Parution : 4 mars 2015
Fidélité

Choquées par une campagne publicitaire pour le site de rencontres extraconjugales Gleeden, les Associations familiales catholiques (AFC) viennent d’assigner en justice la société éditrice.

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En pied de l'article.

Elles se sont offusquées des fameuses affiches frappées d’une pomme croquée, avec la légende : « Contrairement à l’antidépresseur, l’amant ne coûte rien à la Sécu », qui ont investi les transports publics de la région parisienne. Elles s’appuient sur l’article 212 du Code civil, qui stipule que « les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance ». La publicité en question est dite « illicite », car elle est « une incitation à violer une obligation contractée lors du mariage » (Source : Le Figaro.fr, 18/02/2015).

Je pense qu’il faut réfléchir sur l’idée de « fidélité ». Si on la comprend simplement comme le fait de ne pas être infidèle, je dirai que nous sommes loin du compte en matière de relation affective avec le partenaire. Combien en connaissons-nous, qui restent fidèles comme on dit à leur conjoint, c’est-à-dire ne le trompent pas, mais dont toute la conduite semble ne faire que le leur reprocher ! Ce n’est pas tout de ne pas faire, il faut en outre faire, en l’occurrence agir pour rendre le partenaire heureux, être gentil et attentionné chaque jour, plutôt que lui « faire la tête » constamment, tout en ne le trompant pas. La clé de la morale est qu’un « Tu dois » ne se résout et limite jamais à un « Tu ne dois pas ».
J’ai souligné dans mon article Mariage (Golias Hebdo, n°130), que l’expression latine rituelle Ego conjungo vos in matrimonium, qu’on traduit par « Je vous unis en mariage », signifie : « Je vous unis pour le mariage », car il y a un accusatif, lieu de la destination, et non pas un ablatif, lieu où l’on se trouve, qui serait matrimonio. Autrement dit, l’essentiel dans la vie d’un couple est le but qu’il se propose d’atteindre, et qui n’est jamais donné au départ. On épouse quelqu’un pour l’aimer, et non pas parce qu’on l’aime. Il suit de là que ce qui importe n’est pas l’interdiction (l’adultère), mais l’amour actif, la gentillesse réciproque. Ne pas tromper l’autre simplement ne nous acquitte de rien.

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Fidélité 9 avril 2015 18:47, par paris

Bonjour je crois qu’il ne faut rien de tous ça si le couple s’entend bien et que l’un comme l’autre font des efforts ils ne risque pas de se séparer.
Cordialement paris

Voir en ligne : serrurier

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Bonjour Michel Théron. 9 avril 2015 08:30, par Agnès Gouinguenet

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Il me semble que c’est votre fête en ce moment.
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Soyez assuré de mon soutien. J’ai horreur du phénomène de meute.
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Vous n’avez pas envie de répéter ce que vous avez déjà écrit ? C’est votre droit le plus strict.
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Continuez à divertir nos neurones. Vous le faites très bien.
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Vous avez publié dans une édition FM (Dervy) ? La belle affaire ! Liberté, liberté chérie.
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Ne soyez pas meurtri (les littéraires sont souvent très sensibles). Les agrégés qui ont réussi leur vie font souvent des jaloux de tout genre ...
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Adiskidetasun (amitié en basque fidèle).
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AGG à MT.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Fidélité 29 mars 2015 13:30, par Deroëc

Michel,
Etes-vous marié ? Si ma question vous semble indiscrète, je comprendrai que vous n’y répondiez pas.
Amicalement

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Fidélité 28 mars 2015 00:23, par Dominique

"On épouse quelqu’un pour l’aimer, et non pas parce qu’on l’aime." Ah ça Michel, c’est vraiment juste et beau. Merci pour ce cadeau.

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Fidélité, la grosse tarte à la crème 6 mars 2015 07:40, par Françoise

Bonjour Michel

La fidélité ne définit pas du tout un couple. Un couple c’est quoi ?
Se sont deux personnes qui choisissent d’unir leurs projets individuels et de créer ensemble des projets communs : vivre ensemble au quotidien, louer ou acheter un logement, partager les frais et les tâches ménagères, voyager ensemble, découvrir, apprendre de nouvelles choses pour avancer ensemble et individuellement un peu plus, fonder éventuellement une famille et éduquer ensemble les enfants, se soutenir mutuellement en cas de difficulté (aussi bien au plan matériel que moral), échanger intellectuellement, prendre du temps pour s’écouter. Si la fidélité sexuelle est une valeur intrinsèque pour les très très jeunes couples qui vivent leur relation à deux sur le mode fusionnel, plus on a d’années de vie de couple, plus on se rend compte que ce qui tient toute relation de couple, se sont les projets en commun partagés. S’il y a des réalisations-projets possibles à deux, un peu d’écoute, de partage, de respect mutuel, le désir, l’amour suivent.
Nul besoin de brandir la fidélité qui va de soi dans ce cas-là.
Là où un couple s’effondre, c’est lorsqu’il n’y a plus de projets possibles ensemble. Qu’un seul des deux partenaires fait vivre des projets sans que l’autre s’implique dedans. Et lorsque ces projets sont inexistants, qu’il n’y a plus non plus ni écoute, ni partage, ni dialogue, le couple se résume à une association d’intérêts matériels. Rien qui motive l’amour et les désir qui seront cherchés alors hors du couple, d’un côté comme de l’autre.

Si beaucoup de gens pensent encore que dans un couple chaque partenaire doit rendre l’autre heureux, personnellement cette injonction moralisante depuis quelques années m’apparaît comme une contre-vérité mortifère. Car la seule personne qui peut et doit faire notre bonheur c’est nous-mêmes. L’autre n’est pas là pour nous rendre heureux. La vie à deux n’est pas faite pour ça. Et heureusement d’ailleurs. Sinon, ce serait de l’aliénation mutuelle, un concours de corruption, une perpétuelle mise sous séquestre de l’autre, culpabilisation et accusation permanente et ce serait vite l’enfer.
Chacun est responsable de son propre bonheur et se doit de le construire.Car le bonheur de l’un dans le couple ne sera pas forcément le bonheur de l’autre. Et tant mieux...sinon où serait l’intérêt de vivre ensemble ? Se sont nos différences qui nous enrichissent non ?
Il est donc illusoire de penser que l’autre doit faire notre bonheur et nous le sien.
Il faudrait plutôt dire : chacun doit construire son propre bonheur et c’est en partie de cet équilibre intérieur individuel, de cette sérénité que la relation de couple se nourrira et prospèrera. Tant qu’il n’y a pas accomplissement individuel (tous domaines), il ne peut y avoir accomplissement mutuel et équilibre dans le couple.
Bonne journée, Michel !

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Le dernier livre de Michel Théron, Sur les chemins de la sagesse, est disponible sur commande en librairie, ou directement sur le site de son éditeur BoD https://www.bod.fr/livre/michel-theron/sur-les-chemins-de-la-sagesse/9782322080823.html (248 pages, 9,99 euros)

Michel Théron
Parution : 12 décembre 2017
Parution : 6 décembre 2017
Parution : 28 novembre 2017
Parution : 21 novembre 2017
Parution : 15 novembre 2017
Parution : 8 novembre 2017
Parution : 24 octobre 2017
Parution : 18 octobre 2017
Le site de l'auteur : le blog de Michel Théron
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