Parution : 14 février 2014
Jeux Olympiques de Sotchi : l’envers du décor

Entre corruption et exploitation ouvrière, les Jeux olympiques d’hiver dans la petite station balnéaire annoncent l’événement sportif le plus cher de l’Histoire. Inaugurée le 7 février, l’opération de prestige voulue par Vladimir Poutine ne réussit pas à gommer les multiples atteintes aux droits de l’homme en Russie.

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L’hiver des droits de l’homme A Sotchi, la ville balnéaire du sud de la Russie, et sur les pistes de Krasnaïa Poliana, les athlètes, entraîneurs, spectateurs, journalistes découvrent installations sportives d’avant-garde et hôtels fastueux... Mais pour celui qui ne serait pas ébloui par cette blancheur trop éclatante, la façade de respectabilité a fondu comme neige au soleil.

Censée promouvoir l’image de la Russie et surtout celle de Vladimir Poutine, Sotchi et ses Jeux a révélé corruption, dégâts environnementaux, traitement indigne réservé aux ouvriers des chantiers, expulsions forcées des travailleurs migrants souvent privés de leur salaire. Ces nouveaux serfs sont repartis dans les républiques de l’ex-Union soviétique, aussi pauvres qu’ils étaient venus, meurtris dans leur chair et dans leurs espoirs. Les athlètes ne les ont pas rencontrés, mais se soucient-ils de ceux qui ont construit leurs pistes et leurs villages olympiques ? Se soucient-ils des opposants, emprisonnés, régulièrement torturés, parfois assassinés ? Le cynisme
est à son comble, lorsque 37 milliards de dollars sont dépensés dans une région parmi les plus pauvres du pays, quatre fois plus que les Britanniques pour les Jeux d’été de Londres. Le salaire minimum fixé par le gouvernement s’élève actuellement à 116 euros par mois et dix huit millions de Russes vivent en dessous du seuil de pauvreté. La Russie occupe le deuxième rang mondial pour le nombre de milliardaires en dollars. Leur nombre était estimé à 80 en 2011, ils seraient désormais 97, et pour certains encore plus riches après ces Jeux d’hiver conçus à la fois comme une propagande et une opération financière particulièrement juteuse.

Le tsar Poutine s’offre un couronnement encore plus fastueux que celui de Bokassa en 1977, mais jusqu’à quand tiendra-t-il ? L’autoritarisme d’Etat, privilégié à l’Etat de droit, la corruption balaient les visions à long terme. Les milliards circulent, mais la Russie ne fait pas partie des grandes économies émergentes. La roche tarpéienne pourrait bien débouler depuis les hauteurs du Caucase. [découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo 323]

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Jeux Olympiques de Sotchi : l’envers du décor 17 février 2014 21:14, par anne marie

je ne regarde plus devoyé par l’argent ,les jeux olymplques qui ont arraché des milliers de personnes,a leur domicile cet une mascarade cela me degoute

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