Parution : 5 octobre 2014
Synode pour la Famille : le pape Francois a choisi son camp...

Le visage grave, comme toujours en pareilles circonstances, François est entré ce matin dans la basilique Saint-Pierre pour célébrer la messe d’ouverture du Synode sur la Famille. Outre les Pères synodaux, toute la curie était là, et certainement pas pour l’encensement des reliques de Thérèse de Lisieux et celles de ses parents…

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Non, tous voulaient entendre l’homélie tant attendue, venant clôturer des débats pré-synodaux tendus ! Nous ne rappellerons pas ici les différentes contributions dont nous avons déjà largement parlé… Alors, où en était François en ce 5 octobre ? Il s’est appuyé sur les textes du jour, et notamment la Première lecture (Is 5, 1-7) : la vigne du Seigneur, c’est le peuple. Hélas, cette vigne a donné du mauvais fruit, Dieu est déçu par ce rêve qui aurait mal tourné, d’une certaine manière. Dans l’Évangile (Mt 21, 33-43), la déception a changé de camp ; Dieu n’est pas déçu par son peuple mais par ceux à qui il l’a confié, les ouvriers, et pour cause, ils sont « cupides », ils veulent l’argent et le pouvoir ! Et pour ce faire, ils imposent de lourds fardeaux sur les épaules des gens. A noter que la première parole du cardinal Ratzinger, une fois élu pape sous le nom de Benoît XVI, sera de se présenter comme « un humble ouvrier dans la vigne du Seigneur  »… Le pape émérite était le grand absent physique de cette célébration.

Mais la mission des ouvriers/responsables est pourtant de prendre soin du peuple, de lui vouloir du bien et non de s’en mettre plein les poches, un peu comme les Pères synodaux aujourd’hui, réunis pour prendre soin du peuple de Dieu et non se faire les « gardiens du fortin » (pour reprendre une parole de François, il y a une semaine, lors de la session de formation des nouveaux évêques). Devront-ils débattre autour de « d’idées belles et originales » ? Pas vraiment. Le Synode doit leur permettre de se montrer les coopérateurs du Seigneur et non les responsables « cupides » de sa vigne s’ils veulent bien la cultiver. Bien la cultiver ? Oui, avec « sagesse, liberté et créativité ». Mais que les Pères synodaux gardent bien en tête cela – c’est une mise en garde : «  Nous sommes tous pécheurs ». En effet, s’ils se comportent comme les ouvriers de l’Évangile – « à cause de la cupidité qui ne nous manque jamais à nous, êtres humains » – alors ils « décev[ront] le rêve de Dieu ». Qu’ils s’en remettent à l’Esprit. C’est bien l’Esprit qui les aidera à produire de bons fruits : ils doivent donc être attentifs à ses signes. Sinon, le rêve de Dieu sera déçu. Et l’Église se retrouvera dans la même situation que les ouvriers « assassins » décrits par Jésus.

Une homélie mi-figue mi-raisin ? Un recadrage, plutôt. Le pape Bergoglio a-t-il prêché ou sermonné ? Les responsables curiaux filmés par les caméras ne laissaient guère de doute. Le cardinal-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Müller et le cardinal-préfet de la Congrégation des évêques, Mgr Ouellet – responsables « cupides » de la vigne ? – ne semblaient pas très emballés… Il est certain que François croit au « sensus fidei ». La preuve en est, d’une certaine manière, par sa piété parfois dévote. C’est son côté « populaire », procession de nos campagnes, ancestrales. L’Esprit souffle aussi dans le peuple. Le rôle des évêques est de se faire aussi les porte-parole de ces brebis, dont l’odeur – en bons pasteurs qu’ils doivent être à ses yeux – imprègne leurs vêtements liturgiques. D’où son appel aux familles, lors de l’Angélus, à relire la Bible en famille. La Parole éclairera le « sensus fidei » et donc les Pères. Le pape Bergoglio a choisi son camp ; et ce n’est pas celui du cardinal Müller.

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L’enfer du Huis clos 6 octobre 2014 09:23, par pierre mabire

Je me pose cette question : pourquoi un synode à huis clos entre évêques et cardinaux pour débattre de la famille ? Qu’a-t-elle donc à craindre cette église catholique pour refuser de débattre publiquement sur un sujet aussi universel que celui-ci ?
Voilà donc qu’elle va réfléchir dans le secret pour dissimuler les rapports de force qui traversent la hiérarchie cléricale et masquer les affrontements qui pourraient mettre en péril le siège du souverain pontife. La guerre des classiques et des modernes ne doit surtout pas faire de vagues.
La communauté des baptisés est exclue de toute discussion qui aurait dû partir des cellules de base pour remonter vers Rome...
Le petit peuple est renvoyé à son statut de troupeau moutonnier bêlant. Les prétendus « pasteurs » diront comment et dans quel sens il faudra tondre les brebis, les béliers et les agneaux.
Dans le "Huis clos" de Jean-Paul Sartre, l’enfer, c’est les autres. Il y a fort à penser que le Huis clos du synode de Rome sera infernal.

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Vous utilisez la boule de cristal ou le marc de café, Gino Hoel ? Puisque vous avez l’air très bien informé, pouvez-vous dire quand le cardinal Müller va être dézingué de la congrégation qu’il dirige ?

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