Parution : 12 avril 2014
Le déni du « Déni », le livre-enquête sur l’église et l’égalité des sexes censuré
Par Golias

C’était couru d’avance, car le propre d’une situation de déni est d’être non seulement ignorée mais niée avec indignation par ceux qui y sont plongés. Du livre paru en janvier chez Bayard, de Maud Amandier et Alice Chablis, « Le Déni. Enquête sur l’Église et l’égalité des sexes », qui se soucie encore ? Du diagnostic dûment élaboré qu’il dresse en accumulant les preuves, c’est tout juste s’il est encore permis d’en parler, deux mois après sa parution. C’est déjà scandaleux, mais il y a pire.

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Nous allons vivre la Grande Semaine (Pâques et la Semaine Sainte - 13-20 avril), celle où Dieu, en Jésus, fut condamné pour blasphème. Les récits évangéliques sont assez clairs sur ce paradoxe. Le Fils de l’Homme a été mis à mort par la volonté de ceux qui avaient en charge de commenter la Parole de Dieu. Ceux… et non pas celles ! Pas de voix féminines pour la sentence… Mais Jésus avait promis que l’on se souviendrait de cette femme qui lui avait lavé les pieds avec du parfum et les avait essuyés avec ses cheveux ! Il y a la place des femmes dans l’itinéraire du Christ et dans la vie de l’Eglise ! L’honnêteté nous oblige à dire qu’elle n’est pas la même. C’est ce que rappellent avec passion et érudition deux auteures dans l’ouvrage
Le Déni. Or, ce livre, dont nous avons déjà parlé (cf. Golias Hebdo n° 319) et qu’aurait dû lire tout clerc ou tout laïc en responsabilité dans l’Eglise, est jusqu’à présent ignoré voire dénigré… Même par la revue des jésuites Etudes ! Il faut dire que la recension de l’ouvrage était confiée à Christophe Henning journaliste au Pèlerin qui accumule les contre-sens. Nous en reparlerons la semaine prochaine.

Pour l’heure, nous publions l’analyse de François Bœspflug, dominicain, sur le déni du « Déni » ! Peut-être fallait-il s’attendre à cet accueil hostile tant ce livre est bouleversant, au sens où il nous fait redécouvrir des textes bibliques, tel le récit de la Création ou celui de l’Annonciation. Certes, nous étions conscients de la justification de l’inégalité des sexes que certains passages de la Bible pouvaient véhiculer et justifier mais Le Déni en démonte la logique interne, tel un glaive qui pénètre jusqu’à la jointure de la mœlle et des os pour extirper ce qui est encore trop mondain dans l’Eglise… et pas encore assez évangélisé ! Mais l’Eglise peine à entendre. Pire, « peuple à la nuque raide », elle refuse d’écouter. Au Mans, le 4 avril dernier, le vicaire général a interdit d’antenne RCF les deux auteures… Le dialogue des sexes n’est pas pour aujourd’hui ! Il est, de fait, encore quasiment impossible d’avoir, en Eglise, une discussion vraie, et donc vive, sur tout ce qui touche la place des femmes dans la société et le renouvellement de la conception des familles ! Il est peut-être quand même à noter un changement d’attitude de la hiérarchie à l’égard de la « Manif pour tous ». Les études sur le « genre », qui justement posent la question des rôles culturels imposés aux femmes, n’ont pas encore droit de cité dans les facultés de théologie, mais les évêques de France se sont sans doute rendu compte que leur soutien à un courant politique ultra-conservateur, était facteur de division plus que de raison. Est-ce parce que les appuis ecclésiastiques manquent en France que certains responsables de cette « Manif » sont allés chercher des soutiens à Moscou avec Mgr Aillet ? (voir plus loin notre article sur le sujet)

Gardons au cœur l’espérance. Les femmes, à Béthanie, au pied de la croix ou au tombeau ouvert, ont encore beaucoup à nous faire découvrir du Mystère pascal… Et si pour la Semaine Sainte, vous preniez le temps de lire Le Déni et de l’offrir à votre curé ? Sans oublier d’aller sur www.facebook.com/LeDeni et http://ledeni.net/ pour qu’un vrai dialogue engendre une Eglise d’hommes et de femmes réconcilié-e-s ! Bonne lecture et bonne Semaine Sainte ! [téléchargez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n° 331]

POUR ALLER PLUS LOIN
Vous pouvez commander le livre "Le Déni" auprès de nos éditions :
Golias - BP 3045 - 69605 Villeurbanne cx en nous nous faisant parvenir un règlement par chèque bancaire de 18 euros + 3 euros pour les frais de port (21 euros au total)

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Lu dans la revue Esprit de décembre 2014, pages 146 à 150, la recension intéressante de l’ouvrage de Maud Amandier et Alice Chablis par François Boespflug dont je partage le constat. Comme ce théologien frotté d’histoire de l’art, ainsi qu’il se définit lui-même, "jamais encore je n’avais lu une telle remise en question de ce qui, pour un catholique, voir au delà pour un homme ou une femme de culture chrétienne, paraît aller tellement de soi". De fait, l’ouvrage démonte rigoureusement le caractère répétitif et bloquant du discours clérical sur la femme : or, cette lecture littéraliste et fossilisée d’un petit nombre de textes de la Bible par le magistère est devenu une défaite de la pensée et de la foi. Ce n’est pas seulement Jean-Paul II qui fait figure de "repoussoir pour les femmes modernes", mais finalement toute l’institution cléricale elle-même, tant elle s’est placée dans une impasse intellectuelle. Aussi, ce qui ressort, sans être dit explicitement par F. Boespflug, c’est cette forme d’impératif catégorique où sont placés désormais l’homme ou la femme de bonne volonté de ne plus lui accorder foi. Pour ma part, j’e pense que cet éclairage du "Déni" sur le cas particulier de la femme, est finalement, une bonne introduction pour une compréhension de cet éparpillement de la foi et sa déconstruction en de multiples propositions venant de la base des fidèles, non contrôlées par l’institution.

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bring back our girls 8 mai 2014 11:40, par Nathalie

Très honnêtement, je ne savais pas où coller ce billet visiblement hors d’actualité. Donc ceci est un choix d’emplacement parfaitement aléatoire. Mais puisqu’il y a eu un tel déni et qu’il s’agit de fillettes…

Je m’étonne, en effet, qu’alors que ce scandale a débuté il y a déjà une bonne vingtaine de jours, il n’y ait pas un mot dans Golias sur le sujet (ou alors j’ai très mal lu les hebdos), je veux parler de l’enlèvement de ces fillettes au Niger, par une bande d’allumés de la calebasse et de dangereux prédateurs réunis, qui se revendiquent missionnés par leur dieu et ont décidé désormais de les vendre ou de les marier.

Que Christine Boutin ne réagisse pas… OK. Que les évêques et cardinaux si prompts à tirer sur tout ce qui bouge de type homos, études de genre et à peu près tout ce qui les insupporte à part eux et leurs turpitudes d’accord également. On ne peut pas à la fois se concentrer sur la manière de dédouaner l’église romaine de la participation d’autorités catholiques au massacre, de rwandais il y a vingt ans, et des chrétiens agités de la machette coupables de massacres en Centre Afrique aujourd’hui et penser des gamines qu’on ne connaît pas et qui sont d’une autre religion…
On ne peut pas non plus se préparer aux festivités qui seront organisées pour la béatification impérativement urgente de l’oublié Paul VI, qui devait certainement se retourner dans sa tombe à l’idée de n’avoir pas fait partie du package dernier, et s’inquiéter du sort de ces fillettes…
Et puis après tout, on ne peut pas non plus hululer manif après manif, sur la vocation reproductrice des femmes, les cantonner aux rôles de mères et d’épouses et critiquer ceux qui passent à l’acte. Ce serait d’un mauvais goût fini envers des confrères religieux avec lesquels on risque d’avoir encore à défiler coude à coude contre un progrès sociétal quelconque dans ce pays.

C’est d’ailleurs sans doute pour cela qu’on n’a pas non plus entendu vociférer à travers les rues de la capitale et des grandes villes les humanistes débridés de la Manif pour Tous (alliés aux fondamentalistes musulmans il est vrai) ; aussi pour cela qu’on n’a pu bénéficier de l’exhibition des poitrails des menen toujours courageusement dissimulés sous leurs masques ; encore pour cela qu’on n’a pas non plus ouï les censeurs de Civitas, qui considèrent qu’un film qui traite de la pédophilie au sein de l’église romaine est une abomination pour ne pas dire un mensonge éhonté et une injure à la face de dieu, contrairement visiblement, ainsi que leur silence sur le sujet le laisse à penser, à la vente de ces fillettes comme esclave ou au mariage forcé des mêmes enfants. C’est une question de priorités.

Quitte à passer pour l’islamophobe de service (ça fera un qualificatif de plus à ajouter à la collection dont je dispose déjà depuis un peu plus d’un an maintenant), ou froisser cette religion (je n’hésite déjà pas à froisser les religions chrétiennes donc…) je m’étonne évidemment de ne pas voir dans les rues une nuée de musulmans de France, manifestant leur colère, non pas cette fois face à ce qu’ils considèrent comme étant de l’intolérance et des insultes à leur égard, mais pour une fois, de manière altruiste puisqu’il s’agit de penser à d’autres… je sais… ce sont des fillettes…mais quand même… pour dire à quel point ils condamnent le fondamentalisme musulman et les abominations qu’il génère et en particulier cet acte. Rien. Nada.
La grande mosquée d’Al Azhar, elle, a réagi, ainsi que la population et les parents au Niger, malgré les risques. Evidemment, nous sommes bien loin de la Grande mosquée de Paris, où en décembre dernier encore, les femmes commençaient à trouver un peu lourde l’obligation qui leur était faite d’aller prier au sous-sol, et des circuits de manifestations habituels dans lesquels, en principe, on ne risque pas de voir débarquer une bande d’enturbannés barbus bardés de kalachnikovs et tirant sur tout ce qui bouge… L’insécurité qui règne en France brouille certainement les cartes.

Pendant vingt jours complets, le drame de ces fillettes (défense des enfants, égalité, machin tout ça, mon c.. comme dirait Zazie) est passé quasiment à la trappe. Tout juste si de temps en temps le sujet était effleuré du bout des lèvres. Il aura fallu qu’un abruti au cerveau atrophié se fende la poire sur une vidéo en énonçant ce qu’il allait faire subir à ces fillettes pour que soudain, on se souvienne un peu partout qu’elles étaient réelles, si ça se trouve même humaines, et non pas une image furtive dans les journaux aux heures de grande écoute (et encore…).

Alors qu’on évoque l’obscurantisme qui règne à Brunei, les drones qui tirent dans tous les sens au Yémen, en laissant un peu de côté tout de même le chantier du Louvre à Abou Dabi, sympathique petit état bien connu pour la qualité, que tout le monde lui envie, de son code du travail et du traitement social de ses ouvriers, oui… évidemment. Il faut le faire aussi.

Mais à titre personnel, en ce 8 mai, journée qui est censée nous rappeler combien peuvent coûter cher la liberté et la démocratie, quel peut être aussi le prix d’une vie, fut-elle féminine (il est vrai qu’un maximum de résistantes sont inexistantes dans le souvenir national… contrairement aux résistants extrêmement bien représentés) je trouve dommage que la rédaction de Golias n’ait pas trouvé, dans le magasine qui a pu tomber dans nos boîtes aux lettres numériques hier soir, une ligne de libre pour pouvoir y écrire un mot sur ces fillettes.

Merci !

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Que votre oui soit OUI !
Les faits sont têtus !
Je viens de prendre un peu de temps pour lire cet article pour une seconde fois ;au préalable je venais de passer ce soir par le blog de Mister DE PLUNKETT afin de sentir ce qu’il se trame dans ces esprits prétentieux cultivés cathos du "milieu" (ouvert !?), sur l’article :"Qui prétend diviser et influencer les évêques"
:irrité de nouveau par la technique du contournement interprétant ce qu’il se passerait aujourd’hui chez les jeunes cathos sur le plan cérébral concernant leur foi afin de produire un calage forcé sur l’idéologie épiscopalienne vaticane uniforme et unijambiste,
alors très brièvement,j’ai rebondi
sur la pratique de la CENSURE régulière et constatée chez ce monsieur De plunkett spécialisé dans le cirage de pompe à l’ancienne(après il veut "orienter" la jeunesse (le mec))
ne fait que confirmer que quarante jours de carême n’ont eu pas le moindre effet.
Dans la catégorie des oiseaux,perroquets et corbeaux ont une très bonne espérance de vie...TERRESTRE !
"Caritas, caritas, quand tu nous tiens"

Sans jouer au naïf,je me trouvais l’autre soir avec mon petit dernier devant Babar à Célesteville,avec en fond les paroles de M.Le Forestier et je me suis pris à rêver d’un autre monde quelques instants...recadrage bref dans mon esprit loin des discours langoureux.

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Je suis reconnaissante à mon Eglise d’avoir pu publier cette chronique... dans la "Vie Protestante". Les choses avancent, parfois trop lentement... Mais est-ce du déni ou un manque de courage ? Petite contribution d’une pasteure au débat...

Il reste encore beaucoup à faire !

Un jour, un homme que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, m’aborda et me demanda comment je pouvais travailler dans un monde aussi misogyne que celui de la religion. Le fait même de pouvoir exercer un ministère en tant que femme est en soi une réponse ! Je suis fière d’appartenir à une Eglise qui rémunère hommes et femmes au même niveau et qui compte une présidente et unE membre de la direction. Mais après l’égalité salariale et la destruction du plafond de verre, pourrions-nous être les fers de lance d’un féminisme des consciences ?
Il y a encore beaucoup à faire pour éradiquer la misogynie qui subsiste dans et hors de l’Eglise. Que ce soit dans une certaine forme de condescendance ou dans des remarques touchant autant à la maternité qu’aux signes extérieurs de féminité... les femmes sont souvent cantonnées à la faiblesse (!) de leur sexe. Alors que le péché originel semble avoir été relégué aux oubliettes, elles continuent pourtant à être prises « pour des pommes » dans certains discours.
Cherchant mon inspiration dans les textes bibliques, j’ai eu envie d’écrire cette chronique en m’inspirant du Livre de Judith (bien que ce livre ne fasse pas partie du canon protestant). Ce livre parle d’une femme exemplaire, qui a investi le champ de la séduction, de l’intelligence et du leadership religieux. Judith fit même preuve de virilité, quand, avec force et bravoure, elle coupa la tête de son ennemi.
Mais j’ai finalement renoncé à développer cet exemple. En effet, pourquoi s’appuyer sur un modèle inatteignable pour essayer de prouver la valeur des femmes ? Faut-il encore justifier bibliquement l’égale valeur des femmes et des hommes devant Dieu ? En sommes-nous encore là ?
Ouvrons les yeux et nous trouverons facilement autour de nous des modèles de force et d’intelligence. Les femmes ne sont pas des sous-hommes - n’en déplaise à celles et ceux qui ont la nostalgie d’un monde patriarcal-, elles ont même parfois une fâcheuse tendance à jouer les surhommes. Combien sont-elles qui relèvent chaque jour le grand défi actuel : avoir « du temps à soi » ? Jouant sans cesse les équilibristes entre leurs vies privées et professionnelles, elles s’épuisent encore trop souvent avec cette mauvaise conscience d’être les seules à devoir porter le souci de la tenue de la maison et de l’éducation des enfants. Un homme que l’on voit derrière une poussette ou un aspirateur est souvent couvert de louanges... les femmes qui passent des heures avec leurs enfants, actives à l’ombre de leurs éviers et de leurs machines à laver, font leur travail.
L’Eglise est-elle là pour défendre des valeurs conservatrices de la société ou au contraire pour accompagner avec finesse son évolution ? Quelle est cette paresse qui nous oblige à céder aux stéréotypes ? A ériger « la différence » comme un argument valable pour dominer et soumettre, à cantonner les femmes à ce qui relève soi-disant de leur « vocation » ? Tant que les femmes ne seront pas libres de choisir leurs priorités (temps partiel ou pas), il restera beaucoup à faire. Tant que les femmes n’auront pas la possibilité de déléguer certaines responsabilités (mais pour cela il faut de la place dans les crèches et de l’aide pour s’occuper des parents vieillissants), il restera beaucoup à faire. Tant qu’elles ne résoudront pas avec les hommes le conflit dont parlait Elisabeth Badinter , les consciences resteront à éveiller.
On ne naît pas libre des actions et des paroles qui dénigrent les femmes et les méprisent, on le devient . Puisse l’Eglise contribuer à cette liberté.

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Le masque de François... 14 avril 2014 18:01, par pierre mabire

Lorsqu’au plus haut sommet de l’Eglise catholique romaine on fait l’impasse sur les actes pédophiles de clercs, viols de corps et des consciences, qu’on érige des statues à des fondateurs de communautés se parant des vertus de la foi pour mener tranquillement une vie de pervers et de délinquant sexuel, lorsqu’on porte les sectes à un haut niveau spirituel de l’institution alors de nombreuses d’entre elles sont des manipulatrices des âmes et des corps et s’attaquent quotidiennement aux êtres psychologiquement fragiles, peut-on encore parler de déni, mais plus réellement de comportement criminel, coupable, méritant poursuites judiciaires et condamnations par les tribunaux de droit commun ?
Comme c’est étrange : dernièrement, François a demandé pardon aux victimes... mais dans le même temps il a remis en selle des responsables de communautés qui ont grandement failli.
Cela aussi est une forme de déni coupable.
François est à des années lumières d’une réflexion sur la nature de l’Homme dans son déterminisme masculin et féminin. Chaque instant qui passe annonce des reculs, des fermetures de portes, des mises sous cadenas de situations puantes, nauséabondes.
Ses évêques, aujourd’hui recrutés dans la sphère intégriste, agitent, comme le vent agite des fanions, la prétendue "théorie du genre" pour faire barrage au message de l’Evangile selon lequel, dans la maison du Père, il n’y a ni juif ni gentil, ni homme ni femme, mais une seule communauté humaine réunie en son nom.
François complice ? François coupable de complicité ? Le masque tombe un peu plus chaque jour. Son pontificat est en train de sombrer dans la boue.

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Le livre de Amandier et Chablis entre dans un espace de débat que plus personne ne pourra désormais refermer. Le débat n’est probablement plus "maîtrisable" (n’est-ce pas Golias ?), il est aussi plus difficile aujourd’hui dans une Eglise traversée de multiples courants et où les voix sont discordantes. Mais surtout, l’épiscopat et le magistère ne sont plus en état de pouvoir réguler autoritairement, comme avant, ce débat spontané qui monte d’une base très diverse, comme vous l’illustrez à votre manière Ventadour. Ce débat est devenu contradictoire, à l’image de la société démocratique, et il échappe de plus en plus à la "hiérarchie". Il manque à l’institution cléricale d’avoir choisi et organisé en temps voulu les outils juridiques nécessaires, après Vatican II, pour une organisation du débat sous sa "magistrature d’influence". Trop tard.
Mais il y a plus : certains évêques individuellement y participent, sur des positions intransigeantes et réactionnaires, très clivantes. Ces évêques, trop assurés de leurs positions traditionnellement en surplomb, laissent entendre, malgré eux, que leurs prises de position dans le débat sont susceptibles de contestations tout aussi "légitimes" dans le cadre d’un débat qui devient "forcément" démocratique au seuil de ce XXIe siècle. Il est donc nécessaire de laisser parler ces épiscopes. L’Eglise institution est désormais confrontée à la prise de parole démocratique que personne ne pourra arrêter. Il y a du "nouveau" qui se prépare.

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Pour analyser ce qu’est un déni psychologique il suffit d’observer le refus des bobos-socialos-libertaires des médias et de la classe politique de voir combien les "projets sociétaux" et notamment l’ABCD de l’égalité ont été déterminants dans l’abstention massive des communautés musulmanes aux élections municipales, principale cause de la débâcle que l’on sait. Manifestement cet aveuglement est pour eux vital, c’est le dernier rempart de leur idéologie en déroute. Rendez-vous aux européennes pour une nouvelle baffe encore plus retentissante !
Hollande aurait du confisquer depuis longtemps leurs allumettes à Mmes Taubira et Belkacem ou à M.Peillon (pour reprendre l’expression de François d’Orcival). Tant pis pour lui, il est perdu et son monde avec lui, et plus il restera au pouvoir, plus cet effondrement intérieur s’étendra.

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Ce livre, très clair et accessible, est magistral dans le fil de la démonstration et d’une portée imprévue. De toute évidence, il tranche avec une production éditoriale très conformiste et souvent sans véritable intérêt. Il y a là quelque chose de fort et d’implacable qui marque une étape dans un débat qui s’anime, en dévoilant la vacuité du discours de la technostructure cléricale restée très dépendant de l’héritage de la société archaïque patriarcale. La démonstration des auteurs est un écho de la recherche de l’exégèse historico-critique qui diffuse lentement dans la culture commune des croyants. Pour cette raison, je pense que l’ouvrage d’Amandier et Chablis sera une référence réelle de long terme. Si cela est vrai, il ne faut donc pas s’étonner des réactions hostiles (souvent cléricales) que le livre suscite et qui accompagnera encore très longtemps sa diffusion longue et irrésistible. Ce livre est, pour reprendre le sentiment de Joseph Moingt qui le préface, "un signe des temps". J’ajoute pour ma part qu’il n’est pas prophétique ; il est aujourd’hui simplement l’expression probable d’un sensus fidei de plus en plus conscient de lui-même.

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