Parution : 21 novembre 2014
Vatican/François :
la lutte des clans
Par Golias

Non, non, les müllériens1 ne sont pas morts ! Au contraire, ils n’ont jamais été aussi vivants ! Depuis la fin de la première session du Synode sur la Famille, ils ne chantent pas, ils éructent, ils invectivent, ils vocifèrent ! Et même, ils fomentent… Et pour livrer bataille, ils ne sortent pas les armes blanches mais la sulfateuse ! Jusqu’à atteindre des évêques éclairés, comme l’archevêque de Marseille, Mgr Pontier (cf. « Golias Hebdo » n° 359).

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Depuis plusieurs mois, le Synode sur la famille donne lieu à quelques passes d’armes. Nous continuons à vous informer sur les protagonistes de ces luttes de pouvoir et leurs enjeux théologiques pour l’avenir de l’Eglise. Mais ces conflits au plus haut niveau de la hiérarchie sont-ils si nouveaux ? Rappelons-nous les oppositions entre minorité et majorité au moment de Vatican II. La curie conservatrice du cardinal Ottaviani n’a pas été victorieuse du courant d’ouverture qui s’est imposé au Concile… Il est vrai qu’elle a pris sa revanche avec le couple Wojtyla-Ratzinger  : le pape médiatique et le préfet terrible… La même entente ne semble pas régner entre François et Müller et la guerre des couloirs promet d’être rude. Les dernières nominations, promotions et mises au placard, en sont le signe.

Souvenons-nous cependant que les conflits sont inhérents à la vie de l’Église. Depuis Pierre et Paul, depuis qu’il y a quatre évangiles différents… Mais nous aimerions en évoquer un autre, connu sous le nom de « brigandage d’ Ephèse   ». Le surnom de ce concile non reconnu, qui eut lieu au cinquième siècle, entre le concile d’ Ephèse et celui de Chalcédoine , en dit long sur la violence qui y régna et qui ne fut pas que verbale ! Le débat était avant tout théologique mais il ne faut pas minimiser les questions de pouvoir et les volontés de suprématie. Qui de l’empereur ou du pape, de Jérusalem, d’Antioche, d’Alexandrie, de Constantinople ou de Rome déciderait in fine de la vérité ? L’enjeu était de rendre compte de la double nature humaine et divine du Christ. Le parti qui ne maintenait pas l’articulation subtile entre les deux gagna par des procédés douteux pour un court temps… A y bien regarder, les enjeux sont assez similaires aujourd’hui. La minorité de Vatican II, qui insistait sur la divinité du Christ et de son Église, a pris le pouvoir en relisant de manière minimaliste le Concile. Avec François, il semblerait que la majorité se soit réveillée à la faveur du dernier Synode et de la volonté du pape d’instaurer un vrai débat, dans une Église moins hiérarchique que synodale. Ce n’est pas de Rome seule que viendra le rappel d’une vérité éternelle mais du peuple de Dieu. Le pape insiste en effet de manière significative sur le sens de la foi de tous les fidèles et sur le lien entre l’évêque et son peuple : le pasteur doit sentir l’odeur des brebis ! Certes, l’évêque de Rome, qui se qualifie lui-même de rusé, avance très prudemment, mais à tout le moins, il permet à la majorité conciliaire de reprendre la parole (cf. Golias Magazine n° 158 ).

Car le débat sur les questions familiales est aussi ecclésiologique et donc christologique. L’Église du Christ est en effet divine et humaine. Sa vérité ne peut donc être que contextualisée, car située dans l’espace et le temps ; parce que sa vérité est l’itinéraire de l’Homme-Dieu Jésus ; sa vérité est à discerner dans ce que suscite aujourd’hui le récit de la Bonne Nouvelle chez ceux et celles qui le reçoivent. Les autorités romaines ont bien soin de préciser que le sens de la foi n’est pas identifiable à l’opinion publique. Reste que ce que vit la majorité des fidèles ne peut plus rester étranger aux discussions des pasteurs. Parce que la foi est toujours incarnée. Ajoutons, puisque l’Église est aussi humaine, qu’il est pertinent d’utiliser les concepts des sciences humaines pour analyser les courants d’opinion qui circulent dans l’Église et au Vatican. En 1962, la pensée majoritaire de la Curie est devenue la minorité du concile, grâce à un pape de transition. Et si François était aussi un pape de transition. Un pape qui nous permette de redécouvrir l’humanité divine de Jésus pour vivre avec lui la Pâque… transit, passage, pour une Enlise de plein vent ?

23 commentaires
Coucou GOLIAS ! 6 décembre 2014 09:27, par Agnès Gouinguenet

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Tiens, tiens ...
http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Pour-le-pape-Francois-on-a-besoin-de-plus-de-femmes-theologiennes-2014-12-05-1275172
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Encore faut-il que ces femmes ne soient pas massacrées par le machisme misogyne majeur ambiant, dans certaines facultés de théologie catholique, dont le but est de leur clouer le bec.
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Les femmes qui ne sont pas masochistes et ont une certaine liberté de parole, s’enfuient en courant. Je témoigne !
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Joli samedi.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Vatican/François :
la lutte des clans
24 novembre 2014 00:15, par lositogy

La révolution culturelle dans la plus ancienne institution terrestre ne peut que faire espérer dans nos temps sombres.

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Vatican/François :
la lutte des clans
22 novembre 2014 18:32, par Loïc

Attention à la pneumonie !

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