Parution : 14 février 2017
Religieux… pourquoi « ils » n’en veulent plus !

Ce quatrième volet consacré aux retours à la vie ministérielle ou à la vie conventuelle après la tourmente révolutionnaire, peut aussi bien être intitulé « retours à la vie civile durant la période révolutionnaire ». Tout au long du XIXème et jusqu’à une époque récente, la tendance fut d’affirmer des retours massifs au couvent et de célébrer la fidélité des réfractaires, les « déchets » suivant l’expression en usage ou encore les « renégats » ou « apostats » étant une minorité : entre 5 et 10%.

A ce stade (TP n° 3 (http://golias-news.fr/article6498.html « Les religieuses dans la tourmente révolutionnaire… et après ? ») nos recherches conduisent à constater nationalement, 22% de retours à la vie conventuelle, 39% de décès, et 39% de « parties non identifiées ». La présente contribution devrait éclairer la composition de ce troisième groupe. Après les travaux pratiques précédents il est possible de démentir le mythe de retours presque automatiques à la vie conventuelle après le concordat. Dès le début de la Révolution des jeunes en nombre, des sœurs converses, des moniales et sœurs enseignantes et hospitalières sont retournées dans leur famille ou dans l’anonymat et ont ensuite vécu une vie de citoyennes ordinaires.

A propos des religieuses du diocèse de Poitiers, Gervais BAZIN1 préfère s’en tenir au point de vue classique « beaucoup plus proche des chiffres évoqués dans l’article par Langlois ou par le marquis de Roux, un des historiens de Poitiers au début du siècle dernier, cantonnant ces parcours (ndlr = défections ?) au rang d’anecdotes. ». Ainsi donc seulement quelques défections par rapport à des retours présumés massifs à la vie conventuelle, notamment dans le cadre de petites communautés, révélées par les adresses communes des actes de décès.

Tout l’enjeu du débat entre Gervais BAZIN et les travaux de Gwenaël MURPHY, pris comme référence dans notre TP n°3, semble se situer au niveau de la période 1789-1792. Ce qui en soi est très important… Le premier écrit : « Ainsi, pour la ville de Poitiers qui représentait 1/4 à 1/3 des effectifs des congrégations féminines poitevines en 1791, aucun départ volontaire n’est observable avant l’évacuation forcée de la St-Michel 1792 ». Certes mais ne fallait-il pas partir des chiffres de 1789 ? Le Chanoine FLAMENT a été particulièrement attentif au recensement de tous les prêtres présents en 1789, d’où le titre de son livre « 2000, prêtres normands dans la Révolution ». Il en ressort pour le diocèse de l’Orne, par rapport à la source considérée fiable de E. Sylvestre, mais qui, elle, s’en tient aux prêtres appelés à prêter serment, une différence très importante : 2007-1076 = 931… ( cf. notre TP n°2). Cet exemple laisse penser que le différent entre les deux spécialistes du diocèse de Poitiers ne peut être considéré comme clôt et non avenu.

Au demeurant la statistique nationale interpelle 12 300 religieuses en 1809 contre 55 500, vingt ans plus tôt, il s’agit bien, après évaluation des décès, de 39% de « parties non identifiées ». Les recensements des services impériaux peuvent avoir omis un certain nombre de religieuses dans la clandestinité, mais la police était prégnante…

Et voici que pour les religieux nous atteignons 59% de « partis non identifiés »… effectivement invraisemblables ! L’approfondissement de la quasi disparation des religieux en France au cours et au terme de la Révolution va nous permettre de mieux sérier pour cette période tourmentée, les destins contrastés des « vocations consacrées ». Pour aller plus loin :

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note : 1. Voir ses contributions http://golias-news.fr/article6498.html dans les commentaires

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