Parution : 13 mars 2014
Un an après son élection : Pape François : quel bilan ?

Nul doute que le pape François ne veuille réformer l’Eglise, dépoussiérer la Curie. Il donne une image sympathique du Pontife romain, proche des gens partageant leurs joies, leurs espérances, leurs préoccupations et leurs peines. Son mode de communication est novateur. Certes, c’est Benoît XVI qui avait commencé à twitter mais François accorde des entretiens aux grands journaux italiens. Après celui donné au quotidien « La Reppublicà », il vient de s’exprimer dans le « Corriere della sera »… Il y dénonce d’ailleurs, non sans humour, ce qu’il qualifie de mythologie : non, il ne lui est même pas venu à l’idée de sortir du Vatican le soir pour nourrir les sdf de Rome. Il affirme simplement que « le pape est une personne normale ».

4 commentaires
En pied de l'article.

Notre pape est un excellent communiquant. Et si les médias l’aiment autant qu’elles pouvaient être critiques à l’égard de son prédécesseur, ce n’est certes pas à cause d’un changement de contenu doctrinal. Le Père Lombardi l’a d’ailleurs rappelé au cours d’une de ses conférences, visiblement agacé que l’on puisse opposer les deux pontifes.

Sur les dossiers épineux du blanchiment d’argent par l’Institut pour les œuvres de religion, couramment appelé Banque du Vatican, et des prêtres pédophiles, François poursuit le travail de Benoît XVI. Pour le premier problème, l’ancien directeur évincé de l’IOR et ses proches collaborateurs qui luttaient pour la transparence n’ont même pas été consultés mais le Vatican s’est assuré les bons offices de cabinets d’audit internationaux dont certains sont proches de l’Opus Dei. Le plus petit Etat du monde devient ainsi un paradis pour les multinationales après l’avoir été pour les mafieux. Pour le second, les Légionnaires du Christ, après les révélations sur leur fondateur, ont retrouvé une légitimité sans que n’ait été interrogé le système qui a permis de telles dérives. Car le problème le plus important n’est pas que tel ou tel membre de la hiérarchie puisse commettre des crimes mais de se demander si le fonctionnement ecclésiastique ne les favorise pas. Et cette question structurelle, à laquelle nous répondons par l’affirmative, les pontifes ne se la posent pas… Pourtant, diront certains, en ce qui concerne la morale familiale, François semble plus ouvert, allant même jusqu’à dire qu’il ne se sentait pas le droit de juger les personnes homosexuelles ; il laissait aussi entendre que la question de la communion des divorcés remariés devait être discutée à nouveaux frais. La dernière « manif pour tous » a pourtant reçue sa bénédiction ; quant aux évêques allemands qui se croyaient autorisés à changer la pratique de la communion pour les divorcés remariés, ils ont reçu un beau coup de crosse ! Reste que la discussion a semble-t-il été houleuse au dernier Consistoire.

Le prochain Synode sur la famille sera le test d’un véritablement changement sur deux points : les évêques pourront-ils s’exprimer librement ? La doctrine changera-t-elle ? La première conversion implique la mise en place d’une véritable collégialité où toutes les Eglises ont leur mot à dire… Mais sur ce point, malgré les déclarations de principe, le pape suit Ratzinger (et de Lubac) sur la prééminence de l’Eglise de Rome. La seconde conversion signifierait une révolution semblable à celle que la dispute entre Pierre et Paul instaura dans la communauté primitive avec l’abandon des obligations alimentaires et de la circoncision, pratiques hautement symboliques de la foi juive. Mais pour l’instant, aucun discours pontifical ne va dans ce sens… le changement, ce n’est pas pour maintenant...

Découvrez l’intégralité de notre dossier en téléchargeant Golias Hebdo n°327 : http://golias-editions.fr/article5224.html

4 commentaires
François et les Soeurs Contemplatives de St Jean 16 mars 2014 11:27, par Jean MIGUEL

Depuis un an, on a eu droit de la part de François a un certain nombre de déclarations intéressantes et à un changement de style tendant comme vous le dites à rendre plus "sympathique" au sens ethymologique du terme l’image pontificale.

Il y a un domaine très concret où le Vatican sous François pourra être jugé sur des actes et des décisions et non sur de simples paroles, c’est la question des "communautés nouvelles" à fonctionnement sectaire.

Grâce à Golias, on sait que le Vatican a confié au Cardinal Herranz la tache de faire une synthèse de ce dossier qui traine depuis 2009. François doit prendre position prochainement dans ce dossier qui n’a que trop duré et qui concerne tout de même environ 300 religieuses (ou ex religieuses sans statut canonique, les ex soeurs de Cordoue) ainsi que leurs familles.

Fera-t-il preuve de laxisme comme Jean-Paul 2 en permettant aux soeurs Alix et Marthe de reprendre officiellement la tête d’une communauté avec les mêmes méthodes sectaires ?

Agira-t-il avec plus de lucidité comme Benoit 16 ?

François doit trancher. Les péripéties intervenues depuis bientôt 5 ans rendent illusoires toute idée de compromis.

repondre message

rien du vent................parole parole dixit dalida

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune