Parution : 9 mai 2016
La Catho d’Angers dans le collimateur de la justice

La nouvelle procédure judiciaire au Conseil des Prud’Hommes entre un salarié maître de conférences à l’université catholique de l’Ouest (UCO) et l’association St Yves (qui en est l’organisme de gestion) que nous évoquerons plus loin a lieu dans un contexte de crise institutionnelle répercutée récemment par la presse angevine et s’inscrit dans un contexte de gouvernance autoritaire et de spiritualité fascisante (1) que subit l’université catholique de l’Ouest.

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Depuis fin 2012, les ultra-catholiques intégristes ayant été déjà épinglés par les médias : violence faite à des étudiants lors d’une conférence en février 2014 (2), réforme facultaire chaotique (3), reprise en main de l’université par la communauté
de l’Emmanuel, sous l’impulsion du dernier Recteur nommé, ancien modérateur de
la Communauté (de 2000 à 2009). Il y a quelques mois, un débrayage réunissant
une centaine de personnes a eu lieu le 30 novembre 2015 à l’UCO, traduisant un
malaise certain. Les manifestants avaient envahi les locaux administratifs de la
Catho à Angers (4). La réforme facultaire elle-même, si, pour nombre d’enseignants,
était nécessaire mais sa mise en oeuvre se fait à marche forcée. Surtout, disent les
enseignants, « la Catho risque d’y perdre son âme  », ce qui faisait sa spécificité par rapport à l’université publique d’Angers.

Cette réforme bouleverse non seulement les enseignants, mais aussi le personnel administratif : «  Tout le monde est à bout de nerfs. » En cause, également, les méthodes du Recteur. Décrites par la plupart des enseignants interrogés comme
« autoritaires ». «  Il n’y a plus de place pour l’esprit critique dans cette université », résument plusieurs enseignants. L’inquiétude a commencé à naître en écoutant celui-ci, Dominique Vermersch, qui a occupé différentes responsabilités au sein de la Communauté de l’Emmanuel : directeur de la Fidesco, responsable de la branche « Amour et Vérité », modérateur international de 2000 à 2009. Il est directeur adjoint du Bureau du Saint-Siège pour la reconnaissance des grades et diplômes de l’enseignement supérieur [instance de dialogue Église-État] (5)

La Communauté de l’Emmanuel, qui s’inscrit également dans le courant du Renouveau charismatique, est cependant nettement plus positionnée à droite sur l’échiquier politique, liée à des personnalités comme Mme Christine Boutin ou M. Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita, l’une des principales associations organisatrices du mouvement La Manif pour tous. La venue de ce dernier à l’Université catholique d’Angers en février 2014, sera d’ailleurs à l’origine de certaines difficultés.

Quand les enseignants ont remarqué les deux mots qui émaillent tous ses discours : « vérité » et « éthique ». De beaux mots. Mais aussi : «  Des mots clefs inquiétants. » A ce point ? Oui, répondent les enseignants. Car, selon eux, cela suppose une sorte de vérité universelle qui s’accommode mal du métier de chercheur. « Une approche dogmatique », rapporte l’un d’eux. «  C’est la mission de l’université catholique que d’être au service de la vérité », rétorque le recteur. Tous dénoncent aussi une «  atmosphère oppressante ». Qui risque de s’accentuer avec la nouvelle organisation de l’UCO qui a mis en place un doyen et un secrétaire général à la tête de chaque faculté. « C’est contraire à toutes les pratiques universitaires. » L’atmosphère est tellement tendue qu’un tract syndical prédit « un craquement social ». La réforme facultaire est pour beaucoup en train de tourner au cauchemar. Comme l’écrit J.P. Boutinet, anthropologue et Professeur émérite et retraité de l’UCO : « Le récent projet stratégique de l’UCO élaboré sous l’autorité de l’un de ces nouveaux recteurs venu d’une université publique ne fait référence à aucun moment à la situation historique singulière de l’université locale qui l’accueille ; dès les premières lignes de ce projet, le lecteur est invité à se propulser vers l’universel abstrait de pétitions de principe  : " L’UCO comme toute Université catholique trouve sa raison d’être dans le service de la vérité. Son projet est de la chercher, de la découvrir, de la communiquer dans tous les domaines de la connaissance ; et par suite de s’y attacher. Chercher le vrai découle en effet d’une préoccupation éthique qui s’en nourrit en retour". »

Dans ce texte il n’est question ni de facultés, celles fondées dans les années 1875, notamment la Faculté de théologie ouverte en 1878, ni d’Instituts, ceux créés en 1970, tous dispositifs pourtant essentiels en vue d’organiser la formation, la recherche et la professionnalisation.

Tout en venant d’une université publique, ce recteur en mission est issu d’une
communauté religieuse caractérisée par une spiritualité bien tranchée, la
Communauté de l’Emmanuel, mouvement de moins en moins marginal dans l’espace
ecclésial français, peu sensible à assumer dans ses priorités les orientations de Rerum Novarum et de Vatican II pour une Eglise plus ouverte sur le monde et soucieuse de justice. Il n’y a donc plus à terme de mystère dans l’université récemment reconfigurée, ni chrétien, ni humain ; le chrétien est invité à suspendre sa réflexion personnelle pour fuir toute incertitude et s’immerger dans la vérité ; quant à l’humain, il est de peu d’importance, pliable et corvéable à merci. Dans un tel contexte universitaire en pleine métamorphose depuis seulement quelques mois, quel intellectuel chrétien, au nom des valeurs qui le font vivre, qu’il a puisé dans cette exigence de présence au monde qui l’entoure pour témoigner malgré toutes les vicissitudes, d’une espérance à vivre et à aimer, est à même de tolérer pareil syncrétisme et ce qu’il dissimule ou révèle en termes de valeurs d’asservissement ? Comment peut-il vouloir survivre dans ce monde éthéré ? Quel intellectuel chrétien n’osera pas réagir face à ce qui est une dénaturation de ce en quoi il croît au plus intime de lui-même, qui lui a été initié dans des contextes éducatifs moins pathogènes ? Nombre d’enseignants entendent signifier leur désaccord d’intellectuels chrétiens face à une caricature d’université catholique et à
l’idéologie religieuse dévoyée qui la fonde, assez éloignée, semble-t-il, du message
chrétien dans ce qu’il peut avoir de tonique et de subversif au regard de la souffrance et du malheur du monde.

Depuis plus de dix ans déjà l’université a dû affronter des turpitudes rectorales variées, la conduisant inéluctablement à un déclin. Ces turpitudes continuent, le déclin s’accentue, marqué par un désintérêt inquiétant de notre environnement. Plusieurs universitaires disent leur refus de cet inéluctable déclin : le réveil est possible pour peu que se manifestent au coeur même de l’université des solidarités constructives car ce qui se passe actuellement s’apparente à une déconstruction ; une telle déconstruction, si on en juge par une expérience puisée au long de ces quarante années, ne correspond ni à la sensibilité de la très grande majorité des étudiants que l’université recrute actuellement, ni aux aspirations de la plupart de ses salariés administratifs et enseignants, ni aux attentes que son environnement régional tant sociétal qu’ecclésial se fait d’elle. Suite à la conférence de Tugdual Derville du 18 février 2014, les salariés et les étudiants ont diffusé le 27 du même mois un communiqué dont voici le texte : « En tant que salariés de l’Université
Catholique de l’Ouest, en tant qu’étudiants de l’UCO, nous ne nous reconnaissons
absolument pas et nous nous désolidarisons totalement de la position que le Recteur de l’UCO a affichée à la fois lors de la conférence sur
« L’écologie humaine » de Tugdual Derville du mardi 18 février 2014 organisée dans un amphithéâtre de l’UCO et dans ses interviews postérieures diffusées dans la presse à ce sujet. Notre
université, comme toutes les universités, se doit de rester ouverte aux échanges
et au débat démocratique ; c’est un lieu d’apprentissage du savoir mais aussi de la
capacité acquérir une réflexion critique vis à vis de ce savoir et des dérives qui peuvent s’y glisser.

L’université Catholique de l’Ouest n’est ni un parti politique ni une secte et n’a pas
vocation à le devenir ; la caution apportée par son principal dirigeant à une telle
manifestation relève d’une position idéologique qui n’a pas sa place dans l’université française. Nous observons que :
1 - le Recteur de l’UCO n’est pas intervenu dans son université lors de l’expulsion de
plusieurs étudiants lors de cette conférence, alors qu’il était présent et a introduit
celle-ci avec deux représentants du diocèse d’Angers ; il n’a pas, par ailleurs, mobilisé la cellule de crise de l’UCO qui aurait dû être sollicitée suite aux violences inqualifiables dont ils ont été victimes par un service d’ordre interne à l’organisation de cette manifestation ;
2 – celui-ci a cautionné le discours idéologique qui s’y est tenu, alors que la notion « d’écologie humaine » selon Tugdual Derville est une notion pseudo-scientifique d’écoblanchiement exprimantla volonté de « nettoyer la société d’idées soi-disant subversives », notion détournée du sens de l’expression « écologie humaine
 » telle qu’elle est conçue par de nombreux scientifiques tels que le biologiste
Jacques Ruffié ou le généticien Albert Jacquard ; l’écologie étant conçue comme
une discipline traitant des interactions entre l’Homme et son environnement, elle
ne peut être qu’humaine ; par ailleurs, les sciences humaines et sociales abordent déjà la question sous l’angle des rapports entre l’Homme et son milieu social et culturel depuis des lustres, n’en déplaise à des idéologues comme Derville... ;
3 - il est inadmissible que les organisateurs de la conférence aient fait appel à un
service d’ordre privé (et non éventuellement à la Police), service d’ordre accepté sans broncher par le Recteur, alors que I’UCO accueille habituellement des conférenciers scientifiques et diverses manifestations extérieures sans problèmes particuliers ; qui dit service d’ordre privé dans les murs de notre université signifie refus du débat et intolérance à la confrontation des idées ;

4 - si le Recteur de l’UCO suit son propre raisonnement jusqu’au bout, il devrait
appliquer à lui-même l’invitation qu’il a exprimée dans la presse « à la responsabilité
 », autrement dit à présenter sa démission de la fonction de Recteur car cette
attitude est incompatible avec sa fonction actuelle dans une université ; s’il refuse
de reconnaître sa part de responsabilité dans cette affaire, nous exigerons sa mise
à pied par le Conseil d’Administration de l’association St Yves qui gère I’UCO.
 »

Le collectif « Indignez-vous, étudiants et employés de I’UCO »

Le 28 février, au cours de l’assemblée générale organisée le 28 février par le
Recteur afin de se justifer, celui-ci a affirmé que « l’université doit devenir un
lieu d’évangélisation
 »… Rappelons que l’Emmanuel, clé de voûte du Renouveau charismatique en France, a une influence croissante au sein de l’Eglise catholique depuis sa création en 1976 et une implantation forte en Touraine via des maisons d’accueil recevant plus de 4 000 retraitants par an. Les rencontres organisées par la communauté controversée de l’Emmanuel, à Paray le Monial est un lieu où s’est tenue en novembre dernier une discrète rencontre des « Chrétiens engagés en politique » réunissant toutes les têtes de réseaux opposés au mariage homosexuel dont Christine Boutin, Christian Vanneste ou encore Bruno Gollnisch... La communauté de L’Emmanuel rassemble environ 7 000 fidèles dans le monde. Elle travaille autour de trois axes : l’adoration, la compassion, et l’évangélisation. Ce dernier mot que l’on pourrait entendre comme « prosélytisme ». Selon les enseignants, le problème se situe surtout dans la nouvelle façon d’aborder le phénomène religieux au sein de l’UCO. «  Le poids de la religion est bien plus important », remarque un enseignant. Quel poids prend la communauté de L’Emmanuel au sein de la Catho ? La question s’est posée pour une dizaine de personnes nouvellement nommées par le Recteur.

En France, les communautés de l’Emmanuel, les Béatitudes ou Fondacio sont des fers de lance emblématiques du Renouveau charismatique, courant apparu en
Amérique du nord rapprochant le monde catholique du mouvement New Age. En
1994, le CIRFA fut accueilli par l’Université catholique de l’Ouest, à Angers, rue Merlet de la Boulaye, à proximité immédiate de l’Institut de Formation de l’UCO aux
Métiers de l’Enseignement (IFUCOME) créé à la même époque.

Au cours de ces années, le CIRFA, changera de nom pour devenir l’Institut de Formation Fondacio Europe, IFF Europe. En 2012, IFF Europe rejoindra de nouveaux locaux, à l’extérieur de la Catho, tout en maintenant des liens étroits avec l’établissement qui l’avait accueilli pendant près de vingt ans, notamment avec l’Institut des Sciences de la Communication et de l’Education d’Angers et avec l’Institut de Psychologie et Sociologie Appliquées. Suite à la démission en août 2011 pour raison de santé du Recteur Guy Bedouelle, un intérim sera assuré par Robert Martin de Montagu avant l’arrivée à la rentrée 2012 de Dominique Vermersch. Cet
intérim d’une année sera marqué par des plaintes déposées par deux assistantes de
l’Université catholique contre le recteur intérimaire pour atteinte à l’intimité de
la vie privée et attouchements. Robert Martin de Montagu, enseignant dans
l’établissement depuis une vingtaine d’années, y avait préalablement dirigé
l’Institut de perfectionnement en langues vivantes et l’IFUCOME. Le recteur sera
condamné à 10 mois de prison avec sursis.

Dans ce contexte délétère, un enseignant de l’IPSA (celui-ci étant désormais
rattaché, suite à la réforme, à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales) a porté
plainte au Conseil des Prud’Hommes contre l’Association St Yves. L’audience (publique) aura lieu le mercredi 13 juillet 2016 à 14h au Conseil de Prud’Hommes au 18, rue Prébaudelle à Angers. Des dommages et intérêts sont demandés par cet enseignant au titre de :
- préjudice subi relatif au refus injustifié d’une demande de promotion comme
maître de conférence 1ère classe et violation de l’accord d’établissement du 9
janvier 1991 ;
- préjudice subi relatif au manquement à l’obligation de sécurité de résultat ;
- préjudice subi pour absence d’entretiens annuels relatifs à l’évolution de carrière ;
- préjudice subi pour absence du suivi médical obligatoire. Ce jugement s’inscrit
dans le prolongement des longs démêlés judiciaires de l’Association St Yves – UCO
avec des salariés ayant porté plainte, ce qui tendrait à illuster que celle-ci n’est pas
en « odeur de sainteté » avec la Justice !

Selon les archives de Légifrance, l’UCO a déjà subi les foudres de la Justice depuis
1996.
Quelques exemples :
- 1996 : affaire Chantal Z., Cour d’Appel
- 1998 : affaire Chantal Z., Cour de Cassation
- 1998 : affaire M. Bernard X., Cour d’Appel
- 2001 : affaire M. Bernard X, Cour de Cassation
- 2009 : affaire Mme Y., Cour de Cassation
- 2011 : affaire Mme F., Cour d’Appel
- 2012 : affaire Mme Emilia X., Cour d’Appel
- 2013 : affaire M. Charles X., Cour d’Appel
- 2014 : affaire Mme X., Cour de Cassation.

L’université Catholique de l’Ouest, après les évènements précités où s’entremêlent
spiritualité fascisante et enseignement universitaire, défraie ainsi la chronique
judiciaire !

Notes :
1. Centre Contre les Manipulations Mentales et L’Anjou Laïque, Journal de la Fédération des Oeuvres Laïques du Maine et Loire, n°109, 07/2014 : « Spiritualité fascisante à Angers ».

2. http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/ actu/detail/article/angers-une-conferencea-
l-universite-degenere-4396, http://www. angersmag.info/Deux-etudiants-agresses-lorsd-une-conference-a-la-Catho-d-Angers_a8758. html et Ouest France 19/02/2014 : « Débat à la Catho. Deux étudiants blessés lors d’expulsions
musclées ».

3. Ouest-France, 12 juillet 2014 : « Enquête à la rentrée, big bang à la Catho d’Angers – Pourquoi une telle précipitation ? ».

4. Courrier de l’Ouest, 1er décembre 2015 : « Angers Malaise social à la Catho : une
centaine de personnes ont débrayé lundi ».

5. Golias, 3 juillet 2014 : « Renouveau charismatique - université catholique de
l’Ouest (UCO) : l’Emmanuel à la manoeuvre » et CIPPAD (Centre d’Information et de Prévention sur les Psychothérapies Abusives et Déviantes) : http://www.cippad.com/2014/07/renouveaucharismatique-universite.html.

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La Catho d’Angers dans le collimateur de la justice 25 mai 2016 16:41, par Claude Beauducel

Membre de la Communauté de l’Emmanuel depuis 1977, c’est à dire ses débuts, alors que j’étais - et reste en partie - avec une sensibilité politique "de gauche" permettez moi de relever un certain nombre de contre-vérités et aussi de contradictions :
"La Communauté de l’Emmanuel, qui s’inscrit également dans le courant du Renouveau charismatique, est cependant nettement plus positionnée à droite sur l’échiquier politique, liée à des personnalités comme Mme Christine Boutin ou M. Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita."
Le fait de faire venir certains intervenants ne prouve absolument pas de liens organiques. La démocratie suppose le débat - et on ne débat pas avec seulement ceux qui sont d’accord avec vous. Notre communauté est composée de membres de diverses sensibilités politiques et n’a jamais - ça date de son fondateur Pierre Goursat dont le procès en béatification est en cours - imposé quoi que ce soit dans ce domaine.
"Tout en venant d’une université publique, ce recteur en mission est issu d’une communauté religieuse caractérisée par une spiritualité bien tranchée, la Communauté de l’Emmanuel, mouvement de moins en moins marginal dans l’espace ecclésial français, peu sensible à assumer dans ses priorités les orientations de Rerum Novarum et de Vatican II pour une Eglise plus ouverte sur le monde et soucieuse de justice. Il n’y a donc plus à terme de mystère dans l’université récemment reconfigurée, ni chrétien, ni humain ; le chrétien est invité à suspendre sa réflexion personnelle pour fuir toute incertitude et s’immerger dans la vérité ; quant à l’humain, il est de peu d’importance, pliable et corvéable à merci."
Ce propos est de la pure désinformation. Comment expliquez-vous qu’alors il soit directeur adjoint du Bureau du Saint-Siège pour la reconnaissance des grades et diplômes de l’enseignement supérieur [instance de dialogue Église-État] ? Il a été directeur de la Fidesco et d’Amour & Vérité, mais êtes vous réellement au courant de leurs activités et de leur positions pastorales ? Dire que notre communauté n’est pas ouverte sur le monde ni soucieuse de justice et qu’elle exclut toute réflexion personnelle est pour moi une insinuation blessante.
"Selon les enseignants, le problème se situe surtout dans la nouvelle façon d’aborder le phénomène religieux au sein de l’UCO. « Le poids de la religion est bien plus important », remarque un enseignant. Quel poids prend la communauté de L’Emmanuel au sein de la Catho ? La question s’est posée pour une dizaine de personnes nouvellement nommées par le Recteur."
Il est quand même curieux qu’on reproche à une université catholique que le poids de la religion y soit trop important ! Ceux que cela dérange et qui trouvent, c’est un comble, que « la Catho risque d’y perdre son âme », peuvent toujours rejoindre l’université publique. Cela dit vous passez sous silence une information importante : La communauté de l’Emmanuel est maintenant association publique de droit pontifical : Le Saint-Siège reconnaît par cette modification des statuts que la Communauté œuvre pour le bien de l’Église et non pour le seul bien de ses membres. (Wikipedia)
Cela entraîne également qu’elle est reconnue par l’Etat comme association cultuelle - au même titre qu’une association diocésaine - et donc habilité à prendre la tutelle d’un établissement d’enseignement privé sous contrat.
Les démêlés de l’UCO avec la justice datant d’avant l’arrivée du nouveau recteur, le considérer comme responsable relève de l’amalgame.

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La Catho d’Angers dans le collimateur de la justice 16 mai 2016 12:14, par Dom Pedro

La Communauté de l’Emmanuel est la communauté charismatique qui fait sa publicité sur le fait qu’elle serait censée être la seule à ne pas avoir eu de problèmes. Or les problèmes de l’Emmanuel sont très subtils. Ils sont persuadés d’être l’avenir de l’Eglise et la réponse à tous ses problèmes. Ils ont en tête un seul mot programme : évangélisation. En soi, rien de grave en apparence, mais quand l’évangélisation devient une fin pour elle-même, cela confine à l’objectif d’une secte. Les membres donnent 10% de leurs revenus et personne ne sait comment cela est géré et par qui. Ils sont les champions de l’entrisme. Comme ils disent, notre frère ou sœur de communauté occupe telle ou telle place. Quand ils ont mis un pied dans une porte, ils font tout pour en forcer l’ouverture. On peut douter de la véritable appartenance de l’Emmanuel à l’Eglise catholique : pour eux, c’est l’Eglise dont ils pensent être une réalisation prophétique qui doit se transformer pour devenir comme l’Emmanuel et non pas eux qui doivent être humblement au service de l’Eglise. Le problème fondamental de cette communauté est l’orgueil spirituel, c’est-à-dire le pire fléau au plan religieux. Rien d’étonnant donc à ce qu’un ancien dirigeant de cette communauté manifeste des réactions autoritaires et place peu à peu en sous main les personnes qui vont l’aider à atteindre ses objectifs. Bravo au courage des professeurs et du personnel de l’UCO d’oser prendre les moyens pour contrer les manœuvres sectaires de cette communauté ultracatholique (ce qui signifie qu’elle n’est pas catholique malgré toutes les apparences). A côté des prétentions orgueilleuses de l’Emmanuel pour l’avenir de l’Eglise, les problèmes de fesse et d’argent des Béatitudes étaient de la roupie de sansonnet. Il y a actuellement une recherche d’emprise de leur part sur les séminaires et instituts catholiques. Il faut être très prudent face à cette dérive, d’autant plus dangereuse que le vrai but de l’Emmanuel n’apparaît pas de façon claire pour tous.

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La Catho d’Angers n’est plus universelle 16 mai 2016 11:56, par Ferréol

Le sens des mots varie continûment en fonction du contexte dans lequel ils sont employés (synchronie) et en fonction de l’époque (diachronie), voir sur ce sujet le cours de linguistique de Ferdinand de Saussure. Ainsi donc le langage mène sa propre vie, en quelque sorte. Nous ne savons ni d’où il vient ni où il va. Nous l’utilisons au passage.

Aujourd’hui le mot "vérité" doit être réservé à ce qui est vérifiable et vérifié, c’est à dire à la connaissance scientifique, voir sur ce sujet la Critique de la Raison Pure d’Emmanuel Kant.

Les charismatiques comme les tradi.désignent sous le mot vérité des jugements qui ne sont que des opinions. Le discours des charismatiques s’envole vers les abstractions et manque de réalisme, d’enracinement dans le concret. Il rejoint celui des traditionalistes, des demeurés qui rejettent tout travail historique portant sur les évangiles . De ce fait, il résulte que la Bonne Nouvelle n’est plus annoncée aux pauvres.

En imposant leurs élucubrations mystico-théologiques et en creusant le fossé qui sépare l’enseignement de L’Église de l’enseignement public, celui de la nation, ces organisations se comportent comme des fossoyeurs de la Chrétienté. En passant sous la gouvernance de l’Opus Déi et de l’Emmanuel, l’U.C.O. d’Angers ne mérite plus le titre d’université.

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La Catho d’Angers dans le collimateur de la justice 14 mai 2016 00:39, par Françoise

Quand vous commencez à voir les noms de Boutin et Derville sur des universités, l’OD n’est jamais bien loin. Mais merci de l’info. Ca me permet de voir que l’OD cherche aussi à pactiser avec l’Emmanuel. On savait la tentative de l’OD d’obtenir une prélature pour la FSSPX (d’où des services mutuels rendus et le cirage de pompes à F1) mais pas encore qu’elle jouait aussi avec une partie du Renouveau Charismatique.
Déjà qu’Angers se soit faite manger par l’Emmanuel est en soi inquiétant. Preuve qu’il n’y a plus de discernement quant aux manoeuvres intégristes et sectaires des communautés charismatiques, etc.
La situation d’emprise rectorale que vous décrivez est donc assez logique. Qu’il commence à y avoir une protestation professorale tient presque du miracle, genre réveil des marmottes ! Mais cela suffira-t-il ? J’ai de gros doutes face aux appétits intégristes et à leur déjà solide implantation dans les diocèses et les établissements scolaires confessionnels (les nominations d’évêques et d’archevêques à l’époque de B16 furent à cet effet, des accélérateurs de catastrophes).

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Philippe Grosbois
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