Parution : 13 janvier 2017
2017 : Une année charnière dans le pontificat bergoglien

Il semble qu’en 2017 François devrait jouer son va-tout et même peut-être prendre des risques. En tout cas, il effraie ses soutiens.

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Vous comprenez, il nomme aux postes-clés du Vatican des proches, dans l’épiscopat mondial des hommes qui partagent sa ligne… Certes, cela se faisait déjà auparavant mais de manière plus feutrée. Or, le pape jésuite ne prend pas de gants (encore que cela se discute), y va franco à telle enseigne que ses amis s’interrogent : pourquoi agit-il ainsi ? Ses 80 ans le 17 décembre dernier n’ont pas aidé à rassurer (cf. Golias Hebdo n° 461). Nous devrions avoir pourtant un certain nombre de motifs de satisfaction, si la rumeur romaine était avérée.

En attendant, les bergogliens craignent le retour de bâtons. En particulier le père jésuite Thomas Reese, journaliste au National Catholic Reporter et ancien rédacteur en chef de la revue jésuite nord-américaine America : il en démissionna début 2005 à la demande de l’alors cardinal-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Ratzinger, lequel estimait qu’il ne défendait pas assez la doctrine catholique… Dans un article sinueux, le P. Reese a noté1 fin décembre la réforme bergoglienne : C+2. En effet, il souligne pour s’en réjouir que François cherche à modifier le Collège cardinalice en abandonnant la tradition des sièges réservés (Venise, Philadelphie…) et en promouvant des hommes susceptibles de poursuivre son action. Pourtant «  comment aurais-je réagi si Jean Paul II ou Benoît XVI avaient fait la même chose ? Franchement, j’aurais été outragé ». Le P. Reese a la mémoire courte : entre 1978 et 2013, les épiscopats nord-américain, espagnol et français – pour ne citer que ceux-là – furent repris en main, chez nous avec l’aide de l’alors cardinal-archevêque de Paris (1981-2005), Mgr Lustiger, plus népotique et hussard que jamais. Et de redouter l’élection d’un prochain pontife romain réac – malgré les changements bergogliens – qui pourrait agir de la même manière que François, voire s’en réclamer. Il s’agit d’une excellente réforme, assure-t-il, mais elle peut avoir des « conséquences négatives ». Autre point sensible, la réforme de la Curie qui reste surtout « un changement de culture » (une «  conversion ») et les attaques contre le cléricalisme. François veut des pasteurs «  non des princes » mais «  le cléricalisme peut facilement revenir sous un pape différent » et il n’est pas l’apanage des seuls conservateurs : des réformateurs nommés demain à Rome pourraient aussi recourir à l’«  arrogance ». Par conséquent, «  cette guerre ne peut jamais être gagnée » : «  Le pape doit le comprendre. » En tout cas si la Curie continue d’être dirigée par des ecclésiastiques… [découvrez l’ensemble de notre article dans Golias Hebdo n° 463]

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Bonjour,

C’est la première fois que je poste un commentaire sur ce site. Néanmoins cela fait longtemps que je lis ses articles. En lisant celui-ci, puis les commentaires, je me suis demandé si quelqu’un avait pensé que ces prêtres, religieux et laïcs engagés dans la vie de l’Eglise pouvaient le faire par amour de Jésus ; Qu’ils soient progressistes, conservateurs ou tout simplement croyant ? N’est ce pas justement ce à quoi à appeler le Christ, répandre son amour et la Nouvelle et cela par l’homme malgré ses faiblesses ?

Que Dieu et son amour sont plus fort que la haine, le lucre et la mort, n’est-ce pas la Foi de l’Eglise ? Le salut pour tous ceux qui le veulent, n’est-ce pas son espérance ? La protection du plus faible pour Dieu, n’est-ce pas son amour ?

Peut-être que ma relative jeunesse fait de moi un naïf ou au pis un illuminé.

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Les attaques du Pape François contre le cléricalisme sont simplement démagogiques. Un clergé est fatalement clérical et « cléricaliste ». S’en prendre à l’esprit de caste dans l’Église, c’est renier l’essence du christianisme, qui ne serait absolument rien s’il n’était pas le fondement d’un certain ordre théocratique où les premières places sont toujours plus désirables que les dernières. Entre l’Église pompeuse des tradis et l’Église prolétaire des néoprogressistes, il n’y a qu’une différence de forme. Le fond, c’est toujours le même : un sauve-qui-peut sauvage et brutal, où, comme partout dans l’humanité et le règne animal, il y a des gagnants et des perdants. La carrière ecclésiastique peut bien s’appeler « vocation » et se parer des prétextes les plus altruistes : elle reste et restera toujours une carrière professionnelle, où le travail et l’abnégation ne seront toujours que des moyens pour s’assurer une position plus avantageuse dans le monde. Être piétiné par tous, être la risée de tous est un idéal ascétique dont personne ne voudrait s’il ne permettait pas hypocritement de se faire admirer et obéir par une petite secte de disciples et posséder ainsi, dans un mini-royaume, la supériorité à laquelle on ne pourrait pas prétendre au-dehors.

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