Parution : 23 janvier 2017
Lynchage

Il existe réellement sur Internet. Ainsi, harcelée sur Facebook par des messages insultants lui disant qu’elle était grosse et laide, une adolescente de 18 ans a fini par mettre fin à ses jours d’un coup de revolver. Elle avait bien voulu porter plainte, mais la police lui avait dit qu’elle ne pouvait rien pour elle, car les harceleurs utilisaient une application rendant leurs messages intraçables (Source : fredzone.org, 04/12/2016).

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Pourquoi attacher tant d’importance au regard des autres ? Certes les adolescents sont particulièrement fragiles de ce côté-là, car ils ne se sont pas encore assumés tels qu’ils sont, et leur tribunal est très souvent le regard d’autrui. Mais aussi l’éducation qu’ils reçoivent ne les protège pas, et cet asservissement aux autres est souvent intégré comme normal chez les adultes mêmes. Combien de parents connaissons-nous, qui menacent leurs enfants de les corriger « devant tout le monde », pour leur faire honte ! Combien aussi les menacent de la sanction du ridicule : « C’est ainsi qu’il faut se comporter, car sinon, de quoi est-ce qu’on aurait l’air ? »
On aurait l’air tout simplement de personnes qui ne réfléchissent pas. C’est un trait de bêtise que de décréter ridicule ce que l’on n’assume pas. On se range à la doxa, à l’opinion publique dont on sait qu’elle écrase, de façon fascisante, tout individu qui ne s’y conforme pas. Ici, il s’agit des valeurs de représentation. Mais ce qui compte chez un individu, c’est non pas ce qu’il a en termes de possession, ou ce qu’il représente en termes d’image, mais ce qu’il est, au fond de lui-même. Que n’a-t-on la sagesse de Sacha Guitry, qui disait : « Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d’eux, ils en diraient bien davantage » !
Si les parents et les éducateurs montraient aux enfants, dès l’origine, la nécessité de se moquer absolument de ceux qui se moquent d’eux, la suite serait moins tragique, et on éviterait les lynchages du genre de celui dont a été victime notre pauvre adolescente.

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Lynchage 25 janvier 11:53, par Françoise

Bonjour Michel

Je suis d’accord avec vous pour dire que nos éducations sont déficientes quant à pouvoir donner aux jeunes la capacité de se construire non sur l’avis d’autrui mais sur leur propre richesse personnelle.
Il y a un déficit majeur d’éducation psycho-affective dans la population humaine. Population qui devra s’en préoccuper et qui commence seulement à s’interroger sur ce genre de sujet (notamment par le biais de la capacité de résilience post traumas).

Le problème c’est que même en tenant compte d’une éducation psycho-affective nécessaire, la notion de valeur, d’image est intrinsèquement reliée à un rapport de domination. C’est moche à dire mais c’est une réalité.

Et les jeunes qu’ils soient harceleurs, victimes ou témoins, en prennent conscience très très vite. Parce que nous vivons dans un monde d’images permanentes, de spectacle aussi. Mais aussi dans un rapport de domination constant, quasi ininterrompu. Et que le rapport de force qui tendrait à atténuer le poids du rapport de domination, n’existe actuellement quasiment plus. D’où le renforcement du harcèlement, mais aussi de comportements de manipulation, d’abus et de violences de toutes sortes.

Enfin, il y a un déficit informatif (ce qui est un comble dans une société dite de communication) concernant les structures et les lois qui peuvent protéger et donner la marche à suivre rapport à ce type de harcèlement.

Logiquement en milieu scolaire dès le collège, il faudrait une sorte de petit ouvrage distribué à tous les jeunes, précisant les recours, les aides, les lois, les numéros verts pour pouvoir dénoncer des situations de violence, des situations menaçantes que ce soit à la maison ou à l’extérieur. Et qu’il y ait une personne ressources, au moins deux jours par mois au sein de chaque établissement, présente pour recevoir des jeunes en situation de harcèlement, de violences diverses.
Autre manque, chaque jeune comme chaque adulte devrait pouvoir connaître le numéro gratuit 24H/24H de l’INAVEM avec ses espaces locaux, régionaux, départementaux, pour pouvoir se faire aider en cas de problème.

Enfin, il faut déplorer que pour limiter les encombrements dans les tribunaux, la police décourage les plaignants de porter plainte, même dans des situations graves d’agressions, de menaces de mort, de harcèlement.

Donc il faut pour contourner le problème, soit s’adresser directement au procureur de la République, ou à des instances conseil/droit pénal comme l’INAVEM qui pourront assurer un soutien psy, travailler au plan judiciaire et juridique auprès des victimes.

Faire cela, ça s’appelle faire de l’éducation populaire.
Un truc primordial mais qui ne semble pas préoccuper beaucoup nos instances politiques ni nos médias.

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