Parution : 4 septembre 2014
Le Portugal dans la tourmente de la Banco Espirito Santo...

L’affaire fait grand bruit dans le monde de la finance et donne même des vapeurs à l’économie française : la Banco Espirito Santo, en pleine faillite, devait recourir à l’Etat portugais, lequel a injecté 4,4 milliards d’euros pour renflouer l’établissement bancaire lusitanien ! C’est qu’il fallait éviter la contagion à l’ensemble du secteur financier du Portugal, et même d’Europe ! Dans cette histoire, le Crédit agricole – détentrice de la BES à 15 % – a perdu 708 millions d’euros…

3 commentaires
En pied de l'article.

Cette déroute financière est due à l’ancien P-DG de la BES, Ricardo Salgado, surnommé par ses compatriotes « Dono Disto Tudo » (« le propriétaire de tout ça »). Il a été mis en examen en juillet dernier dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent au terme d’une audition de sept heures devant un juge d’instruction de Lisbonne. Ce dernier enquête sur un mécanisme de fraude fiscale et de blanchiment d’argent dans lequel trempent des gestionnaires de fortune helvétiques et des clients portugais. « Tout ça » tombe bien mal, la BES n’est pas dans une forme extraordinaire ces temps-ci : la holding familiale Espirito Santo Financial Group (ESFG) a été placée en redressement judiciaire par les autorités luxembourgeoises, trois autres holdings Espirito Santo ont déposé le bilan en raison du peu de transparence de leurs comptes (ce qui effrayait les investisseurs potentiels)…

Bref, tout va mal. Mais il faut noter que le patriarche de la famille Espirito Santo, Ricardo Salgado, a ceci de particulier qu’il appartient à l’Opus Dei, comme d’autres membres de sa famille. Voilà encore une affaire qui tombe bien mal pour la pieuvre catholique au moment où elle a regagné des galons à Rome, bénéficiant de l’entière confiance de François s’agissant des finances et de l’administration vaticane (cf. Golias Hebdo n° 345). C’est à se demander si le pape Bergoglio ne manque pas de discernement. Encore qu’il la connaît bien, l’ayant pratiqué et vu agir en Argentine et dans toute l’Amérique latine.

Certes, l’Opus Dei pourra toujours arguer qu’elle n’est pas responsable des déviances de ses membres et qu’elle est totalement étrangère à ces pratiques. Pourtant, on ne peut que s’interroger car la locution « proche de l’Opus Dei » ou « membre de l’Opus Dei » revient très souvent dans les médias lorsqu’il s’agit de scandales financiers. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Et que dire des dérives sectaires dont elle est très souvent accusée ? Il nous semble donc dangereux et imprudent d’avoir confié les cordons de la bourse de l’Eglise à l’Opus Dei, peu réputée finalement – en dépit de ce qu’elle veut faire croire – pour ses capacités de gestion. A moins qu’il ne s’agisse d’un plan de François, qui souhaite « une Eglise pauvre pour les pauvres » ? Car il est certain que la gestion des finances vaticanes par l’« Œuvre de Dieu » ne pourra qu’à terme appauvrir l’Eglise.

3 commentaires
Emanuel@ la Banco Espirito Santo... 14 novembre 2015 16:13, par Emanuel

Comme quoi l’Esprit Saint ne sait pas compter...

repondre message

Le Portugal dans la tourmente de la Banco Espirito Santo... 15 novembre 2014 09:56, par Françoise

Bonjour Gino

L’OD aime l’argent. En France, comme à l’étranger. C’est pourquoi, elle utilise pour capter de l’argent de nombreuses fondations déclarées souvent d’utilité publique (avec captations d’héritages sans payer de droits de succession), qui leur permettent aussi de faire pression au plan des politiques familiales, éducatives, sociales. Beaucoup des opusiens français ont fait un stage à Bercy, à la Cour des Comptes et font leurs premières armes à la Fondation Lejeune. Avant de s’éparpiller sur la Manif pour Tous/Alliance Vita, le Club de l’Horloge, la Fondation Renaissance et maintenant General Electric (puisque la directrice est opusienne). Avec bien sûr, de la retape auprès des familles bourgeoises (en s’assurant d’abord du capital de ces familles) et s’il y a possibilité d’enrôler un voire plusieurs membres à l’OD, c’est autant de possibles captations et détournements d’héritages familiaux.

Tenir les cordons de la bourse vaticane, l’OD les détient de façon plus ou moins directe depuis JP2. Cette main-mise financière s’assortit de pressions mais aussi de liens mafieux et de liens très profonds et intenses avec l’extrême-droite internationale. Ne pas oublier les liens de l’OD avec l’entreprise l’Oréal, avec la Cagoule et les grands patrons d’industries françaises dès les années 30. En réalité, ces alliances sont restées ce qui garantit à l’OD un gros capital et aussi une pression pour obtenir et garder les cordons de la bourse vaticane. C’est un jeu, un jeu de rivalités financières, industrielles qui se jouent entre différents groupes fondamentalistes cathos. Que F1 choisisse l’OD puisque dans la lignée de JP2, n’est pas surprenant.

repondre message

| © Le site officiel de GOLIAS pour les informations d’actualité 2009-2017 | Fait avec : SPIP et Thélia plugin thelia |

| Courriel à la Rédaction | RSS RSS | Adresses Postale et bancaire | Mentions légales | à propos de Golias |

article jeune