Parution : 9 juillet 2014
Approximation

On s’en satisfait facilement, surtout dans le domaine du langage. Ainsi en est-il de l’expression qu’on entend aujourd’hui à tout bout de champ : « le mariage pour tous ». Littéralement prise, elle signifie que n’importe qui peut se marier avec n’importe qui. Ce dont un minimum de réflexion montre l’impossibilité.

28 commentaires
En pied de l'article.

Si par exemple je suis déjà marié, et si je veux épouser quelqu’un d’autre, cela m’est interdit, car la loi prohibe la bigamie. On voit déjà l’incorrection de notre expression.
Si je veux épouser ma sœur, cela aussi m’est interdit, tant par l’Église catholique que par le droit français, même en cas d’adoption. S’il s’agit d’une cousine germaine, je peux le faire civilement, mais si je veux faire un mariage religieux, je dois demander à l’Église une dispense, que seul le Pape peut accorder. Là aussi je n’ai pas toute licence de faire ce que je veux, et le « mariage pour tous » n’est qu’une illusion.
Une affaire intéressante vient d’être plaidée au TGI de Metz. Une femme peut-elle épouser, après la mort de son mari, le fils que ce dernier a eu d’un premier lit ? Ils n’ont pas de liens du sang, et pourtant ils n’auraient pas le droit de se marier, puisque l’article 161 du code civil  indique que le mariage est prohibé « entre tous les ascendants et descendants légitimes et les alliés dans la même ligne ». Ce pourquoi jusqu’ici le procureur de Metz s’est opposé à cette union (Source : France Tv info, 12/06/2014).
On voit que se reproduit ici l’intrigue de la Phèdre de Racine, situation reprise dans La Curée de Zola : Phèdre ne peut espérer s’unir avec son beau-fils Hippolyte, que son mari Thésée a eu avec une autre. La notion ici d’« inceste » ou d’« amour incestueux » n’est donc pas encore sans substance juridique.
Aux dernières nouvelles, les requérants lorrains ont obtenu satisfaction mais le procureur peut interjeter appel (même source, 26/06/2014). Quoi qu’il en soit ou puisse en être à l’avenir, un fin mais solide réseau de lois et d’obligations continuera de nous enserrer, très souvent à notre insu, et nous ne pourrons tout faire à notre guise. Aussi ferions-nous bien de renoncer à l’expression approximative, euphémisante et démagogique de mariage « pour tous », pour la remplacer par la seule expression propre ici : le mariage « entre personnes du même sexe ». Le langage, et par voie de conséquence la clarté des esprits, y gagneront

28 commentaires
Approximation-contradiction 16 juillet 2014 11:49, par Françoise

Que dire de certains mariages religieux requérant une dispense papale pour être autorisés et pourtant validés religieusement sans cette dispense...
Comment expliquer cette approximation des lois religieuses ? Doit-on comprendre qu’il y a d’un côté des croyants au-dessus des autres qui peuvent se passer de dispense papale pour valider leur mariage religieux catholique et de l’autre le tout-venant des croyants auquel il faut impérativement la dispense papale pour être unis devant Dieu ?
Sur quoi se base une telle hiérarchie et les exclusions, exceptions qui en découlent ? Sur l’argent, sur le patrimoine ? Sur la classe sociale, le carnet d’adresses ? Sur le nombre de services rendus au clergé ou bien sur la corruption ?
Et si c’est le cas, cela dépasse grandement l’approximation de langage et l’incorrection d’expression...Nous sommes dans la contradiction totale avec les enseignements évangéliques et les lois religieuses.

repondre message

Bonjour Michel Théron. 15 juillet 2014 15:07, par Agnès Gouinguenet

- 
Être approximatif, cela veut dire "s’approcher" ou bien "ne pas être pile poil dans la cible" ?
- 
Quand on revendique "les mêmes droits pour tous les humains", met-on sur un pied d’égalité le nouveau-né et le retraité à l’aise financièrement ?
- 
Comparer ce qui est comparable semble raisonnable.
- 
Ne fallait-il pas comprendre "mariage pour tous les humains mariables", tout simplement ?
- 
Bien à vous.
- 
AG à MT.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

repondre message

Approximation 10 juillet 2014 11:36, par Vivien

"Aussi ferions-nous bien de renoncer à l’expression approximative, euphémisante et démagogique de mariage « pour tous », pour la remplacer par la seule expression propre ici : le mariage « entre personnes du même sexe ». Le langage, et par voie de conséquence la clarté des esprits, y gagneront"

Si vous permettez, M. Théron, je crois qu’il vaut mieux encore dire : le mariage "étendu aux personnes de même sexe". En effet, si l’expression "mariage pour tous" peut effectivement être comprise comme signifiant que n’importe qui peut se marier avec n’importe qui, d’un autre côté, parler juste de mariage entre les personnes du même sexe flétrit le propos que l’on a voulu tenir en employant l’expression "mariage pour tous", en faisant de ce projet une simple promotion du mariage gay par opposition au mariage hétérosexuel entre un homme et une femme, alors que le mariage dit "pour tous" vise en fait à l’égalité pure et simple entre ces deux types de couples, n’est-ce pas ? Ceci dit en admettant que je puisse me tromper.

repondre message

- Dans la rubrique: Le blog du Sacristain

Le dernier livre de Michel Théron, Sur les chemins de la sagesse, est disponible sur commande en librairie, ou directement sur le site de son éditeur BoD https://www.bod.fr/livre/michel-theron/sur-les-chemins-de-la-sagesse/9782322080823.html (248 pages, 9,99 euros)

Michel Théron
Parution : 15 novembre 2017
Parution : 8 novembre 2017
Parution : 24 octobre 2017
Parution : 18 octobre 2017
Parution : 11 octobre 2017
Parution : 6 octobre 2017
Parution : 2 octobre 2017
Parution : 27 septembre 2017
Le site de l'auteur : le blog de Michel Théron
| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune