Parution : 22 octobre 2014
Égalité

Je suis naturellement partisan d’une stricte égalité de droits entre les femmes et les hommes. Je sais très bien que dans le passé elle n’a pas du tout existé. Par exemple un homme pouvait avoir un enfant avec une femme, et disparaître ensuite sans être le moins du monde inquiété. Cette lâcheté était impardonnable.

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Mais aujourd’hui on tombe dans l’excès inverse. Ainsi l’ancienne garde des sceaux madame Rachida Dati vient-elle, au terme d’un long procès, d’obtenir de la justice la reconnaissance de paternité du père de son enfant, important homme d’affaires, qui l’a toujours niée. Refusant de se soumettre aux tests génétiques exigés, ce qui a été considéré comme un aveu, il a été condamné à verser une pension alimentaire de 2500 euros mensuels, qui par rétroactivité doit être payée à compter du mois de décembre 2013 (source : 6Medias, 07/10/2014).
Je ne sais pas du tout si cet homme est ou non le père de cet enfant, et ce n’est pas ici la question. Ce qui me semble grave, c’est d’une part l’acharnement de Mme Dati, qui semble avoir été davantage mue par l’intérêt financier que par le confort affectif de sa petite fille, et d’autre part le caractère redoutable de ces tests génétiques, qui sont, ainsi interprétés, une arme fatale dont beaucoup d’hommes peuvent faire les frais. Si par exemple une femme dit à son partenaire qu’elle est sous contraception, alors qu’il n’en est rien, et se fait faire un enfant par lui, elle peut ensuite en recourant aux tests le détruire financièrement, et cela qu’il s’y soumette ou non, le refus valant culpabilité. Ici l’égalité femmes-hommes n’existe plus.
On voit où mène la judiciarisation des rapports entre les sexes, qui nous vient des États-Unis. Bientôt plus aucune confiance n’existera entre eux, l’ambiance sera empoisonnée dès le départ. Pourquoi ne pas alors établir avant tout rapport intime un contrat bilatéral écrit signé en bonne et due forme, selon lequel il n’y a pas d’enfant en jeu, ou même, pour éviter dans une relation l’accusation de viol, un document stipulant de façon expresse qu’il y a consentement réciproque à celle-ci : déjà outre-Atlantique on peut mensongèrement alléguer un viol pour obtenir en justice de l’argent de son partenaire. L’égalité y gagnerait, mais au détriment de toute confiance naturelle !

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pour le modérateur , afin de le faire réfléchir 1er novembre 2014 08:37, par noel beda

L’effet de groupe, parfois néfaste, est une des conséquences de l’entre-soi virtuel. Michel Maffesoli qualifie cette forme de concentration en communautés de « tribalisme ». Or les « tribus » ont des humeurs collectives, qu’il faut réguler. En l’absence de garde-fous républicains, la communauté virtuelle retrouve des réflexes primitifs : le choix d’un bouc-émissaire, d’une victime, pour évacuer ses colères. Le lynchage en ligne serait donc, selon le sociologue, une forme de « catharsis » numérique.

Noel Beda victime de la catharsis numérique des harpies (mêles et femelles de ce forum)

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Assumer 31 octobre 2014 09:07, par pierre mabire

Ecrire cela, M. Théron, c’est ne pas connaître la souffrance des personnes qui ne savent pas d’où elles viennent. Voir notamment le cas des enfants nés sous X pour qui la béance du savoir de leurs origines est comme un gouffre vertigineux dans lequel beaucoup tombent et se perdent..
Je ne sais pas dans quelles conditions Rachida Dati est devenue enceinte de cet homme dont elle dit qu’il est le père de sa fille. Mettre la charge sur le seul dos de la mère sans savoir ce qui a pu se passer dans l’intimité de ce couple me paraît carrément abusif, inacceptable. Notamment en insinuant plus que lourdement une forme de cupidité ou d’intérêts sordides, puisqu’elle a obtenu de la Justice que le père, désigné comme tel, lui verse une pension alimentaire pour les frais d’éducation de sa fille, et pour qu’il participe aux dépenses courantes (nourriture, habillement, etc.).
Oui sans doute, ce père n’avait pas de projet de paternité avec Mme Dati lorsqu’il fut son amant d’un soir ou de plusieurs nuits. Mais s’il considère ne pas être le père de cet enfant, qu’a-t-il à redouter d’un test ADN ?
Maintenant, il se trouve que Mme Dati a eu cette fille, qui vaut tout les enfants du monde, et mérite de savoir qui est elle d’où elle vient, qui sont ses géniteurs. Lui refuser cela, serait d’emblée la plonger dans le marasme d’une quête sans fin. Peut-être ce père la fuira-t-il ? Ou au contraire, peut-être, un jour, acceptera-t-il de reconnaître cette paternité ? Pourquoi ce homme n’a-t-il pas fait usage de préservatif s’il ne voulait en arriver là ? Sa responsabilité, dans cette histoire, est aussi engagée et il faut bien qu’il assume. Matériellement par le truchement de la pension alimentaire. Pour l’affectif, c’est un autre chemin.

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Bonjour Michel THERON. 29 octobre 2014 08:56, par Agnès Gouinguenet

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Tout à fait en accord avec votre billet, que j’avais "laissé passer" ...
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Feu mon père a fait l’amour (sans protection, quel sot !) avec une sage-femme (non ignorante, par définition) et s’est fait faire un enfant dans le dos. Mon père ne voulait pas de nouvel enfant, d’autant que cette relation était adultère, qu’il n’était plus tout jeune, qu’il n’avait pas fait d’enfant avec sa deuxième femme, et qu’il avait déjà deux filles.
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Il a été traîné devant les tribunaux et condamné à payer une pension pour son enfant, car le test ADN s’est révélé positif. Se sentant en danger (elle avait raison), feue sa deuxième femme a tout fait pour que cet enfant ne soit pas reconnu ; feu mon père a cédé.
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Secret de famille car j’ai découvert que j’avais un demi-frère alors qu’il avait déjà 26 ans (une bonne âme me l’a appris ...).
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Cet enfant fut donc "fabriqué" par intérêt par sa mère. Il ne s’en est jamais remis et est décédé à 32 ans, de façon assez curieuse semble-t-il, dans un hôpital, en 2008 (je ne le connaissais pas). Totale victime.
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Ne pas oublier les enfants, cher Michel Théron, comme la gosse de RD, qui découvrira la vérité un de ces jours. Comment se remettre de cela ? Je lui souhaite bien du courage, à cette "pauvre petite fille riche".
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Merci pour votre billet. Les femmes sont parfois bien pires que les hommes, d’autant qu’elles se vengent de plusieurs millénaires de domination phallique, avec une violence parfois digne de la sombre Terreur.
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Ikusi arte. Ah le pays basque ! C’est superbe ...
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Belle journée ensoleillée.
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AG à MT.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Michel Théron
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