Parution : 12 novembre 2014
Animal

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 30 octobre dernier, une disposition qui reconnaît que les animaux sont des « êtres vivants doués de sensibilité ». Mais les députés ont tout de même gardé la disposition du code civil, qui considère les animaux comme « des biens meubles ». « Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens corporels », a-t-il été écrit. Cette mesure permet de satisfaire la FNSEA, qui craignait que la nouvelle disposition « ne remette en cause la pratique de l’élevage » (Source : AFP, 31/10/2014).

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En pied de l'article.

Bien sûr, on a assisté à une levée de boucliers de la part des défenseurs des animaux, dont certains, au mépris total de la langue, ont dit qu’un animal n’est pas un « meuble » ! Or ils devraient savoir qu’un « bien meuble » est simplement un bien déplaçable, ou qui se déplace tout seul, à la différence d’un « bien immeuble », qui lui ne peut être déplacé. On voit l’intérêt qu’il y a à connaître le latin : « meuble » renvoie à mobilis, qui vient de movere, déplacer. Beaucoup de querelles seraient évitées s’il y avait plus de connaissance dans les esprits ! Comme disait Montaigne : « La plupart des causes de trouble du monde sont grammairiennes. »
Le même contresens a été fait à propos de la conception cartésienne des « animaux-machines ». Descartes n’a jamais dit que l’animal était exempt de sensibilité : il s’est contenté de dire que n’ayant ni langage ni raison, il était simplement et intrinsèquement différent de l’homme. Ce sont seulement ses disciples qui ont refusé à l’animal la sensibilité, tel Malebranche qui battait sa chienne sous prétexte qu’elle ne sentait rien. Le maître était bien plus subtil que cela.
Jusqu’à preuve du contraire, un animal peut s’acheter, mais pas un être humain. Or on voit aujourd’hui fleurir beaucoup de livres dont parfois le titre est totalement démagogique : je pense à L’animal est une personne, de Franz-Olivier Giesbert (Fayard, 2014). Dédié à « nos sœurs et frères les bêtes », il participe certes d’un esprit franciscain, et a raison bien sûr de vouloir améliorer la condition des animaux. Mais enfin, invoquer à leur propos la notion de « personne » me semble ici totalement exagéré. Il suffit de condamner la maltraitance dont ils peuvent être victimes, et qui est déjà punie dans notre droit.

2 commentaires
Coucou MT ! 17 novembre 2014 21:37, par Agnès Gouinguenet

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Pas très simple tout cela.
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Pourquoi sommes-nous carnivores, aussi !? Dieu nous a ratés puisqu’Il nous a donné une conscience de la mort (et de la souffrance) d’êtres vivants que nous devons tuer pour manger (remarquez, nous pourrions être tous végétariens, mais bon ; tant que nous ne voyons rien des pratiques d’abattage ... Ah Sainte Autruche, priez pour nous ...).
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Il faudrait le témoignage des vétérinaires ; j’aime beaucoup ces gens-là.
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Je trouve la loi bien "tendre" avec la corrida et les combats de coqs. Car nourrir la population ne semble pas être le but de ces pratiques. Combler le sadisme d’une foule surexcitée, oui ...
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Votre billet me fait penser aux bergers et aux cavaliers. Que d’amour souvent ! Sans oublier les chiens d’aveugle. Ni l’Arche de Noé !
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Nous sommes aussi des animaux. Coucou Jean de la Fontaine ... :)
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Donc nos amies les bêtes (superbe Claude Darget avec "la vie des animaux" !) sont désormais reconnues comme souffrantes. Ouf ! Brigitte Bardot sera contente. Vous savez que l’on fait des essais sur les yeux des chiens pour tester des pommades cosmétiques, style "antirides" ? Forcément, si cela les brûle, on ne commercialise pas ...
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Pour l’instant, nous avons encore besoin de l’élevage et de la pêche. Dans un certain temps, la science permettra de faire des steaks et du caviar plus vrais que nature, sans avoir besoin de tuer.
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La loi changera peut-être.
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Vous avez lu cela ?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Douleur_chez_l%27enfant
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Le foetus (humain) n’est pas encore reconnu légalement. Affaire à suivre ...
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Gau on (bonne nuit en basque de Saint-Jean-Pied-de-Port).
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AG à MT.
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N.B. Ne pas oublier les notions d’animal sauvage (qui n’a pas besoin de nous) et d’animal domestique (qui meurt sans nous).

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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