Parution : 24 juin 2014
Acceptation

Nous sommes en Occident si habitués à la lutte contre ce qui nous arrive que nous avons du mal à considérer comme salutaire son acceptation en pleine conscience, sans jugement aucun. En quoi nous avons tort. Bien sûr je fais exception des injustices sociales, qu’il faut combattre sur leur propre terrain. Mais pour le reste, nous ferions bien mieux d’accepter ce que nous apporte le présent, en le voyant clairement, et en y adhérant sans réserve.

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Une étude médicale dernièrement parue montre que l’état de « pleine conscience », utilisé dans le cadre de la méditation, a un impact salutaire sur la santé. Il réduit l’impact du stress et de l’anxiété, qui exposent à une production excessive d’hormones et peuvent créer dépression, prise de poids, problèmes digestifs, baisse de la concentration et de la capacité de mémorisation. Mais les sujets qui acceptent leurs émotions négatives ou les situations imprévues sans rumination peuvent limiter cette réponse physiologique (Source : Slate, 13/06/2014).
L’article fait référence, comme origine de cette posture, au bouddhisme. Mais point n’est besoin d’y recourir, car l’attitude d’acceptation est une constante de toute spiritualité, et existe donc aussi chez nous. Voyez le Fiat ! (« Que cela soit !) qu’on trouve dans la deuxième demande du Notre Père, ainsi que dans la réponse de Marie à l’Ange lors de la scène de l’Annonciation. Les Beatles ont même paraphrasé ce dernier exemple dans leur célèbre chanson Let it be ! Adhérer à ce qui se produit ici et maintenant (hic et nunc) est le meilleur moyen de se délivrer des tensions qui de toute façon ne le feront pas disparaître, mais ne feront qu’amplifier notre souffrance. Quand on fait de la voile, s’il y a un coup de vent, le réflexe est de se crisper et de tirer sur les écoutes : c’est le meilleur moyen d’aller à l’eau. Si ou contraire on lâche tout, le bateau flotte comme un bouchon, et on ne risque rien.
Sachons donc être totalement lucides sur ce que nous vivons, ne pas être dans le déni ou le refus qui aveuglent, ne pas fermer nos poings pour la lutte, mais au contraire ouvrir nos mains pour l’accueil. Cela bien sûr, par exemple en monde chrétien, récuse toute eschatologie, toute posture d’attente, et même toute idée d’espérance. Par quoi on voit que la spiritualité est bien différente de ce qu’on entend d’habitude par « religion »…

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Bonjour. 1er juillet 2014 07:51, par Agnès Gouinguenet

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Les Alcooliques Anonymes demandent : " la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer, le courage de changer celles que je peux et la sagesse d’en connaître la différence. "
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Je trouve que c’est une bonne approche.
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Joli mardi.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Acceptation 30 juin 2014 21:38, par Françoise

Le souci, Michel, c’est que l’acceptation chez l’humain est bien souvent du déni et de la résignation.
La pleine conscience n’est possible qu’à partir du moment où l’humain accepte de se regarder sans complaisance, de se confronter à la vie...et pardonnez du peu, mais c’est pas demain que vous aurez un max de gens en capacité d’agir et réagir de cette façon.
Pourquoi ? Parce que le déni comme la résignation sont beaucoup plus confortables. Ils ne nécessitent pas d’efforts sur soi et permettent aux humains de s’identifier à leurs souffrances. Donc d’être dans une plainte continuelle et de demander aux autres d’assumer ce qu’ils devraient assumer, y compris eux-mêmes. Ce en dehors même de tout aléa, catastrophe, traumatisme, maladie incurable, handicap profond, misère, etc...
Ajoutez à cela le dolorisme puritain saint-sulpicien 19ème de notre catholicisme, on ne s’étonne plus que la population française soit aussi accro aux neuroleptiques...Il faudrait donc une désintoxication et une éducation humaniste dès le plus jeune âge, qui offre le moyen à chacun, chacune de pouvoir se penser et prendre le temps de conscientiser des étapes de développement personnel. Ce qui voudrait dire aussi quitter le mode bourrage de crâne, repenser le savoir non en terme de rentabilité de l’individu mais en terme de conscientisation et d’épanouissement. C’est plus qu’une révolution qu’il faudrait...c’est un tsunami !

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Acceptation 25 juin 2014 23:55, par Zenia

Mon cher Michel,
Nous acceptons tant votre propos que, silence radio.
C’est drôle, c’est le thème que je rumine depuis un moment...
Je me demande pourquoi l’acceptation récuserait l’eschatologie ou l’espérance ?
Vous ne parlez pas de résignation, n’Est-ce pas ?
Voyons donc, acceptation - espérance et eschatologie, quelle superbe triade !
(je les vends mes triades)
OK, je ne me bats pas pour moi, je me bats pour les autres, contre l’injustice qui les frappe.
C’est ce disent aussi les bouddhistes. Vive les bouddhistes ! Je suis sincère.
Pourquoi je ne suis pas devenue bouddhiste ? J’ai pourtant pris la posture...
J’ai lu un jour l’histoire d’une nonne bouddhiste japonaise, qui pratiquait la méditation zen, et un jour, dans ce vide, cette coupe, O surprise, est venu le dieu des Chrétiens. Pan ! Elle n’avait pas perdu son temps, disait-elle ensuite, à méditer zen.
Pour moi donc, accepter rend sereine, et voilà que j’espère et que je me crois immortelle !!!
Mais si c’est faux, expliquez-moi, s’il vous plaît, que faire pour échapper à ces deux puissants délires !
Que les chrétiens ne croient plus à l’éternité, c’est bien connu puisqu’ils défendent mordicus LA VIE terrestre à tout prix !
Pauvre Vincent Lambert, j’espère que tu t’es tiré depuis belle lurette au septième ciel au-delà des débats furieux autour de ta dépouille branchée...
Au-delà de toutes les NDE du monde (récits de morts cliniques, expériences proches de la mort, etc.) le rationalisme étroit des Français ne se laissent pas ébranler. Pas l’ombre d’une hypothèse !
Mais c’est pas grave, car si vous êtes bouddhiste, vous aurez droit à l’ascenseur direct .
Car on dit que c’est une religion créé par les ...anges !
Donc en plein dans le plan divin, en plus.
Voilà, c’est parti ! Zen...

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