Parution : 14 août 2014
évêques féminins : Rome
à l’épreuve de la méthode anglicane
Par Golias

« Une grande aventure commence, faite de renaissance et, en même temps, de désaccord. Notre défi sera de faire les comptes avec les divisions et de continuer à aimer ceux qui s’opposent à cette décision. Peu d’institutions y réussissent. » C’est par ces mots que Mgr Welby, archevêque de Canterbury, a salué la décision historique du synode général de la « Church of England » (composé des chambres des évêques, du clergé et des laïcs). Le 14 juillet dernier, réuni à York, le synode général s’est déclaré favorable à l’ordination épiscopale de femmes (351 voix pour, 72 contre, 10 abstentions), mettant ainsi un terme à dix années de débats internes souvent véhéments.

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C’est fait ! Lors de leur « synode général », à York en Angleterre, les Anglicans ont voté pour que les femmes puissent devenir évêques, et nous nous en réjouissons ! Certes, les débats furent houleux et les opposants ont obtenu que les communautés puissent refuser d’être sous l’autorité épiscopale d’une femme. Mais c’est justement, peut-être, le point le plus important que l’archevêque de Cantorbéry, primat de la communion anglicane, a résumé en disant : «  Nous montrons au monde comment notre Église est capable de vivre avec un certain degré de désaccord.  » C’est une belle leçon que nous offrent nos frères anglicans. Dans l’Eglise catholique, nous ne savons pas faire. Faut-il entendre les réactions plutôt apaisées des autorités catholiques comme un aveu de cette lacune ? Surtout si on les compare à celles qui ont suivi les premières ordinations de femmes prêtres, considérées par Jean Paul II comme un point noir dans le dialogue œcuménique !

L’Instrumentum Laboris du prochain Synode sur la famille tendrait à montrer le contraire, tant la doctrine traditionnelle y est réaffirmée sans que d’autres perspectives théologiques ou anthropologiques puissent trouvent une place légitime dans l’élaboration de la réflexion. Mais le dernier document de la Commission Théologique Internationale sur le « sens de la foi » des fidèles souligne le rôle de tout le peuple de Dieu dans le changement des doctrines. Rome se hâte lentement ! Rappelons l’image de l’exégète Michel Quesnel : l’Eglise est comme une porte avion qui ne peut faire demi-tour avec rapidité. Mais les avions, eux, peuvent aller explorer des terres inconnues. Encore faut-il qu’ils soient bien accueillis à leur retour…
La Parole de Dieu est toujours à interpréter et l’abandon de la circoncision, prescription pourtant divinement révélée, est l’exemple le plus frappant de la responsabilité humaine. La Tradition est en effet à situer dans le contexte de son élaboration et des situations nouvelles doivent engendrer de nouvelles lectures… et de nouvelles pratiques ! Toute la question est de savoir lesquelles sont en harmonie avec l’itinéraire du Christ. Et le vote anglais nous montre un modèle de discernement dans le dialogue dont les catholiques pourraient s’inspirer. Les partisans du oui et du non ont pu dire leur position et continuer à la tenir tandis qu’une pratique nouvelle naissait dans le respect des uns et des autres. Pour l’heure, nos évêques préfèrent « le déni » pour reprendre le titre d’un excellent livre qui analyse les relations entre les femmes et les hommes dans l’Eglise. D’aucuns objecteront qu’il y a du débat dans l’Eglise. C’est vrai mais le plus souvent à huis-clos comme si les pasteurs avaient oublié le caractère normatif de l’assemblée de Jérusalem qui, après avoir entendu Pierre, Paul et quelques autres disciples, décida de changer la Loi à observer ! Nous n’avons d’ailleurs aucune assemblée du type de celle qui vient de se tenir à York ! Et c’est bien dommage. Car ce « synode général » a permis de réaliser ce que voulait le primat de la communion anglicane qui a dit lors de son intronisation en mars 2013 : « Je veux que l’Eglise soit ce lieu où l’on puisse être en désaccord tout en s’aimant. » N’est-ce pas ce que l’on disait des premiers chrétiens : « voyez comme ils s’aiment ! »

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Cher Golias, Je relève dans ton texte quelques phrases qui me font réagir. D’abord ceci :" La Parole de Dieu est toujours à interpréter ". La Parole de Dieu n’est pas à confondre avec l’Ecriture (la Bible). Nous avons à interpréter sans cesse l’Ecriture, à y confronter nos vies, nos histoires pour tâcher d’y percevoir la Parole de Dieu. Mais jamais nous ne pourrons être sûrs de ne pas la confondre avec notre propre parole. Ensuite ceci : " l’abandon de la circoncision, prescription pourtant divinement révélée ". Divinement révélée ? Diable ! Où et quand et comment et par qui ? Enfin ceci : " Toute la question est de savoir lesquelles (pratiques) sont en harmonie avec l’itinéraire du Christ ". Oui, l’itinéraire de Jésus de Nazareth est la référence pour le chrétien mais elle n’est pas normative. Il est d’ailleurs très difficile de savoir avec sûreté historique quelles ont été les pratiques de Jésus. Nous n’en savons que ce que disent les évangiles (voir les livres de Meier). Ce qui doit motiver notre action et nos prises de décision ; les changements à apporter à nos pratiques ecclésiales et même, n’en déplaise à Valim, la doctrine jusque dans ses dogmes les plus fondamentaux, c’est le Souffle, l’Esprit Saint. Je suis de plus en plus persuadé que des gens comme Valim ne croient pas (malgré ce qu’ils disent) en l’Esprit donné par Jésus. Ces gens-là contribuent, à terme, à la mort des Eglises. Et donc de l’Evangile.

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Il serait étonnant que l’église Constantinienne Romaine suive les protestants .Il y a quelques années Berboglio déclarait en prenant comme référence les textes de l’antiquité que les femmes étaient inférieures aux hommes ...
Et puis est-on vraîment sûrs que les Femmes aient une âme ? . On n’en a pas de preuve ...
Enfin , le lobby Gay qui règne au Vatican trouvera bien des arguments " religieux " pour refuser l’ordination des femmes .

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1° rappelons que les anglicans n’ont pas d’évêques, ils ont des laïcs déguisés en évêques. Les ordinations anglicanes sont nulles et de nul effet pour des raisons exposées par Léon XIII en 1896 et qui restent valables. Les Anglicans ont essayé, en faisant participer des évêques orthodoxes à leurs prétendues ordinations épiscopales de tourner la difficultés, mais ça ne change rien à l’affaire : dés lors qu’on a pas l’intention, en ordonnant quelqu’un au sacerdoce et à l’épiscopat, de lui donner (et pour l’ordonné de recevoir) les pouvoirs de consacrer et d’absoudre, on ne peut pas avoir l’intention requise pour la validité du sacrement et il est nul quand bien même le ministre de l’ordination aurait été lui-même validement ordonné. Parler d’évêques anglicans est un abus de langage, qu’il s’agisseL d’hommes ou de femmes. Les ministres anglicans ne sont l’équivalent que des pasteurs protestants, autrement dit rien du tout sacramentellement parlant..
2° les éléments les plus actifs de la communion anglicane (on ne peut pas parler d’Eglise puisqu’il n’y a pas de succession apostolique valide dans cette communauté) la quittent sur la pointe des pieds. Le reste deviendra ou est devenu une variante de plus du protestantisme, jusque avec quelques fanfreluches héritées du passé (le "smells and bells" que raille d’ailleurs la partie la plus "low church" de ce groupe). Un peu d’encens et une tradition musicale de qualité ne font pas une Eglise.
La fameuse tolérance que nous vante l’article n’est que l’indifférence à la vérité. On ne peut pas valablement soutenir que les femmes peuvent et ne peuvent pas être évêques. C’est l’un ou l’autre, ça ne peut pas être les deux à la fois : "Est, est ; non, non" : le principe d’identité est la seule base possible d’un sain raisonnement. II est vrai que le tempérament anglo-saxon, tout fait de pragmatisme, a ses charmes, notamment en politique (on garde une reine, mais juste pour le décorum, par exemple). Mais si la politique est le lieu des vérités relatives et des arrangements avec la réalité -ce qu’en France on ne veut toujours pas admettre et qui nous vaut d’avoir une gauche toujours aussi doctrinaire et coincée sur ses ponciifs révolutionnaires et marxistes au moins pour une partie de ses adhérents- ceci ne fonctionne pas pour les vérité éternelles.
Bref, que les Anglicans aient désormais, parmi ceux qu’en leur sein on prétend évêques, des femmes, n’est q’un élément de plus de l’avancée du protestantisme dans ce qui aurait pu être une communauté-pont entre le catholicisme et les protestants. Mais c’est ainsi : "l’abîme appelle l’abîme" comme dit le psaume, et l’anglicanisme, qui est fondamentalement une hérésie, ne peut que rouler de chute en chute au fond du gouffre de l’erreur. Quelques-uns, à chaque nouvelle chute, ouvrent les yeux et rejoignent la seule véritable Eglise, qui est l’Eglise catholique, pour le reste, large est la route et grande ouverte est la porte qui mène à la perdition, l’Evangile nous en avertis.
Qu’on arrête donc de nous présenter la coexistence d’opinions opposées dans un groupe comme un signe d’amour. La vérité est une, l’erreur est multiple.Que le protestantisme pratique la diversité et l’indifférentisme doctrinal n’est qu’une preuve de plus de son caractère fondamentalement hérétique (haieresis en grec : le choix). Les protestants aiment avoir le choix. Les catholiques n’ont pas le choix, et heureusement : il n’y a qu’une vérité, On y adhère. Ou pas.

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Bonjour Golias. 14 août 2014 18:58, par Agnès Gouinguenet

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Qu’en pense Mgr Claude Dagens ? Il fallut 355 ans avant de voir une femme à l’Académie française.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_%C3%A0_l%27Acad%C3%A9mie_fran%C3%A7aise
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Les femmes françaises ont attendu 1 siècle avant d’avoir le droit de vote comme les hommes français. En 1941, mes parents ont eu tous les deux 21 ans. Parce que femme, ma mère ne pouvait aller voter. Parce qu’homme, mon père en avait le droit. POURQUOI ?
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Sans oublier la possibilité d’avoir un carnet de chèque, et autres babioles ...
http://www.regardsdefemmes.com/Documents/10mots/Extrait_10mots_chronologie_Droits_Femmes.pdf
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Vous voyez la France avec une femme Président de notre République laïque ? Ségolène Royal le sait tellement, qui voit le père de ses enfants élu à sa place 5 ans après son éviction, due à des éléphants de son propre camp.
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Lourdes séquelles de la Loi salique et du machisme misogyne napoléonien (les femmes étaient exclues des guerres impériales).
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Or la France est coupée en deux par la Loire.
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Il y a le tempérament au Nord et le tempérament au Sud de ce fleuve.
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Pourquoi Rome n’est-elle pas en Finlande ? La géographie demeure peut-être une partie du problème.
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A bientôt.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Dans le même ordre d’idée, il serait question que le pape François procède à la régularisation canonique de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (lefèbvristes), sans conditions préalables. Comme ça, ceux qui ne sont pas d’accord pourront continuer à ne pas l’être !

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