Parution : 19 octobre 2016
Enseignement

Tout ce que j’entends dire à son propos sur les médias me fait bondir. Les commentaires y sont démagogiques et aveuglés. Or qui ne voit que le niveau des connaissances élémentaires exigibles d’un élève ne cesse de s’abaisser depuis des décennies ? Pour le triptyque de base, lire, écrire, et compter, qui osera dire qu’un bachelier actuel est moins performant qu’un titulaire du feu certificat d’études primaires ? J’accorde qu’on a peut-être moins besoin qu’autrefois de savoir par cœur ses tables de multiplication, à l’heure des calculettes. Cependant il importe toujours non seulement de savoir raisonner, mais de comprendre l’énoncé même d’un problème. Or de l’aveu même des professeurs de mathématiques cette compréhension minimale de l’écrit n’est pas assurée.

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La base de l’enseignement est de faire que l’élève comprenne et manie correctement la langue qu’il parle. Et c’est ce qu’il ne garantit plus aujourd’hui. On s’éparpille, on multiplie ici les activités d’éveil, là les sorties scolaires, etc. On veut faire de l’école un lieu de vie, d’épanouissement, et on oublie sa raison d’être fondamentale : la transmission d’un savoir. Que son acquisition soit difficile, je ne le nie pas. Mais faut-il pour cette raison brader la mission essentielle, au prétexte de sa difficulté ?
L’« élitisme républicain » de naguère est bien oublié, et le mot de « sélection » révulse. Au nom de je ne sais quel angélisme on veut supprimer l’idée de compétition : on oublie que, bien comprise, elle s’exerce plus avec soi-même qu’avec les autres. On prétend que la note stigmatise la personne entière, alors qu’elle ne sanctionne qu’un résultat ponctuel et toujours perfectible. Et surtout on veut maintenir le plus longtemps possible le plus possible d’élèves dans des études abstraites, dont certains n’ont que faire. En quoi on les trompe et dessert pour l’avenir. Qui ne connaît tel plombier, par exemple, qui gagne plus que tel médecin ?
Pauvres nouvelles générations : vous attirez les démagogues comme le miel attire les mouches !

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Enseignement 20 octobre 2016 01:50, par Françoise

Bonsoir Michel

L’enseignement depuis 1975 vise la déconstruction en terme de savoirs. Pourquoi ? Parce que le savoir scolaire avait pour but de former suffisamment d’individus pour des métiers et les besoins de personnels qualifiés des entreprises, administrations, etc.
Depuis 1975, ces besoins salariés sont pourvus. Le niveau de compétences demandé n’a quasiment pas bougé. Alors que le niveau scolaire était à l’époque supérieur au niveau de compétences et de savoirs requis par les entreprises et administrations.
Vous avez donc un organisme européen, l’OCDE, qui a conçu un programme de mise à mal de l’éducation scolaire afin que seuls les enfants issus des classes aisées à riches puissent réussir.
La fameuse méthode globale de lecture, maniant du conceptuel (pas du tout adaptée aux enfants ayant des difficultés de représentation) fait partie de cette déconstruction, discrimination dans l’accès à la lecture.
Vous avez également d’autres réformes (les maths modernes, la disparition au lycée de l’enseignement de l’histoire, uniquement vue comme option, la disparition actuelle progressive de l’écriture manuscrite pour seulement le remplissage de questionnaires à choix multiples avec des croix sur support numérique, la mutation de l’enseignement artistique technique en histoire de l’art, le recul de l’enseignement des sciences physiques et biologie pour un fourre-tout appelé SVT-sciences et vie de la terre). Vous rajoutez à cela l’abandon de la grammaire, de l’orthographe, mais aussi les regroupements de classe à 40 gamins pour faire baisser les heures professorales, la précarisation progressive du secteur (avec un nombre exponentiel de vacataires précaires), la privatisation et la notion de marché de l’éducation et vous avez le contexte parfait pour faire baisser le niveau des jeunes mais aussi fermer de plus en plus de classes et d’écoles.

Je constatais avec les collègues du centre de formation industriel, que chez les jeunes que nous avons en classes de secondes, premières et terminales, il y a perte d’écriture, perte de la maîtrise du langage mais aussi perte de compréhension du langage, fracture numérique (ils ont tous ou presque les outils dernier cri mais ne savent pas s’en servir), fracture en savoirs pratiques également (pas de transmission ni familiale ni scolaire de savoirs ni culinaires, ni de bricolage, ni de jardinage, ni de simple bon sens, ni d’observation), ce qui aboutit à des jeunes extrêmement dépendants de toute forme de consommation et loisir, profondément passifs la plupart du temps et en grande difficulté d’autonomie.
Quand même sur les matières professionnelles, des terminales Bac Pro obtiennent sur une épreuve pro de Bac une moyenne de 3,5/20, ça fait peur !
Mais on retrouve cela aussi chez pas mal de bacheliers et diplômés du cursus général. Quand je vois un agent immobilier m’écrire "railler la mention inconvenante", au lieu de m’écrire "rayer la mention inutile", ou même un clerc de notaire se tromper à plusieurs reprises dans la rédaction d’un acte, ça pose question sur la qualité des diplômes et les critères de recrutement.

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Enseignement 19 octobre 2016 10:05, par Lucien

1) Ce qui me semble manquer le plus à notre humanité, c’est le sens. D’où l’intérêt pour nos jeunes, quelque soit leur orientation, d’une formation générale qui leur permette de
penser par eux-même, de débattre, d’avoir un esprit critique, de développer un argumentaire,...
2) Concernant les jeune en orientation professionnelle précoce, nombre de métiers appris aujourd’hui n’existeront peut-être plus dans 10 ans. D’où l’intérêt aussi d’une formation transversale qui les prépare à transférer leurs connaissances.
3) D’accord pour dire que les notes ne doivent juger qu’un
travail et non une personne. Un jeune à qui son professeur avait rendu une copie ratée en lui disant "Vous êtes nul" a
osé lui répondre "Non, Monsieur, c’est ma copie qui est nulle, pas moi !" Aidons surtout nos jeunes à garder une bonne image d’eux-même quelques soient leurs résultats scolaires. Là est le rôle humain de l’école.

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