Parution : 20 mars 2014
Divorcés-remariés : des changements annoncés ?
Par Golias

Le pape François a chaleureusement remercié le cardinal Kasper pour son discours d’ouverture au Consistoire en février dernier, qui, selon le pontife, révélait une théologie « profonde » et « sereine », marquée par le « sensus ecclesiae, l’amour de notre mère Eglise », lui donnant « l’idée de faire de la théologie à genoux ». Une théologie humble ? Ou qui demande pardon ?

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Quoi qu’il en soit, il faut lire l’intervention du cardinal théologien, publiée par le quotidien conservateur italien Il Foglio… On comprend que Rome ait voulu tenir secret ce texte ou ne le publier qu’avec des notes explicatives, tant la perspective de Kasper semble novatrice. En effet, il ne propose pas moins qu’un « changement de paradigme » pour analyser la crise qui frappe la conception traditionnelle de la famille et prendre en compte, tel le Bon Samaritain, la situation de ceux qui souffrent.
Il a durant des heures exploré la situation en partant du fossé qui existe entre la doctrine catholique et la praxis d’un nombre croissant de fidèles. Le sujet le plus crucial étant sans conteste la situation des divorcés remariés et l’interdiction qui leur est faite de pouvoir communier sacramentellement. C’est cette partie, la plus longue, que nous voulons examiner.

Droit et pastorale

On le sait, et le nouveau cardinal Müller (préfet de la Congrégation pour le doctrine de la Foi) l’a dernièrement rappelé, l’Eglise ne laisse pas à la conscience des personnes divorcées le soin de décider s’il était légitime de rompre un premier mariage ou plus exactement d’en nier la validité. C’est un tribunal ecclésiastique qui, au terme d’un procès assez long, doit le définir. Cependant, étant donné que ces tribunaux ne sont pas de droit divin mais «  qu’ils se sont développés au cours de l’histoire, on se demande quelquefois, affirme Kasper, si la voie judiciaire doit être le seul moyen à utiliser pour résoudre le problème ou s’il ne serait pas possible de recourir à d’autres procédures plus pastorales et plus spirituelles. De manière alternative, on pourrait envisager que l’évêque puisse confier cette tâche à un prêtre possédant une expérience spirituelle et pastorale en tant que pénitencier ou vicaire épiscopal ». Et il ajoute : « Est-il vraiment possible que l’on décide du bien et du mal des gens en seconde et en troisième instance uniquement sur la base d’actes, autrement dit de documents, mais sans connaître la personne et sa situation ? » Ce qui est aujourd’hui le cas, puisque c’est Rome qui décide de la nullité d’un mariage.
Cette relativisation des tribunaux romains qui maintient un jugement ecclésiastique mais plus pastoral que juridique peut être une avancée et répondre à quelques cas. Mais elle ne prend pas en compte, comme le remarque notre cardinal, que pour nombre de divorcés remariés, cette déclaration de nullité semble nier la vie de couple qui a pu exister avant la rupture et dont les enfants sont le signe. D’autant plus, que « ne chercher la solution du problème que dans un généreux élargissement de la procédure de nullité du mariage serait une erreur » pour une autre raison : «  On ferait ainsi naître la dangereuse impression que l’Eglise procède de manière malhonnête pour accorder ce qui, en réalité, est un divorce. » 

La pratique de l’Eglise primitive

Walter Kasper, en fin connaisseur de la tradition, nous emmène donc sur une autre piste. Il note : « Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation semblable à celle du dernier concile. Déjà à ce moment-là, il y avait par exemple à propos de la question de l’œcuménisme ou de celle de la liberté de religion, des encycliques et des décisions du Saint-Office qui paraissaient exclure d’autres voies. Le concile, sans violer la tradition dogmatique contraignante, a ouvert des portes. On peut se demander s’il n’y a pas également, pour la question dont nous parlons, la possibilité d’un nouveau développement. » Il faut se souvenir que les ouvertures de Vatican II ont été rendues possibles non seulement par l’attention aux pensées contemporaines, mais aussi grâce à une relecture de la tradition notamment patristique. C’est ce que propose le cardinal Kasper, non sans avertir qu’il est difficile de savoir exactement quelles étaient les pratiques concrètes des Eglises des premiers siècles.

[lire l’intégralité de notre article dans Golias Hebdo n°328]

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Divorcés-remariés : des changements annoncés ? 12 avril 2014 22:07, par Bernard L.

Cela fait maintenant plus d’un an qu’on a un nouveau Pape. Beaucoup se disant catholiques pensaient qu’il apporterait de grands changements, c’est à dire sortir l’Église de ses valeurs traditionnelles multiséculaires, la vider de ses principes pour lesquelles de saint-hommes ont donné leur vie en union avec celle du Christ.
Tous ces débats terre-à-terre à la recherche du plaisir humain plutôt que du bonheur céleste ne servent à rien ; l’Église du Christ, même si elle a traversé et traverse encore des moments difficiles ne peut pas devenir une autre Église par la seule volonté humaine, même celle du Pape.
vous verrez, pour l’instant il n’y a que des paroles qui peuvent faire penser aux changements dans l’Église mais il n’en sera rien, par la grâce de Dieu.
Bien à vous, dans une Église une, sainte, catholique et apostolique.

Bernard L.

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Le sacrement de mariage a finalement tué le mariage 9 avril 2014 10:08, par pierre mabire

En plaçant le mariage au rang de « sacrement » irreversible, l’Eglise n’aura pas servi ce mariage qu’elle prétend défendre. Enfermer un engagement entre des époux dans le carcan d’une loi religieuse n’a jamais rendu les couples exempts de coups de canifs dans les promesses de la fidélité et de la protection mutuel entre conjoints.

Combien de femmes violentées et violées, combien de liaisons adultères, combien de mariage « arrangés » devant le prêtre pour de pures questions d’intérêts patrimoniaux, combien d’enfants malmenés, maltraités, abandonnés.

Non, les engagements devant l’autel et sous le regard du prêtre n’ont jamais été une assurance tout risque et à vie pour sa durabilité.
Au reste, si l’Eglise s’est mêlée à la vie conjugale en captant vers elle l’administration civile du mariage (ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539), c’est que l’administration royale avait constaté que nombre de fiancés se rendaient librement dans leur église paroissiale pour témoigner de leur sincérité en signant le contrat de mariage instituant les droits les devoirs de chacun. Principalement dans l’apport des dots et la reconnaissance des biens respectifs des époux lorsque tout n’était pas mis en commun.

Il fallut attendre 1787 et un édit de Louis XVI pour distinguer le mariage civil du mariage religieux (avant la Révolution Française !) et laisser la liberté de choix à ses sujets d’enregistrer leur mariage sur les registres paroissiaux sans passer devant l’autel. Cette réforme fut reprise en 1791 par l’assemblée Constituante qui transféra l’administration des mariages et de l’état-civil vers les communes nouvellement créées en 1789 en remplacement des paroisses.
Tout en prêchant que nul ne pouvait séparer ce que Dieu avait uni, l’Eglise ne s’est pas privée de fermer les yeux sur la séparation des couples, accueillant à bras ouverts dans ses couvents les femmes qui ne supportaient plus la vie commune et n’avaient d’autre moyen que ce refuge pour se séparer d’un époux violent, alcoolique, violeur, leur imposant grossesses sur grossesses. De nombreux monastères de femmes disposaient de chambres « hors clôture » pour les loger., moyennant pour les plus pauvres l’exercice de tâches ménagères ou rurales payant le prix du séjour. Ou sinon, le paiement de grasses pensions pour les plus riches.

Mais pour les autres, n’ayant pas l’idée ou la ressource de vivre cloîtrée pour le reste de leur existence, l’Eglise s’est toujours montrée intraitable, les rejetant hypocritement dans une forme d’excommunication qui ne dit pas son nom. Elles, ou leurs époux, car l’inverse existe également, mais dans une moindre mesure. Le cas d’hommes ayant déserté leur foyer et leurs responsabilités de pères pour rejoindre une communauté monastique n’est pas si rare qu’il n’y paraît. C’est tout de même, de la part de l’Eglise institutionnelle, une sacrée entorse faite à l’unité du mariage et de la vie des couples sous un même toit avec les promesses d’engagements qui s’y rattachent.

Le prétendu « péché » de séparation des corps se cantonneraient alors dans un comportement adultère (coucher avec une tierce personne étrangère au couple). Ce qui réduit alors l’acte sexuel à la notion de « péché », et plonge les séparés vivant une relation durable amoureuse avec autrui dans un état de « péché permanent ». Telle est la loi dogmatique de l’Eglise, arrivée dans les Canons de l’Eglise plus d’un millénaire après Jésus.
Selon les sources statistiques de la Conférence des Evêques de France, il y eu 147 146 mariages catholiques en 1991, et 71 146 en 2011. Soit une chute de 52% ! A ce rythme, dans 20 ans, le mariage à l’Eglise ne sera plus qu’une curiosité touristique pour Chinois, Japonais ou Coréens en voyage en France.
Dans le même temps, le mariage civil n’a connu qu’une faible érosion : 277 175 en 1991 et 251 654 en, 2010. Et pourtant de nos jours, personne ne se sent obligé d’aller se marier devant Monsieur le Maire.

C’est bien le mariage version catholique qui est malade, comme son Eglise romaine.

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Divorcés-remariés et homophobie@famvict 8 avril 2014 15:00, par Nathalie

Non seulement vous faites preuve d’une réelle homophobie, mais encore d’une incapacité crasse à lire et comprendre ce qui est écrit lorsque vous avez décidé de ne pas lire non plus que comprendre. Pire, vous êtes un homophobe honteux. De ceux qui ont toujours un ami homo comme excuse, comme d’autres ont leur Arabe ou leur Noir.

Vous évoquez, systématiquement, les homosexuels concernant l’adoption, les PMA et la GPA, en omettant avec une constance qui relève littéralement de la stupide obstination à la cécité volontaire, de relever qu’il s’agit de pratiques qui ont touché au premier chef les hétérosexuels et continuent encore de les toucher.
Aussi votre propos, que vous inscrivez dans un enfermement autistique de rejet envers les homosexuels, ne peut qu’être tendancieux et lacunaire. Vous oubliez le nombre impressionnant de mauvais parents hétérosexuels, d’enfants d’hétéros qui finissent chez le psy avec des histoires à n’en plus finir, ou se réfugient dans la drogue, dérivent vers les gourous, etc. Que ne conseillez-vous aux hétéros de faire du baby-sitting avant de se reproduire ? Et vous croyez que les jeunes hétéros sont plus aptes que les homos à l’abnégation, au sacrifice, etc ? Vous avez contemplé d’un peu plus près le nombre de cas soces qui se trimballent chez les hétéros ? Mais pour qui vous prenez-vous ? Et pour qui nous prenez-vous ? Vous croyez que l’hétérosexualité est un gage de toutes les vertus visiblement. Sans doute vivez-vous dans un monde extrêmement préservé pour pouvoir imaginer ceci.

Vous pouvez continuer dans cette démarche si vous y trouvez un intérêt intellectuel susceptible de vous convenir. Vous pouvez aussi continuer à faire de moi une égérie de la GPA, et tant qu’à faire, vous me direz également à cette occasion, dans lequel de mes posts vous avez pu lire quoi que ce soit qui vous permette de l’affirmer. Et de la même façon, n’hésitez-pas à me signaler lequel de mes propos a pu vous faire imaginer un seul instant que j’ai pu un seul jour de mon existence éprouver le moindre désir d’enfant. Et je ne suis pas un cas isolé chez les homos. Loin s’en faut.

Je ne saurais trop vous inviter à écouter l’émission citée par Clément, et vous référer aussi au rapport qui y est mentionné et que vous trouvez désormais disponible en ligne.
http://actualites.ehess.fr/nouvelle6138.html

Pour le reste, je suis tout à fait prête à discuter du bien être moral, psychique et physique des enfants. De tous les enfants. Dans toutes les situations. Dans tous les milieux. Elevés par toutes les formes de couple. Aucun problème. En revanche, je ne suis pas certaine que vous apprécieriez ce que l’on peut trouver en grattant un peu.
Vous êtes dans un enfermement tellement complet qu’il vous a totalement échappé que la loi sur la famille non seulement ne prévoyait ni extension des PMA, ni adoption de la GPA, mais encore prévoyait des propositions de réponses à tous les sujets que vous abordez ainsi qu’aux demandes des "beaux parents". Une fois de plus, vous redécouvrez l’eau tiède, comme si vous étiez le seul à réfléchir, qui plus est toujours dans le même sens : celui d’une infériorisation morale, psychique et psychologique des homos.
Et pour le cas où cela vous aurait échappé dans mes précédents posts, mes réponses étaient on ne peut plus sérieuses. Car votre attitude et vos propos ne prêtent nullement au rire, mais plutôt à la désolation.

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Divorcés-remariés : des changements annoncés ? 21 mars 2014 16:35, par henault

Excommunication, tribunal ecclésiastique, annulation du mariage... Expliquez moi quel lien peut être fait avec l’évangile : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés..." Quel chemin tortueux a pris l’institution Eglise (surtout ses clercs) pour en arriver là, si loin de la Bonne Nouvelle ? Auriez vous oublier, vous, les gens "bien" que les prostituées vous précéderont dans le royaume des cieux ? Jésus a regardé les gens qui pratiquent une morale conforme à la loi de l’institution avec un regard sévère parce que l’hypocrisie n’est jamais très loin, et il a toujours accueilli, sans les juger, les boiteux, les différents, les non-conformes, les malades... "Je ne suis pas venu pour les justes..." Que celui qui a des oreilles...

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Divorcés-remariés : des changements annoncés ? 20 mars 2014 21:30, par Sisinio Orsin

La lecture de cet article(incomplet)me laisse dubitatif.
Quand bien même je ne connaitrais pas ce genre de situation douloureuse de couples qui se déchirent,je ne me permettrais pas de juger tant de situations complexes de deux personnes X ou Y...Le mieux c’est de rester ensemble,mais cela semble facile à prononcer pour ces ecclésiastiques par toujours très clair à ce niveau .
Quand des enfants sont au milieu de ce genre de période difficile,ils sont malheureusement tiraillés entre les deux parents,c’est un constat où chaque parti y laisse des plumes...
Que dit l’Evangile:Jésus(Yechoua,Dieu sauve),a une attitude de compassion face à Marie Madeleine sur le point d’être lapidée(tuer d’une mort affreuse):elle a peine à comprendre l’attitude de son sauveur vu la tradition de l’époque.
Je pense que Jésus avait très bien compris la condition féminine,précurseur 2000 ans avant,comme exemple, le droit de vote en 1945:la moitié de la population mise en "sourdine".Mais voyons, que soit cité Paul de Tarse"en Christ il n’y a ,ni homme,ni femme",l’apôtre des "gentils"(pas toujours très gentil,selon ses épitres...).
Concernant "le droit à l’avortement",en tant qu’homme gêné,je ne peux avoir d’avis défini...et crédible parce que je ne suis pas entouré d’un corps de femme qui reçoit la vie, cela dépasse mon entendement,c’est aux femmes à s’exprimer sur ce sujet.
L’Eglise catholique, par l’entremise de ses prélats(hommes)n’ a jamais cesser en haut lieu de condamner au nom de Dieu.

"Le Christ,le verbe divin, est un mâle, donc c’est nous successeurs(mâles) du Christ par les apôtres et les évêques,filiation apostolique incontournable,qui par la sainte et unique tradition de l’Eglise catholique et apostolique,
détenons la vérité immuable,(faudrait creuser afin de savoir si le téléphone arabe...bon bref,je m’en remet à l’humoriste Christophe Alévêque et sa parodie sur l’évangile).
nous distribuons d’ailleurs le"corps du christ" absorbé par NOS fidèles,consacré de nos mains..."

Et c’est comme ça,l’Eglise marche à une jambe, à cloche pieds.
C’est 40 jours le Carême ?Bon,s’ils n’ont pas d’enfants,ceux qui commandent dans cette église,ils devraient peut-être en faire au moins 40 mois,un peu comme Jésus !

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