Parution : 7 janvier 2016
Un an après Charlie Hebdo : caricatures et religions
Par Golias

Janvier 2016 se souvient de janvier 2015. Les mesures de sécurité décrétées par l’État sont toujours en vigueur, c’est sans doute inévitable, et les citoyens acceptent de bon cœur qu’il en soit ainsi. Mais qu’attendre des contrôles aux frontières, des soldats en armes, des fouilles des sacs et des portiques magnétiques dans les lieux publics ? Il y a sans doute plus et mieux à imaginer. Faire acte de mémoire ?

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2015 restera une annus horribilis : en janvier et en novembre, la France est frappée par des attentats qui plongent notre pays dans le désarroi mais suscitent aussi des moments de solidarité exceptionnels. Les Français ne peuvent se laisser soumettre par une violence qui veut anéantir leur liberté d’expression et leur mode de vie.
Un an après l’attentat contre Charlie Hebdo, il nous est apparu important de revenir sur la question des caricatures qui ont traumatisé nombre de musulmans. « Est-ce qu’une caricature donne à penser ? » Telle est la question que pose le théologien François Bœspflug. Il nous offre, dans son dernier livre, un panorama de la difficulté pour les religions d’accepter des représentations iconographiques de Dieu. A méditer dans notre société très marquée par la présence quasi perpétuelle et obsessionnelle des images !

S’il est clair que les condamnations religieuses des caricatures, qu’elles émanent des responsables chrétiens ou musulmans, ne cherchent pas seulement à défendre Dieu mais ceux qui les représentent, on peut aussi affirmer que celles-ci devraient permettre à ces mêmes autorités de se remettre en question. N’oublions pas, pour ce qui concerne le christianisme, que le Christ a été condamné pour blasphème et que la croix, objet de vénération aujourd’hui, fut d’abord un signe de malédiction ! Le cœur même de la foi chrétienne est donc scandale pour les religieux et folie pour les libres penseurs… Un signe de contradiction.

François Bœspflug propose une « paix des images » pour éviter une nouvelle guerre iconoclaste mais sans céder à une autocensure mortifère. Quant à ceux et celles qui se revendiquent d’un islam authentique, ils seraient bien avisés de montrer avec plus de fermeté leur opposition à ceux qui condamnent à mort les caricaturistes ! Parce que la caricature n’a jamais été une image du vrai Dieu ! Mais seulement des idoles construites par ses représentants… Reste donc que la caricature doit donner à penser. Honnêtement, est-ce qu’un homme nu sur une croix nous fait encore réfléchir ? Y voyons-nous le Très-Haut devenu le Très-Bas ? Comment reconnaître le Verbe de Dieu dans un enfant qui ne parle pas encore ? De pauvres bergers, des mages païens l’ont découvert ? Et nous ? [Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo 414 : http://golias-editions.fr/article5362.html]

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Les caricatures évoquées blessent nos semblables sans pour autant nous aider à penser. Nous sommes en effet capables de réfléchir sans avoir à moquer l’objet de la foi des musulmans envers lesquels la simple fraternité républicaine devrait nous conduire au respect.

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Meilleurs voeux à toutes et à tous . 17 janvier 2016 19:42, par eliane

En espérant que vous puissiez bien rire cette année , y compris de vous même ...
Pour ma part j’ai ri jaune en début de semaine dernière en lisant Ouest-France papier .Il y était raconté que Mr Braulio Rodriguez ,archevêque espagnol de Tolède a déclaré lors d’une messe que les violences conjugales seraient le fruit de l’attitude désobéissante d’épouses qui refusent les demandes de leurs maris ...
Il doit encore se croire dans l’antiquité voire dans la préhistoire ce prélat ! ! ! . Il est vrai qu’en 2009 il a été élevé au rang de primate , oh pardon , de primat d’Espagne par Benoît Très étroit (=16) . Heureusement qu’il n’est pas marié .En tout cas si j’avais eu la malchance d’être mariée à un tel homme il en aurait été bien marri ...

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Un an après Charlie Hebdo : caricatures et religions 11 janvier 2016 18:38, par Jack Valim

Je comprends que tu as décidé de censurer tous mes messages, peut-être passeras-tu néanmoins celui-ci- que seuls toi et moi sommes capables de comprendre. Ceci est juste pour te dire que je ne suis pas ou plus dupe de la prétendue modération de ce forum,.... . Je t’invite à méditer ce vers de Racine, à défaut d’Écriture Sainte « Il n’est point de secret que le temps ne révèle » (Britannicus, IV, 4).
Bon vent !

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Suite de mon commentaire sur le mot "caricature" 9 janvier 2016 14:37, par Cassien

Une caricature n’est donc pas une simple représentation iconographique. Même si les Musulmans jugent sacrilège toute représentation de Mahomet, il est évident que ce n’est pas pour lui avoir donné un visage que des fanatiques musulmans ont voulu venger leur Dieu en commettant les crimes que l’on sait. C’était pour l’avoir représenté d’une manière grotesque et ridicule.

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Caricature... 9 janvier 2016 14:18, par Cassien

... en français, a un sens toujours péjoratif. Ce n’est pas simplement une représentation, mais une représentation grotesque de personnes, d’événements qu’on veut ridiculiser (Littré). Le mot semble venir de l’italien "caricare", qui signifie "charger". Charger, exagérer, grossir : on voit déjà là le contraire du respect.

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Deux types de caricatures 9 janvier 2016 13:01, par Jack Valim

- en principe l’art du caricaturiste est de faire rire. Or le rire, comme l’explique Bergson, est "l’anesthésie du coeur" : il s’adresse à l’intelligence pure, en mettant de côté les émotions (on peut rire des choses les plus tragiques, le rire est transgressif : un Dieudonné fait réellement rire des gens à propos de chambres à gaz). Un être humain qui met son coeur entre parenthèses est-il encore entièrement un être humain ? les théologiens ont longtemps disserté sur la question en faisant valoir que dans les Evangiles il n’est jamais question du rire : d’ailleurs Jésus, qui était pleinement humain, n’a jamais ri. En revanche, Satan qui comme esprit pur est pure intelligence (mais intelligence qui s’est vouée au mal) passe pour aimer rire : le rire a quelque chose de satanique. Les seuls qui font des blagues dans l’Evangile, sont ceux qui humilient Jésus "Salut, roi des Juifs !,...et quand ils se furent bien moqués de lui, ils l’emmenèrent pour le crucifier" (Mt 27,31) et ensuite ceux se moquent de Jésus en croix "Les grands-prêtres se moquaient de lui et disaient : il en a sauvé d’autres, il ne peut se sauver lui-même ?" (Mt 27,42), Ce que promet l’Evangile, c’est la joie, pas le rire. Il y a de la joie au rire la distance qu’il ya du bonheur au plaisir.
- cependant, la caricature donne aussi à penser en ce qu’elle est fondée sur le grossissement ou l’exagération d’un trait réel. A ce titre, elle est l’expression d’une analyse, d’une pensée, mais elle ne vaut que ce que vaut la pensée qu’elle véhicule. L’antisémitisme, par exemple, s’est longtemps diffusé par la caricature. La caricature, c’est un raccourci de la pensée, ce qui veut dire que c’est une pensée mutilée, une pensée sans nuances, une pensée sans subtilité (quand on parle d’humour subtil, on parle d’un humour qui se dissimule, mais cet humour peut être tout à fait grossier, c’est d’ailleurs un des ressorts de l’humour grivois que de dissimuler une pensée salace sous une autre qui ne l’est pas). Faire de la caricature un exercice philosphique comme le propose l’article n’est sans doute pas faux : on peut philosopher sur toute réalité ; en revanche en faire la source d’une pensée profonde, subtile, qui fasse avancer les choses, me semble assez exagéré.

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Un an après Charlie Hebdo : caricatures et religions 7 janvier 2016 17:12, par lucien

Savoir rire de la religion est le signe d’une foi adulte

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