Parution : 24 mars 2016
Éthique

Elle devrait s’imposer identiquement à tous. Mais malheureusement ce n’est pas le cas. Une récente enquête de chercheurs américains et canadiens vient de le mettre en évidence. À partir de tests concrets, ils ont établi l’existence d’une relation inverse entre élévation dans la hiérarchie sociale et éthique du comportement individuel. Autrement dit, plus on est riche, moins on a de moralité (Source, avec description des tests : Le Monde.fr, 29/02/2012).

Ainsi la tricherie, le mensonge, l’auto-absolution des fautes commises, sont plus grandes dans l’attitude des riches : sans scrupule aucun ils transforment en vertu positive ce qui aux yeux de tout homme normal est un vice essentiel : la cupidité. C’est ainsi que l’enquête explique ce lien qui s’établit entre hauteur sociale et bassesse morale.
J’avais déjà remarqué que les pauvres sont plus généreux, y compris dans les dons qu’ils font aux plus démunis, que les riches. Un cynique dirait que c’est compréhensible : si les riches donnaient plus, ils le seraient moins. En fait, je pense que les pauvres ont une capacité d’empathie que les riches n’ont pas. Quand on sait ce que pauvreté veut dire, on la comprend mieux quand on la voit aussi chez les autres, et l’on est porté davantage à s’entraider. Si l’éthique a pour base cette empathie, on comprend, sans excuser le fait bien sûr, qu’elle soit difficile à éprouver pour les riches. Car l’élévation sociale, qui n’est qu’une reptation verticale, s’accompagne de beaucoup d’oublis et de reniements. Le difficile n’est pas de monter, mais en montant de rester soi-même.
Parfois pour se faire plaindre les riches mettent en avant les soucis que leur procure leur richesse, au sens où ils se donnent beaucoup de peine pour la garder : l’argent, disent-ils, ne fait pas le bonheur, etc. Il est bien vrai, comme disait Alphonse Allais, que la misère a ceci de bon qu’elle chasse la crainte des voleurs. Mais n’abusons pas du paradoxe ici. Si richesse et gredinerie vont souvent de pair, revoyons notre proverbe à la lumière de ce que disait Boris Vian : « L’argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n’en ont pas. » Ou encore Jules Renard : « Si l’argent ne fait pas le bonheur, rendez-le ! »

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