Parution : 30 octobre 2014
Salvador : un espoir de justice pour les six jésuites assassinés
Par Golias

Il y a vingt-cinq ans, six prêtres jésuites de l’Université centraméricaine étaient assassinés pendant la longue guerre interne qui s’est poursuivie entre 1979 et 1992. La recherche de la vérité et de la justice reprend, après la nouvelle demande d’extradition des militaires mis en cause, émise par le juge espagnol Eloy Velasco. L’enquête se poursuit dans un contexte difficile, où domine encore au Salvador
une culture de l’impunité.

Après le coup d’Etat de 1979, l’armée s’acharnait à réprimer le Front Farabundo Marti pour la libération nationale et à étouffer toute opposition. Dans un contexte de violence extrême qui fera plus de 75 000 victimes, l’Université centraméricaine de San Salvador était dans le viseur de la dictature, comme lieu de contestation et pour son implication auprès des victimes civiles. Dans la nuit du 16 novembre 1989, une cinquantaine de militaires faisaient irruption dans l’Université et se livraient à un véritable carnage à l’aide d’engins explosifs. Six jésuites, leur cuisinière Elba Ramos et sa fille de 15 ans Celina étaient froidement exécutés. Les Espagnols Segundo Montes, Ignacio Ellacuria, Ignacio Martin Baro, Armando Lopez, Juan Ramon Moreno et le Salvadorien Joaquin Lopez y Lopez paieront de leur vie leur engagement auprès des plus pauvres. « Ils étaient la conscience critique dans une société de péché et aussi la conscience créative d’une société future différente » dira le jésuite et théologien de la libération Jon Sobrino, qui se trouvait alors à l’étranger et avait échappé au massacre.

Le bataillon Atlacatl de l’armée salvadorienne, armé et entraîné aux Etats-Unis, était aussitôt désigné comme l’auteur de la tuerie de l’Université centraméricaine. Le même bataillon qui était à l’origine du massacre d’un millier de paysans en décembre 1981 dans la région de El Mozote (département de Mozaran), y compris des enfants, des vieillards et des femmes. Des responsables avaient été mis en cause dans l’assassinat des jésuites, parmi lesquels un colonel, deux lieutenants, un sous-lieutenant et cinq soldats. Mais la plupart étaient acquittés par un jury en 1991, avant que ne soit décrétée par le président Alfredo Cristiani (1989-1994), une amnistie en avril 1993... quelques jours avant la publication d’un rapport d’enquête des Nations-Unies qui démontrait la compromission des plus hautes autorités de l’armée salvadorienne. [découvrez l’ensemble de cet article dans Golias Hebdo n° 355]

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