Parution : 3 avril 2014
Sos universités en péril
Par Golias

Les Universités françaises envoient des signaux de plus en plus inquiétants et les remèdes administrés semblent aggraver les difficultés plus qu’ils ne les résorbent. Le gouvernement actuel a repris la réforme très droitière du gouvernement précédent, officiellement pour des raisons pragmatiques.

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En réalité, l’incohérence des lois LRU1 et LRU2 est totale. Les Universités sont soumises à des injonctions contradictoires : entrer ou améliorer leur classement mais sans augmenter leur budget recrutement ; lutter contre l’échec scolaire mais avec une dotation budgétaire en baisse et parfois en sous-encadrement ; augmenter les dépôts de brevets à usage industriel, mais en pilotant administrativement et en limitant la recherche fondamentale ; devenir autonomes, mais sans des ressources propres suffisantes, ce qui est logique pour un service public ; augmenter la présidentialisation du pouvoir interne aux Universités, mais soumettre les présidents aux cadrages ministériels et restrictions budgétaires. Tout cela est au contraire en phase avec l’idéologie libérale au soubassement de ces changements délétères qui détruisent une institution que des siècles d’évolution de la pensée humaine et de luttes ont mis au point. Cela revient en effet à sacrifier des jeunes mal formés dans une économie mondialisée où l’atout principal de la France est pourtant le capital culturel et scientifique, à transformer les Universités en organisations similaires à des firmes privées soucieuses d’abaisser les coûts, à faire des économies d’échelle et à précariser les personnels au détriment de l’efficacité et de la compétence, à surfer démagogiquement sur l’humeur anti-intellectuelle et anti-fonctionnaires. Le service public de l’enseignement supérieur est bel et bien en péril. Tout n’y est pas idéal, mais il existe d’autres solutions, plus efficaces, même si elles sont peu prisées des élites ultra-libérales et des arrivistes zélés.

1. Loi relative aux libertés et responsabilités des universités aussi appelée loi sur l’autonomie des universités.

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Sos universités en péril 8 avril 2014 11:51, par Françoise

La politique de décentralisation et d’autonomie des universités a été mise en place pour briser l’accès des plus pauvres à l’éducation scolaires supérieure.

En obligeant les universités à être autonomes financièrement, l’état place les universités sous la coupe et le parrainage financier des grandes multinationales et des groupes bancaires mais aussi de sectes, de groupes intégristes, qui peuvent ainsi dicter leur vision idéologique de l’éducation, imposer leurs techniques de management, sélectionner les candidats selon non leurs compétences et leur savoir mais selon leur degré de soumission et verrouiller toute opposition à leur domination.
Cette politique est dictée par le lobby OCDE depuis très longtemps et elle est appliquée par nos politiques scrupuleusement quelle que soit leur famille politique.

C’est la même stratégie qui a été appliquée au niveau de tous les services publics afin de détruire ces derniers et donc empêcher l’accès des plus pauvres à des protections sociales et juridiques.

L’argument de "privatisons pour conserver les acquis sociaux" est un leurre. Il s’agit en réalité de replonger la majorité des citoyens dans l’aliénation la plus complète, sans espoir d’en sortir ni par le travail ni par l’éducation, pour asseoir la domination et les intérêts des classes sociales les plus riches.

L’analyse de notre universitaire local, Jean Ortiz est assez remarquable sur ce sujet :

http://www.youtube.com/watch?v=Qj8-DrnbhEc

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