Parution : 29 septembre 2015
Spiritualité

Elle peut se penser bien sûr dans le cadre religieux traditionnel. Mais j’aimerais qu’on l’envisage désormais en-dehors de ce cadre même. J’ai trouvé un écho à ce que je pense depuis longtemps sur cette question dans une interview du philosophe Abdennour Bidar, Comment sortir de la religion (Le Monde des Religions.fr, 13 août 2015).

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La religion traditionnelle est basée sur l’idée d’une puissance transcendante, antérieure et extérieure à l’homme, qui lui inspire à la fois crainte d’en être puni, et espoir d’en être récompensé. Mais aujourd’hui, selon Bidar, l’homme n’a plus à craindre cet état de dénuement, parce qu’il a son destin entre ses mains : de créature, il devient créateur. J’ai pensé en le lisant au mot de Michelet : « L’homme est son propre Prométhée ».
Cependant cette critique radicale de la religion ne vise que celle qui relie l’homme à l’instance extérieure punissante ou rémunératrice, avec laquelle il a passé contrat ou alliance. C’est la religion-lien, si l’on fait venir le latin religio de religare, relier. Or, comme je l’ai souvent signalé, par exemple dans ma Source intérieure (3e éd. Golias 2015), une autre étymologie est possible pour religio, que le grand Cicéron lui-même rattachait à relegere, accueillir respectueusement, et aussi relire. Alors s’éclaire la nouvelle voie, proprement spirituelle dans un sens nouveau : l’intériorisation du divin, qui devient métaphore du désir le plus profond de l’homme.
Se banalisera-t-il dans l’unidimensionnalité, ira-t-il à vau-l’eau au gré de ses pulsions éparpillantes, acheteuses par exemple dans notre société de consommation, ou bien cherchera-t-il une façon de vivre qui lui donne solidité et unité ? Reconnaîtra-t-il que la structure du désir est un désir de structure ? À cela pourra lui servir la relecture attentive de certains textes religieux traditionnels (mais pas de tous) : certaines paraboles évangéliques, par exemple.
Là est l’enjeu majeur : si l’on s’engage, comme y invite Bidar et comme je le crois nécessaire depuis longtemps, sur la voie d’une spiritualité athée ou laïque, l’homme doit s’y explorer lui-même et voir où est son essence propre. À lui de sauver le divin, trouvé au fond de lui-même.

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Spiritualité 30 septembre 2015 09:52, par Françoise

Bonjour Michel

J’ai l’impression que c’est toujours ce que Dieu attend et a toujours attendu de nous. Mais que notre humanité ne commence à le comprendre que maintenant, parce que suffisamment éduquée aujourd’hui pour l’intérioriser et le vivre au quotidien. Maintenant, la question qui se pose c’est est-ce que notre humanité est prête à assumer cette spiritualité là ? Là est toute l’ambiguïté et l’ambivalence.
Les religions ne sont pas du tout prêtes à perdre du pouvoir et à sortir d’un rapport de domination des masses. D’où le fait qu’elles misent actuellement toutes sur les mouvances intégristes pour garder leur emprise. Faire la mutation dont vous parlez, je pense qu’à moins d’être mises au ban des nations, les religions ne voudront jamais la faire.

Les humains, croyants comme non croyants sont je pense bien plus préparés à cela même s’ils peuvent préférer encore qu’on leur dicte encore quoi et comment penser.
Leur choix spirituel se fait plus souvent par flemme que par décision personnelle, vous ne l’avez pas remarqué ?. D’où souvent des errances dans des mouvances sectaires, dans des pratiques spirituelles hasardeuses et destructrices.
Je pense personnellement que les choses iront mieux quand les gens auront à coeur de développer pour eux et leurs enfants, pas seulement une autonomie matérielle, professionnelle, mais une autonomie psycho affective. Ce qui est très peu développé tant dans l’éducation parentale que scolaire et encore moins religieuse, politique et sociale.
Tant qu’on maintient les gens dans une certaine immaturité, ceux-ci ne peuvent accéder à une spiritualité personnelle ni découvrir Dieu en eux.
Et vous pouvez remarquer aussi que tant que cette immaturité est maintenue, elle empêche également toute forme d’esprit critique donc aussi de liberté intérieure et donc limite l’accès à la spiritualité.

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