Parution : 10 décembre 2014
Paul III (Alexandre Farnèse) 1534 – 1549
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La carrière de Paul trois ne fut pas fortuite :
Très lointain descendant de Boniface huit,
Diplômé en lettres classiques,
Il est vite promu chez les ecclésiastiques.

Par l’entremise de sa sœur
Qui avait les faveurs
Papales, Alexandre, âgé de vingt-cinq ans,
Est nommé cardinal. Quelques années plus tard,
Il est père de quatre enfants,
Trois garçons et une fille, tous des bâtards
Qui vivent fort à l’aise
Dans le palais Farnèse*
Grâce à d’opulents bénéfices.
Après son élection, il promeut deux jeunots

Au rang de cardinaux :
C’étaient ses petits-fils.
A cette époque, népotisme
Rimait avec catholicisme.
Les quelques mécontents turent leurs remontrances
Parce que profitaient de ses munificences
De nombreux artistes et le peuple romain.
Sous l’égide de Charles-Quint,
Le pape convoque le Concile de Trente
Afin de dénoncer les idées protestantes :
On doit adhérer à ce que l’Eglise dit
Sur le péché originel* (Cf. Pavé insolent)
Et sur la présence réelle
De Jésus dans la sainte hostie.
Paul Trois était un personnage
A qui l’on doit l’abolition de l’esclavage*.
A qui les Jésuites savent encore gré
Du soutien décisif qu’il leur a apporté.
Parmi eux, il y eut l’austère Bourdaloue,
L’énigmatique Daniélou
Et Teilhard de Chardin*, un fervent visionnaire
Que d’aucuns ont jugé trop révolutionnaire.

Le palais Farnèse

Ce Palais est avant tout la demeure de la famille Farnèse voulue par Alexandre Farnèse, le futur Paul III, qui avait chargé l’architecte Antonio da Sangallo d’en concevoir les plans. Après la mort de ce dernier en 1546, lui succède Michel-Ange qui avait déjà remporté un concours pour la corniche monumentale qui domine l’édifice. Après Michel-Ange, les architectes Vignole et Della Porta poursuivent les travaux qui ne s’achèveront qu’en 1589.
Le chantier aura duré près de 75 ans.
Le Palais est passé aux descendants de Paul III : ses petits-fils Ranuccio (1530-1565), surnommé le « Le Grand cardinal ou cardinal Saint-Ange », et Alexandre « le Jeune » (1520-1589), le « Grand cardinal », puis son arrière-petit-fils Edouard (1573-1626), tous trois cardinaux, qui en complèteront la construction et la décoration.
En 1874, le palais devient le siège de l’Ecole française de Rome.
En 1911, il est vendu par la Maison des Bourbon de Naples au gouvernement français.
En 1936, l’Italie et la France signent une convention établissant que le gouvernement italien redevient propriétaire du palais mais en cède l’usage, pour une durée de 99 ans, au gouvernement français pour y accueillir l’ambassade de France en Italie

Abolition de l’esclavage

Le 3 juillet 1315, Louis X Le Hutin (Le querelleur) publie un édit qui affirme que ‘Selon le droit de nature, chacun doit naître franc’. Officiellement, depuis cette date, ‘Le sol de France affranchit l’esclave qui le touche’.

L’ordonnance n’est cependant valable que dans le domaine royal et les serfs doivent
racheter leur liberté.

En 1537, Paul III condamna officiellement la pratique de l’esclavage. Compte tenu des conséquences économiques, cette dénonciation n’eut pas d’effet sur les souverains d’Occident. Avant même que l’Église ne prît position sur ce sujet, seul Charles-Quint avait interdit l’esclavage. 

Teilhard de Chardin (1881-1955)

Pour Teilhard, prêtre de la Compagnie de Jésus (autrement dit ‘jésuite’) matière et esprit ne sont que deux facettes d’une même réalité, ce qui lui permet de donner un sens à sa foi en l’incarnation du Christ : Cosmogenèse, biogenèse et noogenèse (formation de l’âme et de la conscience) sont les moments essentiels de l’évolution dans laquelle il voit une spiritualisation progressive de la matière, dont l’homme est la clé, et Dieu, le point initial et final, l’alpha et l’oméga.

Il s’oppose ainsi à la tradition chrétienne biblique et aux courants créationnistes qui ne tiennent pas compte des millions de données paléontologiques conservées dans de nombreux musées dans le monde.

Papes pères de famille
Félix III (483-492) : Veuf et père de deux enfants
Hormisdas (514-523) : Marié avant d’être ordonné ; père du pape Silvère
Adrien II (867-872) : Marié et père**d’une fille (1)
Serge III (904-911) : Avec lui, commence la période dite de la pornocratie. Selon le Liber pontificalis (2), avecMarozia,duchesse de Toscane, devenue sa maîtresse à l’âge de 13 ou 15 ans, il eut un fils, le futur pape Jean XI.

**
Jean XVII (1003) : Marié avant d’être pape ; père de trois fils qui devinrent évêques.
Clément IV (1265-1268) : Veuf, père de plusieurs enfants dont au moins
deux filles.
Félix V (1439-1449) : Veuf et père d’un fils ; dernier antipape
Innocent VIII (1484-1492) : Marié avant d’entrer dans ordres, père de
plusieurs enfants légitimes et illégitimes.
Alexandre VI Borgia (1492-1503) : Père, en tant que prêtre, de quatre
enfants qu’il eut en 1470 avec Vannozza Cattanei, une jeune patricienne
romaine, puis, en 1489, père de Laura avec sa maîtresse Giulia Farnèse.
Jules II (1503-1513) : Probable père de trois filles illégitimes quand il
était cardinal.
Pie IV (1559-1565) : Père supposé de trois fils illégitimes.

**
(1) : Information fournie par Claude Fleury, prêtre et historien, auteur d’une/‘Histoire ecclésiastique parue en 20 volumes entre 1691 et 1720.
(2) Le Liber Pontificalis (Livre des papes), constitué à Rome à partir du Ve siècle <http://fr.wikipedia.org/wiki/Ve_si%...> , est un catalogue chronologique de tous les papes et évêques de Rome.

Papes fils d’ecclésiastiques
Damase 1er (366-384) Fils de prêtre
Innocent I (401-417) : Fils du pape Anastase 1er
Boniface I (418-422) : Fils du prêtre Iocundus, selon « Liber pontificalis »
Félix III (483-492) : Fils du prêtre Félix
Agapet I (535-536) : Fils de Gordien, prêtre romain tué pendant une émeute du
temps du pape Symmaque<http://fr.wikipedia.org/wiki/Symmaq...> .
Silvère (536-537) Filsdu pape Hormisdas, né avant l’ordination de son père.
Théodore I (642-649) : Fils d’un évêque palestinien.
Etienne VI (896-897) Fils d’un prêtre nommé Jean (selon la Tradition)
Jean XI (931-935) : Fils du pape Serge III
Jean XV (985-996) : Fils de Leo, un prêtre romain.

Pavé insolent

Dialogue entre Michel et Gabriel
à propos du péché originel
M « Hormis les catholiques purs et durs qui prennent pour argent comptant le récit de la Genèse, le croyant lambda veut bien croire à une faute commise par Adam et Eve mais n’admet pas en être comptable.
G - D’ailleurs, un musulman ne croit pas au péché originel.
M - Mais toi, y crois-tu ?
G - Auparavant, laisse-moi te faire une confidence : Je ne supporte plus la recommandation du célébrant au début de chaque messe : ‘ Reconnaissons que nous sommes pécheurs.’ Si Dieu a fait l’homme à son image, qui est le fautif ?
M - Tu ergotes ! Tu sais très bien que tu as la liberté de choisir entre le bien et le mal.
G - Et alors ? Cela ne signifie pas que je suis nécessairement un pécheur ! Entre nous, cette histoire de pomme n’est pas crédible.
M - Tu adopterais donc la position du Coran ?
G - Sur ce point précis, pourquoi pas ? Je ne suis pas le seul chrétien dans ce cas-là. Dimanche dernier, un célébrant a changé la formule en disant ‘Reconnaissons nos faiblesses…’.
M - Finalement, ça revient un peu au même.
G - Pas du tout ! Il n’est plus question d’être un pécheur-né mais un pécheur accidentel.
M - D’après toi, les goûts de luxe de Paul Trois sont-ils des exemples de faiblesses ?
G - En l’occurrence, le mot faiblesses me paraît fort faible. »

6 commentaires
Paul III (Alexandre Farnèse) 1534 – 1549 18 décembre 2014 19:58, par eliane

"Dieu à fait l’homme à son image ". Je crois plutôt que les humains ont créé les dieux à leur image quand ils comprenaient que peu de choses dans leur environnement .! ! !

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