Parution : 21 août 2014
Sélection

C’est un mot tabou dans le monde de l’enseignement, et d’ailleurs la sélection des bacheliers pour entrer à l’Université par exemple, exception faite pour la médecine, est interdite par la loi. Cependant certaines formations en licence très prisées (sciences politiques, éco-gestion, langues étrangères appliquées, arts du spectacle, information-communication, psychologie, etc.) doivent faire face à un afflux important de candidats. Aussi la solution qu’elles ont trouvée est l’admission par tirage au sort, que les juges ont décrété légale, puisque la sélection au mérite est prohibée (Source : Libération, 15/07/2014 : « Sélection : il y a du tirage à l’Université ».

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En pied de l'article.

On conviendra qu’il n’y a rien de plus injuste pour les candidats méritants que le tirage au sort : s’il leur est défavorable, les voilà pénalisés pour toute leur vie. Mais on doit évidemment se demander pourquoi on en est arrivé à une telle absurdité. Tout simplement parce que le système scolaire dans son ensemble récuse toute idée de mérite et de choix reposant sur lui, au nom d’une idéologie angélique et égalitaire, démagogue aussi, selon laquelle chacun doit pouvoir faire le seul type d’étude qui l’intéresse, indépendamment de sa propre capacité. On sait que la moitié des bacheliers est éliminée pour insuffisance de niveau à l’issue de la première année d’études à l’Université. Cela n’est pas étonnant, puisque le baccalauréat n’est plus qu’une formalité : 87,9 % d’admis lors de la dernière session (Source : Le Figaro Étudiant, 10/07/2014). Il est bien loin de valoir l’ancien Certificat d’études primaires, où faire cinq fautes dans une dictée était éliminatoire !
Les Anciens le disaient bien : Non omnia possumus omnes – Nous ne pouvons pas tous les mêmes choses. Bien sûr, il faut lutter contre les handicaps sociaux, qu’il faut réduire le plus possible. Mais, comme le disait Voltaire, « Ce n’est pas l’inégalité qui est un grand malheur, c’est la dépendance. » Une fois le déterminisme social réduit, il y a place pour tout le monde, et comme le dit le proverbe il n’y a pas de sot métier. Qui osera reconnaître qu’un plombier, une infirmière, sont plus utiles que tel docteur en sociologie ou en psychologie ? Dire le contraire, c’est flatter les jeunes et les tromper, et c’est ainsi qu’on arrive, en bout de course, à confier leur destin à la loterie d’un tirage au sort.

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Coucou. 26 août 2014 08:34, par Agnès Gouinguenet

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Ah "la sélection naturelle" !
http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9lection_naturelle
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Parfaitement en accord avec votre billet.
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L’absence de sélection fabrique des aigri-e-s. Car si la sélection n’a pas lieu au début, empêchant de perdre trop de temps de formation, elle finit par creuser son sillon, inexorablement, construisant une armée de paumé-e-s envieux-euses.
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Mieux vaut un maçon épanoui qu’un architecte raté.
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Mais on va me traiter de "réac" ...
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A bientôt.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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