Parution : 16 janvier 2014
Chut ! Ne réveillez pas le Christ qui dort…

Ce qu’il y a de terrible chez certains catholiques (prêtres ou laïcs), c’est la suffisance avec laquelle ils peuvent asséner des sornettes. Pas tous, Dieu merci ! Mais ceux-là méritent franchement la paire de claques qu’ils veulent d’ailleurs administrer à certains enfants turbulents… Certains cathos n’en peuvent plus de célébrer l’Eucharistie avec des mômes qui pleurent, parlent, chahutent finalement.

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C’est le quotidien La Croix qui a ouvert les hostilités en début de semaine (cf. http://www.la-croix.com/Famille/Actualite/Pleurs-d-enfants-un-casse-tete-pour-les-paroisses-2014-01-05-1084789, article payant), évoquant du reste « un casse-tête ». Plus de recueillement, plus possible d’entretenir la saine relation de chacun avec son Dieu : dehors, sales gosses ! Le pire, c’est que certains curés soutiennent ces « révoltes » d’ouailles ! Ici, c’est La Vie qui le narre (http://www.lavie.fr/debats/chretiensendebats/faut-il-interdire-ou-museler-les-enfants-a-la-messe-09-01-2014-48527_431.php) : le P. de Raimond, du diocèse de Versailles, l’affirme : « Lorsqu’une assemblée est attirée par une autre œuvre (que l’écoute active), fût-elle la catéchisation précoce d’un enfant, elle sort vraiment de sa raison d’être, elle passe à côté de l’essentiel. Nul ne saurait imposer à une communauté, même ponctuellement, un tel détournement. » Sa paroisse du Chesnay s’est, de fait, dotée d’une charte de bonne conduite : les parents sont invités à « réagir dès le premier cri » et à « favoriser les garderies » !

Le P. de Raimond et ses fidèles ont sans doute oublié quelques principes chrétiens : le premier, le Christ est le « Verbe de Dieu » (Jn 1,1). Certes, il ne faut pas confondre Logos et Lego mais enfin il ne faut pas pousser non plus. Je les invite à méditer ce que disait ma grand-mère quand elle voyait un enfant remuant : « Mieux vaut les voir ainsi que malades ! » Le christianisme est la religion de l’Incarnation mais aussi du Verbe, dans la grande tradition du Premier Testament : la catéchisation passe par la parole car le Dieu des Vivants est un Dieu qui parle et s’adresse à son Peuple. Et les Evangiles montrent un Christ sans doute priant, c’est vrai, mais aussi enseignant. Le Christ était un grand bavard ! Au reste, depuis Vatican II, la Parole de Dieu tient une place aussi prépondérante que l’Eucharistie dans la messe de Paul VI.

De plus, je peux témoigner comme bien d’autres de ce que j’ai pu voir ici et là lors de mes participations à la messe. Un exemple à Lille, à l’Eglise Saint-Maurice (sous la houlette de la Fraternité diocésaine des Parvis) : chaque dimanche soir, deux ou trois personnes de la communauté prenaient en charge, en début de célébration, les enfants des familles. Pendant toute la durée de la Liturgie de la Parole, ils dessinaient, confectionnaient des tableaux, des objets, amenés en offrande lorsque débutait la Liturgie de l’Eucharistie. Assis au pied de l’autel, les enfants écoutaient et cherchaient à comprendre : leurs animateurs/trices leur expliquaient et cela ne gênait personne, au contraire. Faire œuvre de pédagogie n’a jamais été mauvais en soi. Après la dernière oraison, les enfants exprimaient ce qu’ils avaient compris de la Parole et comment ils l’avaient traduite dans leurs travaux : nombre de fois, nous avons applaudi car nous retrouvions ce que j’appellerai la « fraîcheur de Dieu », une explication limpide de la pensée christique et des exemples dans la vie quotidienne pour la vivre, oserai-je dire, à la manière d’un enfant.

Enfin, il faut le reconnaître, il y a tant de gens qui vont à la messe le dimanche que les familles peuvent, voire doivent, rester chez elles ! Le Jour du Seigneur sur France 2 n’est pas fait pour les chiens ! Les familles veulent participer à la messe ? Qu’elles la regardent à la télévision ! Au moins, les enfants peuvent s’amuser et criailler comme ils veulent, ils n’embêteront plus personne ! Les célibataires et les vieilles personnes pourront – entre eux – retrouver la sérénité de la prière. C’est oublier qu’on n’est jamais chrétien tout seul et que la communauté dans toute sa richesse permet de vivre sa foi en Christ. Religion et relier, c’est la même racine étymologique, non ? Depuis quand peut-on célébrer la messe sans s’occuper de son voisin ? Depuis quand peut-on célébrer la messe tout en stigmatisant son frère, assis non loin de soi ?

Je me demande ce qu’en penserait le pape François ? Lui qui laissait un enfant, il y a quelques mois, prendre sa place pendant un discours, approuverait-il ces fidèles yvelinois ? Lui qui pousse les catholiques à sortir de leurs églises pour aller à la « périphérie », lui qui pousse les jeunes à « mettre le bordel dans les diocèses », lui qui se moque de ces catholiques qui affichent des faces de Carême, lui qui rejette le cléricalisme, approuverait-il cette volonté de chasser des églises ces sales mioches ?

Leur rappellerait-il ce passage de l’évangile de Matthieu (11,25) : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » ? A moins qu’il ne préfère citer – s’appuyant sur la gratuité de Dieu – l’évangile de Marc (10, 13-16) : « On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : ‘Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas.’ Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. » ?

Je citerai une dernière fois le pape Bergoglio (http://www.news.va/fr/news/trop-de-chretiens-en-deroute-a-lesperance-diluee) : « Trop de chrétiens n’ont qu’une espérance diluée, sans force : une espérance faible ». C’est sans doute ce qui arrive à ces catholiques qui veulent jeter au-dehors de leurs églises les enfants : ce sont des faibles convaincus certes d’être dans leur bon droit mais qui sont « en déroute ». Ils ne parviennent même pas à voir dans les enfants nerveux d’aujourd’hui, les chrétiens debout et vaillants de demain !

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Chut ! Ne réveillez pas le Christ qui dort… 21 janvier 2014 20:30, par anne marie

un archevêque a dit qu’il fallait soigner les gay car déviance sexuelle
peut t-on soigner les déviants de la connerie humaine.........
oui oui je sais, 10 pater.......10 je vous salue marie
a progressisme quand tu nous tiens
le vatican a 2000 ans de retard
le progrès a pas d’escargotCQFD
7ans pour changer un mot ,au notre pere............................

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Chut ! Ne réveillez pas le Christ qui dort… 20 janvier 2014 05:19, par Geneviève Remy

Une question et une nouvelle enquête à mener : est-ce que l’on retrouve les mêmes personnes dans « la marche pour la vie » et parmi celles qui ne supportent pas "les enfants turbulents" ?! Il faudrait savoir ce qu’on veut : des enfants sujets vivants ou des enfants objets soumis ?
Cette contradiction est présente dans la vie d’une église catholique patriarcale et sexiste qui défent la vie à ses deux extrémité : naissance et mort, mais ne condamne pas les injustices commises entre les deux, entre autres les violences subies par les femmes...

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Chut ! Ne réveillez pas le Christ qui dort… 19 janvier 2014 11:36, par Françoise

Ca me rappelle certains citadins ayant une résidence secondaire en campagne et réclamant à cors et à cris l’arrêt de la cloche de l’église dès 19H00 et jusqu’à 9H00 du matin (parce que la sonnerie les gêne pour regarder la télé et nuit à la qualité de leur sommeil) mais aussi que l’on tue le coq de l’agriculteur voisin, ce coq qui chante dès l’aurore, parce que le bruit les dérange. C’est du même acabit.
Les familles avec enfants qui viennent à la messe dominicale sont peu nombreuses comparativement à l’époque de mon enfance (début des années 70).
Hormis pour les communions solennelles, les baptêmes ou les mariages, il n’y a quasiment plus de familles présentes régulièrement avec de jeunes enfants.
Alors pourquoi une telle intolérance à leur égard ? Peut-être du fait d’un certain repli social mais aussi d’une violence politique et économique qui fait que de plus en plus de gens vivent en vase clos sans vraiment rencontrer autrui ni désir de rencontrer autrui. Ce qui engendre une moindre tolérance à tout ce qui peut contraindre à un effort d’acceptation de l’altérité quel qu’il soit. On voit ce phénomène s’accentuer, année après année, avec la désertification des campagnes, avec la folle urbanisation.
Dans une certaine mesure, on habite en permanence le silence avec tout un tas de bruits et d’images, de sollicitations diverses et notamment de consommation et de loisirs, mais finalement, les gens n’ont jamais été aussi seuls et autant en difficulté pour vraiment accepter et rencontrer les autres y compris dans leur propre cercle. Alors comment en ce cas rencontrer le Christ ?
Je voyais l’autre jour en ville une publicité pour un club de rencontres qui disait "l’amour ne tombe pas du ciel". Effectivement...mais comment rencontrer l’amour si déjà l’autre vous insupporte par principe dès lors qu’il fonctionne différemment de vous ?

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Chut ! Ne réveillez pas le Christ qui dort… 18 janvier 2014 12:06, par Sebastien

Très belle réflexion, qui culmine à juste titre par l’évangile :
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : ‘Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas.’ Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. » ?

Quel argument ecclésiastico-gélatineux peut-on encore opposer à cela ?

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