Parution : 17 septembre 2014
Synode sur la famille : entretien avec Mgr Bernard Housset, évêque de la Rochelle et Saintes
Par Golias

« Dans les conciles, chaque évêque est accompagné d’un théologien.
C’est une pratique traditionnelle. Il n’est donc pas inconvenant qu’un évêque recommande un article théologique, puisqu’il s’y retrouve bien comme pasteur d’un diocèse. Sont abordées des questions complexes qui vont être débattues durant les prochains synodes romains sur la famille. » C’est ainsi que, sur le site de son diocèse, Mgr Housset, évêque de la Rochelle et Saintes, commence sa présentation d’un article du jésuite Philippe Bacq sur la « Tradition chrétienne et l’évolution de la famille » (paru en mars dernier dans la revue « Etudes »), « Golias Hebdo » publie l’intégralité de ce document (cf Golias Hebdo n° 350).

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Une Eglise-famille en conversion ?

C’est bientôt le synode romain sur la famille et quelques signes semblent promettre un débat plus ouvert qu’à l’habitude au Vatican. Le cardinal Kasper avait déjà fait une ouverture remarquée au Consistoire, en février dernier, et ses propositions viennent d’être publiées en français. La revue Etudes en rend compte ce mois comme « bonne(s) nouvelle(s) pour la famille » ! L’évêque d’Anvers vient de publier une longue lettre sur les nécessaires changements. Nous l’étudierons la semaine prochaine mais pour l’heure nous avons la joie de vous partager un entretien avec Mgr Bernard Housset, évêque de la Rochelle et Saintes (cf. p.5).

Mgr Housset connaît bien ces questions puisqu’il fut secrétaire pour la conférence des évêques de la pastorale familiale dans les années 1980. Il nous rappelle aujourd’hui, dans son document référence sur la famille (lire ci-dessous) trois éléments importants. Le premier est le rôle de la raison dans l’élaboration de la pastorale. « Dans les conciles, écrit-il, chaque évêque est accompagné d’un théologien. » Il évoque aussi un des rares dialogues de haut niveau qui eut lieu à la cathédrale de Rouen sur les questions de genre. C’est donc, pour lui comme pour nous, s’inscrire dans la tradition que de ne pas en rester aux approximations et aux slogans pour réfléchir le plus honnêtement possible. La prise en compte des pratiques des autres Eglises est constitutive de cette réflexion.

Deuxième aspect important : une pastorale, qui vise la probité intellectuelle, ne peut pas plus se passer de l’apport des théologies que de celui des sciences humaines qui, par leur interprétation des réalités dans leur complexité, nous appellent à transformer notre regard. L’obéissance de la foi est inséparable de l’obéissance au réel. Et l’abîme qui se creuse entre le magistère et la vie des fidèles est un signe qui invite à revisiter la tradition. C’est le troisième élément fondamental : la fidélité ne peut être répétitive. Elle implique sans cesse une interprétation nouvelle de vieux concepts. Et donc une nouvelle manière d’être au monde…

Philippe Bacq, le théologien, et Bernard Housset, l’évêque, nous invitent à de nouvelles lectures de la Parole de Dieu et de la Tradition à partir de nouvelles pratiques. Voilà de quoi nourrir le débat du prochain Synode ! Merci à l’un et l’autre. Merci surtout à Mgr Housset d’avoir pris au sérieux la réflexion d’un théologien, même si celle-ci semble critique à l’égard des positions magistérielles actuelles. Elle nous resitue dans la Tradition vivante de l’Eglise. Et c’est bien le rôle de l’évêque.

Téléchargez l’intégralité de ce dossier dans Golias Hebdo n° 350 :http://golias-editions.fr/article5256.html

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Synode sur la famille : la hiérarchie catholique face à elle-même 30 septembre 2014 10:40, par pierre mabire

Avant d’envisager une nouvelle doctrine sur la famille, la hiérarchie de l’Eglise Catholique Romaine aura à revisiter son autre doctrine sur le couple homme-femme et sa lecture de la Genèse.
Cette hiérarchie continue de considérer les femmes comme des êtres de degré inférieur aux hommes. A eux la puissance et le pouvoir. A elles les tâches de servitude et la perpétuation de l’espèce humaine.
Cette vision très étroite de la répartition des tâches dans une distribution hiérarchisée des rôles n’est pas conforme avec le sens du Livre de la Genèse, socle des trois religions monothéistes abrahamiques.
Que dit ce Livre ? Il dit que le « créateur » pris de la glaise, la façonna et l’insuffla pour lui transmettre son esprit. De cette même glaise, de ce même souffle, sortir un homme mâle et un homme femelle. Ce qui doit se comprendre comme la création d’un seul être trouvant son unité dans la fusion corporelle et spirituelle. Homme et femme sont de même nature, et de même esprit.
Dans les premiers siècles de son existence, l’Eglise chrétienne, avant ses schismes et ses conciles sectaires, n’a donné aucune importance au mariage.
Hommes et femmes passaient contrat devant un notaire pour mettre noir sur blanc ce que l’un et l’autre mettaient dans la corbeille des noces – terres, meubles, argent, etc... - afin qu’il soit dit avant signature ce qui appartenait à chacun au cas où le couple devait se séparer. C’était, en quelque sorte, un contrat de mariage avec séparation des biens propres et mise en commun des acquêts de la vie commune.
Il fallut plus d’un millénaire et le concile de Lyon pour que le mariage soit élevé au rang de « sacrement » car l’église avait hérité de la tenue des registres d’état-civil. Mesurant l’importance de cette disposition administrative pour exercer un contrôle direct sur les personnes, les familles et les enfants, elle sacralisa le mariage qu’elle « dogmatisa » indissoluble au concile de Trente (16è siècle).
Nous sommes très loin de cette époque. Les couples sont de moins en moins nombreux à passer par la case mariage, considérant que la relation d’amour entre conjoints et entre parents et enfants n’est pas un pacte administratif, mais une relation affective profonde.
La séparation ces couples non mariés n’est pas une mince affaire toutefois. Surtout lorsque des enfants sont nés de cette union et qu’un patrimoine commun a pu être constitué. Il faut alors en passer par le juge des affaires familiales, l’avocat et le notaire. Mais encore surpasser la souffrance de la rupture qui affecte autant le couple que ses enfants quel que soit leur âge.
En liant le mariage à un dogme d’indissolubilité, l’Eglise catholique du concile de Trente a commis une très grande faute. En culpabilisant celles ou ceux qui, après rupture du mariage, convolaient à nouveau, elle a créé une fracture au sein du peuple chrétien. Fracture qui perdure puisque les divorcés remariés continuent d’être chassés de la table eucharistique pour « état de péché permanent ».
Non, le divorce, la rupture ne sont pas systématiquement des échecs. Les couples ayant fondé famille laissent après eux un patrimoine humain d’une richesse et d’une beauté incalculable.
Si la vie de couple est devenue impossible à maintenir, quelles qu’en soient les causes, l’échec serait de maintenir une union artificielle, source de conflits très graves ayant de lourdes conséquences sur le développement psychique des enfants. Pourtant, c’est bien ce qu’ordonne dogmatiquement cette église.
L’Eglise catholique elle-même en imposant à son clergé le célibat obligatoire – survivance de l’emprise d’un monachisme fondamentaliste et misogyne – n’est pas le meilleur modèle lorsqu’il s’agit d’inventorier la question du mariage au premier motif qu’elle continue de rendre Eve responsable de la corruption d’Adam par le serpent satanique.
Puis il y a l’exemple des ces prélats ou simples curés que l’on retrouve à la chronique des faits divers pour avoir agresser sexuellement des enfants. Ou, pour d’autres, qui vivent une existence double, l’une publique, l’autre cachée avec maîtresse(s) et enfant(s).
Ce n’est pas d’un simple aménagement doctrinal dont cette église a besoin, mais d’une refonte entière de ses dogmes, de ses sacrements, de sa doctrine et son magistère. Elle pourrait à cet égard, s’enrichir de l’évolution des autres églises chrétiennes, de la réforme ou d’orient. En a-t-elle la volonté et la capacité ? La question est bien là.

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Bonjour GOLIAS. 18 septembre 2014 09:58, par Agnès Gouinguenet

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Lu votre revue.
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Il semble bien difficile de relier raison et foi, même si un évêque et un théologien montrent leur honnêteté intellectuelle, ce qui est le cas.
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Dommage de ne point avoir d’avis féminin sur cette question de la famille ... :)
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Quant à considérer la trinité comme constitutive de chaque être humain relationnel, c’est un peu gonflé. Comment font les femmes, totalement exclues de la trinité puisqu’il n’y a que des hommes ? Pourquoi Dieu aurait-il choisi un sauveur masculin ? Trop juif, tout ça, et pas assez universel. Ah le FILS aîné ! On se croirait chez les rois de France avec la loi salique ...
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Le respect de l’autre, bien sûr, mais ce n’est quand même pas nouveau ! Déjà Hippocrate, 5 siècles avant Jésus-Christ ...
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Une femme mariée, qui se fait tabasser par son époux, aurait donc le droit de divorcer mais pas celui de communier si elle se re-marie avec un gars sympa ? C’est une honte d’a-christianisme.
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Une idée, comme cela, pour mieux comprendre certains blocages concernant le mariage des homos. C’est encore l’histoire du chromosome Y de Jésus ; car l’homme (vir, aner, ish) Jésus se marie avec l’Eglise (une femme, bien sûr, puisqu’elle est imparfaite) et la féconde par l’hostie, sorte de lune spermatique diffusant son diamant de vie spirituelle en un orifice buccal (forme, couleur ...). Il faut trouver autre chose que cette union sacrée Christ / Eglise car l’image est d’une hétérosexualité macho et misogyne incroyable. Tandis que l’Eucharistie, c’est pour tout être humain possédant une bouche (pas que les femmes pécheresses !). A propos, comment communient les gens qui sont nourris par perfusion ?
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Quant à la fécondation réelle, avouons que l’insémination artificielle, ce n’est pas nouveau non plus. C’est un prêtre italien qui a piqué l’idée aux Arabes ... Un comble !
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ins%C3%A9mination_artificielle
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Concernant la mystique des sacrements, Dieu ne dit pas grand chose ; ce sont les hommes qui choisissent Dieu (ou s’autoproclament choisis comme Paul de Tarse), pas l’inverse. Vive la méthode Coué !
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Bravo tout de même à ces deux messieurs (l’évêque et le jésuite), qui font tout leur possible pour interpréter humainement des écrits particulièrement délicats pour tous les gens qui sont autres que judéo-gréco-romains, hommes au masculin, non-esclaves ...
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Bonne journée.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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