Parution : 4 février 2014
Vacances

Il paraît que notre gouvernement veut en changer le nom à l’école. Ainsi le congé de Toussaint deviendrait congé d’automne, celui de Noël, congé d’hiver, celui de Pâques, congé de printemps, etc.

La raison de ce changement ? D’abord sans doute une conception polémique de la laïcité, très fréquente dans l’enseignement public. Je peux l’attester puisque j’y ai fait toute ma carrière de professeur : la laïcité, au lieu d’être parfaitement neutre en matière religieuse, peut se muer en une vision laïciste ou laïcarde, intolérante et anticléricale, qui ne vaut pas mieux que son excès symétrique, le cléricalisme. Notez que l’intolérance et l’agressivité antireligieuses étaient déjà l’apanage de nos Révolutionnaires, qui voulurent supprimer la Fête des Rois, remplacer la semaine de sept jours (les sept jours de la Création selon la Genèse), par la décade, etc. Toujours la tentation est forte de l’amnésie délibérée, pour favoriser un ordre nouveau. « Du passé faisons table rase ! », dit l’Internationale… Mais c’est là le propre aussi de tous les régimes totalitaires. « Ceux qui ne se souviennent pas du passé, disait Santayana, sont condamnés à le revivre. »
Mais surtout, le sens de ce débaptisage des vacances est, nous dit-on, le souci « de ne pas choquer certaines communautés ». Entendez : celles pour qui le sens religieux de ces fêtes ne signifie rien. La vérité donc est qu’on sacrifie, par pure peur, au fâcheux esprit communautaire, au mépris de ce qui constitue le socle de notre république, l’intégration des particularités dans un corps citoyen homogène (voir mon billet «  Communautarisme », dans le n°317 de Golias Hebdo).
On risque de perdre naturellement tout l’imaginaire de ces fêtes, qu’il est si utile pourtant de cultiver. Il faut y regarder à deux fois avant de gommer une référence millénaire : si elle fait fantasmer, rêver, elle se justifie par cela seul. La vérité du pudding, disent les empiristes, c’est qu’on le mange. Toutes les fibres de notre être, tout notre ancrage culturel, perdraient énormément à ce bradage. L’homme, animal symbolique, descend du Songe. Que gagnera le marché de Noël à devenir marché d’hiver ? Le Père Noël, bonhomme hiver ? La crèche, les œufs de Pâques, font rêver immédiatement les enfants, et par nostalgie les adultes. Tout arbre a besoin de racines. Pourquoi vouloir ici les supprimer ?

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