendre François à rebrousse-poil mais d’expliquer avec beaucoup de courbettes à l’appui mais également de fourberie qu’au fond le pape n’entend pas vraiment dire ce qu’il a pourtant dit, qu’il faut bien le comprendre et surtout corriger l’interprétation obvie du sens de ses paroles. L’économiste français Jean-Yves Naudet excelle dans ce genre d’exercice dans un récent numéro de La Croix, quotidien ménageant de plus en plus sa droite ecclésiale et sociale. Il serait cependant hâtif et péremptoire de classer véritablement à gauche un Jorge Mario Bergoglio qui détestait jadis la théologie de la libération. Tout au plus, si de telles notions ont un sens, au centre gauche, alors que Joseph Ratzinger se situait dans une ligne politique chrétienne démocrate, donc centriste mais avec quelques accents sociaux.

La grille de lecture politique n’est peut-être pas la bonne, à vrai dire. François prend pour référence l’Evangile, « sine glossa » comme disait son saint patron, le poverello d’Assise. C’est-à-dire sans édulcoration complaisante. Et les vérités qu’il nous répète aujourd’hui sont le cri même de la fraternité et de la justice dans un monde manipulé par une imposture, celle de la mondialisation dominée par quelques puissances financières. [lire l’intégralité de notre article dans Golias Hebdo n° 317]

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l’idolatrie du "marché " 4 janvier 2014 17:51, par Bob Pollet

Dans leur ouvrage L’Idolâtrie de marché, Hugo Assmann et Franz J. Hinkelammert, évoquant le fait que des associations de chefs d’entreprise, telle l’American Enterprise Institute, possèdent des départements de théologie, mettent en lumière les enjeux théologiques de l’économie. Ils écrivent : « Celui qui ne fait pas l’analyse de son idolâtrie ne comprend rien au capitalisme (7) . » En effet, la fascination de l’argent produisant l’argent, conçue comme paradigme universel, n’est que la réédition du processus idolâtre contre lequel se sont toujours dressées les résistances spirituelles : « L’économie, dans le fond, consiste en cela : la naturalisation de l’histoire. Il s’agit de faire apparaître comme naturel ce qui est le produit historique de l’action humaine. Les dieux qui sont objets d’évidence sont en général des idoles, même au sein du christianisme. Les théologiens de la libération disent que le Dieu libérateur n’est pas objet de possession. Il est transcendance qui pousse à la recherche, il est horizon qui appelle . »

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J’aime bien le dernier paragraphe (du site) de votre article. Nous vivons dans une vallée polluée par des marchés financiers devenus incontrôlés. Cette vallée est polluée de trop d’argent sale et facile, en partie parce que nos dirigeants ont fabriqué trop de monnaie et qu’ils ne savent pas comment filtrer l’air sans tout casser. Et François nous demande de lever la tête pour regarder le sommet de la montagne. L’air y est si pur, le soleil baigne le jour et les étoiles la nuit. Il sait bien que nous ne sommes pas tous capables de gravir la montagne ni de nous satisfaire d’un air trop rare. François ne brigue pas le prix Nobel d’économie et cela ne dérange pas du tout.

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Le Cardinal Raymond Burke a été d’après vous limogé. Mais limogé de quoi, puisqu’il reste néanmoins préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique, la plus importante juridiction du Saint-Siège. Il a tout au plus été enlevé de la congrégation des évêques.

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Bonjour Golias. 3 janvier 2014 08:27, par Agnès Gouinguenet

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Reconstruire le mur de Berlin ne paraît pas de bon aloi. Certains maçons fabriquent des meurtrières, ne l’oublions pas.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Meurtri%C3%A8re
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La religion doit-elle se politiser à outrance ? Cela risque, me semble-t-il, d’évoluer vers une triste guerre civile, ce dont l’humanité n’a vraiment pas besoin.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ologie_de_la_lib%C3%A9ration
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Franchement, face à une possible évolution létale de l’ensemble de notre espèce, cela veut dire quoi, être de gauche ou de droite ?
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J’ai quand même rencontré des gens "de gauche" particulièrement intolérants et méchants (des gens "de droite" itou). Doit-on haïr les boulimiques, ou bien essayer de guérir la boulimie, voire la prévenir ?
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Le clergé catholique partisan de la "théologie de la libération" était-il favorable à l’ordination de femmes "libres" ?
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Parce que les paroles, c’est bien gentil ... Mais quand on est au pied du mur du schisme "libérateur", on garde sa crosse et sa mitre ... Ben voyons !
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A bientôt.
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AG :)
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N.B. Comment se fait-il que des personnalités comme le dalaï-lama et Desmond Tutu acceptent les sommes faramineuses du prix Templeton ? Faudrait savoir ...

Voir en ligne : http://blogs.mediapart.fr/blog/agne...

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citons donc ce G.Sorman
"le marché, imparfait et utile, injuste et efficace, accroît ce que Milton Friedman a appelé La liberté de choisir, y compris de choisir la morale catholique et de pratiquer la charité ou la philanthropie. "


Je relève le truc de "novlangue" qui consiste à méler "imparfait et utile - injuste et efficace" pour enfumer le lecteur qui se demande à la fin si c’est du bon ou du mauvais - prôner "morale et charité " sans parler de justice
et le voir aussi "encenser l’économie de marché que ne fonctionnerait jamais qu’au service de l’être humain" ( faut oser le dire ! ) ne laisse aucun doute sur l’idéologie bien capitaliste de ce monsieur .

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