Parution : 27 janvier 2017
Le catholicisme entre émiettement et identité

Manif pour tous, référence au pape dans les débats politique, évocation de la foi des candidats à la présidentielle : les catholiques sont convoqués dans les débats politiques. Mais qui sont-ils ? Un sondage Ipsos commandé par Bayard, publié conjointement par « La Croix » et « Pèlerin », vient déconstruire les visions simplistes du positionnement catholique.

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La Croix et Pèlerin viennent de publier les résultats d’un sondage Bayard-Ipsos. Si 53,8 % des Français se déclarent catholiques, et si 23,5 % sont répertoriés comme engagés, il n’y a que 1,8 % qui pratiquent chaque semaine. Il ne s’agit donc pas de se réjouir trop vite de ces chiffres mais de voir quels enseignements nous pouvons tirer de cette analyse. La première donnée qui ressort est la pluralité du monde catholique qui vote sur tout l’échiquier politique et dont seulement 47 % sont d’accord avec François. Et contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ils sont plus « Charlie » que « Manif pour tous ». Ce bouleversement des perspectives fait même soupçonner certains au Figaro, que cette enquête ne soit elle-même « un tantinet… engagée » pour montrer que ceux qui votent à droite et portent le drapeau de la « Manif pour tous » ne seraient qu’une minorité bruyante…

Mais ce qui est surtout à retenir, c’est que cet émiettement est un des défis majeurs que doivent assumer les évêques en charge de la communion. On comprend mieux leur difficulté à assumer une parole commune, nonobstant la place excessive donnée par les médias à des prélats eux-mêmes excessifs. Un autre enseignement est l’importance de la piété populaire, puisque 88 % de ces « cathos engagés » disent faire brûler des cierges. Cette pratique rassemble donc plus que la célébration du dimanche. Ce qui est évident, c’est surtout une invitation à tenir compte de la parole de ceux et celles qui ne sont pas visibles, qui ne participent pas aux célébrations ni aux élaborations pastorales, mais qui croient seulement en cette Lumière d’un Dieu venu habiter dans le Capharnaüm de notre vie, pour reprendre l’Evangile de dimanche dernier. Comment leur praxis nous permet-elle de relire, autrement, la Parole de Dieu ? Il y a là un enjeu majeur pour redécouvrir le rôle du sens de la foi de tous les fidèles. C’est bien toute l’Eglise qui chemine dans la foi en n’oubliant pas ceux et celles qui, d’habitude, n’ont pas la parole.

En ce temps où l’évêque de Rome nous invite à sortir des sentiers battus pour aller vers les périphéries, où le thème de la synodalité est devenu un incontournable de l’ecclésiologie, ce sondage peut être l’occasion d’un choc salutaire. L’Eglise n’est pas une élite qui pratique tous les commandements, style Port-Royal, mais un peuple de pécheurs, style métissage Galiléen. L’Eglise est cette Assemblée d’hommes et de femmes divers, parfois en conflits, qui ont le devoir de rappeler la proximité du Royaume… tout proche, mais pas encore réalisé, ce qui nous invite sans cesse à la conversion, à partir de l’itinéraire de Jésus qui, pour reprendre les catégories de l’enquête, se serait sans doute senti très à l’aise avec les festifs culturels ou les saisonniers fraternels… [découvrez l’ensemble de notre dossier dans Golias Hebdo n°465]

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Le catholicisme entre émiettement et identité 17 février 00:07, par charles

L’Eglise n’est pas plus une assemblée de purs que de pêcheurs métissés galiléens. Elle est les deux. Comme le disait Wilde. C’est ce qui fait et sa force et sa faiblesse.

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Le catholicisme entre émiettement et identité 8 février 15:17, par Cassien

Le « devoir de rappeler la proximité du Royaume… tout proche, mais pas encore réalisé, ce qui nous invite sans cesse à la conversion » : voilà bien le genre de baratin qui fait fuir des églises les gens sérieux. La venue imminente du royaume de Dieu est un pétard qui a fait long feu depuis belle lurette : exactement, depuis la mort des derniers contemporains de Jésus, puisqu’elle devait arriver avant que soit passée la "génération" qui vivait à l’époque (Marc, 13,30). Il s’agissait tout simplement d’un gros bluff pour porter au pouvoir un prétendu "fils de David". Après son fiasco lamentable, les douze gouverneurs qu’il avait d’avance nommés pour l’aider à pomper les impôts du peuple ont fait semblant de croire à sa résurrection et à son retour très prochain pour s’attribuer la responsabilité d’un gouvernement intérimaire. Et, de fait, nous voyons dans le Nouveau Testament que les apôtres collectaient les contributions volontaires des "croyants". C’était un boulot dangereux, soit, mais pas plus que celui de gangster ou de chef d’une armée clandestine. La "conversion" à laquelle il fallait se décider sans tarder (sous peine d’encourir la colère du big boss à son retour du ciel) consistait accessoirement à devenir de bons Juifs et primordialement à financer le mouvement. De nos jours encore, s’il faut attendre le royaume de Dieu et se "convertir" pour s’y préparer, c’est toujours primordialement et essentiellement en vue du profit commercial de l’Église. Tout est gratuit et désintéressé, mais il est entendu que le travailleur a droit à son salaire et qu’il ne faut pas museler le boeuf quand il foule le grain (1 Corinthiens 9,9).

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Oui, bon, ce sondage : il me donne l’impression que puisque que 1.8% de personnes vont encore à la messe :chute absolument vertigineuse en 30 ans, il faut le noter et qui s’accélère : forcément, ce sont pour la plupart des personnes âgées qui pratiquent et qui rejoignent donc régulièrement l’autre monde...
Dans 5 ans on dira, il y a plus que 0.5 % qui vont à la messe si cela continue (et je le pense...) donc je reprends après cette longue digression : on veut masquer cette désaffection totale donc le sondage ne porte plus sur les pratiquants mais sur les personnes qui "se disent" croyantes : qui allument un cierge de temps en temps ou prient quand ils ont des ennuis... On masque ainsi le chiffre réel : les 1.8% (il était 10% il y a dix ans ?) ces personnes ne vont à pas l’Eglise et non donc rien à faire de évêques et de toutes cette hiérarchie qui essaient de confisquer Jésus et son message à grands coups de dogmes, de moral et d’interdictions...
c’est comme les divorcés remariés : il y a bien longtemps qu’ils ont fuit cette église qui les rejetait et leur promettait l’enfer : ceux qui restent sont infimes et maintenant il faudrait qu’ils aillent expliquer leur vie par le menu à un prêtre qui déciderait lui-même si c’est bon ou pas pour aller communier : aussi, si vous êtes dans une paroisse style "st martin", c’est mort donc déménagez et vous pourrez communier avec un vieux prêtre de 90 ans qui était aumonier joc :) ! on voit l’absurde de subordonner la "miséricorde" de Dieu à une personne ... De même, l’article dit que les personnes qui ne pratiquent pas sont des "pêcheurs" : là aussi, c’est quelqu’un qui est bien conditionné par l’Eglise : oui, St augustin a dit que les bébés non baptisés iraient en enfer et l’Eglise l’a suivie, c’était tellement logique : mais enfin, aussi cette histoire de "péché originel" c’est aussi complètement absurde : non les gens qui ne vont pas à la messe ne sont pas des "pêcheurs" mais des êtres vivants, tout simplement pas la grâce de Dieu : arrêtons cette moralisation et flagellation à tout va ! de grâce, à Golias soyons un peu plus "libre" que cela des absurdités des théologiens qui disent n’importe quoi.. revenons à Jésus, tout simplement, pas de moral, pas de jugement, juste de l’AMOUR... (à ce propos, voir les travaux du "père" François Brune qui sont intéressants)

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