Parution : 12 mars 2016
La « loi travail » : un oxymoron ?

La nouvelle ministre du travail, Myriam El-Khomri, a été hospitalisée durant la journée du 1er mars. On nous a dit d’abord qu’il s’agissait d’un malaise, signe probable de la réprobation quasi générale déclenchée par son projet de loi. Pour quelle(s) raison(s) ? Respect scrupuleux du secret médical, événement humiliant du genre du bretzel qui avait failli étouffer G.W. Bush, ou bien impact émotionnel de la pétition et de la fronde ? Peut-être les trois, allez savoir.

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Il faut dire qu’elle a fait fort, en acceptant le mistigri à la place d’Emmanuel Macron pour virginiser ce dernier. La réaction sociale ne s’est pas fait attendre : elle a pris la foudre, elle qui passe pour incompétente depuis la preuve accablante et consternante (on était gêné pour elle) de son ignorance lors d’une interview sur BFM-TV avec Jean-Jacques Bourdin, juste après avoir été nommée. Puis le président de la République française soi-même, adoptant un ton condescendant et bonhomme dont il est coutumier, s’est fendu en urgence d’une interview en évoquant un « accident domestique » (elle aurait glissé dans sa baignoire, ce qui est peu glorieux et fait penser à l’infortuné Claude François). Le but apparent est de ne pas l’affaiblir encore plus en évitant d’accréditer l’idée qu’elle ne supporte pas la pression, mais en réalité de la réconforter.

Cette illustre inconnue a été décrite comme une « femme de conviction  » par François Hollande, ce qui peut vouloir dire trois choses : elle se prétend de gauche malgré les soupçons avérés de libéralisme ; elle est réellement en accord idéologique avec l’anti-socialisme caractérisé de son projet ; elle a accepté par carriérisme la place qui lui est assignée dans la division sexuelle du travail au sein du parti « socialiste ». En affirmant cela, il s’est efforcé de ne pas la faire passer pour une simple affidée obéissant à ses mentors dans le cadre d’une carrière protégée. Mais les mots ne sont pas que des mots et la parole politique n’est pas dotée d’une présomption de crédibilité et de sincérité à toute épreuve. L’intervention de F. Hollande en elle-même, bien que destinée à la « soutenir » (vocable pour le moins ambigu), sonne comme une confirmation de sa subalternité : M. El-Khomri est bel et bien en service commandé : «  Elle a été nommée pour que Matignon reprenne la main sur le social, elle n’est qu’une exécutante », prête-t-on à un cacique du PS (Le Monde, 2 mars). Mais le coup de grâce a été donné par son chef, M. Valls lui-même : «  Myriam est solide, ne la sous-estimez pas, ce n’est pas un pantin »...

Un projet antisocial

La nouvelle locataire de la rue de Grenelle serait excusable car elle serait une «  femme de conviction » et n’aurait commis qu’une erreur tactique en évoquant l’arme fatale de la Ve République, le fameux « 49.3. » (on dirait un nom d’arme à feu du genre « Magnum 457 » ou « AK47 »). Cet alinéa de la Constitution permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi en refusant toute modification du texte (i.e. amendement) si une motion de censure n’est pas votée à la majorité des députés inscrits. Dans ce cas-là, le gouvernement tombe et il y a de fortes chances pour que le président de la République, qui dispose du droit de dissolution (uniquement de la chambre basse, de l’Assemblée nationale), s’en serve en cas d’accord politique entre lui et le gouvernement. Les députés doivent alors se faire réélire et risquent de perdre leur siège, mais ils risquent surtout de ne pas être réinvestis par le parti qu’ils ont fait tomber, les partis au pluriel en cas de coalition (radicaux, écologistes, régionalistes), et de ne pas revenir (c’est ce manque de courage qui freine les « frondeurs » malgré toutes les couleuvres qu’ils ingurgitent).
Le texte de loi annoncé est un projet de loi modifiant le code du travail qui court-circuite les partenaires sociaux, violant le pacte républicain qui veut qu’un texte sur un tel sujet fasse l’objet de négociations souvent longues, alors qu’il va influencer la vie au travail de dizaines de millions de gens. Il intègre aussi la partie restante du projet Macron, ce qui le rend encore plus explosif et inacceptable pour quiconque est sincèrement de gauche. C’est un projet qui répond aux attentes du grand patronat bien plus qu’à celles des électeurs de F. Hollande en 2012. Dans ces conditions, évoquer le passage en force revenait à dresser un bras et un doigt d’honneur à tout le monde ; or peu de personnes apprécient d’être ainsi considérées (dans un flash d’information à la radio, on nous conseille de nous faire dépister le cancer colorectal...). Parmi les éléments proposés dans le projet actuel :

  • En cas de licenciement illégal, l’indemnité prud’homale est plafonnée à 15 mois de salaire
  • Les 11 heures de repos obligatoire par tranche de 24 heures peuvent être fractionnées
  • Une entreprise peut, par accord, baisser les salaires et changer le temps de travail
  • Les temps d’astreinte peuvent être décomptés des temps de repos
  • Le dispositif « forfaits jours », qui permet de ne pas décompter les heures de travail, est étendu
  • Les apprentis mineurs pourront travailler 10 heures par jour et 40 heures par semaine
  • Le plancher de 24 heures hebdomadaires pour un contrat à temps partiel n’est plus la règle dans la loi (confirmation d’une loi antérieure)
  • Il suffit d’un accord d’entreprise pour que les heures supplémentaires soient 5 fois moins majorées
  • Une mesure peut être imposée par référendum contre l’avis de 70% des syndicats
  • Une entreprise peut faire un plan social sans avoir de difficultés économiques
  • Après un accord d’entreprise, un-e salarié-e qui refuse un changement dans son contrat de travail peut être licencié
  • Par simple accord on peut passer de 10h à 12h de travail maximum par jour.

Cerise sur le gâteau, la « plume » (sic) de M. El-Khomri, Pierre Jacquemain, a démissionné début février et s’est désolé publiquement (invité à l’émission « C’est dans l’air » sur France 5, puis tribune dans Le Monde le 1er mars, etc.) qu’elle se soit écrasée. Il est présenté comme un ancien collaborateur de Clémentine Autain (Ensemble) et serait donc vraiment de gauche. Voici ce qu’il répond à un journaliste de L’Humanité (29 février) : « J’ai peu à peu compris que nous perdions la bataille. En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon. C’est le Premier ministre qui donne le ton. Après le rapport Combrexelle, Myriam El Khomri avait pourtant une grande ambition. Elle a mené une concertation fructueuse avec les partenaires sociaux, qui a débouché sur de réelles avancées. Malheureusement, aucune de ces avancées n’apparaît dans le projet de loi final. Le compte personnel d’activité n’est qu’une coquille vide, qui n’est que l’agrégation de droits sociaux déjà acquis. Par ailleurs, à qui veut-on faire croire que la dématérialisation des fiches de paie est une grande avancée sociale ? » ; « Ce projet de loi est une erreur historique. C’est une régression en matière de droits sociaux, dans la mesure où de nombreux acquis des travailleurs pourront être renégociés à l’échelle des entreprises, où le rapport de force est systématiquement défavorable aux salariés. C’est un non sens économique, parce qu’il n’est pas prouvé que cette loi créera de l’emploi. C’est enfin un non sens politique : quand on se dit de gauche, quand on s’estime progressiste, je ne vois pas comment on peut soutenir un tel texte. » Pour P. Jacquemain, la « loi travail » est un projet qui « déshonore la gauche. »

À tribord toute

Ce procédé cavalier de la part d’une ministre sans aucune expérience dans la fonction est plus qu’une maladresse : c’est le signe indubitable que ces gens se croient tout permis à partir du moment où ils évoluent dans les cercles dominants, fussent-ils des autodidactes zélés et dévoués persuadés que, même carbonisés, on leur trouvera un délicieux point de chute en cas d’échec (bien qu’ayant éclaté comme une bulle de savon l’ancien patron du PS est devenu rien de moins que ministre des affaires européennes...), mais à la condition de rester bien sage et de ne pas ruer dans les brancards (cas de Fleur Pellerin). Contre toute promesse, les actuels gouvernants estiment avoir raison de mettre en œuvre le bréviaire ultra-libéral à un point tel que n’aurait pas osé faire un gouvernement officiellement de droite... ! Les figures des partis étiquetés de droite ont d’ailleurs approuvé le projet tout en trouvant le moyen de faire un peu de surenchère.
La stratégie hollandienne est claire : couper l’herbe sous les pieds de ses rivaux de LR dans le but d’attirer leurs électeurs sur son nom dès le premier tour de la prochaine élection présidentielle et miser sur leurs casseroles judiciaires pour les délégitimer. Mais pour se présenter, la courbe du chômage doit s’infléchir (après avoir grimpé dans des proportions gigantesques !). Le but réel de ces modifications du code du travail n’est pas tellement d’être efficaces dans la réalité mais de fournir l’« explication » idoine à la future et opportune baisse de la courbe. Quitte à s’arranger pour qu’elle baisse par des mesures administratives ou en plaçant les chômeurs en formation. Cela veut dire qu’aussi bien tactiquement qu’idéologiquement, F. Hollande a tiré un trait sur les partis et les idées de gauche — sans doute bien avant la campagne 2012 — et qu’il vogue à tribord toute et qu’il a hissé le spinnaker pour sauver ses intérêts personnels, escomptant tirer parti de son capital politique supérieur pour étouffer ses rivaux au sein de la majorité. Il en deviendrait le champion pour l’élection présidentielle prochaine, malgré sa cote de popularité étique et la phase des primaires, dès lors improbable. Il serait alors réélu en étant le moins pire des choix face à Marine Le Pen et le tour est joué.
Mais on se demande pourquoi le ton infantilisant et bonhomme que F. Hollande emploie en public n’agace pas plus à l’exception de certains imitateurs, passant même au registre du mépris de classe en privé si l’on en croit son ex. Pourtant, en homme officiellement de gauche, même replet, il est supposé faire preuve d’une empathie sincère et forte envers les classes populaires et moyennes qui doivent se serrer la ceinture, ce dont son habitus de classe le rend clairement incapable. Considérer les dominés comme s’il était un maître d’école faisant preuve de patience à l’égard de grands enfants que l’on force à s’adapter au nouveau monde est le summum de la suffisance, comme si F. Hollande avait la science infuse alors qu’il mène juste une politique de classe. En effet, en abattant les règles protectrices des plus faibles les unes après les autres, n’est-il pas en train de faire entrer le renard libre dans le poulailler libre ? On ne voit plus trop dès lors en quoi ses gouvernements successifs seraient de gauche.
La « compréhension » que le président de la République évoque au sujet de la colère que parfois les « sans dents » expriment est d’ailleurs fort ambivalente : il sait bien que ses décisions touchent certaines catégories, celles qu’il s’agit justement de « réformer » voire de supprimer si la « main invisible » du marché en décide ainsi. La façon dont elles manifestent leur colère et leur désapprobation semble toujours trop énergique aux classes supérieures, notamment aux journalistes et aux animateurs des grands médias, très facilement « choqués », les pauvres, par le premier arrachage de chemise venu (des facétieux envisagent de rééditer leur exploit mais avec une future et plantureuse DRH...). Ces manifestations de colère sont en partie des passages obligés à ses yeux, comme une inévitable crise d’adolescence à subir. Mais sa « compréhension » ne revient pas à lutter avec eux, à passer la nuit dehors à leurs côtés autour des braseros, à les sortir de la mouise. Elle revêt au contraire une triple dimension de cynisme (allant jusqu’à prendre les gens pour des imbéciles), de tactique (comme en témoigne le rite sacrificiel du salon de l’agriculture) et de ponce-pilatisme (simple spectateur d’une « politique » qui se décide ailleurs et dont il est le relais pathétiquement paternaliste).

Des gouvernants impudents

Cela explique que si nos chers gouvernants ne parviennent pas à faire voter la « loi travail » comme ils l’espéraient au départ, eh bien ils y parviendront de façon subreptice ou rusée (en feignant une négociation, par exemple). Las ! Même la diversion de Ségolène Royal annonçant que les centrales nucléaires allaient voir leur exploitation prolongée de dix ans n’a pas suffi à faire retomber le soufflé (le soufflet). En réalité, ils ne sont pas si malins et si courageux que cela, ils font pas mal d’erreurs et il serait temps de s’en rendre compte. Ils ne font que profiter d’un contexte politique favorable et sciemment entretenu à la gauche du parti socialiste (diviser pour régner, esprit boutiquier, narcissisme, intérêts financiers, attrape-nigauds comme les primaires). De plus, en nommant M. El-Khomri pour faire le « sale boulot », ils se sont certes engagés à la soutenir et à la rassurer sur son sort futur, mais ils ont cherché aussi à piéger ses futurs contradicteurs. Elle serait implicitement inattaquable parce que toute contestation du projet de loi provocateur tomberait sous le coup de la misogynie et de la xénophobie. Mais ce piège n’a pas fonctionné : l’initiatrice de la pétition, Caroline de Haas, est une militante féministe et antiraciste, ancienne conseillère de Najat Vallaud-Belkacem, proche du syndicalisme chrétien. Et puis surtout ce n’est pas le problème.
Sur ce coup-là, le Premier ministre Manuel Valls a été spectaculairement court-circuité par l’Élysée alors que la ministre est sa chose. C’est une forme d’humiliation pour lui, qui ressent une grande usure physique, morale et politique de sa posture dont l’alpha et l’oméga se fondent sur des coups de menton nationalistes et répressifs déclinés sur tous les sujets. On peut compter sur l’inoxydable Christian Jacob, porte-parole de LR à l’Assemblée nationale, pour ironiser à ce sujet en séance. Cette interview précipitée était aussi pour F. Hollande une manière de couper court aux ambitions présidentielles de M. Valls en rappelant qu’il est la patron et qu’il n’entend pas se faire brûler la politesse l’année prochaine. La presse a diffusé une photographie le cadrant avec M. El-Khomri et la mine qu’ils affichent est défaite, renfrognée, crépusculaire, terrible. Ils se sont aussi ridiculisés sur les réseaux sociaux où leur propos consiste à dire que les gens n’ont pas bien compris et qu’on va leur expliquer. Encore et toujours la même posture de surplomb de la « pédagogie » et de la « communication »... Concrètement, cela se manifeste par une morgue burlesque envers les opposants, qui ne seraient pas capables de comprendre ; à « Télé-matin » le 3 mars (France 2), la ministre estime que l’inquiétude des étudiants via leurs syndicats est ni plus ni moins qu’« absurde »...
Après leur avoir laissé carte blanche, F. Hollande vient donc de les rabrouer en public en leur imposant un report à l’étape supplémentaire de la destruction des protections des plus faibles. Les voilà donc renvoyés à leurs chères études, eux aussi infantilisés par le grand manitou. Il est intervenu pour « soutenir » l’inexpérimentée ministre du « travail » (ô la belle novlangue politique !) et pour annoncer que le contenu du projet allait faire l’objet d’une consultation des partenaires sociaux et des parlementaires. On se croirait dans « 1984 », le roman d’anticipation de George Orwell où le sens des mots était inversé : comment peut-on appeler « travail » une loi qui facilite les licenciements et détériore les conditions de travail et de rémunération ? Ce serait une loi pour faciliter l’entrée des jeunes sur le marché du travail !

Un report tactique

Invités poliment pour une collation, les « partenaires sociaux » (sic) vont donc parader les uns après les autres, avec leurs attachés-cases et leurs complets vestons, afin de les amadouer, moyennant quelques aménagements à la marge qui passeront pour autant de concessions (et peut-être aussi quelques promesses en sous-main de renvois d’ascenseurs) et qui seront censés apaiser la colère et la contestation. Tout cela se déroulera en catimini sous les ors des palais républicains, avant sans doute de reproposer les dispositions envisagées, soit dans un même texte, soit dispersées. Le but est d’éviter une contestation importante qui cristalliserait les révoltes sectorielles, déclenchant un effet boule de neige. Pour éviter cela, nos actuels gouvernants appliquent les règles habituelles en cas de texte de loi ou de mouvement social :

  • lancer un ballon d’essai par la bande (une fuite, un député, un rapport officiel) pour pouvoir se retirer sans être ridicule ;
  • annoncer un texte outrancier et provocateur pour ensuite donner l’impression de faire des concessions et arriver au point prévu ;
  • en cas de manifestations, délégitimer ou réprimer le mouvement par la police, la gendarmerie ou la justice en évitant les morts (Devaquet, Sivens) ;
  • dispenser dans les grands médias un discours rassurant et positif, limite lénifiant, en proclamant qu’on va faire tout son possible ;
  • parier sur la lassitude et le fatalisme en claironnant que le gouvernement ne reculera pas (droit dans ses bottes, aller jusqu’au bout) ;
  • si le mouvement social se poursuit, lâcher du lest ou inventer des mesurettes que l’on sait inefficaces pour amadouer les porte-parole ;
  • faire semblant de renoncer au projet controversé mais la faire passer de façon honteuse au milieu d’un autre texte, par petits bouts, par un député ou au milieu de l’été ;
  • retoquer le projet en le dénaturant, en le vidant de sa substance tout en disant que l’on n’y a pas renoncé pour sauver la face ;
  • le retirer en désespoir de cause, en invoquant la paix civile ou même (rétrospectivement) l’erreur.

Le lundi 29 février, c’est un « report » forcé de quelques semaines que le gouvernement a donc annoncé. Il l’a fait sous une triple pression : le succès énorme de la pétition lancée par Caroline de Haas sur change.org (qui va sans doute atteindre le million de signataires) et de la page Facebook et le compte Twitter consacrés à la « loi travail » ; la tribune de Martine Aubry et de ses amis dans le quotidien Le Monde attaquant la politique de F. Hollande et de M. Valls (qui a réagi aussitôt, signe que le coup a porté) ; la mobilisation d’un syndicat étudiant affilié au parti socialiste, l’UNEF, avec l’éventualité de manifestations étudiantes (blocages, défilés, AG, occupation, etc.) dans les rues et les Universités, voire les lycées (l’actuel président de l’UNEF, William Martinet, a commencé sa « carrière » de militant contre le CPE en 2005...). Les syndicats, quant à eux, passent pour de lourds navires qui mettent un temps infini pour se mettre en branle ; de plus, quand ils ne sont pas contestataires, ils sont « réformistes », c’est-à-dire complices des régressions sociales. Cela signifie que le risque pour les gouvernants d’être débordés par une contestation sociale d’ampleur — un appel à la grève générale pour le mercredi 9 mars a été lancé par l’UNEF — alors que la police, la gendarmerie et l’armée sont épuisées par l’état d’urgence a été jugé trop grand par le président de la République. Mais personne n’est dupe et les pétitionnaires savent bien qu’il doivent rester plus que vigilants : mobilisés. Un report n’est pas un retrait définitif.

Jacques Le Bohec

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Près d’1 290 000 signataires et autant de manifestants dans toute la France hier.

Et un mouvement d’échanges et de réflexion intergénérationnel sur les systèmes politiques, économiques, sociaux qui nous gouvernent, naît un peu partout en France : Nuit Debout !

http://www.politis.fr/articles/2016/03/nuit-debout-acte-de-naissance-dun-mouvement-inedit-34443/

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La « loi travail » : un oxymoron ? 15 mars 2016 11:09, par Françoise

A l’heure où j’écris nous sommes 1 262 067 signataires de la pétition Loi Travail non merci ! Et les mobilisations vont se poursuivre ce jeudi 17/03 et le 31 mars prochain.

Evidemment, la presse s’est faite relativement discrète sur cette pétition record ainsi que sur la mobilisation importante de mercredi dernier (toutes villes confondues). Il faut minorer le mouvement de protestation et d’indignation. Pas seulement de la jeunesse, car mercredi, nous étions de tous les âges à manifester dans petites, moyennes, grandes villes et à la capitale.

La jeunesse comme le reste de la population, réalise l’objectif de ce projet : placer la subordination corollaire à l’emploi à un niveau proche de l’esclavage.
En juin de l’an dernier, les grands dirigeants industriels s’étaient réunis en comité restreint pour échanger sur les possibilités de ramener le code du travail au niveau de celui du Qatar. C’est à dire à un niveau mettant l’ensemble des salariés du public comme du privé, au niveau de l’esclave. Les dirigeants s’étaient plaint également de ne pouvoir en France utiliser une main d’oeuvre enfantine comme cela se pratique encore dans certains pays. Et le PDG de Air France KLM est allé jusqu’à dire qu’après tout, les enfants pauvres n’avaient pas besoin de s’instruire mais pouvaient mieux servir la société en travaillant dès l’âge de 7-8 ans en usine. Que ce serait l’idéal et permettrait de casser les salaires de l’ensemble des salariés, jetant au panier le salaire minimum...
Et que voyons nous débarquer quelques mois plus tard ? La loi travail qui vise la destruction des protections encore en vigueur des salariés, les mettant totalement à la merci du patronat, y compris en baissant encore l’âge de l’apprentissage et les conditions de travail.

Même si la population française paraît souvent dépolitisée et amorphe, quand on touche à sa survie économique, déjà fortement attaquée depuis les années 80 par l’adoption du chômage structurel de masse, par le boom de la précarité et des cdds par action renouvelables à l’infini, faudrait quand même pas pousser la population à nouveau dans une situation d’esclavage digne du 19ème siècle.

Il est donc logique qu’il y ait protestation massive de l’ensemble des salariés. Ce qu’oublie l’actuel gouvernement, c’est que le contexte actuel qui voit à la fois des attaques sur les agriculteurs, sur les ouvriers, sur les médecins, sur la sécurité sociale, créée une colère sourde et rentrée de différents secteurs d’activité, fédère des gens touchés de plein fouet dans leur dignité, leur survie économique. A trop vouloir tirer sur la corde, elle finit par casser.

Et ce n’est pas les jaunes de la CFDT et les effets de manches de Valls qui y changeront quelque chose.

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La « loi travail » : un oxymoron ? 14 mars 2016 13:47, par noel beda

Il na faudrait pas oublier que les différentes formes de rétribution ne sont qu’une manière de repartir la richesse produite.
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Jadis et encore il n’y a pas si longtemps que cela cette répartition se faisait par l’échange en général à la St Jean et à la St Martin.J’ai encore connu un village où cela se pratiquait , le forgeron fut tout surpris de devoir faire une facture et qu’elle soit payée en cash.
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Mais encore il s’agit bien de repartir la richesse produite.
Qu’elle est la richesse produite par un syndicaliste UNEF qui à 27 ans à juste une licence,ou par un délégué syndical qui n’a plus vu son poste de travail depuis une éternité.
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Entendons nous par richesses je ne parle pas uniquement d’argent , mais de biens nécessaires, à la vie et à l’épanouissement de l’individu et de sa famille
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Or les vaches grasses c’est fini ! Un beau jour nos créanciers ne nous prêterons plus rien ou alors à un taux prohibitif.
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Et l’État se retournera vers vos sous pour pratiquer la méthode chypriote.Pourquoi croyez vous qu’il souhaite dématérialiser la monnaie ?, sinon pour prendre sur vos comptes directement.
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Moralité ceux qui refusent de se serrer un peu la ceinture aujourd’hui connaitrons des jours à la grecque, mais sans la mer et le soleil !
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