Parution : 23 janvier 2014
Hollande chez François

Le « Hollande » nouveau serait-il arrivé ? Depuis ses vœux du 1er janvier traduisant à l’évidence un relatif tournant dans le domaine de la politique économique, dans un sens plus « droitier » ou du moins plus proche d’une politique de l’entreprise, l’actuel président François Hollande semble se positionner différemment. Faut-il alors imaginer un improbable rapprochement avec le catholicisme, dans le contexte favorable d’un pape François qui serait plus social ? Ce serait sans doute trop dire mais l’interrogation demande sans doute à être creusée, tandis que se profile une visite prochaine de François Hollande le Français chez l’autre François l’Argentin. En date du 24 janvier.

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Le moins que l’on puisse est que les deux « François » qui vont se rencontrer à Rome le 24 janvier ne bénéficient pas d’une même côte de popularité. Ceci pourrait expliquer la résolution prise tardivement, par un François Hollande se rapprochant du centre de l’échiquier politique, de rendre une visite diplomatique à celui qui a été parfois consacré en 2013 comme l’homme de l’année. Contre mauvaise fortune bon cœur, François Hollande s’est résolu à accomplir une démarche dont il pense qu’une majorité de Français n’aurait pas compris qu’il s’y refusât.
De son point de vue, était-ce vraiment une bonne idée ? Rien n’est moins sûr. Le pape, souriant devant les caméras, mais doté d’un caractère fort et impérieux qui exaspérait jadis la présidente de l’Argentine, pourrait bien consolider son avantage en remontant les bretelles de François Hollande, en privé, sur les questions sociétales les plus sensibles, à commencer par l’avortement et l’euthanasie, mais également au sujet de sa volonté d’intervenir en Syrie. La manifestation « pro-vie », qui s’est tenue à Paris le dimanche 19 janvier, rassemblait 16.000 personnes hostiles à une modification des conditions d’interruption de grossesse, jugées « banalisant l’avortement ». En tout cas, dans les prochains mois, l’affrontement devrait atteindre un sommet encore jamais atteint en France, sur les questions de procréation et de fin de vie. François Hollande espère-t-il que sa visite à l’habile pape François désarmera la bombe ? Ce serait une illusion de le penser.
Sans doute, à certains égards, ce pape « de gauche » semble moins éloigné du gouvernement que ne pouvait l’être son prédécesseur, que François Hollande jamais ne visita. Pourtant, c’est la laïcité qui est aujourd’hui en souffrance car moins comprise par une opinion qui ne comprend pas comment l’influence des hauts responsables catholiques pourrait les menacer avec un pape si sympa. Et l’incontournable prise en compte d’une autorité universelle du chef de l’Eglise catholique finalement indirectement avalisée par un président socialiste. Méandres de l’histoire présente.

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n° 320 de cette semaine : http://golias-editions.fr/article5213.html

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Hollande chez François 24 janvier 2014 13:18, par Lallau Jean-Marie

Valéry Giscard d’Estaing n’a jamais pu rendre visite à Jean-Paul II en 1975 : à l’époque, c’était Paul VI qui était pape.

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Hollande chez François 23 janvier 2014 17:03, par Exocet

L’ancien enfant de chœur François Hollande se fera-t-il remonter les bretelles (ou plutôt la soutanelle) par le pape François ? Il peut toujours essayer de se faire pardonner en lui servant la messe. A mon avis, la rancœur serait plutôt du côté élyséen. Pas sûr que Hollande ait apprécié le soutien du Pape à la manifestation pour la vie.

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