Parution : 14 février 2017
« Hémorragie » : 3000 religieux et 650 prêtres partent chaque année

La vie religieuse ? « Nous sommes confrontés à une “hémorragie” »1, selon François, empruntant une fois de plus au vocabulaire médical pour qualifier la situation devant justement les membres de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique reçus en audience le 28 janvier dernier. En vérité il nous paraphrase, car c’est déjà le mot que nous utilisions à l’été 2012 à propos des « “ex” de l’Eglise : les dessous d’un tabou » (cf. « Golias Magazine » n° 145). Cinq ans plus tard, les choses se sont aggravées, les départs se sont multipliés et la réalité pourrait être bien plus grave qu’elle ne l’est ; pareil s’agissant du ministère presbytéral, les chiffres fournis par Rome n’étant pas crédibles puisqu’un prêtre sur deux quittant le ministère ne demande pas sa réduction à l’état laïc ! Tabou, mensonges, déni de réalité : l’engagement ecclésial est sérieusement en crise, la hiérarchie complètement larguée.

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En septembre dernier, un groupe de prêtres arrageois ayant quitté le ministère dans les années 1970 pour se marier témoignait dans les colonnes de La Voix du Nord2. Ils cherchèrent à obtenir une réduction à l’état laïc. Mais « c’était la croix et la bannière, des démarches à n’en plus finir. À la fin, je leur ai dit : mettez ce que vous voulez, que je suis un détraqué sexuel si ça vous chante ! », confiait l’un d’eux. Rome ne lui proposait que trois choix : il partait car il avait perdu la foi, car on l’avait incité à devenir prêtre ou en raison de problèmes sexuels. Aucun ne lui correspondait et il laissa tomber. D’où la difficulté de savoir les vrais chiffres3. Octobre 2013, la Congrégation pour les instituts de vie consacrée estimait qu’en moyenne plus de 3.000 religieux et religieuses par an avaient quitté la vie religieuse entre 2008 et 2012 et pour la période 2006-2011, c’étaient 650 prêtres diocésains par an qui avaient claqué la porte4. Pour Mgr Caballo, secrétaire franciscain de ladite Congrégation, plusieurs facteurs expliquent ces chutes (notamment chez les religieux) : l’« absence de vie spirituelle (prière personnelle, prière communautaire, vie sacramentelle) » qui entraîne une « profonde crise de foi » ; la crise de l’autorité ; « les violations du vœu de chasteté » (mariage, « actes homosexuels répétés », relations hétérosexuelles « plus ou moins fréquentes »). Pour François, dans son discours du 28 janvier, c’est la « culture du provisoire » qui aggrave cette saignée et de citer en exemple un jeune diplômé engagé dans une paroisse qui avait confessé à son évêque vouloir devenir prêtre « mais pour dix ans ». Le pape jésuite déplora que « le contexte social et culturel dans lequel nous évoluons (…) p[uisse] conduire à vivre "à la carte"5 et à être esclave des modes (…). [Il] nourrit le consumérisme et oublie la beauté de la vie simple et austère, en provoquant de nombreuses fois un grand vide existentiel ». Il alla plus loin. Le pape argentin pointa aussi les communautés religieuses – à tout le moins, certaines d’entre elles – qui « contre-témoign[ent] » quand elles étalent « [leur] routine, [leur] fatigue, le poids de [leur] gestion des structures, [leurs] divisions internes, [leur] recherche de pouvoir, une manière mondaine de gouverner [leurs] institutions, un service de l’autorité qui parfois devient un autoritarisme ou d’autres fois un laisser-faire ». Bref, les raisons ne sont pas que conjoncturelles : elles ont aussi trait à la nature même de la vie religieuse, et partant, de la fonction ecclésiale consacrée. Mais François ne proposa aucune solution-miracle à part communiquer et prier.

L’inquiétude de François

Célibat (et chasteté pour les religieux), obéissance, absence d’évolution de carrière, ces trois conditions sine qua non imposées par l’Eglise ne suscitent plus l’enthousiasme (du grec enthousiasmos, soit « transport divin »). Entrer en religion, encore plus aujourd’hui, c’est faire un saut dans l’inconnu, dans un autre monde. C’est à peu de choses près ce que soulignent onze prêtres du diocèse de Cologne dans une « lettre ouverte » rendue publique début janvier 20176. Ordonné dans la foulée de Vatican II (1962-1965), ils n’ont jamais cessé de se voir ni d’échanger. Sur tous les thèmes, entre autres le célibat librement choisi ou les ordinations féminines. S’agissant du passé, le sentiment qui domine chez ces clercs reste la déception : « on se sentait faire partie de l’avant-garde d’une chrétienté en renouvellement ; malheureusement, plus tard, chez les hommes d’Église, les peurs l’ont emporté, à Rome autant que dans le diocèse de Cologne »7 ; concernant le présent, ils ne se font guère d’illusion : « le nouvel enthousiasme pour l’Évangile que le pape François veut réveiller sous le signe de la miséricorde semble n’être captivant que pour peu de gens, jusqu’à présent ; cela peut induire résignation et fatigue. »

Cependant, ces onze prêtres émettent « sept propositions pour revitaliser la foi » dans une Europe où « la question de Dieu n’a plus aucune importance pour beaucoup de gens ». Avec lucidité et franchise, ils posent les vraies questions et apportent sans doute les vraies explications à ces abandons qui effraient tant l’évêque de Rome. Ils notent : 1 - « la nécessité d’une langue qui soit à nouveau compréhensible aujourd’hui dans l’annonce du message biblique. La langue de la Bible doit être mise plus clairement en relation avec nos expériences et avec nos images linguistiques. Il s’agit d’entrer en dialogue avec elle » ; 2 - « [L’]importan[ce] d’encourager la hiérarchie de l’Église à valoriser les dons de l’Esprit des hommes et des femmes, et de ne pas les brider avec des lois canoniques » ; 3 - « Le besoin urgent de tentatives courageuses dans l’admission à l’ordination. À notre avis, il n’y a aucun sens à continuer à prier le Saint-Esprit pour qu’il nous envoie des vocations presbytérales, et à exclure en même temps toutes les femmes de ces charges » ; 4 - « La participation à l’Eucharistie, le repas du Seigneur, [qui] doit être accessible à l’ensemble des chrétiens baptisés » ; 5 - Le « change[ment] d’orientation [de] la planification pastorale : les paroisses trop étendues sont, à tous points de vue, une chose intolérable. Les phénomènes croissants d’anonymat et d’isolement dans la société se sont développés même dans l’Église au lieu d’être contrecarrés. Il faut que l’Église soit concrètement enracinée dans les réalités locales » ; 6 - Le « besoin de lieux pour les communautés qui font l’expérience de la foi, c’est-à-dire l’Église centrée dans la paroisse. La mort de la paroisse n’est pas absolument à l’agenda si les fidèles sont présents et vivent sur place » ; 7 - Enfin, ils veulent « parler de l’expérience de la solitude. Après cinquante ans de mission, et en vieillissant comme célibataires, nous ressentons parfois très clairement aujourd’hui la solitude qui nous avait été imposée pour des raisons de "fonction". Le célibat, dans une vie communautaire en couvent, peut libérer de grandes forces ; par contre, le "modèle de l’homme tout seul" conduit souvent ce même homme à un isolement stérile et/ou à un inutile excès de travail. La solitude s’avère rarement être une source spirituelle dans la pastorale. Ce n’est pas un hasard si beaucoup parmi nous ont assumé, mais non choisi, cette forme de vie cléricale uniquement pour pouvoir être des prêtres ».

La lettre de Cologne

De fait, ces hommes éprouvés ne mettent aucun sujet sous le tapis et interpellent au contraire : sur l’accès des femmes et des hommes – mariés ou non – aux ministères ; sur le renversement d’échelle s’agissant des paroisses puisqu’il s’agirait de cesser les regroupements pour au contraire remettre l’église au milieu du village, d’une certaine manière, à savoir présente, témoignante, accueillante, en prise directe avec le réel vécu par les chrétiens et non chrétiens, là où ils vivent ; sur le développement de nouvelles façons de faire Eglise (réinventer la paroisse) ; sur la fin du célibat pour exercer une fonction ecclésiale, quand bien même il s’agit d’un service. Bien sûr, cela ne peut suffire. Car il y a en effet une crise de l’autorité due à nos modes de vie et qui n’est pas uniquement la conséquence du « consumérisme ». Les moyens de communication et désormais les réseaux sociaux ont transformé nos relations sociales, à présent moins verticales mais davantage horizontales.

Nous vivons l’ère de la transversalité, de la mutualisation des moyens – ce qui devrait intéresser l’Eglise si elle se souvient que les premiers chrétiens « mettaient tout en commun » (Ac 2, 44). François s’adresse aujourd’hui quotidiennement, par exemple, à 30 millions de followers sur Twitter, lesquels peuvent du reste le saisir ! Les nouveaux rapports à la hiérarchie ont donc été profondément modifiés : il n’y a plus rien ni plus personne d’inaccessible, la preuve par le selfie. Par ailleurs, les hommes et les femmes de ce temps, plus lettrés que leurs prédécesseurs mais davantage soumis aux contingences économiques, ne se voient plus exercer le même métier toute leur carrière, par la force des choses bien sûr mais aussi par choix. Il ne s’agit pas de passer d’une carrière à l’autre mais de saisir les opportunités. Et si les gens d’aujourd’hui, dans leurs choix, se montraient plus libres que par le passé ?
Cela n’arrange pas les affaires de l’Eglise. Après tout, comme l’écrivait le père jésuite Paul Valadier, « la liberté fait peur à tous les appareils de contrainte qui cherchent à l’encadrer, sous prétexte que la "vraie" liberté (dont eux ont la juste notion, bien bouclée et bien définie, bien délimitée…) est forcément la "liberté bien comprise" : bien comprise, c’est-à-dire selon la façon qu’ils ont, eux, de la concevoir, bien comprise (incluse) dans un corset d’obligations qui en neutralise l’imprévu »8. C’est sans doute parce que la vie religieuse est particulièrement encadrée qu’elle finit par étouffer celles et ceux qui tentent d’emprunter cette voie. L’Eglise peut donc continuer à déplorer cette « hémorragie », conspuer notre société actuelle – qui n’est pas parfaite, mais quelle société le fut ? –, si elle ne repense pas l’engagement ecclésial – religieux ou presbytéral – elle ira au-devant de graves difficultés, qu’elle connaît déjà d’ailleurs. Les services qu’elles proposent correspondaient à un temps donné mais ils sont obsolètes – sous ces formes – et depuis bien longtemps (les départs commencèrent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour s’accentuer gravement à partir de 1968 après la publication l’année précédente de l’encyclique Sacerdotalis Caelibatus). Il faut donc réinventer. Maintenir, sans doute, une partie du système – car il y aura toujours des hommes et des femmes souhaitant se donner totalement – mais proposer d’autres formes d’engagement. Il n’est pas possible de rejeter d’un revers de la main celles et ceux qui se sentent capables de s’investir pour un temps donné mais non pour une éternité. Cela ne signifierait d’ailleurs pas qu’ils ou elles cesseraient de suivre le Christ mais ils ou elles le suivraient de manière différente et pourquoi pas avec la même intensité. François incite souvent à la créativité. En l’espèce, il est hélas resté très traditionnel. Pendant ce temps, l’« hémorragie » se poursuit…

1. http://w2.vatican.va/content/francesco/it/speeches/2017/january/documents/papa-francesco_20170128_plenaria-civcsva.html
2. http://www.lavoixdunord.fr/44823/article/2016-09-14/ces-pretres-qui-ont-quitte-l-eglise-pour-fonder-une-famille
3. Pour davantage de précisions sur ces chiffres, le lecteur peut se référer au dossier que nous consacrions aux « “ex” de l’Eglise : les dessous d’un tabou », Golias Magazine n° 145, juillet-août 2012, toujours disponible en version papier et téléchargement : http://www.golias-editions.fr/article5095.html
4. http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Plus-de-3-000-religieux-par-an-quittent-la-vie-consacree-2013-10-31-1085914
5. http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Plus-de-3-000-religieux-par-an-quittent-la-vie-consacree-2013-10-31-1085914
6. En français, dans le texte.
7. Ces prêtres font référence à l’ère Jean Paul II/Ratzinger (1978-2005), et notamment à la « Déclaration de Cologne » en 1989 ; signée par plus de 150 théologiens de l’ère néerlando-germanophone, elle dénonçait les nominations épiscopales archi-conservatrices et la répression à l’endroit de théologiens trop critiques
(E. Schillebeeckx, H. Küng, E. Drewermann…). Rome ne répondit pas à cette déclaration et accentua au contraire sa politique obtuse.
8. P. Valadier, Lettres à un chrétien impatient, Paris, La Découverte, 1991, pp. 65-66.

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Je vous présente mon commentaire à partir de la situation en Belgique, pays où je vis.
L’hémorragie qui touche les rangs du clergé et des fidèles pratiquants, et qui ne se tarit pas, provient d’une source lointaine (1960) qui s’appelle "Aggiornamento", terme technique utilisé par le pape Jean XXIII pour dévoiler son motif de convoquer le Concile Vatican II. Les grands slogans de l’Aggiornamento, que les adeptes répètent sans arrêt et avec arrogance depuis le Concile (1962-1965) sont les suivants :
"La société change et se sécularise de plus en plus ; donc, l’Eglise doit évoluer : il faut adapter, simplifier, rajeunir, moderniser la religion, surtout son langage et sa liturgie." "Les manières de croire et de pratiquer doivent épouser NOTRE TEMPS ; l’Eglise doit discerner les Signes des Temps." "Vive la liberté pour la créativité et les expérience nouvelles !"
Pauvre Jean XXIII ! Il était si optimiste et si heureux ! La réalité post-conciliaire est très éloignée de ce qu’il espérait. Son projet a plongé le monde catholique dans des divisions et des querelles sans fin. Cela fait déjà plus de 50 ans que les adeptes de l’Aggiornamento se disent "en recherche" et n’ont toujours pas trouvé les formules-miracles qui feraient l’unanimité du clergé et des catholiques pratiquants. C’est bien la conséquence d’avoir refusé de voir, aujourd’hui encore, que l’Aggiornamento était une utopie.
Une utopie doctrinale, car une pastorale catholique légitime ne peut pas, dans la logique de la Foi, aborder les réalités surnaturelles avec un langage sécularisé, relativiste d’aujourd’hui, avec les "lunettes scientifiques". Une vraie pastorale catholique ne peut pas annoncer un Evangile modernisé, c.a.d. donnant la priorité aux engagements sociaux et mondiaux, et reléguant au second plan l’activité religieuse proprement dite.
Une utopie mortelle, ivraie évoquée par le Christ, car après avoir été réformées au lendemain de Vatican II, les catéchèses se sont vite montrées incapables de continuer à bien enseigner la Foi aux jeunes, à en faire des pratiquants fervents et réguliers, et à susciter des vocations en grand nombre. Les expériences de messes modernes spéciales pour les jeunes n’ont pas donné les résultats attendus. Et aujourd’hui, on peut juger l’arbre à ses fruits : deux générations mal catéchisées, presque incultes sur le plan religieux proprement dit, et donc peu pratiquantes ont déjà grandi depuis le Concile ; et les pauvres enfants qui naissent aujourd’hui en Belgique (pays qui a été avec la Hollande, le plus engagé dans les réformes conciliaires) recevront encore moins d’instruction religieuse que leurs parents actuels. En conséquence, une quasi-extinction de la religiosité post-conciliaire se profile déjà en Belgique pour à partir de 2030. C’est le cas aussi en Hollande (le pire), au Québec,..., qui comme la Belgique, étaient pourtant avant 1970, des pays catholiques fervents avec des églises très fréquentées.
Pendant ce temps, les slogans de l’Aggiornamento continuent encore, hélas, à déterminer l’orientation générale des pastorales pratiquées en Belgique et partout dans le monde. Tant que cette ligne sera maintenue par le pape et les évêques, il n’y aura aucun espoir de voir la religion catholique refleurir en Belgique et ailleurs. Et l’hémorragie continuera.
Pour le croyant pratiquant que je suis, une chose paraît évidente : Dieu N’EXAUCE PAS Vatican II ; cela renvoie au Psaume 126 "Si Dieu ne bâtit pas la maison, les ouvriers travaillent en vain."

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Les solutions "révolutionnaires" d’alignement sur l’air du temps libéral que vous proposez sont toutes appliquées depuis plus ou moins longtemps par l’Eglise anglicane sans renouveau spirituel et pastoral et sans que le monde anglo-saxon tombe dans les bras de l’Evangile. Tout le monde le sait ; sa course à la modernité n’empêche pas l’Eglise anglicane de disparaître rapidement.

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ça donne tellement envie d’entrer dans l’Eglise
que déjà les séminaires sont vides.....
et qu’en prime on la quitte au milieu de la route !!

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Manifeste des prêtres mariés 24 février 10:28, par Françoise

Un joli texte qui pourrait, s’il était relayé, donner lieu à un vrai changement qui contribuerait à assurer au moins la pastorale :

http://www.pretresmaries.eu/pdf/1-Communique._fr.pdf?PHPSESSID=ac4d2ec87db85d069f3039d731ac7721

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Sans vouloir crier avec les loups ou participer à une "curée"...Voilà, cependant "du chaud ,du bouillant"..pris ce jour sur le journal LA CROIX :
"Désireux de se marier, le P. Gréa écrit à ses paroissiens
L’emblématique curé lyonnais explique dans une lettre lue à la messe dimanche 19 février qu’il prend un « temps de recul et de discernement » à la demande de l’archevêque de Lyon, le cardinal Philippe Barbarin, à qui il avait confié ses doutes quant au célibat sacerdotal.
« J’ai commencé à construire une relation avec une femme avec laquelle je pense que Dieu m’appelle à vivre, » explique le P. Grea dans cette lettre.
« J’ai souhaité être en vérité avec l’Église en disant ma joie d’être prêtre et mon désir de me marier. » C’est ce qu’affirme le curé de l’église Lyon-Centre Sainte-Blandine, le P. David Gréa, bien connu localement et au-delà, dans une lettre lue hier à la messe par le vicaire général du diocèse, le P. Patrick Rollin, pour expliquer son départ..........
Le P. Gréa est notamment connu dans toute la France pour avoir mis en place des messes avec un fort accent mis sur la louange, grâce à sa collaboration avec le groupe de pop louange Glorious. Nommé en 2011 à la tête de la paroisse Lyon-Centre tout juste créée, et dont le « QG » devint rapidement l’église Sainte-Blandine, le P. Gréa a vu la fréquentation des lieux croître grâce à ses nombreuses initiatives. « C’est là que s’invente la paroisse de demain », assurait celui dont tout le monde loue la capacité de déléguer et de mettre sur pied des projets originaux.
Ce brave ecclésiastique disait aussi dans une interview,toujours dans LA CROIX du 05/02/2016 :
"« Les règles de prudence relèvent du bon sens, comme ne pas recevoir de femme seule chez soi », estime le P. Gréa.
Ben alors mon bon père "on a viré sa cuti" !!!!ça par exemple... !!!!!!!!!!!
Efté

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Peut-être que l’Occident chrétien ne veut plus se renouveler à l’identique. Y aurait-il une forme d’intelligence collective inconsciente des comportements ? En effet, la seule façon d’arriver à un véritable renouvellement ecclésial serait de tarir, jusqu’au point de rupture, le recrutement clérical. Dans les faits, c’est ce qui se passe progressivement. Je m’en réjouis.
Car pour ma part, je pense que le haut-clergé a condamné toute l’institution a être inaudible, stérile, inhumaine, autoritaire et impuissante par sa paresse intellectuelle et son manque de courage dans la recherche théologique. L’Eglise est surtout une organisation "exculturée". je crois qu’elle est condamnée à disparaître dans sa forme actuelle.

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Mariage des prêtres, ordination des femmes ? — Mais non, ce n’est pas en sécularisant davantage la fonction du prêtre catholique qu’elle deviendra plus attractive — à moins peut-être de la rendre nettement plus lucrative, auquel cas elle perdrait encore plus de prestige aux yeux des fidèles, ce qui entraînerait fatalement la banqueroute de toute l’entreprise. C’est en effet le caractère apparemment héroïque de son célibat et de sa pauvreté qui continue de conférer à la profession de prêtre la puissance apologétique d’une abnégation presque surhumaine. Comme la foi des fidèles (la clientèle) se trouve en grande partie appuyée sur la conviction qu’il ne serait pas possible aux prêtres de mener volontairement une vie si peu gratifiante s’ils n’y étaient motivés par une très sincère conviction ; et comme une telle conviction, attachée à des doctrines irrationnelles, ne semble devoir s’expliquer que par une révélation intérieure personnelle — une illumination mystique, en quelque sorte : la mystérieuse vocation —, faire disparaître tout à fait l’aspect surhumain de la prêtrise serait accélérer le discrédit du catholicisme. Un faux miracle est plus probant qu’une absence totale de miracle. La fausse joie des prêtres, leur jovialité commerciale suffit, de même, à faire croire qu’il y a un bonheur secret (un bonheur céleste !) dans la pratique généreuse de la religion chrétienne. On se dit que si, pour le moment, on n’y a trouvé que de l’ennui, c’est parce que l’on n’a pas fait assez d’efforts. Parce qu’on a manqué de foi. Il ne faut pas que ces trucs de séduction sectaire soient éventés. Le prêtre doit continuer de jouer au martyr. C’est de son apparente auto-immolation que dépendent l’enthousiasme crédule des jeunes "vocations" et ce qui, dans le peuple chrétien, reste de respect admiratif pour les traditions chrétiennes.

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Et comme d’habitude ce sont sans doute plutôt les meilleurs qui s’en vont...
Quant aux rats ????

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Ne pas oublier quand même que les vocations religieuses libres ont toujours été extrêmement minoritaires. La plupart des vocations étaient forcées, imposées, car elles obéissaient à une société patriarcale où le père de famille avait droit de vie et de mort sur ses enfants et les contraignaient à la vie religieuse, à toute forme d’état de vie dont il pensait qu’il serait le mieux pour ses enfants et pour la famille, pour ses intérêts financiers, matériels.
A partir de là, les vocations religieuses ont pu être assurées.
Avec aussi en carotte, le principe de la promotion sociale pour les plus pauvres.

Aujourd’hui, ces situations n’existent pratiquement plus.

Le système patriarcal s’effondre, est de plus en plus contesté au plan international. Et hormis pour les pays dits "pauvres", l’entrée en religion (monastère, couvent, prêtrise) ne représente plus une promotion sociale mais un enfermement et une immense solitude, avec trop peu d’intérêts et d’avantages, trop de contraintes.

Donc l’hémorragie constatée est logique.

Ce qu’en disent les prêtres est très intéressant mais ils oublient de dire que le système clérical tel qu’il fonctionne s’effondre donc que la fonction cléricale n’existera plus sous sa forme actuelle d’ici très peu de décennies.

Ou alors, de façon marginale et minoritaire (seul le haut clergé sera maintenu). Et qu’il n’y aura plus de fonctionnariat clérical ou presque, comme c’est encore le cas aujourd’hui. Ce sera plutôt un salariat privé dépendant des puissances d’argent plus versées dans l’intégrisme que dans une pratique religieuse ouverte.

A moins que les croyants réussissent à la conditionner à un service municipal local à cotisation publique citoyenne. Mais qui annule de fait un pouvoir clérical pyramidal ou presque. Ce qui veut dire aussi la fin des évêques, des cardinaux et même du pape autrement que comme des instances de référence, mais sans réel pouvoir décisionnel.

Est-ce que le clergé est prêt à ça ?
Je ne pense pas.
C’est pourquoi JP2 avait choisi au plan stratégique d’utiliser différents courants intégristes pour maintenir coûte que coûte le système clérical actuel et en tentant via ces différents courants de s’allier avec des systèmes politiques totalitaires. Pour remettre le système en fonctionnement et domination. Ce qui réintroduirait le patriarcat, des vocations forcées obligatoires, etc, etc.

Mais ce calcul s’avère un échec. Il a peut-être à peine limité les dégâts durant quelques années. Mais par contre, accéléré aussi l’éloignement de toute pratique communautaire et fait de nombreuses victimes.

Du coup, la crédibilité cléricale a encore plus été mise à mal et contestée.
Face au bâtiment qui prend l’eau de toutes parts, même sauver les meubles se révèle hasardeux et accélère encore le processus d’effondrement.

Le moment arrive où le clergé n’aura plus le choix de faire autrement que d’ordonner pour la pastorale des laïcs hommes et femmes, nommés pour un temps donné, et qui dépendront non plus de leur seule autorité mais d’un budget municipal voté en fonction des besoins sacramentels et cultuels de la population sur place.

Ca se terminera comme ça.
Et les vocations religieuses de couvents, monastères, seront des exceptions voire n’existeront plus.
Ce qui veut dire aussi que ces lieux seront réaffectés à d’autres destinations (hôtels, chambres d’hôtes, centres de congrès, habitations privées, bâtiment public administratif, culturel). Comme c’est déjà le cas depuis une bonne cinquantaine d’années. Ce qui ne permettra plus d’assurer aux cardinaux et évêques, papes, le train de vie somptuaire actuel. A moins que ces derniers se reconvertissent en auto entrepreneurs parallèles avec des cabinets conseil pour se faire des revenus complémentaires et maintenir privilèges et logements, vie somptuaire. Ce qui certainement finira par s’imposer.

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- Dans la rubrique: L’info du jour de GOLIAS
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