Parution : 15 octobre 2015
L’autre scandale Volkswagen

Mise en cause dans l’affaire de ses moteurs diesel truqués pour contourner les normes antipollution, la firme allemande a aussi entretenu des liens avec la dictature brésilienne. Un cas loin d’être isolé... Lorsqu’une grande partie de l’Amérique du Sud se trouvait sous la coupe des militaires entre les années 1960 et 1980, nombreuses sont les multinationales américaines et européennes qui se sont rendues complices d’atteintes aux droits de l’homme. Petit florilège non exhaustif d’une période de l’histoire qui n’a pas vraiment dit son dernier mot.

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Le 20 septembre 2015, le groupe automobile reconnaissait avoir trompé les contrôleurs étasuniens sur les niveaux d’émissions polluantes de ses voitures diesel en utilisant depuis 2009 un logiciel interdit pour contourner la législation. Wolkswagen admettait que la manipulation touchait également l’Europe. Sont concernés 11 millions de véhicules vendus dans le monde, dont plus de 946 000 en France. La fraude avait été révélée par l’International Council for Clean Transportation, organisation non gouvernementale spécialisée dans les transports propres, dont le principal financeur est la ClimateWorks Foundation, une autre ONG engagée dans la lutte dontre le réchauffement de la planète.

Pour réaliser des tests d’émission des véhicules aux Etats-Unis, l’International Council for Clean Transportation avait fait appel au centre pour les émissions, les moteurs et les carburants alternatifs de l’université de Virginie-Occidentale. Entre 2013 et 2014, une série de tests est effectuée en condition réelle. Le
résultat est sans appel dans un rapport de mai 2014 : les principaux polluants atmosphériques sont jusqu’à quarante fois au-dessus des limites fixées. L’agence de l’environnement américain et la California Air Resources Board ouvrent alors leur propre enquête et découvrent un petit logiciel capable de limiter les émissions de gaz polluants le temps des contrôles. Une astuce finement trouvée, mais avec un scandale de dimension mondiale à la clé, dont le coût est est pour l’heure incalculable. Peut-être entre 23 et 78 milliards d’euros entre amendes étasuniennes (on parle de 18 milliards de dollars), amendes européennes, actions menées par les propriétaires de véhicules et des actionnaires... Sans compter une perte de confiance et une baisse des ventes.

Un passé pas franchement honorable

Malgré un chiffre d‘affaires de 202,5 milliards d’euros et un bénéfice de 10,5 milliards d’euros en 2014, le géant allemand aux douze marques risque d’entrer dans une période de turbulence. On parle déjà de licenciements, mais les plus en cause ne risquent pas de se retrouver dans le besoin. Ferdinand Piëch, 78 ans, démissionnait en avril 2015 du conseil de surveillance. Le patriarche est une figure historique en quelque sorte, et le petit-fils de Ferdinand Porsche, le père de la Volkswagen Coccinelle. Déjà un point noir, puisque son grand-père, décoré par Hitler en 1937, a participé à l’effort de guerre allemand avec la conception de son char Tigre et de son chasseur de chars l’Elefant. N’en doutons pas, Ferdinand Piëch a fait sa pelote, et la prime de départ accordée à l’ex-président du directoire Martin Winterkorn pourrait atteindre plus de 60 millions d’euros. Les licenciés « ordinaires », qui ont participé à la réussite de Volkswagen, devront se débrouiller avec beaucoup moins. Découvrez l’ensemble de notre article en téléchargeant Golias Hebdo n° 403 : http://golias-editions.fr/article5351.html

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L’autre scandale Total 19 octobre 2015 17:38, par Françoise

Dans le même genre, nous avons en France de très grosses entreprises polluantes, dont une très en vue depuis des lustres : Total.
Récemment, cette entreprise faisait la Une du quotidien local béarnais la République des Pyrénées (où Total a son fief), vantant ses mérites en terme de préservation de l’environnement jusque dans l’attitude de ses salariés utilisant transports en commun, vélo, marche à pied, alors qu’en réalité, l’entreprise est en train sur toute la planète et y compris en Béarn, de provoquer de nouvelles catastrophes environnementales.

http://www.bastamag.net/spip.php?page=recherche&recherche=Total

Par ailleurs, la même entreprise Total a soutenu et soutient toujours de nombreuses dictatures également, que ce soit en Afrique, Moyen-Orient, Asie...

Ces pratiques de corruption mais aussi polluantes concernent en réalité la majeure partie des très grosses entreprises industrielles.
Mais ce qui m’étonne toujours, c’est qu’on semble le redécouvrir régulièrement, ou seulement ne parler que d’une entreprise alors qu’il serait plus juste de parler de toutes les grandes entreprises concernées par ces délits et crimes.

Petite anecdote pour finir sur le sujet, j’ai posté le lien sur les pollutions et malversations de Total sur le journal la République des Pyrénées histoire de tempérer l’article élogieux sur l’exemplarité environnementale de Total. Le message n’est resté qu’un quart d’heure et a été supprimé par la rédaction. L’indépendance journalistique en prend un sacré coup...

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