Parution : 26 septembre 2014
Albi : laboratoire de la crise identitaire de l’Enseignement catholique
Par Golias

Depuis quelques années, de nombreux chefs d’établissement et des professeurs notent avec appréhension et même désolation le triste chemin qu’emprunte l’Enseignement catholique : volonté de faire marcher droit un peu tout le monde… Au fond, nous assistons à une remise à l’honneur de l’autorité et de l’obéissance dans une seule perspective : créer un Enseignement catholique pour les seuls catholiques.

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Un bel exemple nous vient d’Albi, dont le diocèse est dirigé depuis 2011 par le très doctrinaire archevêque, Mgr Legrez, et l’Enseignement catholique depuis 2010 par le directeur diocésain de l’Enseignement catholique, Christian Gerno. Ce dernier était présenté par la revue Enseignement catholique en 2005 (alors qu’il prenait ses fonctions à Aire et Dax) comme « un homme de culture », « un homme jaloux de son temps – je veux bien le donner, je n’aime pas qu’on me le vole », « la voix grave qui roule », « sensible à l’harmonie, à la cohérence, à la beauté », qui « aime les idées ayant du sens ». Un vrai panégyrique !
Sauf que ce directeur diocésain confond ses fonctions avec celles d’un petit caporal. Il considère qu’il n’a pas à respecter les consignes, son vouloir ne se discutant pas. Ainsi, il recrute des chefs d’établissement qu’il impose aux Organismes de gestion de l’Enseignement catholique (OGEC) en dépit de la procédure qui veut qu’ils soient obligatoirement consultés ; il réclame de donner son accord sur l’engagement des professeurs suppléants, en dépit des règles qui ne le prévoit pas ; il a confié les comptes de l’Association diocésaine (qui gère les contributions diocésaines versées par les établissements) à un cabinet d’expertise-comptable au lieu de l’UROGEC sans l’accord du conseil d’administration ni de l’assemblée générale de l’association ; il ne publie pas le compte-rendu financier annuel de cette même association ; il instaure un climat délétère dans les différents organes reliés à la Direction diocésaine de l’Enseignement catholique (CODIEC, etc.) où les démissions s’accumulent en raison de cet agir.
Cela ne s’arrête pas là. Christian Gerno a recruté des chefs d’établissement – pour certains, sans même les diplômes requis ! –, les a imposés en passant en force mais, pis ! Il a défini lui-même (sans que cela ne relève pourtant de ses fonctions !) les salaires payés par les OGEC, lesquels – mis devant le fait accompli – se grattent la tête pour savoir comment ils feront pour décaisser de telles sommes… Car ces chefs d’établissement sont de « fines gueules » et négocient des traitements mirifiques avec la bénédiction du directeur diocésain ! Christian Gerno a une solution : augmenter les frais de scolarité des parents dans un contexte économique et social pourtant fâcheux. Il est allé jusqu’à chapitrer certains chefs d’établissement, estimant qu’ils avaient eu des prétentions salariales ridiculement basses, les accusant même de « dumping social » !

La résistance des OGEC

Les Albigeois restent-ils les bras croisés ? Evidemment non. Les OGEC tentent de résister, expliquant qu’ils ne pourront pas payer car ils se refusent d’augmenter les frais de scolarité. Certains jouent le bras de fer, allant jusqu’à recourir à des juristes… (découvrez l’ensemble de notre article dans Golias Hebdo n° 351)

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Albi : des écoles privées pas très catholiques
La nomination d’un nouveau directeur et le salaire qui doit lui être versé sèment la zizanie entre l’organisme gestionnaire d’une cité scolaire privée à Albi et le diocèse. Au point d’évoquer une exclusion de l’établissement de l’enseignement catholique. Explications.

Un des sites de l'ensemble scolaire Amboise à Albi © Google street view

C’est la nomination d’un nouveau directeur qui a mis le feu aux soutanes. Pour diriger le groupe privé d’Amboise (Lycée et Collège du Bon Sauveur et Ecole Sainte Marie) soit une cité scolaire de 1600 élèves, les autorités ecclésiastiques du Diocèse d’Albi et leur DDEC (Directeur diocésain de l’enseignement catholique), Christian Gerno, ont voulu imposer au printemps 2014 « un homme à eux » pour reprendre l’expression d’un parent d’élève.

Problème, ce n’est pas le Diocèse d’Albi qui paie son salaire mais l’OGEC (Organisme de gestion de l’enseignement catholique) d’Amboise, une association regroupant représentants des parents d’élèves et des personnels de l’établissement.

Or, certains administrateurs de l’OGEC estiment que « les règles élémentaires d’un recrutement classique et surtout la grille salariale habituelle » ne sont pas respectées. Bref, en matière de salaire, le fameux nouveau directeur a des prétentions pas très catholiques : 7000 euros par mois soit quasiment le double des salaires habituels… De quoi faire passer les responsables d’établissements publics pour des gagne-petit !

L’exclusion de l’enseignement catholique évoquée
L’exigence jugée démesurée ne passe pas dans la Cité Scolaire d’Amboise dont la réfection des bâtiments vieillissants doit mobiliser tous les efforts de trésorerie. Très vite le ton monte entre représentants religieux et les administrateurs, comptables des deniers versés par les parents d’élèves. A la fin de la très sainte année scolaire 2013/2014, le contrat de travail n’est pas signé et… à la rentrée non plus !

L’Archevêque d’Albi, Monseigneur Jean Legrez (impossible à joindre) et la Direction Diocésaine de l’Enseignement ne semblent guère apprécier ce refus d’entériner leur choix et l’interprètent même comme une entrée en dissidence, pour ne pas dire une fronde anticatholique. Selon les dires de ses administrateurs, l’OGEC serait même sous la menace d’une quasi-excommunication : une exclusion de l’enseignement catholique ! Pour des établissements qui s’appellent « Le Bon Sauveur » et « Sainte Marie » cela ferait plutôt mauvais genre. Mais cette menace n’est pas confirmée du côté diocésain ou le secrétaire préfère parler d’un « nécessaire renouvellement d’organismes de gestion vieillissants ».
Voir la vidéo
Albi : polémique dans l’enseignement catholique

Ce vendredi 3 octobre, les deux parties devaient se retrouver en terrain neutre pour une âpre négociation : la signature du contrat de nomination d’un nouveau directeur (intérimaire) venu du diocèse de Bordeaux. Si le rejet de cet accord pourrait provoquer un véritable schisme, son acceptation - qui signifie une capitulation des autorités diocésaines – donnera sans doute des pulsions velléitaires aux administrateurs d’organismes de gestion des autres établissements albigeois. Dans les deux cas, ce n’est pas la fin du chemin de croix…

A l’issue de le réunion en milieu de journée, aucun accord n’a pu être trouvé selon nos journalistes sur place. Le Diocèse exige toujours la démission des administrateurs pour signer le contrat et refuse de nommer deux professeurs suppléants qui font défaut à l’établissement. Les conséquences de cette impasse pourraient être lourdes et seront connues dans les jours à venir.
éducation Tarn

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un homme à eux » pour reprendre l’expression d’un parent d’élève.

Problème, ce n’est pas le Diocèse d’Albi qui paie son salaire mais l’OGEC (Organisme de gestion de l’enseignement catholique) d’Amboise, une association regroupant représentants des parents d’élèves et des personnels de l’établissement.

Or, certains administrateurs de l’OGEC estiment que « les règles élémentaires d’un recrutement classique et surtout la grille salariale habituelle » ne sont pas respectées. Bref, en matière de salaire, le fameux nouveau directeur a des prétentions pas très catholiques : 7000 euros par mois soit quasiment le double des salaires habituels… De quoi faire passer les responsables d’établissements publics pour des gagne-petit !

L’exclusion de l’enseignement catholique évoquée
L’exigence jugée démesurée ne passe pas dans la Cité Scolaire d’Amboise dont la réfection des bâtiments vieillissants doit mobiliser tous les efforts de trésorerie. Très vite le ton monte entre représentants religieux et les administrateurs, comptables des deniers versés par les parents d’élèves. A la fin de la très sainte année scolaire 2013/2014, le contrat de travail n’est pas signé et… à la rentrée non plus !

L’Archevêque d’Albi, Monseigneur Jean Legrez (impossible à joindre) et la Direction Diocésaine de l’Enseignement ne semblent guère apprécier ce refus d’entériner leur choix et l’interprètent même comme une entrée en dissidence, pour ne pas dire une fronde anticatholique. Selon les dires de ses administrateurs, l’OGEC serait même sous la menace d’une quasi-excommunication : une exclusion de l’enseignement catholique ! Pour des établissements qui s’appellent « Le Bon Sauveur » et « Sainte Marie » cela ferait plutôt mauvais genre. Mais cette menace n’est pas confirmée du côté diocésain ou le secrétaire préfère parler d’un « nécessaire renouvellement d’organismes de gestion vieillissants ».
Voir la vidéo
Albi : polémique dans l’enseignement catholique

Ce vendredi 3 octobre, les deux parties devaient se retrouver en terrain neutre pour une âpre négociation : la signature du contrat de nomination d’un nouveau directeur (intérimaire) venu du diocèse de Bordeaux. Si le rejet de cet accord pourrait provoquer un véritable schisme, son acceptation - qui signifie une capitulation des autorités diocésaines – donnera sans doute des pulsions velléitaires aux administrateurs d’organismes de gestion des autres établissements albigeois. Dans les deux cas, ce n’est pas la fin du chemin de croix…

A l’issue de le réunion en milieu de journée, aucun accord n’a pu être trouvé selon nos journalistes sur place. Le Diocèse exige toujours la démission des administrateurs pour signer le contrat et refuse de nommer deux professeurs suppléants qui font défaut à l’établissement. Les conséquences de cette impasse pourraient être lourdes et seront connues dans les jours à venir.
éducation Tarn

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N’importe comment les "autorités" religieuses se comportent bien trop souvent A L’IMAGE de celles dite "autorités civiles" et Albi en est, malheureusment pas le seul exemple PASSER EN FORCE au MEPRIS DES LOIS, ON CASSE TOUT ET ON MET LES GENS DEVANT LES FAITS ACCOMPLIS

LA PRODUCTIVITE avant TOUT ETRE HUMAIN et DESTRUCTION INTENSIVEde la NATURE

C’est une "sale " ville, soi-disant classée au patrimoine mondial de l - IN- humanité de l’unesco !! aller vous promenez dans la ville !!

Elle est INHUMAINE ....
- d’abord vous avez des caméras partout et qui vous posent un PV à distance !!.. .faut pas se salir les mains quand même !!
- des cables électriques qui ont été rajoutés à "l’arrache partout"
- un vernis de façade tâpe à l’oeil

et puis surtout

- des flics qui cognent sur les reporters de REPORTERRE par ex la semaine dernière, au sujet du barrage du Testet...Il faut bien aussi faire plaisir au pollueur de maÏs !

- Un conseil général et une préfecture à la botte d’un groupuscule de profiteurs qui se fouttent de la destruction de la planéte !! et qui envoie les CRS tabasser des gens - comme à ND des Landes - qui essaient de sauver encore qq chose....Mais non les CRs sont là pour protéger les bucherons espagnols mais payés par une entreprise locale !! ( les pauvres mecs mais ils l’ont fait qd même, j’ai honte pour eux !! ) Tout cela SANS autorisation et sans prendre les précautions de transfert de la zone humide détruite à jamais ..SANS FOUILLE ARCHEOLOGIQUE PREALABLE ; ; ;et le comble ..le projet ne fera peut être pas ..!!! L’EUROPE RISQUE DE NE PAS DéBLOQUER LES CRéDITS..!!
Et ça continue hier LUNDI 29 sept etc VIOLENCE ..gratuite des flics, ABUS DE POUVOIR, ETC

vive albi et ses petits ....tous petits chefs civils et religieux .. !! au botte d’un grand systéme dépassé et ...heureusement de plus en plus dénoncé par certains dans l’église, à commencer par F1

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A cela se rajoutent des nominations de chefs d’établissements cathos favorisant plutôt des personnalités cathos intégristes ou appartenant à la nouvelle évangélisation. Ce qui modifie parfois profondément les pratiques pédagogiques et recrutement dans les dits établissements. Et si l’OGEC peut être dans certaines régions très droite et correcte, il n’en est pas de même dans d’autres :

http://www.liberation.fr/societe/2014/09/04/gerson-le-lycee-catholique-ultra-devenu-intouchable_1092908

Ne parlons même pas du peu de courage politique et encore moins religieux, quand il n’y a pas collusion d’intérêts entre clergé et établissements scolaires privés cathos...

J’ai eu il y a quelques mois, l’opportunité d’enseigner dès cette rentrée de septembre dans deux lycées privés de mon département mais compte tenu du chapeautage intégriste du diocèse par l’évêque et de la radicalisation progressive des directions d’établissements privés cathos sur le diocèse depuis l’arrivée du dit évêque, j’ai préféré après entretien et petite enquête personnelle sur le contexte diocésain, garder mes jobs de prof actuels, certes moins payés mais tout aussi précaires, ne voulant pas me retrouver à la merci totale au plan financier de personnalités cathos qui se radicalisent et que politiquement et religieusement, je combats. Question de cohérence...Et je m’en félicite d’autant plus au fil des semaines, en constatant que mes craintes se trouvent justifiées.
Et pas que sur mon diocèse malheureusement.

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Avec les Albigeois, une seule solution...demandez à Simon de Montfort ! (humour)

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Le vrai visage de l’église romaine réapparaît de plus en plus , digne du Stalinisme .Il est vrai que les cathos estiment que leur dieu est puissant ! .

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pourquoi s’etonner ,un dominicain raide dans ses bottes,et dedaigneux, il n’y a pas d’esprit evangelique
le fric le fric et l’hypocrisie

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