Parution : 8 décembre 2015
Foi et fanatisme

Les « intellectuels » chrétiens « progressistes » affirment tous, avec l’indécrottable certitude qu’ils raisonnent bien puisque tout dogmatisme leur est étranger, que le christianisme est, de manière générale, une religion « ouverte », de l’accueil universel de l’autre, puisque ce qui est demandé à ses « fidèles » se résume en une formule : « Aime, et fais ce que veux », « Pèche fortement, mais crois encore plus fortement » (si la formule de Luther n’impliquait la formule d’Augustin comme son présupposé, elle réduirait la foi à une formule magique, ce qui est d’ailleurs peut-être le cas dans la conscience protestante commune, mais je ne saurais rien en dire de certain).

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Le cas de ce prêtre lyonnais, appartenant aux mouvances intégristes et fondamentalistes de l’Eglise catholique, confondant, sur le plan éthique, une assistance du Bataclan avec un groupuscule de Daesh , serait simplement symptomatique des dévoiements dogmatistes de l’Église, qui, dans ce cas, devient celle de « Rome », c’est-à-dire du pape, de la curie, du magistère ecclésial, dont la plupart des évêques sont les défenseurs orthodoxes. Bref, en tant qu’institution religieuse, le christianisme est foncièrement libéral.

Comme le dit un auteur dans le dernier numéro de «  Golias  », revue lyonnaise portant un regard critique sur l’Église catholique : « L’image d’une Église qui défend ses frontières contre l’intrusion de notions inacceptables semble faire du christianisme un ensemble d’idées figées, une école de pensée au contenu immuable […] Pourtant, dans l’Évangile comme dans les Épîtres de Jean, il n’est pas question de connaître la vérité, mais de la faire (Jean 3, 21 ; 1 Jean 1,6 ; 3, 18 etc.) : le christianisme n’est pas une idéologie, mais une praxis, une imitation en actes du Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jean 14, 6) : être chrétien, c’est agir dans l’esprit du Christ, ou du moins s’y efforcer » (Golias, N° 410, pp. 14-15.)

Un sophiste est quelqu’un qui construit son argumentation à partir d’un présupposé qu’il se garde d’examiner. Pour le croyant «  ouvert », il n’y a pas de dogme ; tout article de foi est susceptible d’être soumis à un libre examen, sauf la foi qui vous fait franchir la frontière de l’institution religieuse. On est justement tolérant pour ne pas examiner les fondements de sa foi ou de la foi. Je ne reprendrai, ici, qu’un point du raisonnement ci-dessus : « le christianisme n’est pas une idéologie, mais une praxis, une imitation en actes du Christ qui est « la voie, la vérité et la vie » (Jean 14, 6). Il faut être d’une singulière naïveté – ou rouerie ? – intellectuelle pour affirmer, dans un même souffle, que «  le christianisme n’est pas une idéologie », mais «  une imitation en actes du Christ qui est « la voie, la vérité et la vie ». Devra-t-on supposer que c’est le Christ qui est l’idéologue mais pas ceux qui «  croient en lui », étant donné que, puisqu’ils croient en lui en tant que « voie, vérité, vie », ils sont dispensés de réfléchir, et simplement invités à l’imiter ? Comment imiter cette « vérité  » qu’est le Christ sans se demander en quoi elle consiste ?

Nous qui ne nous en laissons pas conter parce que toute invitation à «  faire confiance » (à avoir la foi) avant tout examen critique suscite notre méfiance, nous demandons aux « chrétiens », intégristes, dogmatistes ou bien « ouverts », tolérants dans leurs opinions et leurs croyances, de nous expliquer ce qui les fonde à «  croire » en tout premier lieu (au sens de la foi qu’on engage envers quelqu’un) qu’il est bien vrai que Le Christ s’est adressé à un auditoire historiquement défini, et qu’il lui a dit : « La voie, la vérité, la vie, c’est moi » (et non pas l’autre, Moïse) ! La dernière chose que les « chrétiens  », et, je dirai, surtout les plus ouverts d’entre eux, sont prêts à examiner, c’est la foi, c’est la confiance qu’ils mettent en Christ. Car s’ils commençaient à l’examiner, c’est la cause sur laquelle ils ont fondé leur existence et pour laquelle ils sont prêts à se sacrifier, qui leur apparaîtrait sans aucun fondement, ni factuel, bien sûr, ni, surtout, idéel ou spirituel.

Puisqu’ils ont de la peine, faisons cet examen à leur place.

On pense qu’il est possible d’exprimer un ensemble de croyances et de règles de conduite tolérantes, ouvertes à tout autre, croyant ou non-croyant, de l’intérieur d’une institution religieuse (Églises – protestantes, catholiques ; les églises orthodoxes sont un cas particulier aujourd’hui ; Islam ; Judaïsme) dont la légitimité repose sur l’idée d’une Révélation transmise et remise en dépôt à chacune de ces institutions. On ne peut le penser qu’à condition d’escamoter un présupposé inavouable à l’arrière-plan de ce qui est exprimé, Pour aucune de ces institutions religieuses, il n’existe une garantie de dépôt autrement que sous la forme d’une manipulation textuelle d’un contrat dans le judaïsme et le christianisme, manipulation d’où la «  révélation » coranique tire indirectement sa « légitimité ».

Dans le judaïsme, la légitimité du contrat repose entièrement sur un récit. Or ce récit est le produit d’une longue fabrication, dont la mise au point finale remonte à la période du retour d’exil de Babylone, entre 530 et 430, à peu de temps près en ce qui concerne le terminus ante quem (voir Thomas Römer, L’invention de Dieu, 2014). La première alliance, avec Abraham, motivée par la « foi » (la confiance) du «  père des croyants » en la promesse divine en dépit de son absurdité, est une élaboration d’une équipe de rédacteurs, se rattachant probablement à la caste sacerdotale de Judée, de l’époque post-exilique. Elle n’a donc pas d’autre consistance statutaire que la fiction qui la met en scène ; la promesse divine n’est pas moins inventée que le personnage d’Abraham. L’alliance mosaïque elle-même a été élaborée dans la suite en quelque sorte logique de l’alliance abrahamique. Il est possible que Moïse ait été un personnage « historique » dont la tradition orale aurait gardé le souvenir ; il est certain que la donation de la Loi sur le Sinaï au XIIIe ou XIIe siècle est une fiction. Le monothéisme juif s’est mis en place au cours des VIIIe et VIIe siècles ; il n’a eu primitivement d’autre fonction que la centralisation d’un seul culte à l’adresse d’un seul Dieu d’Israël – et non d’un seul Dieu de tous les hommes – dans le temple de Jérusalem ; il n’a donc eu d’autre fonction que la stabilisation du pouvoir du roi de Judée assisté par ce que Thomas Römer appelle les « grands fonctionnaires » de la cour et par les prêtres, maîtres du temple. La représentation d’un dieu unique, supra-ethnique, a plus été inspirée par le mazdéisme perse que par les représentations religieuses égyptiennes ; elle s’exprime le plus clairement dans le deutéro-Isaïe, un texte de l’époque du retour d’exil. Les termes de l’alliance mosaïque ont été élaborés dans un contexte sacerdotal, après la disqualification du pouvoir royal ; ils font du temple le centre de la vie spirituelle juive ; ils ont pour fonction première de stabiliser le pouvoir des prêtres de Jérusalem et de faire de l’exercice des rites sacrificiels le centre du culte. L’idée d’une loi donnée par Dieu ne fait que renforcer le pouvoir sacerdotal puisque les infractions à l’alliance, la désobéissance quotidienne des adeptes de la loi mosaïque, requièrent un sacrifice perpétuel de réparation pour les manquements à des commandements divins.

Je rappelle (voir mon ouvrage Actes et paroles authentiques de Jésus de Nazareth) qu’une lecture attentive de l’évangile attribué à un personnage fictif appelé «  Luc » permet de déduire que Jésus de Nazareth a non seulement dénoncé la pratique sacrificielle, mais encore démonté le mécanisme de la loi révélée : elle fonctionne comme une injonction paradoxale ; elle soumet l’individu à des exigences qui le conduisent nécessairement à des impasses. En outre, un Dieu, créateur, donateur de la vie, est incompatible avec un Dieu donateur d’une Loi. Il ne peut avoir créé le bœuf qui a soif tous les jours et, en même temps, avoir interdit de faire le geste (un acte réflexe) de le sauver le jour du sabbat au moment où, conduit à l’abreuvoir, le pauvre animal domestique glissait et tombait dans la mare. Un seul petit caillou dans l’engrenage suffit à enrayer toute la machinerie. En vérité, autant de commandements divins autant de petits cailloux.

En quoi consiste le contrat de confiance « chrétien » (la pistis, la foi) ? Il est impossible de le comprendre si l’on ne décompose pas le processus historique en deux étapes (pour le détail de l’argumentation, voir mon étude Jésus de Nazareth contre Jésus-Christ, 3 tomes, Publibook, Paris).

Première étape : à la suite de la crucifixion de leur maître, Jésus de Nazareth, ses disciples, au lieu de se disperser, forment une Assemblée (sur le modèle grec, ekklesia) probablement à Jérusalem, peut-être également dans d’autres centres urbains, en Galilée par exemple. Ils s’organisent en Assemblée parce qu’ils disposent d’un écrit, des notes prises de l’enseignement du maître par un disciple. Alors, au moment de la mort de Jésus, il n’existe aucun apôtre. L’Assemblée élit un Conseil de sept membres. Un pacte de confiance, une pistis, un contrat social lie entre eux les membres qui se constituent en Assemblée : ceux-ci «  admettent » (ont pour ‘dogme’, ‘font le pari que’) le tombeau vide est un indice que Jésus de Nazareth a été relevé d’entre les morts par Dieu, lequel, par-là, atteste qu’il vaut mieux accorder sa créance (sa confiance, sa foi) dans l’enseignement de Jésus que dans la Loi mosaïque. Le pacte de confiance est un engagement pour l’enseignement du Nazaréen. Or l’enseignement de Jésus n’invite pas à l’obéissance, mais à l’accueil de l’autre, de tout autre homme et non seulement de ce que j’appellerai les «  gens du Soi » (les membres de la société à laquelle on appartient) ou « un peuple élu ». Et il invite à être l’inventeur de règles de conduite en situation. Qu’il faille se soumettre aux lois du moment, c’est entendu. Mais ces lois, ce sont celles que les hommes se donnent pour vivre pacifiquement en société. Il est probable en outre que Jésus visait la mise en place d’une organisation sociale sans dominant. La première Assemblée nazaréenne a vu sans doute le jour dès l’année 30.

Deuxième étape : la dernière chute du temple de Jérusalem a des conséquences sur le judaïsme mosaïque et sur le nazaréisme, dont les membres sont encore en grande majorité juifs. De nombreux indices dans tous les textes du Nouveau Testament laissent percevoir l’intervention de spécialistes des écritures juives, spécifiquement de prêtres issus de la dissidence, que, pour simplifier la représentation d’un groupe probablement composite, j’appelle, avec d’autres, sadocides. A l’appui de la croyance de disciples de la première génération, dont Paul de Tarse, attendant le retour de Jésus en Messie céleste ou en Fils de l’homme, ces spécialistes des écritures ont élaboré un récit fondateur – fondateur de l’institution de ce qui devient Église, Assemblée d’initiés – de la mort sacrificielle, sur la croix, de Jésus, devenu, lui, Christ, roi et prêtre, Fils de Dieu, s’étant offert volontairement à Dieu, Père, pour réconcilier l’humanité, jusqu’alors désobéissante, avec lui (en vérité, Jésus de Nazareth a été condamné à mort, sur imputation inique du blasphème du nom divin, par le sanhédrin, à l’instigation de son Conseil. Voir le tome premier de Jésus de Nazareth contre Jésus-Christ). Ils ont créé un rite d’entrée dans l’Église – le baptême – et un rite de participation au sacrifice de Jésus sous la forme du repas « eucharistique », c’est-à-dire un repas qui anticipe sur la participation au banquet céleste et qui fait de celui qui croit un fils de Dieu. Manger, par métonymie, le corps du Christ et boire son sang ne signifie rien d’autre que cela : dès ce monde ci, le chrétien participe de la vie divine. Nos spécialistes des écritures n’ont pas pu ne pas élaborer des textes qui avaient pour fonction, de légitimer leur interprétation de la mort sur la croix ; ils ont adapté l’enseignement écrit de Jésus à la doctrine nouvelle qui le faisait Christ, Fils de Dieu, en noyant cet écrit dans une récupération de la loi mosaïque (évangile de Matthieu et de Luc), etc. Le pacte de confiance, «  la foi  » de la première Assemblée a complètement changé de contenu : il est devenu ce que l’on demandait aux fidèles de chanter dans le « Credo ». La foi chrétienne, non moins que l’alliance mosaïque, repose sur une manipulation de l’histoire. Telle est la vérité du Christ.

Tant que les « chrétiens » refuseront d’examiner les fondements de leur « foi », tant que les spécialistes des textes fondateurs, parmi eux, refuseront d’examiner le processus de fabrication de ces textes, leur indignation devant les fondamentalismes, les obscurantismes, les fanatismes de ceux qui, chrétiens eux aussi, s’arc-boutent à la foi comme à un pilier fermement enfoncé dans le sol historique, alors qu’elle repose sur un mensonge historique, pas plus, pas moins que la loi mosaïque, leur indignation donc devant les intolérance de leurs frères croyants ne sera qu’une hypocrisie de pharisien bien-pensant proclamant qu’il n’a rien à voir avec le fanatisme vulgaire. Aussi longtemps qu’ils refuseront d’en examiner les fondements, leur foi en fait des fanatiques en puissance. Tout adepte de la loi mosaïque, tout membre de la synagogue, tout chrétien acceptant l’institution des Églises avec leurs évêques, leurs prêtres et leurs pasteurs, est fanatique en puissance. Et le meilleur garant du fanatisme islamique, ce sont les mensonges judaïques et chrétiens, d’où il dérive et dont il est une dérive.

Il y a dans certaines croyances, disons, pour simplifier, laïques, motivant l’action, quelque chose de pire que dans la foi juive, chrétienne ou musulmane, lorsqu’elles prétendent s’appuyer sur des lois de l’histoire, par exemple, ou sur une analyse « scientifique » du réel, car ce qu’elles escamotent c’est leur statut de croyances sous une rationalité apparente. Nous ne refonderons pas les espaces religieux sans refonder les espaces civiques ; nous n’y réussirons pas si nous ne commençons pas par soumettre à un examen résolu tout le système de nos croyances.

André Sauge

58 commentaires
Foi et fanatisme 27 août 2016 10:15, par THOMAS

Bon, en réalité pas grand chose à se mettre sous la dent dans ce texte de M. Sauge. Il veut remettre en question tous les systèmes de croyances ? Qu’il commence, je lui souhaite bien du courage. Je me passionne pour l’analyse historique, pour l’exégèse des textes bibliques et cela ne me gène absolument pas sur le plan de la foi. Ce que ne comprend pas M. Sauge, c’est que les fondements de la foi ne se trouvent pas dans l’analyse critique historique/textuelle (passionnante par ailleurs). La foi se situe à un autre niveau. Je souhaite à M. Sauge de faire l’expérience un jour de ce qu’est la foi en Christ. Et cette expérience extraordinaire lui décillera peut être les yeux. Comme dit Augustin : la Foi précède toujours l’intelligence (le discernement), jamais l’inverse. Elle permet de voir plus grand, plus large et plus profond. Cette connaissance nouvelle n’est pas le fruit de notre propre intelligence (bien insuffisante à ces niveaux), mais le fruit de la Foi, de l’Esprit de Dieu qui nous éclaire. M. Sauge pourra analyser tous les textes qu’il veut, tant que cette expérience n’est pas faite (cet acte de foi), on demeure, même en étant savant, au ras des pâquerettes... Et le fanatisme n’est pas le fruit de la Foi mais des hommes non éclairés par l’amour de Dieu...

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Tiens, quelque chose d’intéressant ... 22 décembre 2015 21:26, par Agnès GOUINGUENET

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http://www.erfchabeuil.org/index.php/histoire-de-la-pensee-religieuse/41-le-sentiment-religieux-primitif
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Joyeux Noël ! Et vive Olentzero, le charbonnier basque qui amène chaleur et lumière, au moment du jour le plus court de l’année !
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Foi et fanatisme 21 décembre 2015 06:25, par Jack Valim

Au fond M Sauge nous affirme que le christianisme comme le judaïsme seraient des impostures (mensonges historiques) et que toute personne qui y adhère serait "un fanatique en puissance". Supposons un instant de raison que sa thèse du "mensonge historique" soit vraie, il convient de souligner qu’elle n’aurait aucun lien avec le fanatisme. C’est les hommes et non pas les doctrines qui sont la cause du fanatisme. Toute idée peut être soutenue fanatiquement, même une idée vraie : si on suppose juste et bon l’idéal de liberté, on ne peut pas nier, par exemple, qu’il y a eu un fanatisme de la liberté (notamment sous la Révolution française dont les crimes ne sont pas niables). Le communisme a été un fanatisme de l’égalité. Les religions civiles, l’athéisme lui-même qui en principe ne génère aucune religion, aucun culte, s’est montré fanatique et persécuteur. Toute cette thèse est absurde.

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Foi et fanatisme 18 décembre 2015 09:10, par Françoise

Bonjour Mr Sauge

J’ai beaucoup apprécié votre texte. Ceci dit, le constat que vous faites, fort bien documenté et qui me paraît sensé et clairvoyant, peut encore choquer énormément de croyants cathos comme protestants, pas seulement les intégristes, dans la mesure où, comme je le disais ici il y a quelque temps, beaucoup croient plus dans ce que dit l’institution religieuse de Dieu qu’en Dieu. L’expérience de Dieu de beaucoup de catholiques comme de beaucoup de protestants, passe uniquement par la voie institutionnelle et pas par une expérience personnelle privée. Ce qui rend par conséquent difficile une démarche critique vis à vis de la façon dont sont présentés les textes, dont est présenté Dieu au plan institutionnel, avec quelle traduction, avec quel message derrière. Il faut me semble-t-il, que chacun ait accès à suffisamment d’information sur le sujet, ait suffisamment de culture aussi, ait osé lire quelques apocryphes, ait aussi une approche déjà critique de l’institution cléricale, établi déjà une différence entre foi et religion, pour comprendre et apprécier votre propos. Sans ces bases de cheminement personnel et de réflexion, d’information et d’éducation, il me semble très compliqué pour pas mal de croyants (y compris progressistes) d’apprécier votre propos.

Mais je salue votre démarche qui rejoint d’autres voix catholiques critiques, depuis notamment la découverte, l’étude et la traduction des apocryphes.
J’ai l’impression que nous arrivons aujourd’hui, grâce à l’éducation scolaire massive, aux découvertes des derniers manuscrits bibliques, aux progrès scientifiques, à un moment bascule dans l’approche religieuse, au moins chrétienne, qui nous permet de sortir d’une croyance aveugle dans les institutions religieuses, et donc de pouvoir saisir autre chose de Jésus, comme de Dieu mais aussi comprendre l’opportunisme, le cynisme et la réalité totalitaire et violente de nos institutions religieuses dont la raison d’être est la domination et non la transmission. Ce qui explique aussi la virulence par effet de bord de l’intégrisme, la mise en avant de groupes intégristes au sein des institutions religieuses chrétiennes (protestantes comme catholiques), intégrisme qui voit progressivement son système de domination décrypté, identifié, donc en passe de s’effondrer et qui tente le tout pour le tout...

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Bonsoir Monsieur SAUGE. 14 décembre 2015 23:43, par Agnès GOUINGUENET

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Sans la Résurrection de Jésus de Nazareth, y a-t-il un Christianisme ?
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Le reste n’a que peu d’importance, me semble-t-il.
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Et comme il n’y a plus d’ADN pour prouver tout cela ...
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Donc acte de foi, par définition irrationnel. Après, je me répète, il ne faut pas sombrer dans le déraisonnable, qui n’est pas loin du psychiatrique, donc du pathologique.
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Les Juifs croyaient en la Résurrection ; pas les Grecs. D’où l’échec de Paul de Tarse à Athènes. Son "copié-collé" ne fut pas cru par les Hellènes. Flop.
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Concernant les "croyances", je mettrais un bon point à la Science, qui est capable de reconnaître qu’elle s’est trompée, quand sa propre évolution le lui prouve.
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Louis Pasteur eut bien du mal à convaincre ses contemporains que la génération spontanée n’existait pas. Et pourtant ...
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Nous devons reconnaître que cette instabilité du savoir jamais abouti, est anxiogène. Avec la Foi, c’est plus "peinard". Encore faut-il ne pas être tiraillé par le doute ! Ah foutue condition humaine ...
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Cordialement.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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Foi et fanatisme 10 décembre 2015 14:29, par Ventadour

Vous nous servez le vieux protestantisme libéral de la fin du XIXe siècle en ayant l’impression de faire œuvre de nouveauté radicale. Mais c’est un radotage éculé !

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M Sauge et la foi 9 décembre 2015 21:03, par Jack Valim

Il faudrait quand même préciser qui est M. Sauge : c’est un libre-penseur qui, se prétendant historien, a aussi la prétention d’expliquer que le christianisme est une fable. C’est ainsi qu’il s’est fendu d’un ouvrage en 3 volumes s’il vous plaît, pour "mettre en évidence que la figure du "Christ" est une fabrication, par des prêtres juifs dissidents, dits "sadocides" du début du 2e siècle, que Jésus de Nazareth n’a fondé aucune Eglise, qu’il n’a jamais eu aucun apôtre auprès de lui". Et notre homme de se plaindre : "du côté des intellectuels laïcs, je ne vois toujours rien venir. J’en ai parfois le sentiment qu’on me reproche d’avoir complètement démythifié la religion - car au-delà du christianisme, c’est le religion qui est mise en cause - et du coup les idéologies de manière générale. S’il faut dénoncer toutes les croyances, cela ne va plus être très gai de penser ! " (voir son blog sur Mediapart). Evidemment, la seule croyance que M. Sauge ne remettra pas en cause, c’est l’athéisme. Car la supposition qu’il n’y a pas d’être existant par lui-même et cause de tous les autres êtres (pour dire ce qu’est Dieu en termes de métaphysique) est aussi indémontrable que la proposition inverse alors que la grande question de toute la philosophie est bien "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?"
Une autre question que M. Sauge ne posera pas, c’est de savoir pourquoi l’athéisme n’est pas plus tolérant que les religions : la croyance en "non-Dieu" ne s’est pas montrée, à l’usage, plus tolérante que la croyance en Dieu, en tous cas quand les athées ont pris le pouvoir au nom de leur idélogie matérialiste (le communisme étant, je l’admets, pratiquement le seul cas à ce jour, mais un cas assez remarquable).
Une autre question est de savoir ce que les thèses d’un Sauge font sur un média qui se dit par principe chrétien. Encore pourrait-on le comprendre si on expliquait le débat d’idées que cet auteur veut lancer et si on le mettait en perspective critique, ce qui n’est pas le cas.
A la fin, d’ailleurs, tout cela est assez oiseux : ce n’est pas les croyances (ou non-croyances) qui sont intolérantes, mais les hommes tout simplement. L’homme peut croire n’importe quoi : pluralité de dieux (les mythologies païennes antiques par exemple), un seul Dieu (les monothéismes), pas de Dieu du tout (les matérialistes), pour peu qu’’il ait le pouvoir, il persécutera tous ceux qui ne pensent pas comme lui : Néron ou Dioclétien n’étaient pas plus tolérants que Torquemada ou Calvin ni que Robespierre ou Staline. J’évite de faire référence à Hitler uniquement parce que c’est trop facile. Aujourd’hui le polythéisme hindou porté par le BJP en Inde n’est pas plus tolérant que le monothéisme islamique en Arabie ou en Iran, ou que l’athéisme officiel au Vietnam.
Bref, le texte de M. Sauge ne démontre rien. Reste toujours une question : qu’est-ce que ce texte fait là ?

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Emanuel@ Foi et fanatisme 9 décembre 2015 10:09, par Emanuel

Dès lors que la foi, qui est confiance et fidélité sans être soumission, devient "missionnaire" le fanatisme pointe son nez...
Ainsi de la nouvelle évangélisation portée plus particulièrement par des mouvances extrémistes...
Il me semble que la foi est d’abord exemple avant d’être témoignage.

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- Dans la rubrique: THEOLOGIE
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