Parution : 5 décembre 2014
Inégalités et pauvreté : comment remettre à l’endroit ce monde à l’envers
Par Golias

L’ONG Oxfam vient de faire de la lutte contre les inégalités économiques et sociales le thème de sa campagne de mobilisation dans le monde pour les années à venir.

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En pied de l'article.

Les inégalités sortent de leur longue éclipse politique. Elles étaient légitimées par tous les privilégiés du système économique et financier, en particulier par les grandes fortunes et leurs hommes liges dans les médias. Le futur dirigeant opérationnel de l’Institut Montaigne, le journaliste et consultant Philippe Manière, professait, à l’unisson des éditorialistes, que « l’inégalité de revenus, dans une certaine mesure, est un facteur de l’enrichissement des plus pauvres et du progrès social » (cité dans l’excellent Petit bréviaire des idées reçues en économie, éd. La Découverte, 2003). Cela ne s’est jamais vérifié, bien au contraire : les inégalités se développent depuis quatre décennies. Et en France, désormais, elles se développent aux deux bouts de l’échelle des revenus : les riches continuent de s’enrichir alors que la grande majorité de la population rencontre des difficultés et que les plus pauvres s’appauvrissent ; leurs conditions de vie se dégradent. Un véritable tournant.

Faut-il appliquer la recette de François de Closet ? Ce dernier conseillait en 1982, dans son pamphlet anti-syndical « Toujours plus » : «  Aussi longtemps que la France misera sur l’économie de marché, elle devra tout faire pour favoriser les candidats à la fortune capitaliste. Et tant mieux s’ils ramassent de gros dividendes. Il faut que l’audace paie. » On peut dire qu’elle a payé, l’audace ! Celle de dire à monsieur et madame tout-le-monde qu’ils doivent se serrer la ceinture afin qu’une poignée de profiteurs se tapent la timbale ! On ne peut pas dire que Manière et de Closet soient les Gandhi de notre temps. Le Mahatma ne disait-il pas : «  Être riche et honoré dans une société injuste est une disgrâce. » De plus en plus de mouvements – politiques, syndicaux et associatifs – ciblent les inégalités comme le lieu de la confrontation décisive. Après Amnesty International, il y a quelques années, c’est au tour de la grande ONG Oxfam de se mobiliser sur la question. LA question de notre temps. [Lire l’intégralité de notre dossier dans Golias Hebdo n° 362] http://golias-editions.fr/article5274.html

45 commentaires
Coucou GOLIAS ! 12 décembre 2014 07:23, par Agnès Gouinguenet

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A lire cette joute rhétorique, je me demande si le mur de Berlin ne se reconstruit pas "virtuellement", en parfait respect de l’autre, ben voyons !
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Comme dirait zazie ...
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Joli vendredi.
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AG.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Le monde à l’endroit : un combat... planétaire 6 décembre 2014 15:30, par pierre mabire

« Il faut que le soleil brille pour tout le monde », disait souvent ma regrettée grand-mère. C’était une très pieuse femme, qui avait eu une vie très difficile, et traversé des époques bien plus rudes que la nôtre.
Ses propres parents, durant la guerre de 1870, avaient crevé de faim pendant le blocus de Paris imposé par les Prussiens. Elle-même avait vu son frère partir au front en 1914 et revenir gravement mutilé. Son fils avait été mobilisé et fait prisonnier en 1940, etc.
Elle avait connu l’Europe à feu et à sang et avait mis longtemps à comprendre pourquoi de Gaulle voulait que la France se réconcilie avec l’Allemagne.
Puis elle redoutait cette autre risque de guerre « avec les Russes » et leur rideau de fer... Elle se souvenait très bien du basculement de ce vaste pays dans le communisme, puis des révélations des génocides Staliniens.
Ces souvenirs que j’évoque sont les miens à travers ce qu’elle disait souvent à ses petits-enfants. Ces souvenirs sont dans l’horizon d’une vie d’homme, la mienne et tous ceux de ma génération. Tout cela, en sorte, c’était hier, et encore aujourd’hui, tant ce passé récent a laissé ses traces dans l’époque actuelle.
Qui croira ici que « le monde » a un jour marché à l’unisson pour qu’aucun individu, groupe social, nation, n’aient à pâtir des tensions de toute sorte – politique, économique, sociale, culturelle ?
La France, modèle des Droits de l’Homme et du Citoyen, n’est pas la plus vertueuse des nations, s’il en existe une. Elle fut un pays colonisateur, et le reste encore à travers ses grands groupes industriels et d’affaires qui exploitent les richesses et la main d’oeuvre de pays lointains. Loin des yeux, loin du coeur, loin des caméras et des micros.
La question à laquelle ne répond jamais ce genre d’article publié par Golias - un de plus - sur l’injustice faisant que « les riches sont toujours plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres » - selon le refrain toujours en vogue chez les bien pensant que nous sommes : « Quel modèle économique et social employer pour, autant que faire se peut, effacer le fossé creusé entre les classes sociales » ?
Il n’y a pas 36 000 modèles possibles, mais seulement 2. Soit l’économie administrée sous contrôle d’Etat, soit l’économie de marché – dite libérale. Qui en connaîtrait un autre, le fasse savoir très vite, car il y a urgence.
On sait ce que produit l’économie administrée : une offre politiquement programmée qui ne répond pas à la demande, le rationnement, la perte des libertés publiques, une économie sous assistance, la libre entreprise interdite, les déplacements des humains et des marchandises sous contrôle strict, l’encadrement du pays par un quadrillage militaro-policier. Cette économie ne peut fonctionner que de cette façon-là.
Le verrouillage des frontières conduit à l’isolement, à l’affadissement du métissage culturel. La presse est sous contrôle. La créativité est entre des murs et des barbelés gardés par des sentinelles armées.
L’économie de marché et de libre échange, au contraire de l’économie d’Etat, ouvre les frontières, permet la libre circulation des humains, des marchandises et des flux financiers On vient de le voir avec les Chinois qui viennent d’investir en France dans le transport aérien à Toulouse-Blagnac, comme les Français investissent aussi à l’étranger.
Avec près de 1 500 Md$ à la fin 2012 (1 100 Md€), la France détient le 5ème stock mondial d’investissements directs à l’étranger (IDE), derrière les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Chine (source : CNUCED).
Dans le détail, cela se présente ainsi : Plus de 2 500 groupes français, hors secteur bancaire et hors services non marchands, possèdent au moins une filiale à l’étranger (données 2011). Les groupes multinationaux français détiennent plus de 35 400 filiales à l’étranger, employant plus de 5 millions de salariés, dont 3 millions hors de l’Union européenne, et réalisant un chiffre d’affaires de près de 1 200 Md€ (source : INSEE).
Bien sûr, il faut se battre pour conserver la meilleure protection sociale possible, résister aux appétits toujours grandissant des fonds de pension et des actionnaires de toute condition qui veulent que leur argent leur « rapporte » le plus et le plus vite possible.
Il reste qu’il ne s’agit plus d’un combat hexagonal, mais international, car le marché sur lequel nous sommes est planétaire. Aujourd’hui, défendre les intérêts collectifs doit s’inscrire dans une stratégie internationale.
D’où l’ardente nécessité de refonder l’Europe sur des bases politiques démocratiques, d’impliquer les dirigeants dans des stratégies novatrices pour que les négociations sur les marchés mondiaux du commerce et des flux financiers intègrent des critères sélectifs de respect des droits de l’homme, et d’égalité dans les domaines tels que : fin du travail des enfants, obligation de protection sociale et de retraite avant la vieillesse et la maladie, salaire minimum garanti dans tous les pays, lois et fiscalités communes pour des échanges commerciaux sur des critères sociaux et démocratiques, partout et sans frontière.
Nous sommes à l’ère Internet et des communications à l’échelle planétaire. Tous les outils sont là pour amorcer un véritable « mai 68 » mondialisé. Alors, c’est à ce prix qui les appétits féroces d’un capitalisme débridé devront bien accepter un réel partage des richesses pour « que le monde tourne à l’endroit ».
Alors ce monde tournera dans le bon sens lorsque nous serons tous collectivement solidaires des exploités du Bangladesh, de Chine, d’Afrique et d’ailleurs. CE qui se passe dans ces pays doit aussi nous concerner, car le capitalisme, lui, se sent directement intéressé par ces mains-d’oeuvre à très bas coût, à l’état d’esclavage, et soumises en échange de quelques euros par mois ou de quelques poignées de riz par jour pour rester en vie.

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Et malheureusement, le projet global européen avec en plus le TAFTA va contribuer à accentuer ces inégalités et l’aggravation de la pauvreté chez les familles les plus modestes. Sous les applaudissements des grosses entreprises, des plus riches, des plus en vues politiquement. Parce que l’objectif final est de reféodaliser la société : en finir avec les aides sociales, la sécurité sociale, les syndicats, l’école pour tous. La tout privatisation et la mise en concurrence de tout et de tous participe grandement à cela...Pour faire plus de bénéfices, il faut ramener l’ensemble des européens non bourgeois au niveau économique des ouvriers textile du Vietnam. C’est à dire à l’esclavage. Et bien sûr, remettre les enfants pauvres dans les usines dès le plus jeune âge fait aussi partie du programme (on en voit déjà les contours aussi bien en Allemagne, qu’en Espagne, en Italie, en Angleterre). A quoi bon leur donner accès à l’école ? Ils seraient plus rentables à travailler. Voilà ce que nos députés européens discutent avec l’aide de groupes spécialisés dans la communication politique, histoire de trouver les bons slogans, les bonnes injonctions pour faire passer la pilule. Une Europe qui va à rebours de tout ce pourquoi les résistants au totalitarisme nazi ont combattu et contribué à sortir nos pays de la guerre. Lamentable. Mais ne soyons pas étonnés. Ceux qui sont aux manettes du pouvoir sont les descendants de ceux qui clamaient : plutôt Hitler que le Front Populaire.

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