Parution : 1er juillet 2014
Lecture

Elle sauve l’âme, c’est le seul recours quand tout semble perdu. Souvenons-nous de ce que disait Montesquieu : « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé. » Elle seule peut nous montrer qu’existe autre chose que ce que nous connaissons, fussions-nous au fond du malheur. Capitale aussi est la possibilité d’écrire ce que l’on sent, car elle permet de s’en délivrer par la verbalisation clarifiée, la prise de conscience consécutive à l’objectivation ainsi permise, et aussi parfois par le simple pouvoir cathartique de la mise en mots.

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Aussi le pire crime est, me semble-t-il, d’interdire la possibilité de ces deux remèdes à quelqu’un, quel qu’il soit. C’est pourtant ce que vient de faire le ministère de la justice britannique, qui a décidé d’interdire l’envoi de livres, de magazines, de papier et de timbres aux détenus. Chris Grayling, le secrétaire d’État, a cru bon d’expliquer qu’il s’agissait de soumettre les prisonniers à des « conditions plus spartiates », afin d’accélérer leur « réhabilitation » (Source : Marianne, 6/06/2014)
On reste rêveur devant une telle mesure. Prétendre « réhabiliter » des prisonniers par une telle interdiction est une ineptie. C’est bien plutôt le contraire qui se produira : coupés de la lecture et de l’écriture, comment pourront-ils se reconstruire ? Se mettre à distance des « démons » qui peuvent encore les habiter, sans le secours de la médiation des mots ? Ne resteront que les instincts bruts, et les fameuses « conditions plus spartiates » les enfermeront dans l’animalité, car elles procèdent elles-mêmes de la plus grande barbarie. N’oublions pas, en effet, que s’il y a une barbarie brute, il y a aussi une barbarie thérapeutique, comme on le voit à la fin d’Orange mécanique, le roman de Burgess et le film de Kubrick : le traitement de déconditionnement subi par Alex n’a rien à envier en sauvagerie à celle de ses actions passées.
La justice a pouvoir sur les corps, mais jusqu’ici, heureusement, elle pouvait respecter les âmes : on pouvait être libre derrière les barreaux, en lisant ou en écrivant. Mais ici le cas change. On pourrait lui adapter une phrase de l’évangile, en changeant son contexte : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » (Matthieu 10/28)

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Lecture 8 juillet 2014 22:56, par Françoise

Bonjour Michel

Les prisonniers qui lisent et écrivent sont certainement considérés comme dangereux, car pouvant se révolter, s’instruire, réclamer justice s’ils subissent un préjudice quelconque des autorités carcérales, judiciaires. Bien sûr c’est une barbarie que de leur retirer livres et possibilité d’écrire mais c’est une mesure barbare logique dans un monde ultra libéral qui pour asseoir son emprise et sa domination joue à fond la carte sécuritaire et oppressive. Pourquoi croyez-vous que les programmes culturels et éducatifs sont peu à peu remplacés par des émissions de divertissement ? Pour éviter que les gens s’instruisent et notamment les plus pauvres...

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Lecture 7 juillet 2014 23:11, par Prudence

Il est presque certain que ce secrétaire d’état à la justice n’a pas vu FAHRENHEIT 451.
Je me suis demandée s’il avait pris cette mesure pour stopper le flux des Corans ou des "Manuel du petit djihadiste" qui arrivaient dans les prisons anglaises. Et s’il n’en avait pas profité - au nom d’économies salariales - pour supprimer les préposés au courrier. Je me suis aussi demandée s’il y avait des bibliothèques dans les prisons anglaises. Ce que j’espère encore. Je me suis souvenue de Jean-Paul Kaufmann qui avait pu lire la Bible dans son cachot au Liban. J’ai aussi pensé au Japon qui construit des robots... J’ai imaginé avec horreur l’Eglise remplaçants les prêtres manquant par des robots. Mais je vous quitte car je vais retrouver mes amis les livres avant d’aller dormir ! En tout cas, oui, c’est grave... Même si je préfère lire la Bible plutôt que le Coran, que je n’ai pas lu.

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