Parution : 14 mars 2014
L’affaire Ricca ou les limites d’une réforme
Par Golias

Quelques jours après son retour du Brésil, fin juillet 2013, le pape François faisait savoir à la secrétairerie d’Etat que Mgr Ricca resterait à son poste. Nommé prélat de l’Institut des œuvres de religion le 15 du mois précédent, il avait pourtant à son actif un parcours peu conforme à sa nouvelle dignité.

2 commentaires
En pied de l'article.

Originaire du diocèse de Brescia en Lombardie, Battista Ricca est issu de la carrière diplomatique. Après être resté en poste durant quinze ans dans différents pays - Congo, Algérie, Colombie, Suisse, Bulgarie - Pietro Ricca devenait fin 1999 le collaborateur du Polonais Janusz Bolonek, alors nonce en Uruguay, avant d’être éjecté de son poste en 2001.

Le parcours de Battista Ricca, aujourd’hui âgé de 57 ans, est émaillé d’épisodes peu glorieux, en particulier à la nonciature de Montevideo, la capitale de l’Uruguay. Les prêtres et les religieuses qui y travaillaient n’avaient pas manqué d’être scandalisés par son intimité manifeste avec son amant Patrick Haari, ancien capitaine de l’armée suisse, qu’il abritait et employait à la nonciature. Début 2001, Ricca était pris dans une rixe dans un lieu de rencontres pour homosexuels et avait dû appeler des prêtres à l’aide pour le raccompagner. Quelques mois plus tard, il était coincé dans l’ascenseur de la nonciature avec un jeune homme identifié par les services de police, avant d’être dégagé par les pompiers. Peu après, Battista Ricca était transféré à la nonciature de la République de Trinidad et Tobago dans la mer des Antilles. Après un conflit avec le nonce, il était rappelé à Rome quatre ans plus tard.
Le maintien de Battista Ricca, comme prélat de l’Institut des œuvres de religion, peut surprendre... Mais c’est en tant que directeur de la Domus Sanctæ Marthæ, située au sein de la cité du Vatican à proximité de la basilique Saint-Pierre, où le pape François a choisi de résider, qu’il avait gagné sa confiance. Des informations significatives sur le dossier de Ricca lui auraient été cachées, notamment les alertes du nonce à Montievideo. Petite cachotterie où certains voient l’influence de lobbies, soit pour placer un des leurs soit pour nuire au nouveau pape.

Dans l’avion qui le ramenait de Brasilia vers Rome, le pape François, interrogé par des journalistes, déclarait : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur et qu’elle est de bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? » Belles paroles auxquelles on ne peut que souscrire. Mais lorsque la conduite est notoirement scandaleuse, que ce soit pour un homosexuel ou un hétérosexuel, la question se pose sur le maintien en poste d’un prêtre ou d’un prélat. L’affaire Ricca est la parfaite illustration d’une réorganisation à la romaine qui laisse mal augurer du bilan final.

2 commentaires
L’affaire Ricca ou les limites d’une réforme 15 mars 2014 17:50, par André ANSROUL

Golias prêche pour l’abolition de l’obligation du célibat ecclésistique et accepte l’homosexualité. Pourquoi juger si sévèrement Mgr. Ricca ?Vous auriez pu écrire "son ami Patrick Haari" et non "son amant". Apparemment, il a rencontré ce militaire suisse quand il était en poste à Berne et il l’a fait venir ensuite à Montevideo ; et si c’était une belle preuve d’attachement et de courage ! Quant aux épisodes de l’ascenseur et de la boîte de nuit, jetterez-vous la première pierre ? Et si c’était un bon gestionnaire de la Maison Sainte-Marthe ?
Alors, Golias, encore un effort ! Serait-il plus facile de bousculer le dogme que la morale ?

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune