Parution : 1er octobre 2016
John Shelby Spong : sauver la Bible du fondamentalisme

John Shelby Spong depuis cinquante ans entend rompre avec le hiatus, pour lui scandaleux, entre une science exégétique très poussée et une connaissance quasiment nulle sinon très rudimentaire des clés d’approche de la Bible. Lui-même, éduqué durant son enfance dans une lecture fondamentaliste de la Bible, a dû renouveler complètement son approche à la suite des questionnements et des objections qui ont surgi en lui au cours de sa formation et de son ministère de prêtre.

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Pour la quatrième fois en quatre ans, l’un des nombreux livres de l’ancien évêque anglican des USA, John Shelby Spong, est publié en France. Après Jésus pour le XXIe siècle, Né d’une femme (conception et naissance de Jésus dans les évangiles), La résurrection, mythe ou réalité, voici Sauver la Bible du fondamentalisme. Beaucoup de lecteurs de Golias ont apprécié les trois premiers.

Cet ouvrage est fondamental, car il définit les conditions nécessaires pour comprendre et s’approprier les textes bibliques dans notre monde actuel marqué par la modernité, dont l’une des revendications depuis le XVIIe siècle est pour l’homme de penser personnellement avec les ressources de sa raison.

Il est d’autant plus important qu’il s’attaque frontalement à une lecture fondamentaliste qui demeure encore très pratiquée, non seulement aux états- Unis mais partout également dans le monde chrétien. Le livre date de 1991, mais vingt-cinq ans plus tard l’ouvrage n’a rien

perdu de son actualité. Le fondamentalisme continue d’infecter toutes les Eglises, notamment les Eglises évangéliques protestantes, mais aussi les grandes Eglises établies, luthérienne, calviniste, catholique, orthodoxe et anglicane.

Des progrès ont été faits ici et là, mais des tabous de taille subsistent. Ce n’est pas que les études exégétiques aient stagné depuis deux siècles. Au contraire, les biblistes ont acquis en ce domaine une compréhension très fine des textes bibliques. Le malheur est que leur travail n’a pas été vulgarisé auprès du peuple chrétien. La raison en est le refus, conscient ou inconscient, de beaucoup de responsables d’Eglises, d’abandonner, par peur des remises en cause déstabilisantes, les doctrines jusque-là en vigueur basées sur des lectures littérales.

Pasteurs et prêtres, dont la formation théologique a été et reste des plus classiques, ne peuvent qu’enseigner aux fidèles ce qu’on leur a appris et peu d’entre eux s’éveillent à une autre approche. A cet égard, le livre de John Shelby Spong est salutaire.

Photo : John Shelby Spong © Guillaume Genetet

Découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n°448

383 commentaires

Et comme dit quelqu’un que je ne nommerai pas car cela n’en vaut pas la peine..VIVE le NOUVEAU CLERGÉ...avec soutane...col romain ...et touti quanti...DROIT DANS SES BOTTES de 7 lieux ou de petit homme mal dans ses pompes(et ses ors...) ???
et à bas les "vieilles outres ...ecclésiastiques has been" qui empêchent de tourner en rond et de rester bien entre nous...avec DES VALEURS IMMUABLES si porteuses et si sanctifiantes...AMEN !
Efté.

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John Shelby Spong : sauver la Bible du fondamentalisme 23 novembre 2016 16:27, par Raymond Godefroy

j’aime beaucoup l’article de Jacques Musset (ce qui ne m’étonne pas) suite à celui de Martine Sevegrand (qui m’étonne)
j’apprécie entre autres qu’il rappelle que la majorité des chrétiens font une lecture au mieux naïve et au pire fondamentaliste de la Bible
les milieux chrétiens intellectuels progressistes (dont je fais partie) ont tendance à oublier que cette majorité ne comprend pas uniquement des extrémistes grâce à l’enseignement infantilisant de l’Eglise qui certes s’est un peu amélioré mais perdure avec la majorité des jeunes prêtres
Raymond Godefroy

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Une connaissance des ’’clés d’approche’’ de la Bible, dites-vous ? Langage de secte ! Il faut toujours se rappeler que si des ’’chercheurs’’ ou des groupes affirment aujourd’hui détenir le ’’vraies clés’’ pour comprendre la Bible, ils ne seront ni les premiers ni les derniers, car ceci est un phénomène qui existait déjà aux premiers siècles du christianisme, avec l’hérésie gnostique. L’idée d’interpréter librement les Ecritures réapparut massivement au 16e siècle avec la Réforme, qui entendait affranchir la lecture de la Bible du Magistère romain. Le mouvement de ré-interprétation des Ecritures bibliques prit un nouveau tournant aux 19e et au 20e siècles, surtout dans le monde protestant et anglican, sous la pression des sciences et de la modernité, et cela avait abouti au modernisme théologique des ’’protestants libéraux’’ parmi lesquels, le théologien luthérien bien connu Rudolff Bultmann. Quant à John S. Spong, dont il est question ici, il représente dans la communion anglicane des Etats-Unis une tendance très proche de celle de Bultmann, qui proposait une relecture horizontale de l’Evangile, dépouillée du surnaturel et dans laquelle, les miracles et la Résurrection du Christ étaient présentés comme des récits mythologiques ou des symboles. Un boulevard vers le suicide spirituel et l’athéisme...
Le grand malheur du chrétien de toute confession réformée est d’être enfermé dans un système ne reconnaissant
d’autorité doctrinale qu’à la seule Bible. La conséquence est qu’étant abandonné à son libre examen, sans aucun magistère, beaucoup de passages de l’Ecriture demeurent obscurs pour lui. ’’Vous n’êtes pas appelés à l’impureté mais à la sainteté’’ (st.Paul) en est un exemple. Le problème de ses péchés personnels, de jour en jour plus nombreux qu’il a sur la conscience, et du moyen pour s’en purifier avec certitude, taraudent son esprit. De plus, il est effrayé à l’idée d’une probable prédestination négative, une croyance d’origine calviniste (et qui fut adoptée par les jansénistes). Il ne trouve d’apaisement ni dans la lecture du Nouveau Testament, ni chez les pasteurs qui répètent qu’il suffit simplement de croire en Jésus-Christ pour être sauvé. Il cherche, il cherche... dans toute la Bible, et cela dure longtemps, parfois toute une vie, mais sans trouver ce dont il a besoin. Alors, au bord du désespoir, il va chercher du côté du catholicisme historique, dans l’Eglise-mère catholique et apostolique, que les réformateurs ont quittée au 16e siècle. Là, il découvre enfin la réalité historique que l’Evangile a d’abord été prêché et transmis oralement avant d’avoir été écrit et qu’en conséquence, la doctrine chrétienne ne peut pas se limiter aux seuls textes bibliques, et que le christianisme est une Tradition vivante sous le Magistère du pape, successeur de Pierre. Et qui dit Tradition vivante, dit tous les développements dogmatiques et toutes les pratiques liturgiques, sacramentelles, dévotionnelles qui ont fleuri au cours des siècles. C’est uniquement là que le protestant en recherche trouvera les moyens pour quitter son état de péché, se sanctifier et assurer avec certitude son salut en Jésus-Christ.
Ce que ce Monsieur Spong propose est totalement faux et mène par des chemins tortueux à l’égarement spirituel. C’est une oeuvre de ténèbres.
Les chrétiens des confessions réformées devraient étudier ce passage à la fin de l’Evangile de st.Jean (XXI-25) :
’’Jésus a fait beaucoup d’autres choses encore. Si on les relatait par le détail, je ne crois pas que le monde lui-même pourrait contenir tous les livres qu’il en faudrait écrire.’’ Ce passage confirme bien que l’Ecriture n’est absolument pas toute la Foi, mais un recueil incomplet de vérités de la Foi et un instrument au service du Magistère.

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Bonjour GOLIAS. Publicité. 12 octobre 2016 09:28, par Agnès GOUINGUENET

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Article intéressant :
https://assr.revues.org/20243
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L’auteur (très "à gauche toute") vient de publier "CORPS ET ÂMES" chez Flammarion.
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Agnès G.

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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John Shelby Spong : sauver la Bible du fondamentalisme 4 octobre 2016 11:46, par Françoise

C’est surtout l’attachement du clergé à des dogmes sans aucun rapport avec les textes bibliques, qui rend le problème insoluble. Pourtant, Dieu fait signe en permettant que des textes anciens oubliés révèlent de nouvelles choses, qui montrent bien l’invraisemblance de certaines doctrines et croyances.
Le Peuple de Dieu sait majoritairement que ces doctrines ne sont que politiques et n’ont aucun lien avec les écrits bibliques ni avec le message évangélique.
Se sont les clergés qui n’arrivent pas à lâcher les doctrines qu’ils ont construites de toutes pièces. Parce que se sont plus ces doctrines qui justifient leur système et leur pouvoir matériel que les écrits bibliques.
Ils ont donc peur de tout perdre, du moins perdre tout ce qui a du prix à leurs yeux, c’est à dire pouvoir et argent, emprise psychologique, morale. Alors qu’ils gagneraient au contraire bien plus à lâcher prise...
C’est tout l’absurde de la situation puisque cette rigidité cléricale creuse la tombe des institutions religieuses tout en les radicalisant de plus en plus, ce qui est logique. C’est quand la bête est blessée à mort qu’elle devient la plus dangereuse et la plus méchante.

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Bonjour GOLIAS. 3 octobre 2016 12:07, par Agnès GOUINGUENET

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Il est certain que tout ce qui fut écrit sur le Christ, le fut après sa résurrection (annoncée par les écrits vétéro-testamentaires), donc après un phénomène extra-rationnel pour un humain lambda, donc après un fait qui ressemble à s’y méprendre à un acte de Foi (juive et non grecque).
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Et quand on parle d’un Esprit-Saint matérialisé en une colombe, on n’est pas loin de croire au Père Noël comme un enfant. Chacun est libre.
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Ce qui est très difficile, avec ces écrits "dys-historiques" (pas vraiment prouvés sur le plan historique), c’est de séparer le vrai du faux.
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Tout au plus pouvons-nous supprimer le matériel déraisonnable.
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Mais c’est un challenge très motivant.
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Goazen (en avant, en basque d’Espelette) :)
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Agnès G.
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N.B. Il va falloir "passer" par la "présence réelle" au moment de l’eucharistie ; et là, ce n’est pas "gagné" côté prêtres catholiques (c’est tout ce qui leur reste comme argument, pour rester célibataires au masculin !). Mais bon, "Faites ceci en mémoire de moi" ne veut pas dire "J’y suis, j’y reste" ...

Voir en ligne : http://gouinguenetagnes.blogspot.fr/

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John Shelby Spong : sauver la Bible du fondamentalisme 2 octobre 2016 20:00, par Ventadour

"un ouvrage fondamental" dites-vous contre le "fondamentalisme" ! Vous dites juste, c’est le choc de deux fondamentalismes : le fondamentalisme (ou l’illuminisme) de la raison et le fondamentalisme de l’Ecriture. Si l’Evangile n’a rien d’autre à révéler qu’à sa dissoudre dans ce que la raison peut accepter, il ne sert à rien et ceux qui le lisent et le travaillent perdent leur temps. Et de plus, nous le savons bien depuis le XXe siècle, la raison laissée à elle-même peut devenir folle et délirante... finalement ne plus être raisonnable !

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