Parution : 16 janvier 2014
« Le déni » : quand la parole des femmes manque à l’Eglise

Deux intellectuelles catholiques ont mené un important travail de recherche sur l’organisation du pouvoir dans l’institution catholique ( "Le Déni. Enquête sur l’Eglise et l’égalité des sexes", Maud Amandier et Alice Chablis, Bayard, 2014. Voir aussi leur site Internet : www.ledeni.net/). Cette enquête fait l’objet dans « Le Point » (Machiste, l’Eglise ?, n° 2156, 9 janvier 2014) d’une attaque en règle et d’une polémique lancée avant même la sortie du livre. Explications avec les deux auteures.

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L’égalité entre les hommes et les femmes dans l’Eglise catholique est sans doute un des sujets les plus brûlants que l’institution ecclésiastique devra aborder en profondeur pour que les réformes voulues par François ne soient pas que cosmétiques. Deux femmes engagées dans la communauté chrétienne viennent d’apporter des éléments de réflexion pour que notre Eglise soit un peu moins machiste. Nous reparlerons de ce livre passionnant, Le Déni, enquête sur l’église et l’égalité des sexes, éd. Bayard ; mais la publication par Le Point de quelques extraits et d’une tribune virulente de Fabrice Hadjadj contre ce texte nous invite à donner sans tarder la parole aux deux auteures.

Fabrice Hadjadj, néoconservateur aux allures modernes, est un philosophe à la mode dans certains milieux intellectuels catholiques. La faiblesse de son argumentation met en lumière la justesse de celle du « déni », d’ailleurs préfacé par un des plus grand théologien contemporain, Joseph Moingt. Dans l’Eglise, il ne faudrait pas opposer le service au pouvoir, le spécifique du christianisme étant justement de considérer le pouvoir comme un service. Le pape affirme le philosophe, ne se proclame-t-il pas « serviteur des serviteurs » ? Sauf que le pape n’est pas le Christ et l’Eglise pas encore le Royaume. Et cette belle théologie idéaliste ne résiste pas à l’analyse du réel. La cathèdre est bien le lieu d’un pouvoir quasi absolu qui, malgré les progrès réalisés, notamment depuis Vatican II et les simplifications voulues par le pape, est encore loin de symboliser l’attitude du serviteur !

Un deuxième argument de Fabrice Hadjadj laisse rêveur : ce n’est pas l’égalité qu’il faudrait chercher entre les hommes et les femmes mais la complémentarité. Les amies tunisiennes, à l’occasion de l’écriture de la nouvelle Constitution, viennent justement de rappeler que l’apologie de la complémentarité était le meilleur moyen pour les mâles de cacher leur domination… Un vrai déni maquillé de belles paroles lénifiantes et soporifiques. Au contraire, la lecture du « Déni » nous réveille. L’Eglise, comme la société, aurait tort de se passer de la parole et de l’action des femmes… en bref de leur pouvoir ! Quand l’Eglise assumera-t-elle la révolution paulinienne : « Il n’y a plus ni mâle ni femelle » proclamait-il ! Mystère caché depuis la fondation du monde ; les analyses de René Girard qu’approuve Hadjadj, n’y peuvent rien : Dieu ne fait pas de différence entre les personnes… Nous venons de lire ce texte dimanche. En serons-nous les témoins ?

L’église et l’égalité des sexes

Extraits de l’interview (découvrez l’ensemble de l’entretien en téléchargeant Golias Hebdo n°319)

Golias Hebdo : Comment expliquez-vous l’article à charge sur votre livre sans débat contradictoire ? 

Maud Amandier et Alice Chablis : Le Point a choisi de présenter brièvement notre livre et de livrer à ses lecteurs quelques extraits. Ce dont nous lui sommes reconnaissantes. Puis il a laissé carte blanche à Fabrice Hadjadj, pour dire tout le mal qu’il pense du livre, sans contrepoint. Nous comprenons que notre livre soit dérangeant et puisse déstabiliser certains lecteurs, car il touche aux représentations mentales profondément ancrées et intériorisées. Fabrice Hadjadj, à qui
Le Point a confié la tâche de présenter notre livre, a choisi la polémique. Il commence en effet son article par le dénigrement en accumulant des termes méprisants : « manipulation », « troncage », « confusion », « chiqué », « ventriloquie », « grosses ficelles », « les lèvres qui bougent », « accumulation de contre-sens ». Le mépris est-il un argument intellectuellement recevable ?

G. H : La charge n’est pas seulement dirigée contre les auteures manifestement...
 
M. A. et A. C. : En effet, dans la présentation du Point, les éditions Bayard sont directement mises en cause comme publiant « un ouvrage d’une rare violence contre l’Eglise ». Joseph Moingt, qui a préfacé le livre, est présenté comme « jésuite, grand défenseur de l’égalité des sexes devant le trône de saint Pierre », là où Fabrice
Hadjadj est « philosophe et spécialiste de théologie ». Que Joseph Moingt soit l’un des plus importants théologiens français ne semble pas entrer en ligne de compte.

G. H. :  Vous écrivez sous pseudonymes, pourquoi ? Pourquoi avancer masquées comme le souligne Le Point ?

M. A. et A. C. : Ce sont de simples noms de plumes. Nous répondons à toute demande d’interview et à toute question. Mais nous connaissons la violence des réactions sur les réseaux sociaux dès lors qu’on touche aux questions religieuses et symboliques. D’où ce principe de discrétion. Et d’ailleurs, la violente charge dont nous venons de parler nous montre que nous n’avions
peut-être pas tort.

G. H. : D’emblée, dans sa préface, Joseph Moingt souligne que votre jugement est tranchant et vos propos décapants. Souhaitiez-vous provoquer un électrochoc ?

M. A. et A. C. : Nous avons abordé de front les questions qui fâchent, celles qui sont plus ou moins interdites de questionnement dans l’institution, particulièrement si ce sont des femmes qui les posent. Ces questions sont reprises chapitre par
chapitre : Pourquoi Marie est donnée en modèle aux femmes ? Pourquoi les femmes secondent toujours les hommes ? Pourquoi l’Eglise a peur de l’égalité ? Quel modèle masculin l’Eglise renvoie-t-elle au monde ? Pourquoi les femmes ne peuvent être
prêtres ? Pourquoi l’Eglise refuse le divorce ? Ce n’est pas un livre d’humeur. Nous n’avons pas cherché à ménager des sensibilités ni à être des filles gentilles, comme cela est souvent attendu des femmes. Nous avons d’abord fait un travail de recherche pour comprendre les mécanismes de pensée qui déterminent l’anthropologie proposée par le magistère de l’Eglise, qui a une idée très précise sur la condition féminine, masculine et sur le couple. [...] retrouvez l’intégralité de l’entretien dans Golias Hebdo n°319

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un livre important 30 janvier 2014 20:57, par Martin

merci Golias d’avoir attiré notre attention sur cet ouvrage. Je l’ai lu. C’est un ouvrage important.
Si en effet l’institution cléricale a perdu tous ses combats idéologiques les uns après les autres depuis le XVIIIe siècle, contre les Lumières et la démocratie, contre la liberté de conscience et la laïcité, restait toutefois la sphère de la vie privée qui avait pu sembler ne pas être touchée. C’était jusqu’en 1968, il y a cinquante ans, l’année de la promulgation de l’encyclique Humanae Vitae, contre la contraception. Avec le recul, il s’avère que ce nouvel anathème clérical (et masculin par la force des choses), a contribué à assécher le consentement fondamental à l’institution. Or le mouvement féministe constitue d’évidence un puissant levier de transformation dans l’institution ecclésiale. Cela n’a pas échappé aux clercs fondamentalistes qui manifestent clairement leur souci de conserver le monopole du pouvoir doctrinal et d’enseignement en s’attaquant maintenant à la réflexion sur le genre. Un combat dont je fais le pari qu’il sera perdu également, car la future théologie de la femme annoncée par le pape restera bien en deçà des changements nécessaires et incapable d’endiguer le courant. Et c’est ici précisément que le livre de Maud Amandier et Alice Chablis est utile à la réflexion. Le caractère tranchant de leur démonstration documentée et rigoureuse - avec le soutien d’un jésuite théologien, âgé et reconnu (Joseph Moingt) -, porte en effet sur les traditions patriarcales des anciennes sociétés qui se sont mêlées à la tradition chrétienne, modifiée par elles tout en la conditionnant, jusqu’à enfermer la vérité dans le pouvoir, le verrouiller de l’intérieur, le fermer du même coup tant à la nouveauté de l’évangile qu’à celle qui se fait sans cesse dans les relations humaines. On peut toujours affirmer que ce livre est un "signe des temps" comme le dit J. Moingt dans la préface. Il est surtout un moment important du débat actuel. Car si cette tradition patriarcale est renversée ou même atteinte, cette fois c’est l’édifice clérical archaïque et infantilisant qui s’effondre ou se fissure enfin ouvrant la voie à l’Esprit et au sacerdoce commun des fidèles. Le livre offre un éclairage saisissant de cet enjeu d’avenir. C’est un livre de lutte et c’est en soi une bonne nouvelle pour l’Eglise.

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Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 :
<< En conséquence, l’Assemblée Nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Etre suprême, les droits suivants de l’Homme et du Citoyen :
Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune >>

Homme désignant ici le genre humain ‘’ en présence et sous les auspices de l’Etre suprême’’, comment les femmes représentant la moitié de ce genre humain ne pourraient elles pas être libres et égales au sein d’une institution, l’église catholique romaine, qui se veut la représentante de Dieu, cet Etre suprême qui d’après elle a créé ce genre humain, qui plus est à son image !
Cette liberté, cette égalité entraîne que quels que soient leur religion, leur couleur ou leur sexe, les individus aient les mêmes droits (et aussi les mêmes devoirs)
Que l’Eglise catholique romaine n’ait pas encore digérée la révolution française de 1789 et ses conséquences pour elle, ça commence à dater, mais bon, je veux bien. Mais il faut qu’elle soit logique avec elle même et avec ce qu’elle veut être comme moralisatrice et donneuse de leçon au monde entier.
Les femmes sont des êtres humains à part entière, capables de jouir de leurs droits et de les exercer y compris dans une institution religieuse.
Cette église complètement à la dérive devrait comprendre que non seulement son discours n’est plus crédible, mais qu’elle devient de plus en plus ridicule.
Le fanatisme et le mysticisme sont en train d’aveugler bon nombre de religieux, ce qui ramène de nos jours des conceptions que l’on croyaient définitivement rangées dans les poubelles de l’Histoire. Faisons attention à ce qu’ils n’obscurcissent les Lumières.
<< D’un côté la nature a donné aux femmes des agréments et a voulu que leur ascendant finisse avec ces agréments >>
Montesquieu, (L’esprit des lois)
<< Pourquoi des êtres exposés à des grossesses, et à des indispositions passagères, ne pourraient-ils exercer des droits dont on n’a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers, et qui s’enrhument aisément ? >>
Condorcet .

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Il faut dire que quand on pense au caractère monstrueux des femmes, on comprend bien qu’elles aient été mises à ce point à l’écart.

Petit échantillonnage ?

Tertullien (v. 155-223) »Ne sais-tu pas que tu es Eve, toi aussi ? La sentence de Dieu a encore aujourd’hui toute vigueur sur ce sexe, il faut donc bien que sa faute subsiste aussi. Tu es la porte du Diable, tu as consenti à son arbre, tu as la première déserté la loi divine ».

Ambroise de Milan (340-397) : « c’est la femme qui a été pour l’homme l’auteur de la faute, non l’homme pour la femme ».

Odon de Cluny (v. 878-942) : « La beauté du corps ne réside que dans la peau. En effet, si les hommes voyaient ce qui est sous la peau, la vue des femmes leur donnerait la nausée… Alors que, pas même du bout des doigts, nous ne souffrons de toucher un crachat ou une fiente, comment pouvons-nous désirer embrasser ce sac de fiente ? »

Geffroy de Vendôme (1070-1132) : « Ce sexe a empoisonné notre premier parent, qui était aussi son mari et son père, a étranglé Jean-Baptiste, livré le très courageux Samson à la mort. D’une certaine manière aussi, il a tué le Sauveur, cas si sa faute ne l’avait pas exigé, notre sauveur n’aurait pas eu besoin de mourir. Malheur à ce sexe en qui n’est ni crainte, ni bonté, ni amitié et qui est plus à redouter lorsqu’il est aimé que lorsqu’il est haï ».

Le même : « Ce sexe a en effet abusé par sa persuasion le premier homme et à circonscrit par sa question l’Apôtre Pierre. Il a poussé le premier à la transgression et le second au reniement. C’est pourquoi ce sexe, remplissant son office à la manière d’une servante portière, tous ceux qu’il séduit, soit il les exclut de la vie comme Pierre du Christ, soit il les inclut dans la mort comme Adam au Paradis ». (la servante portière vient du récit de la Passion selon Jean).

Marbode de Rennes évoque la femme comme une ensorceleuse, une tentatrice, serpent, peste, mite, prurit, poison, flamme, ivresse et, parlant « d’expériences scandaleuses, de frôlements insensés » pour évoquer les relations sexuelles, il regrette bien évidemment qu’il en résulte des ventres féminins tendus par la grossesse « qui éclateront comme de vieilles outres gonflées de vin nouveau ».

C’est une façon comme une autre, sans doute, de décrire un accouchement.

Augustin (354-430), évoquant également l’accouchement usait de termes d’une poésie finie : « Nous naissons au milieu de l’urine et des fèces »

Hildebert de Lavardin (1056-1133) : « la femme, chose fragile, jamais constante sauf dans le crime, ne cesse jamais spontanément d’être nuisible. La femme, flamme vorace, folie extrême, ennemie intime, apprend et enseigne tout ce qui peut nuire. La femme, vil forum, chose publique née pour tromper, pense avoir réussi quand elle peut être coupable. Consumant tout dans le vice, elle est proie ». (la « fragilité » étant largement inspiré de la première épître de Pierre).

Pierre Damien (1007-1072), s’en prenant aux concubines des prêtres (à une époque où le célibat n’est pas encore la règle), parle ainsi des femmes : « bauges des gras pourceaux », « tigresses impies », « vipères furieuses ». C’est à cette époque que la femme cesse d’ailleurs d’être Eve pour devenir l’Innommable. Par la suite, soit en fait au XIIè siècle, l’essor marial qui se dessinait dès le milieu du siècle précédent. Mais les louanges qui lui étaient dédiées ne représentaient nullement un hommage à ses consœurs. Bien au contraire. Ce modèle bien évidemment inatteignable proposée aux femmes n’est qu’un moyen supplémentaire de consolider la toute puissance masculine.
Quant à la figure de Madeleine, création de toute pièce à partir de plusieurs personnalités féminines apparaissant dans les évangiles, il serait bien hâtif d’’y voir une possible représentation positive de la femme.
Pour Geoffroy de Vendôme, qui décidément est une source inépuisable en matière de misogynie, elle est le symbole non pas de la femme, mais de la part féminine présente en tout homme et qui le tire vers le bas, vers le corps, le sensible : son âme. Ainsi Madeleine est-elle surtout symboliquement la fragilité humaine.
Ce que synthétise Origène (v. 252), reprenant d’ailleurs Philon (v. 50) : « notre homme intérieur est constitué d’un esprit et d’une âme. On dit que l’esprit est mâle et l’âme peut être appelée femelle »
Ambroise (340-397) ajoute que « l’Esprit est donc comme Adam, la sensibilité comme Eve ».
Pierre Lombard (1100-1160) n’hésite d’ailleurs pas à dire les choses tout net : Adam est l’esprit et Eve la chair.

Comment enseigner après ce la ?

Gratien (359-383) : « la femme, même si elle est docte et sainte ne doit prétendre enseigner les hommes dans l’assemblée ». Ce qui amène Thomas d’Aquin a considérer tout naturellement que seule la parole privée leur est permise, tandis que Gilbert de Tournai (XIIIè siècle) s’indigne de ce que les femmes s’enhardissent à parler publiquement et, pire que tout, dire leur mot sur le dogme et les Ecritures.

Puisqu’on parle d’Eve, créée à partir de la côte d’Adam, l’iconographie médiévale va raccourcir singulièrement le discours en la faisant surgir directement du flanc d’Adam

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Voici quelques réponses. Les propos sont édifiants et l’on comprend mieux comment l’Eglise Catholique est devenue, selon l’expression de Leonardo Boff, une institution monosexuelle.

Tertullien (155-245) :
L’argument “théologique” est que le Christ est le chef (la tête) de l’homme et non de la femme créée d’une partie inférieure de l’homme.

“De l’ornement des femmes” :
“La femme n’a pas été créée à l’image de Dieu. L’homme seul peut entrer dans l’intimité de Dieu”.
“Le Christ est la tête de l’homme chrétien qui est aussi libre que le Christ lui-même. L’homme n’est donc pas obligé de porter une coiffure. La femme au contraire, doit porter un voile, une coiffure, comme signe d’humilité et pour ne pas offenser les anges…”

Jean Chrysosotome (344-407) fonde théologiquement et “anthropologiquement” l’inégalité des sexes et l’infériorité de la femme.
“3ème homélie sur le mariage” :
“C’est un trait de la générosité et de la sagesse divines, que celui qui excelle dans les grandes choses, se montre dans les petites insuffisant et incapable, de telle sorte que l’homme ait besoin de la femme…

Saint Augustin (345-430) :
"Maximes morales" :
“La femme est la source de tous les maux, et le piège de tous les hommes. Lorsque nous sommes assez malheureux pour nous laisser séduire par ses attraits, elle nous conduit dans le précipice, sans nous permettre d’en envisager la profondeur.”

"De Trinitate" :
“...Quand la femme est considérée comme aide - qualification qui n’appartient qu’à elle - elle cesse d’être image de Dieu ; tandis que le mari, même pris isolément est l’image de Dieu pleine et entière…”

Thomas d’Aquin (1224-1274)
"Somme Théologique" :
“Les femmes, généralement, ne sont pas assez instruites en sagesse pour qu’il leur soit possible de leur confier sans inconvénient un enseignement public”...

Les femmes ne peuvent pas enseigner publiquement “par crainte que le coeur des hommes ne soit séduit par le désir. selon l’Ecclésiastique : “les entretiens des femmes sont comme un feu dévorant".

Voir en ligne : http://poetesses.fr

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ne pas se fier aux apparences, réfléchir 23 janvier 2014 20:21, par Alina Reyes

Je suis l’auteur d’un livre de mille pages à la gloire du Christ, qui se termine par une règle pour un nouvel ordre d’inspiration monastique, un ordre inter-religieux. J’ai été obligée d’éditer moi-même ce livre, que j’ai envoyé au pape au printemps dernier et qui est resté sans réponse. Comment expliquez-vous cela ? Ce n’est pas que mon livre n’intéresse pas, c’est qu’il intéresse beaucoup et que je ne suis pas assez docile. Et je ne saurais pas quelle est la difficulté d’être une femme dans l’Église ? Si j’étais un homme j’aurais beaucoup de difficultés aussi, comme tous les hommes un peu novateurs en ont eu, avant d’être récupérés après leur mort. Mais le fait d’être une femme rend la chose encore plus difficile, c’est certain. C’est pourquoi je dis aux femmes de ne pas se tromper dans leur combat et dans leur façon de combattre. Qu’elles ne se contentent pas de demander leur place, qu’elles l’inventent et qu’elles la prennent. Et si on les en empêche, qu’elles refusent la place au rabais qu’on leur propose (c’est ce que je fais, c’est pourquoi je suis isolée et mon livre inconnu, mais cela vaut bien mieux que de laisser le système se perpétuer en courbant l’échine).
J’ai de sérieuses raisons d’être méfiante envers ce qui se cache derrière la parution de ce livre. Derrière la burqa, on croit qu’il y a une femme, et parfois c’est Michael Jackson, ou un escroc. Pourquoi n’assument-elles pas ? Et comment se fait-il que tout en déplorant que les hommes ne fassent pas assez de place à la parole théologique des femmes, elles-mêmes s’en désintéressent quand je leur propose de leur offrir mon livre ? Depuis quelques années maintenant que je vois comment se passent souterrainement les choses, je sais, sans avoir de preuves pour l’affirmer, ce qui est vrai et ce qui relève du coup. Il y a ce que les médias, y compris Golias, savent, et il y a ce qu’ils disent - ce n’est pas exactement la même chose. Il y a aussi ce qu’eux-mêmes ne savent pas.
Quoiqu’il en soit, qui veut combattre, homme ou femme, doit le faire à visage découvert, et avec courage, même si cela a un coût.

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la fausse parole 22 janvier 2014 21:59, par Alina Reyes

Dommage que ces femmes écrivent sous anonymat, c’est comme avec le niqab on ne sait pas qui est dessous. L’Église serait-elle aussi dangereuse que les talibans pour les femmes ? Pour se battre, il faut un minimum de courage. J’ai proposé à ces anonymes de leur envoyer gracieusement un livre de théologie de mille pages dont je suis l’auteur, il m’a été répondu que l’un de mes livres "sur le corps" les intéressait davantage. En voilà un déni de la parole théologique d’une femme.

Voir en ligne : http://journal.alinareyes.net/

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Quand la parole des femmes manque à ... Golias 21 janvier 2014 08:14, par pierre mabire

Ben oui, la parole des femmes manque aussi... dans les publications de Golias, cher Christian Terras. je veux parler de leur parole sur la théologie et tout ce qui relève en général de la foi, de l’histoire des religions, des mythologies en général et de leurs symboles. Les rédactrices de Golias semblent être cantonnées aux "affaires extérieures" : social, ONG, etc. Mais ce qui relève du fait religieux est essentiellement le domaine des rédacteurs masculins. Partout, des avancées restent à faire, non ? Même lorsqu’on se positionne pour le sacerdoce consacré aux hommes comme aux femmes, sans distinction, il ne faudrait-il pas appliquer à soi-même les principes pour lesquels on affiche de grandes idées ?

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et le vatican, rien que des hommes,la parole de dieu dicté par des hommes
jesus avait fait deja la parité..............
en afrique une femme va ramener la paix
c’est tout dire

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